Jeunes Filles en Détresse (1939) de Georg Wilhelm Pabst
Ah quelle bien belle langue que la langue française, parfaitement ma bonne dame, oh à cette époque-là les jeunes filles avaient encore du vocabulaire, n'étaient jamais vulgaires (eh oui, tout était soit "épatant", soit "chic", prenez-en de la graine, pauvres ados dégénérés de Secret Story po capables d'utiliser correctement un pronom relatif, vous qui passez votre temps à être "vénères" et à tout trouver "trop grave" entre deux gros mots), ah que cette France était pittoresque avec tous ces acteurs qui avaient encore l'accent de leur province (sacré Ministre de la Justice qui joue comme un cochon mais qui prononce super bien tous les "e" muets), ah que la France était coquette en ce temps-là, un temps où n'importe quel chapeau était à la mode et où on n'avait jamais peur du ridicule (j'ai fait une grosse fixette sur les chapeaux, c'est bien la première fois en matant un film... pas forcément bon signe...), ah... bon j'arrête là sinon on va croire que c'est une chronique signée Jean-Pierre Pernaut... Bon, franchement c'est bien gentil, c'est frais, c'est mignon tout plein cette petite pension de jeunes filles (bourgeoises) en fleur qui tente de se liguer contre le divorce de leurs parents, mais c'est aussi diablement cucul-la-praline pour ne pas dire franchement lourdingue, ce petit discours genre "famille, famille, famille" pour parodier un petit slogan de l'époque...
Sans vouloir être méchant avec l'ami Pabst qui a démontré par le passé tout son talent, ces Jeunes filles en Détresse menées par une Micheline Presle débutante et moralisatrice à souhait (on a d'ailleurs, de loin, préféré la prestation de la chtite Margot, Louise Carletti, pleine de candeur et de spontanéité) prennent rapidement l'allure d'un bon vieux cinéma de pôpa, sans mauvais jeu de mot. Si l'idée de départ n'est pas bien méchante en soi (regardez, misérables adultes bourgeois, vous qui vous consacrez pleinement à votre carrière et qui divorcez à tour de bras, comme vous rendez malheureuse votre progéniture (gros plan sur le visage trognon d'une petite fille toute en larmes aussi émouvante que Céline Dion en fin de concert, histoire de faire passer le message tout en finesse)), elle en devient vite gavante par son petit côté ultra-conservateur (les jeunes filles mettent au point une centaine de "lois" (!) qu'elles transmettent au Ministre de la Justice pour lutter contre le divorce - tiens, juste une, au hasard : "Toute personne qui divorce plus de deux fois devra se voir retirer sa carte d'électeur", ah). Le discours du dit Ministre qui reçoit les militantes et les rassure sur le fait qu'il existe déjà des lois n'est guère plus progressiste : vous, mesdemoiselles, qui êtes l'avenir du pays, saurez vous montrer plus tard de gentilles et fidèles épouses et saurez montrer l'exemple face à ce vilain mal qu'est le divorce (vivement Mai 68, malheureux...). Du coup même si le sujet pouvait sembler en soi un poil avant-gardiste (on est en 39 tout de même), la façon dont il est traité paraît, elle, diablement caricaturale et sclérosée... Un peu à l'image d'ailleurs de cette mise en scène, genre "Au Théâtre ce soir", où chacun récite à tour de rôle sa petite réplique sans jamais interrompre, mon Dieu, son partenaire - le naturel semble être définitivement resté au placard...
D'où ce plaisir un peu désuet que l'on prend à écouter cet-teu bel-leu lan-gueu fran-çaiseu où cha-que petit mot est clai-re-ment ar-ti-cu-lé. Il n'y a pas de mal à cela, je suis le premier à en convenir... Et pis notre esprit tortin qui, tout de même, pour ne pas s'endormir totalement, finit par se focaliser sur ces chapeaux absolument "extravagants" qui feraient passer le Carnaval de Rio pour un défilé Prada (je suis pas chien, vous remarquerez, je vous ai préparé un petit best-of qui ne manque pas de plumes)... Mais bon, je ne voudrais point non plus me faire trop caustique avec l'ami Pabst qui nous a tant émerveillé avec sa Boîte de Pandore et son Journal d'une Fille perdue, pour n'en citer que deux... Ah ben oui, Micheline Presle n'est po Louise Brooks, c'est un fait... Allez, pour finir sur une bonne note, reprenons tous en choeur :
"Le bonheur sur terre,
A quoi bon le taire,
C'est de toujours marcher la main dans la main
L'union fait la force
A bas le divorce
Pour qu'on soit tous heureux demain
LICODIPA [Ligue contre le divorce des parents (sic)]
Veillera sur les mamans, les papas
Désormais tous les époux
Vont célébrer grâce à nous
Les Noces d'or ou de platine
En avant LICODIPA
Pour combattre les désaccords pas à pas
Finit le remue-ménage
Maintenant dans les ménages [rime riche]
Tout s'arrangera grâce à LICODIPA...
