Sécheresses (Vidas Secas) (1963) de Nelson Pereira dos Santos
Considéré comme l'un des cinq meilleurs films brésiliens de tous les temps (sont toujours à l'affût du moindre truc pour remplir les jaquettes), Vidas Secas est, c'est le moins qu'on puisse dire, aride. Un couple en transit dans un genre de pampa brésilienne avec ses deux gamins et un chien (le perroquet, il le bouffe d'entrée de jeu) s'installe dans une ferme. Après deux ans à trimer comme des malades, ils décident de repartir "à l'aventure" (pas celles d'Indiana Jones...). Entre-temps, un veau sera né, le père aura passé une nuit en prison à cause d'un excès de zèle d'un gardien, les gamins auront mené les chèvres dans les paturages et pis... Ben franchement, po grand-chose à se mettre sous la dent (roh, j'ai pas dormi quand même...! C'est pas impossible non plus remarquez...). Il est clair en tout cas que le constat est sec comme un coup de trique, le Brésil dans les années 60, ce n'était point la fête du slip à tous les étages... la fin en plus est d'une tristesse qui m'aurait mis le nez dans mes pop-corn, si j'en avais eu - on n'ose même pas bouffer, à peine avaler sa salive, devant ce style de films spartiates où les gens sur l'écran mangent la poussière. On ne peut pas reprocher à Pereira Dos Santos de ne point livrer un film sévère mais juste, délesté de toutes matières grasses, radicale dans sa vision. Faut également une grosse dose de courage, pour le spectateur, pour ne point pousser des soupirs toutes les 20 minutes (c'est le genre du film qui sent le fauteuil qui claque pour les moins de 50 ans (les plus de 60 ans dorment en 5 minutes)). Je vais peut-être attendre un peu avant de me faire les quatre autres films brésiliens de la série. Point inintéressant, attention, loin de là, mais un cinéma sans concession dur à digérer...


