07 novembre 2009

Paranormal Activity d'Oren Peli - 2006

19190467_jpg_r_760_x_f_jpg_q_x_20091028_062659

Ce film fait visiblement un énorme buzz de l'autre côté de l'Atlantique, et au vu de la bande-annonce on en attend effectivement beaucoup. L'histoire absolument basique d'une maison hantée, que le couple qui l'habite décide de filmer en caméra-surveillance, genre Blair Witch en plus radical, moi je prends. On se pelotonne donc dans son fauteuil en ne demandant qu'une chose : avoir les foies.

paranormal_activity

On connaît les passages obligés du genre, et on regarde la première demi-heure en pardonnant au film de ne rien raconter, rien montrer que quelques portes qui grincent. On se fait certes un peu chier, mais on sait qu'il faut en passer par là pour faire monter la sauce. On assiste donc à l'inquiétude grandissante de ce petit couple banal : les scènes de dialogues sont piteuses, mais on apprécie ces plans fixes nocturnes qui promettent beaucoup. En choisissant l'option "caméra objective", Peli saisit quelque chose de l'origine de la Peur. Ces images enregistrées par une simple machine sans sentiment, donc privées de point de vue, peuvent donner lieu à des choses très effrayantes : un simple bruit, une vague ombre, ou même tout simplement une immobilité un peu trop appuyée, voilà des occasions de fantasmer pour le spectateur, et donc de se fabriquer son propre film d'horreur. C'était le plaisir de la géniale série Documents Interdits, et ça fonctionne ici parfois : on ne montre rien, et c'est terrifiant. Ici, trop rares, ces scènes "plates" sont perdues dans la masse d'une histoire jamais intéressante, et on aurait préféré que le film soit plus audacieux, c'est-à-dire entièrement filmé par cette caméra de surveillance. On rêverait même d'un film de 12 heures, qui n'accèlèrerait pas le temps comme ici pour se focaliser sur les moments importants, mais qui laisserait le public regarder l'immobilité, traquer l'étrange au milieu du "rien".

paranormal_activity_header

Là, au bout d'une heure, on commence à tiquer devant le rien. On veut bien qu'on nous fasse monter la tension petit à petit, mais on voudrait bien aussi avoir autre chose à se mettre sous la dent que cette succession de détails minuscules qui ne parviennent pas à nous terroriser vraiment. Quand le film se termine, on se retrouve un peu gros-jean : aucune surprise, aucun évènement ne sont venus rompre la rythmique pataude du film, et le final est aussi plat que le reste. Jamais Peli ne fait acte de mise en scène : le fameux plan récurrent de la chambre filmée en plan large est envisagé comme un écran en deux dimensions : le lit à droite, la porte à gauche. Peli oublie aussi qu'il y a une profondeur à son plan, et que LE lieu fantasmatique est ce petit bout de couloir qu'on entrevoit au fond à gauche, beaucoup plus que les personnages en train de dormir. Il ne place jamais rien dans ce petit espace, et on attend en vain que les watts pètent enfin. Peli aurait pu aussi utiliser le grain cradouille de sa caméra-vidéo avec plus d'inspiration, jouant sur le caché et le visible, sur la difficulté à distinguer les détails dans cette nuit américaine granuleuse. Rien de tel : juste quelques bruits, un cri de pintade ou deux, et fin. A chaque séquence, on imagine ce qu'il aurait pu advenir de terrifiant dans ces plans, et finalement le film qu'on se fait dans sa tête est beaucoup plus terrible que celui d'Oren Peli. Mais cette intrigante duplicité avec le spectateur semble être présente involontairement : Peli a beaucoup moins d'imagination que son public ; il casse donc son beau jouet et ruine le concept intéressant de son film, par manque d'idées. "Que se passe-t-il quand on dort ?", dit l'affiche : 1000 fois plus de choses terribles que ce qu'on voit dans Paranormal Activity.

Posté par Shangols à 18:35 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1