12 novembre 2011

Hellzapoppin' (1941) de H.C. Potter

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Hellzapoppin est le film culte par excellence et contre cela il n'y a de toute façon pas grand chose à faire. Allez, à tantôt... Que voulez-vous que je vous dise de plus. Ben c'est toujours un ptit bonheur perso de voir à quel point ce film demeure complètement barré : un début en trombe en plein cœur de l'enfer de Broadway, un montage survitaminé, un spectacle dans le film dans le film..., douze mille idées de gags à la seconde (Hellzapoppin et ses légendaires "running gags" dont cette plante devant être livré à une certaine Mrs Jones qui grandit au cours du film jusqu'à devenir un arbre gigantesque...)... Bref, à peine le générique achevé, nous voilà dans un tourbillon d'invention et de créativité qui en fout plein les mirettes. Bon, comme on est pas non plus des enfants de chœur sur Shangols, on ne va certes pas aller jusqu'à trouver que c'est forcément la comédie musicale la plus géniale de tous les temps... Pourquoi, monsieur, me direz-vous le sourcil en accent circonflexe ? Eh ben parce que notamment, vous répondrai-je humblement, les numéros chantés sont bien souvent terriblement plats : ils dénotent affreusement par rapport aux scènes intermédiaires où règne en maître cet humour absurde délirant qui se boit comme du ptit lait - les Monty Python seront indéniablement les bébés d'Hellzapoppin'... Du coup, on se retrouve, au milieu du film, dans une sorte de ventre mou où on finirait par donner sa chemise pour que les acteurs s'arrêtent de chanter. Du gag, même du très lourd, même du facile de chez facile, mais par pitié qu'ils arrêtent de pousser ces chansonnettes sucrées...

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Heureusement, un miracle survient à l'approche du dernier tiers du film avec tout d'abord un morceau de jazz joliment balancé - et classieusement filmé avec ces musiciens qui rentrent tour à tour dans le cadre - qui est enchainé avec un numéro de boogie-woogie absolument démentiel - black is wonderful and salvateur, si je peux me permettre de créer mes propres formules. Ensuite, bienheureusement, on entre dans la dernière ligne droite jusqu'à ce final "explosif" : tout est fait justement pour bousiller les numéros incontournables de comédie musicale et plus les gags sont hénaurmes plus on on finit par se marrer comme des hyènes en rut - le coup tout con de ces feuilles qui viennent se coller sur les danseurs ou sur les musiciens : le gag est usé jusqu'à la corde mais le pire c'est qu'il devient presque addictif... Alors qu'on pense que nos amis Olsem et Johnson ont tout donné - rares sont les comédies musicales où les deux héros finissent hilares à califourchon sur des porcs... -, on se reprend une couche de micro-gags pour la route avec notamment le retour d'Elisha Cook Jr : ce dernier encaisse une petite rafale de plombs et se perce de part en part (le temps - 1941 - n'est point encore aux films noirs mais à l'humour noir avec cette douzaine de figurants qui se fait flinguer à la moindre occase...). Bref, même si tout n'est pas aussi fin que la dentelle du Puy, on reste souvent halluciné devant ce condensé prodigieux de gags et cette mise en scène de starbé... et pis de toute façon quoiqu'on en dise, hein, c'est culte, donc à quoi bon s'escrimer à relever les chtites faiblesses... Bah ouais.     

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22 janvier 2008

Un Million clé en Main (Mr. Blandings Builds His Dream House) (1948) de H.C Potter

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Cary Grant et Myrna Loy se sont mariés depuis The Bachelor and the Bobby-Soxer, et on les retrouve dans leur petit appartement étriqué de Manhattan avec leurs deux filles: chaque matin c'est la même comédie, la guerre pour se lever le premier, la guerre dans la salle de bain, la guerre pour trouver ses chaussettes dans le bon tiroir, la guerre pour se raser quand Madame se maquille... Cary Grant, publicitaire installé, finit par craquer pour une ferme délabrée dans le Connecticut et c'est là que les vrais ennuis commencent; si vous êtes motivés pour racheter une vieille baraque ou faire construire, ce film vous montrera tous les écueils qui vous attendent, et pourrait vous convaincre de renouer le bail de votre appart... Sinon, vous pouvez toujours prendre des notes pour limiter la casse et surtout les factures "imprévues". Il faut bien reconnaître que le ton est assez gentillet et qu'on fonce droit dans le mur dans les clichés : le publicitaire qui doute de son taff (mais la femme de ménage trouvera le slogan qui tue...) et de sa femme (serait-il possible qu'elle ait une liaison avec un ami de 15 ans ?), les rêves de la maison parfaite qui s'effritent à mesure que les dettes s'accumulent, le "banditisme organisé" des gens qui travaillent dans le bâtiment (ça change des garagistes, super...). Cary Grant joue l'idéaliste face à la triste réalité, mais parvient à tenir le choc (il s'endette pour 3425 ans, mais la production devrait bien finir par payer). On est loin des grandes comédies américaines, c'est tout au plus sympathique comme un dimanche à la campagne... La vie à la ville a quand même du bon, c'est clair.

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