15 avril 2012

Liberté-Oléron (2001) de Bruno Podalydès

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J'avais envie d'un film au parfum de vacances, et bien mal m'en a pris de visionner ce piètre et poussif Liberté-Oléron. Si Denis Podalydès en vacances se fait chier comme un rat mort avec ses quatre gamins et sa bourgeoise, sa chienlit est communicative au spectateur qui n'éprouve guère d'empathie pour cette armada aussi passionnante, pathétique et amusante qu'un bateau pneumatique dégonflé. Pour sortir du marasme, le Denis a l'idée ultra originale de se mettre à la voile, synonyme plus d'emmerdes en tous genres que de liberté. Cela doit constituer toute l'idée corrosive du bazar, les Podalydès brothers poussant l'idée jusqu'à l'usure ; dans le dernier quart d'heure, le Denis pète un gros câble, laissant exploser sa frustration en se vengeant violemment sur les membres de la famille. Le con moyen se transforme en gros con et on ne sait plus trop si on doit regarder cela d'un œil amusé (oh ben dis donc, il y va po de main de morte) ou avec un haut le coeur (sûrement le mal de mer qu'on finit par payer). Podalydès (Bruno) fit à ses débuts des films drolatiques et pétillants, on est plutôt ici au niveau du gentillet ratage. Marée basse. 

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16 mars 2010

Bancs Publics (Versailles rive droite) de Bruno Podalydès - 2009

19103699_w434_h_q80Bruno Podalydès semble bien être l'auteur d'un seul bon film (Liberté Oléron) et de quelques courts-métrages attachants. Ce n'est en tout cas pas avec Bancs Publics qu'il parvient à retrouver le charme indéfinissable de ses oeuvres de jeunesse. Pas que le film manque de douceur, ni qu'il ne prenne pas le risque de jouer sur un humour assez original : c'est juste que c'est d'un ennui profond, et que ça met en valeur la tendance la moins intéressante de son cinéma : celle du minuscule brandi comme un des Beaux-Arts. Certes, le cinéma ne doit pas nous présenter que des grandes histoires. Mais là on touche carrément au film-Bénabar, qui s'enferme dans un quotidien plat et tout petit.

Trois décors (un bureau d'entreprise, un parc, un magasin de bricolage) dans lesquels vont s'entrecroiser 40000 stars, le tout autour d'un micro-évènement inaugural : quelqu'un a affiché sous sa fenêtre une 19103708_w434_h_q80banderole "Homme seul". A partir de ce bizarre slogan, Podalydès va déployer tout un réseau de personnages et tenter de livrer un portrait de la solitude moderne. Car tous ces personnages sont seuls dans la grande ville, depuis le petit vendeur trop doux jusqu'au chef d'entreprise, depuis l'employée partant à la retraite jusqu'au dragueur des jardins publics. Ce qui est touchant là-dedans, ce n'est pourtant pas ce sujet rebattu et assez niais : c'est plutôt l'humour et la fantaisie qui se dégagent de ces toutes petites situations. On le sait, Podalydès est un fan de Tati et de Tintin, et il parvient parfois à la drôlerie des détails de l'un et à la simplicité de trait de l'autre. Il suffit d'un rien, un avion en papier, une machine à perforer, un téléphone portable, pour que les situations drolatiques s'enchainent jusqu'à l'absurde, un absurde que le cinéaste décide de traiter à l'infime, sans en rajouter. Une ligne de dialogue suffit pour développer un petit jeu de mot, un regard pour déclencher 19103696_w434_h_q80l'humour d'un personnage. Ca fonctionne parfois, quand les acteurs comprennent le truc (Podalydès lui-même très nettement au-dessus du lot, son frère toujours très bien, Bourdon pas mal, Balasko touchante); pas du tout quand ils prennent ça pour un film comique (Seimoun à côté, Arditi pas drôle, Lauby éteinte). Bref, ça et là, on savoure un certain charme.

Mais l'inconvénient est que ça ne décolle jamais de ça. Mal monté, curieusement mal fagotté et construit, le film se contente de ces petits bouts de sketches mis bout à bout. C'est tout à fait à l'image de cette énorme liste de stars qui défilent pour dire leur ligne de dialogue. Sincèrement, avait-on réellement besoin de Lhermitte, de Julie Depardieu, d'Amalric, de Bruno Solo ou de Emmanuelle Devos pour camper ces figurants n'ayant rien d'autre à défendre qu'un petit caméo sans importance ? A part le fait 19103707_w434_h_q80d'afficher un carnet d'adresses impressionnant, on ne voit vraiment pas à quoi ça sert. Aucun intérêt là-dedans, et on tombe bien vite dans le morne ennui inhérent à ce type d'exercice ("tiens, machin ! tiens, truc !"). La simplicité fait très vite figure de naïveté (le final est une horreur de mièvrerie qui rattache le film à l'autrement plus beau Versailles Rive gauche), et on ressort de ça dans le même état que quand on est entré, avec l'impression d'avoir assiste à un mignon petit morceau de rien strictement sans aucune conséquence. Charmant par bouffées, gavant et manquant d'ambition la plupart du temps. (Gols 22/07/09)