La Rue sans Joie (Die freudlose Gasse) (1925) de Georg Wilhelm Pabst
La Rue sans Joie est le genre de rue Gamma du pauvre avec le boucher, la conscience tout tâchée, qui après avoir fait patienter les bonnes gens du peuple en quête d'un steak pendant six heures, n'en laisse rentrer que quelques uns avant de fermer boutique : ensuite, ce sont les femmes de petites vertus qui frappent au carreau et qui, après un passage dans la chambre froide à tâter la charcutaille du boucher, peuvent repartir avec un autre morceau de bidoche, sans moustache celle-ci. Une rue Melchior sans roi mage, à Vienne, en 1921, qui respire la misère alors que pas si loin, au Carlton ça danse la tektonik en cravate et queue de pie et ça fume des cigares ça comme. Le point de rencontre de ces deux mondes, le véritable centre névralgique de la ville, c'est la boutique de la mère Greifer, qui n'hésite point à organiser des défilés de mode pour initiés, mais surtout à ouvrir des arrière-salles où il s'en passe de belles : les jeunes femmes pauvres se prostituent auprès de vieux gros barbichus... On a beau dire, la vie est bien faite, chacun pouvant finalement y trouver son compte. (Je vais me faire tacler par les Chiennes de Garde, mais j'assume, j'aime de toute façon beaucoup les bêtes).
Véritable film choral avant l'heure, Pabst nous fait connaître toute une foule de personnages : Grete (Greta Garbo - ah ben oui, j'ai dit que je me faisais tout son cinoche muet, je m'y tiens, attendez...) - qui joue un peu comme une quiche dès qu'elle tente d'être expressive et qui n'a pas encore dû trouver le bon mascara pour ses paupières qui pèsent huit tonnes, mais bon, elle débute la pauvrette - est la fille d'un fonctionnaire sans le sou (il a troqué son boulot contre deux ans de salaire pour acheter des actions qui lui ont autant rapporté que mes 4As de la Caisse d'Epargne en 10 ans); celle-ci est prête à tout pour acheter de la viande pour sa chtite soeur : elle va donc pour se prostituer mais elle tire tellement la gueule que généralement les clients restent froid; on trouve également certains hommes d'affaires qui se réunissent pour projeter de répandre des rumeurs sur une grêve dans le charbon, faire baisser les actions, acheter au plus bas puis revendre au prix fort, une fois la rumeur dissipée : un certain Egon, secrétaire de l'un de ces messieurs et dragueur né, amène la femme de l'un d'eux dans ce fameux endroit de perdition tenu par la mère Greifer, pour, pense-t-on, la délester de quelques billets - ou juste pour un ptit coup pour la route, après tout; pas de bol pour lui, la gonzesse est retrouvée morte, étranglée, et forcément les soupçons retombent sur lui...; il est question aussi d'un officier de la Croix-Rouge qui vient loger chez la Grete et la regarde comme une statue grecque, du fameux boucher dont l'esprit salace dégouline par tous les pores, d'autres filles de joie - celle qui tente de se tirer de chez ses parents et aime Egon ou encore celle qui essaie de survivre avec un mari et un gamin... On passe d'un monde à l'autre sans transition et l'on sent assez bien l'insouciance des uns face au marasme des autres. Certes, découpé en 9 actes (ah oui, 2h30 tout de même), le film semble parfois un peu s'éparpiller dans tous les sens - quel est le fil conducteur, se dit-on parfois, Grete, l'enquête sur le meurtre?... - jusqu'à la montée finale de la violence du petit peuple qui se révolte en lançant des cailloux là où les riches bambochent ou en tentant de s'immiscer chez le boucher qui cache sa bidoche...
