17 mars 2008

Incident au Loch Ness (Incident at Loch Ness) (2004) de Zak Penn

incidentL'idée de départ est assez originale en soi, celle de confronter la légende du Loch Ness avec celle de Werner Herzog lui-même. Connu pour ses tournages extravagants, pour son sens de l'expérience humaine et ses rapports tendus avec son équipe et Klaus Kinski en particulier, Herzog est peut-être celui dont les films s'approchent le plus de l'aventure humaine au sens propre. Présenté comme un vrai documentaire, le producteur Zak Penn semble donner les coudées franches à Herzog qui souhaite réaliser un film qui confronte les croyances ancrées dans l'inconscient collectif et la réalité. Se greffe en plus une équipe de télé chargée de faire un reportage sur le parcours d'Herzog pour monter et réaliser ce film. On se rend cependant rapidement compte que toute l'entreprise est bidonnée dès le départ et que le film en lui-même, sous des dehors d'authenticité, est un immense canular. Bon pourquoi pas. L'équipe au départ prend le temps de filmer Herzog chez lui au naturel et on a droit à des interviews de chaque participant sur fond noir genre "vrai docu" dans le style américain de ces 20 dernières années, au moins. Et puis c'est le départ en Ecosse et le début du tournage qui dérape complètement (tension dans l'équipe, personnes soi-disant spécialistes (un cryptozoologiste, eh oui) complètement azimutées, techniciens professionnels qui pètent un cable, colère de l'Herzog...) avec en prime un vrai-faux (on s'y perd) Nessie qui fait son apparition! C'est certes ambitieux et presque plaisant malgré les grosses ficelles. Le problème de Zak Penn, c'est de vouloir tomber dans la surenchère du n'importe quoi (cette call-girl appelée de dernière minute en charge du sonar n'était vraiment po obligée...) alors que s'il l'avait joué beaucoup plus sobre, un doute aurait pu planer au moins une seconde sur l'ensemble de l'entreprise. Il joue à donf sur la réputation d'Herzog, et même la réflexion sur le désir d'un producteur de carotter lui-même un tournage pour y ajouter une tension dramatique tombe complètement à l'eau...; les acteurs semblent qui plus est relativement mal à l'aise de jouer les types mal à l'aise (vous me suivez ?), et la supercherie tourne un peu en eau de boudin. C'est presque dur pour Herzog qui a toujours cherché à aller au fond de l'authenticité, même si ici, il semble prendre un plaisir de gamin à jouer avec sa propre image. Un bon point tout de même (sinon Ba**ien va me faire la gueule pendant une semaine et me foutre ma pignée au billard d'un air rageur) pour les commentaires audio (j'ai écouté le début) qui rejouent à fond la carte du réalisme et du vrai docu. Original dans l'idée, un peu décevant dans le passage à l'acte.

gunpoint   

Posté par Shangols à 11:27 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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