Comme dans Le Parfum de la Dame en noir, Podalydès semble complètement désintéressé par la construction narrative de son récit, ne trouvant apparemment d'intérêt qu'au jeu "truculent" de ses acteurs. Le problème, justement, c'est qu'ils ne le sont guère, peu aidés par ces micro-dialogues dignes de sketches de Palace sans en avoir la saveur. Certains tirent leur épingle du jeu (je suis fan absolu d'Hippolyte Girardot et d'Olivier Gourmet, de toute façon...), d'autres cabotinent à mort (Seimoun, en effet, voire même un Poelvoorde qui se débarrasse le plus rapidement possible de sa scène...), et une grande partie doit se contenter d'apparitions quasi-fantomatiques sans grand intérêt. Il y a bien quelques répliques qui chatouillent les zygomatiques ("Comme disait Jean-Pierre Marielle, un homme de cinquante ans qui se lève le matin pour aller travailler sans ressentir de douleur est un homme mort" - j'en ris encore - ou ce pauvre Hippolyte qui dit se voir contraint, pour la première fois dans sa vie, à faire un "geste d'amour forcé"). Quand Podalydès tente de s'immiscer dans le burlesque - l'homme mimant le récit de la mort du hamster de sa fille ou un Denis Podalydès ne parvenant pas à déglutir la mixture pour poisson -, c'est toujours avec une certaine lourdeur, et même si ses acteurs semblent prendre un plaisir évident à faire fuser leurs petites répliques, ce plaisir demeure loin d'être communicatif sur la longueur. Je garde un souvenir beaucoup plus léger, naturel et rythmé de Versailles Rive gauche et cette rive droite apparaît en comparaison bien poussive et vaine. Un énorme plateau d'acteurs français un peu difficile à digérer.  (Shang 16/03/10)

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07 décembre 2008

Le parfum de la dame en noir (2005) de Bruno Podalydès

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Malgré tout le soin apporté à la variation des cadres (joli plan en caméra portée (les courses dans les bois), plan séquence très coulant(à l'école notamment)), au rythme des répliques, au jeu des personnages (mention bien pour Zabou et Jean-Noël Brouté (Sinclair), mention nulle pour le ridicule Elbaz), quelques trop rares gags burlesques (le ballet des stéthoscopes restant ce qu'il y a de plus réussi) on a vraiment du mal à rentrer dans l'histoire et à s'y intéresser... Si dans le mystère de la chambre jaune, on s'attelait assez vite à la résolution du... mystère, là on traine pendant une bonne heure avant de vraiment savoir ce qu'on attend... oui, le parfum, tu parles... On comprend que tout le monde s'affole du retour de Frédéricseptembre_2005___le_parfum_de_la_dame_en_noir_1_ Larsan (dit mort mais bien vivant... on ne sait ni comment ni pourquoi d'ailleurs...) et... et... des choses se passent et il faut attendre les 15 dernières minutes pour qu'on nous explique tout se qui s'est passé et qu'on a pas vu... mais comme on a rien vu de vraiment intéressant jusque là, on ne voit pas vraiment pourquoi Rouletabille enquête. Bref... Un peu trop "qualité française" et plutôt sage, on aurait pu attendre beaucoup plus de folie et de prises de risque des frères Podalydès qui se complaisent un peu dans ces aventures molles. Par pitié, pas de trilogie.   (Shang - 12/04/06)


parfum1pyTout à fait. C'est même curieux de voir comment la précieuse fantaisie habituelle de Podalydès peut tourner à vide si on n'y prend garde. Le Parfum de la dame en noir a le même défaut que tous ces films français clinquants récents : on rassemble trop de stars, et du coup on tue dans l'oeuf toute espérance de personnages. Podalydès a l'air tout content de rassembler dans son champ 3 générations de comédiens de "qualité française" (de Lonsdale à Breitman en passant par Arditi, Gourmet, Azéma, Elbaz, n'en jetez plus), mais oublie du coup d'écrire son film, convaincu que ça suffira bien. Il tente un vague mix entre polar et comédie légère, et rate des deux côtés : le suspense est gaché par le fait qu'on ne comprend absolument rien des enjeux de l'enquête de Rouletabille (pourquoi faut-il retrouver Larsan ? Qu'est-ce que vient faire cette histoire de mère retrouvée là-dedans ? 1962820497Pourquoi Larsan se cache-t-il ?), et que du coup on n'assiste souvent qu'à des gesticulations sans sens ; la comédie est gâchée par des dialogues souvent laborieux et des personnages peu sympathiques (en premier lieu Podalydès frère, jeu fermé, un peu fatigué sûrement de cet éternel rôle de Tintin mélancolique). Restent ça et là quelques minuscules idées rigolotes (la scène non des stéthoscopes mais des périscopes (mais Shang est en Chine depuis longtemps maintenant)), une jolie lumière d'été, et quelques inspirations visuelles à l'ancienne. A part ça, ça tourne en rond.   (Gols - 07/12/08)