Même si la dernière image porte en elle un soupçon d'optimisme - un gamin sauvé des flammes : un signe d'espoir ?... ou juste un happy end un peu putassier par rapport au ton général du film, comme la Grete sauvée in extremis par son type de la Croix-Rouge ? - le film nous emmène dans tous les recoins de la pauvreté qui jure forcément avec la grosse rigolade des nantis. Quelques subreptices ralentis assez jolis (ou c'est la bande qui coince, p't'être pas quand même ?) - surtout quand on chez les riches, comme s'ils vivaient décalés de la réalité (ou juste pour le plaisir d'un ralenti, ce qui est bien aussi) -, quelques beaux plans volés sur des jambes gainées de femmes mais pas de quoi non plus, faut avouer, totalement s'extasier sur la longueur. On sent bien, en tout cas, qu'à l'époque de l'après-guerre, c'était pas la fête du slip pour tous dans cette partie du monde...
La Boite de Pandore (Die Büchse der Pandora) (1929) de Georg Wilhelm Pabst
Considéré comme l'un des summums de l'expressionnisme allemand voire tout simplement du muet, le film de Pabst oscille entre le charme, la légèreté et la sordidité. Pauvre Loulou - ou Lulu, comme vous voulez - victime de son sex-appeal, pourrait-on croire au premier abord, mais surtout de l'avidité des hommes - entre besoin de possession et d'argent. Si on souligne ici ou là la modernité de la mise en scène de Pabst, on reste surtout fasciné dès les premières images par la modernité du jeu de Louise Brooks, sa photogénie, quelque part entre la luminosité d'Isabella Rossellini et la candeur de Juliette Binoche. Pour sa défense, chronologiquement, elle flingue tout le monde.
Que ce soit son premier boss - le vieux démoniaque et poilu Schigolch - ou le ténébreux Docteur Schön - à la moralité pas si jolie-jolie, tous les deux semblent sous le charme de leur petite protégée. La coquette coquine Loulou en profite un peu - ses petits yeux brillent devant la thune, on sent qu'elle en a po vu tous les jours - mais elle fait un peu la moue lorsqu'elle apprend que ce même Docteur Schön prévoit de se marier avec la fille d'un ministre. Elle fera capoter ce mariage en draguant d'abord un poil le fils du Doc et surtout en se laissant embrasser, après un petit caprice, dans les coulisses d'un spectacle par le Docteur, surpris par l'arrivée de sa fiancée... Elle remporte la première manche et sa nuit de noce est programmée. Seulement le mariage ne sera point consommé, le Docteur Schön, terrassé par la jalousie, lui claquant entre les doigts. La pauvre Loulou est jugée - on se demande un peu pourquoi (comme "cause de crise cardiaque"?) et se prend 5 ans de prison... Mais son ancien protecteur, ce vieux schnock de Schigolch projette son enlèvement et transforme l'essai facile... Elle se retrouve coincée sur un bateau transformé en Casino à quelques encablures du Caire. Mais les maîtres-chanteurs sont légion, tout le monde tente de profiter de son évasion pour soutirer de l'argent à elle ou à ses proches (petite contre-plongée sur un homme au dessus duquel se trouve un crocodile empaillé : les hommes sont bien des carnassiers, rah), sans parler des hommes prêts à tout pour l'acheter... Notre Loulou, avec la police aux fesses, parviendra à gagner Londres et croisera, décidément po de bol, Jack l'éventreur (les superbes fameux gros plans sur les yeux exorbités de l'homme qui alternent avec ceux sur le couteau qui traîne sur la table)... Parviendra-t-elle à le séduire, hum, hum...
Pabst a le sens du rythme et du montage (les séquences emballantes dans les coulisses ou l'atmosphère de tripot enivrant sur le bateau) et ces deux heures filent à toute vitesse. Notre Loulou semble toujours faire contre mauvaise fortune bon coeur, trouvant toujours le moyen de placer un petit sourire même dans les situations les plus tristounes; son incroyable énergie, sa fureur de vivre, semblent être capable de vaincre malgré tout les pires instincts des hommes... Pas gagné d'avance... Seul le fils du Docteur semble ne pas être un personnage totalement libidineux, mais il est dévoré par la passion du jeu... pas mieux. La morale est douloureusement absente chez les mâles prêts à toutes les trahisons pour se faire du pognon - 1929 en Allemagne, il s'est passé quoi déjà après...? Loulou femme fatale, ce qui lui fut fatal...
Le Cas du Professeur Mathias (Geheimnisse einer Seele) (1926) de Georg Wilhelm Pabst
Voilà un film qui aurait rempli de joie le père Trappes, mon ancien prof de philo. Il s'agit en effet de l'étude psychanalytique d'un gazier qui a tout d'un coup une bien curieuse pulsion destructrice; heureusement le Docteur Freud ou Mathias veille et va décomplexer notre gars. Mais ouais, tout est enfoui dans l'enfance, il suffit juste de se rappeler la toute première fois où on a été frustré, après ce n'est que du bonus...
Notre homme, l'air bonhomme, petite moustache à la mode (avant qu'Hitler apporte un certain frein à sa popularité) se découvre une soudaine aversion pour les couteaux : rasoirs, couteaux de table, coupe-papier c'est devenu une véritable obsession, il arrive même plus à couper sa viande... Mais que cache donc un tel traumatisme ? Ce phénomème intervient alors qu'un meurtre a été commis dans le voisinage et qu'une lettre annonce le retour du cousin de sa femme, après un long périple en Indonésie (ce sont tous les trois des amis d'enfance). Notre pauvre type se met à faire des rêves de ouf ce qui permet à Pabst de tester deux-trois techniques qui donneront sûrement ses lettres de noblesse à ce film : rien de bien exceptionnel non plus, à grand renfort de surimpression d'images; il y a tout de même quelques belles idées comme cette grille géante qui "pousse" soudainement entre l'homme et sa maison, ces têtes coupées qui se balancent comme des cloches, cette vue prise d'une caméra qui part verticalement dans les airs (en ballon dirigeable ?) ou encore cette petite ville italienne en papier qui prend forme sous nos yeux. On sent qu'il s'agit du gros moment de bravoure du film et on apprécie ces quelques trouvailles qui, visuellement, n'ont rien non plus d'extraordinaire... Mais bon, on est dans le trip, c'est l'essentiel, et Pabst tentera d'ailleurs d'autres effets, comme la caméra à l'épaule (pour rajouter de la vitesse et de l'action, vois-tu) mais les deux fois cela frôle un peu le massacre (on a vraiment l'impression que le caméraman essuie des tirs au Kosovo, ce qui n'est pas du tout d'époque). Bref, on a malgré tout hâte de voir ce que le psychanalyste parviendra à démêler dans tout ça pour libérer notre bonhomme, qui dans ses crises est à deux doigts de tuer sa femme - alors qu'il l'adore... Sans vouloir livrer la résolution bien décevante de l'énigme (les gens se rappellent toujours leur petite enfance par coeur alors que je me souviens de que dalle - ça me flingue), il y a tout de même, quitte à évoquer Freud, deux images qui recèlent une très forte connotation sexuelle : lorsque l'ombre de la tête du fameux cousin se pose exactement au niveau du sexe de la femme (là, franchement, je suis censeur, je me marre - et je garde...) ou lorsque notre homme mime (dans son rêve puis en réalité) les 28 coups de couteau donnés à sa femme : on se croirait dans une véritable production de Rocco Siffredi tant le gars met du coeur à l'ouvrage - vu la résolution de l'énigme, cela prend toute sa saveur...
Voilà donc un muet de bonne tenue, "jouissant" d'une certaine aura; il n'y a rien non plus de traumatisant à manquer cet acte, pardon, ce film...
Die Dreigroschenoper (1931) de Georg Wilhelm Pabst
Version allemande donc du texte de Brecht, Pabst réalisant la même année une version française de L'Opéra de Quat'sous. Œuvre d'une grande puissance visuelle avec cette armée de loqueteux qui se rend au défilé de la reine -une image qui s'imprime profondément dans notre ADN...- mais également avec des chansons de grande classe - et Dieu sait que je suis pas un fan de ces versions allemandes chantées - les chansons, et en particulier celle des deux héroïnes faisant passer des frissons dans toute l'assistance (moi donc - je prends pas de risque).