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21 octobre 2006

Versailles Rive Gauche (et autres courts) de Bruno Podalydès - 1989-1996

Magnifique édition pour ce DVD des courts-métrages de Podalydès : pas moins de 14 petits films, et puis des bonus pour une fois intéressants, qui renseigneront dans la gaieté les apprentis cinéastes sur les moyens de filmer avec 3,30 euros et une bande de potes. Rafraîchissant.


4766Le premier court du gars Podalydès s’appelle Le dernier Mouvement de l’été (1989). C’est une jolie rêverie en 8mm, qui s’enroule autour d’une chtite musique au piano à mourir. Seul dans une chambre, un gars triste se masturbe mélancoliquement en matant des polaroïds de femmes nues sur la plage. En parallèle sont filmées les femmes « en vrai ». Ce petit bidule muet, mais très joliment « bruité » est étonnant de la part du réalisateur de comédie qu’on connaît. Entre Genet et les films de vacances, pas mal du tout. En tout cas beaucoup mieux que le morne Vertiges (1989), qui n’est qu’un film de famille (le gars filme sa nana, bon), malgré les efforts démesurés de Podalydès pour faire croire que ses cadres sont inspirés et son « actrice » habitée. C’est à deux doigts d’être mièvre, en tout cas c’est bien chiant.

Versailles Rive Gauche (1992) est un petit bijou de comédie, qui fait toujours rire 14 ans après. A partir d’une situation totalement idiote (un gars invite une jeune fille chez lui, mais il est aux chiottes quand elle arrive, d’où gène, le gars n’ose pas tirer la chasse, ce sera sa grosse erreur), Podalydès s’amuse à suivre le fil du délire, et remplit son appartement, et donc son écran, de tas de « fâcheux ». Les allusions aux Marx Brothers et à Tintin sont tout à fait pertinentes : on est dans la légèreté pure, voire dans le non-sens. Si le film est un poil long et a du mal à aller jusqu’au bout de son délire, il est totalement réussi côté acteurs, qui sont tous d’un naturel saisissant. On sent le film devoila potes, et c’est tant mieux. Côté réalisation, le pépère fait ce qu’il peut dans la contrainte des 9 mètres carrés de son décor, et s’en tire plus qu’honorablement, en suivant toujours les mouvements de ses acteurs au plus près. La caméra se fait oublier, très discrète, et pourtant en ouvrant l’œil on voit la subtilité de la chose (tel personnage qui se déplace, suivi par la caméra, qui s’arrête pour recadrer un autre acteur qui passe dans le champ, etc.) Ce mignon réseau entre les comédiens est très agréable à regarder (on pense parfois à la simplicité d’un Truffaut) et fait du film un beau moment d’apaisement. A noter une fausse « suite » au film (« Que sont-ils devenus – En attendant Versailles Rive Droite ») réalisée récemment en DV foutraque, assez poilante elle aussi dans son absurdité et le talent d’impro des comédiens (Vuillermoz en tête), et très amère dans son idée.

Le sympathoche Voilà (1993) est lui aussi assez inspiré. Bon, je préfère le cinéma un poil plus rêche, mais dans le genre « petit film à la poésie toute simple », c’est très joli. C’est juste un gars qui emmène son bébé de quelques mois à la découverte de la nature, et lui montre les vaches, les mûres sauvages, la mer, etc. Juste ça. Le film est d’une douceur incomparable, et la fantaisie est bien là encore une fois, grâce à l’ineffable talent d’improvisateur de Podalydès frère, en rôdage de son futur personnage de Liberté Oléron, absolument juste, subtil et drôle. Ça sent la fin de siècle, mais de façon mélancolique et feutrée, polie pour ainsi dire.

Comme autres petits bidules, il y a M. Espapec (1996), tentative de minuscules sketches sur le quotidien, à la Mr Bean, mais assez ratés à cause d’un acteur moyen, et en tout cas sans intérêt au niveau du filmage pur (plan fixe) ; Histoires Gratuites (1994), cinq jolis essais de greffer des histoires sur des images banales (mire de la télé, écran de minitel, feux de circulation…), malheureusement inégaux suivant les acteurs ; La Baignoire (1994), très marrant dans son amateurisme, qui envisage de filmer la salle de bain comme un film d’Ushuaïa, « podalydèsien » à mort ; et Les Frères Siamois (1994), sans intérêt, on croirait un sketch de Jacques Martin pour Le Petit Rapporteur.

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