Quand Mackie rencontre Polly: le roi des voleurs, dandy et homme à femmes, rencontre la fille du roi des quêteurs; l'un excelle à diriger d'une main de velours une petite bande de loubards qui pille ici ou là, l'autre est la fille d'un homme qui ordonne et organise d'une main de fer tous les clampins et clodos du territoire qui viennent lui remettre son écot. Lorsque Polly rêve d'une robe de mariée en vitrine, elle voit son bienfaiteur apparaître comme dans un rêve dans le reflet de la vitre. En une nuit, les acolytes de Mackie vont écumer la ville pour leur offrir un mariage de rêve. Les décors sont tout simplement somptueux de ces mâts de bateaux qui bougent au second plan sur les quais de la ville aux caves d'Ali Baba dans lesquelles se retrouve la bande à Mackie. Sur le fond, on a toute la Chine d'aujourd'hui: pauvreté, grandeur et décadence, corruption, un monde où seules les relations comptent, où seule la réussite importe. Mackie est acoquiné avec le chef de police qui s'acoquinera avec Mackie quand celui-ci deviendra le président d'une banque. Les personnes influentes se serrent les coudes quand il s'agit de pouvoir s'élever au dessus de cette armée de l'ombre: la dernière séquence où la bande de pouilleux passe de la lumière aux ténèbres est d'ailleurs d'une grande force évocatrice (on ne peut s'empêcher de se dire que celui qui pourra demain les contrôler en leur donnant une illusion de soleil, deviendra à nouveau le roi - l'Adolf devait se cacher au fond de la salle). Pas vieilli d'un sou, c'est encore cela le plus triste.
Le Journal d'une Fille perdue (Das Tagebuch einer Verlorenen) (1930) de Georg Wilhelm Pabst
Une cinégénie pareille, c'est clair qu'il y en a pas plus de deux ou trois par siècle; dès que Louise Brooks apparaît, pfffiout, tout le reste est transparent: lumineuse, coquine, innocente, lascive.... Yo man.
Un rôle à sa juste mesure puisque ce film lui permet tour à tour de jouer une jeune fille rangée, une interne dans une ambiance ultra-stricte, une prostituée puis une comtesse (cliquez sur la deuxième photo pour voir les multiples transformations de la Louise). Elle passe de l'un à l'autre en modifiant à peine une boucle dans sa coiffure mythique et à chaque fois on a la machoire qui tombe. Que dire sinon sur ce film? L'ambiance donc de cet internat pour jeunes filles à problèmes (après avoir été abusée par l'assistant de son père, elle se retrouve avec un baby mais refuse de se marier) est à la fois sadique et sapphique: entre la vieille salope qui mène littéralement les jeunes filles à la baguette (ou au tambour pour les exercices physiques à mourir de rire) et un monstre de 2 mètres chauve (Bjarne Riis en pire), ça rigole pas trop trop... cela laisse malgré tout à certaines jeunes filles le temps des jeux sous la couette ou cette scène diablement sexy où sa voisine la caresse du pied sous la table. Séquence ultra-dramatique lorsqu'elle croise sans y jeter un coup d'oeil, le mini-cercueil de son bébé dans les escaliers qui mènent "chez la
nourrice". Grande scène burlesque aussi lorsque Thymiane - poétique comme nom- refusant dans un premier temps de devenir prostituée donne un cours de danse à un client - bon ok, elle a un peu de cellulite mais on est dans les années 30, ça comptait pas à l'époque. De jolies scènes aussi sur les plages allemandes. On sent qu'on est au tout début des premiers maillots de bains et les hommes dans leur marcel valent deux étoiles au Michelin. Personnage donc qui touche le fond, pour mieux faire preuve de sa grâce, lorrsqu'elle abandonne l'essentiel de son héritage à la veuve de son père et prend sous son aile une ancienne camarade d'internat... Comme le dit en conclusion le vieux comte, "avec un peu plus d'amour, la vie serait tellement meilleure"... Ben ouais. Demain, je me fais la même coupe de cheveux, c'est décidé.
Il s'agit par ailleurs de la 400 ème chronique pour le 4000 ème visiteurs, on s'en fout un peu, mais ça tourne malgré tout..



















