15 mars 2007

LIVRE : Les Mille et une Nuits de Naguib Mahfouz - 1981

Contes7_1_"Ce qu'il y a de plus mystérieux dans l'existence, c'est l'existence elle-même". Mahfouz suit les pas de Shéhérazade et ses dons de conteur font une fois de plus merveille. Dénonçant la corruption des hommes les plus hauts placés, il met en scène toute une série de personnages (Aladdin, Sinbad, Ajar le barbier...) que prennent un malin plaisir à manipuler de mauvais esprits: assassinat de leaders, crise de folie, amour fou, crime passionnel, homme invisible, chacun des mini-récits est une réussite d'inventions exposant le plus souvent les petitesses de nos amis les hommes. Si les esprits parviennent à se jouer la plupart du temps des différents acteurs de cette ville, c'est que personne n'est jamais à l'abri d'une faiblesse pour une femme, d'un abus de pouvoir ou d'un coup de folie. Le rêve et la réalité se retrouvent délicieusement mêlés avec une grande maestria, les dialogues coulent toujours de source, et la recherche d'une grande sagesse face à l'injustice et au despotisme est toujours sous-jacente. Mahfouz est un grand mais je pense l'avoir déjà dit 32 fois. 

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L'Amour à la Ville (L'amore in città) (1953) de Lizzani, Antonioni, Fellini, Risi, Maselli, Lattuada

agenziamatrimoniale_1_"L'amour payant" de Carlo Lizzani

Pour ouvrir ce "film a episodi" de six grands du néo-réalisme qui sont loin de donner leur meilleure prestation (c'est clair et c'est dit), un petit film de Lizzani sur les prostituées: on les voit marcher la nuit ou plutôt errer, des interviews qui sonnent faux et sont souvent sans intérêt, sans parler d'une voix off omniprésente qui fait des commentaires ineptes ("la pute marche beaucoup", ben ouais d'où le concept de péripatéticienne -étymologiquement parlant, ami Bastien). Les pavés mouillés, c'est toujours joli la nuit sinon.


"Suicides manqués" de Michelangelo Antonioni

3 pseudo reconstitutions d'amour malheureux - leur amant les a toutes quittées bigre - qui ont failli se finir sous une voiture, dans l'eau ou avec une dose massive de barbituriques. On s'en tape le coquillard mais grave et Antonioni ne me semble jamais avoir été si pauvrement inspiré. Comme le court d'avant, aucune émotion ne transpire, on respire le factice à plein nez et la caméra fait sentir constamment la lourdeur de sa présence - on se met alors à craindre le pire pour le concept de l'ensemble.


"Le Bal du samedi soir" de Dino Risi

Exit enfin la voix-off et Dino Risi nous montre un chtit bal avec Boogie-Woogie, Fox-trot et slow qui flingue. Il parvient à capter ici et là en des plans de 3-4 secondes un sourire en coin coquin, un clin d'oeil malicieux, une danse langoureuse avec une bombasse 95 bonnet F, la fille à lunettes que tout le monde délaisse pendant qu'une fille se fait embrasser par deux types au second plan, le dragueur dans son costume à rayures, la mère qui choisit les amants de sa fille... Bon c'est pas d'un original total mais cela tire un peu de la léthargie dans laquelle on commençait à tomber. Et puis les danses sont fendardes (eheh).


"Agence Matrimoniale" de Federico Fellini

Etonnant de le retrouver dans cette série. Fellini tente de la jouer sobre avec un jeune garçon qui se rend dans une agence matrimoniale et invente une drôle d'histoire en racontant qu'il cherche une femme pour un ami qui fait des crises de lycanthropie (hein? ben ouais quand on se change en loup quoi). A sa surprise, on arrive à lui présenter une jeune fille qui est toute molle, une blonde gironde assez gentille avec qui il part faire un tour en voiture. Ca discute et puis il décide de laisser tomber l'affaire. Mouais, un Fellini en très très petite forme.

tutte le pellicole di Fellini : qui


"L'Histoire de Catherine" de Francesco Maselli

Maselli va jusqu'à faire jouer une femme - qui a fait la une des faits divers - dans son propre rôle. Il retrace la journée où celle-ci sans taff, sans carte d'identité, décide, après avoir récupéré son bambin chez la nounou qu'elle n'a pas payée depuis 3 mois, d'abandonner celui-ci en pleine nature. Elle le récupère le lendemain chez les soeurs avant de passer au tribunal (qui sera assez clément). Du néo-réalisme bien tristoune, sans aucun artifice artistique, qui montre platement. C'est bien triste ma bonne dame cette histoire, mais qu'est-ce que ce film de télé-réalité (ouais je suis dur) apporte? Un témoignage, ouais merci.


"Les Italiens se retournent" d'Alberto Lattuada

Lattuada est encore celui qui se pose le moins de question et réussit au final le film le plus léger -d'une grande superficialité, j'en conviens: il filme des jeunes filles qui déchirent dans la rue (un gros point faible pour les belles poitrines) et les regards hallucinés et concupiscents des pauvres mâles que nous sommes sur leur passage. Un montage de bric et de broc avec un montage musical au taquet (des seins qui bougent, allez un ptit rythme de guimbarde bonne mère), ça mange vraiment pas de pain, juste pour le plaisir des yeux. Plutôt que de tomber dans un misérabilisme propret comme ses confrères, il joue la carte des petits plaisirs de la vie: c'est pas de la grande philosophie mais au moins il ne se donne pas des allures de garant de la justice sociale..., c'est toujours ça de gagné sur deux heures de films relativement décevants donc.

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Koma (Jiu Ming) de Chi-Leung Law - 2004

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Ah la la, on n'était pas si loin du bon film avec ce Koma ! Il aurait juste fallu que Chi-Leung soit un peu plus rigoureux sur le dispositif mis en place, et qu'il se repenche quelques jours de plus sur son scénario, et on aurait atteint le thriller efficace à l'ancienne, quelque chose proche du Single White Female de Schroeder. C'est ballot.

koma13Contrairement à ses collègues hong-kongais parfois assez soûlants, le gars tente, dans les meilleures scènes du film, de se passer des effets habituels du genre : ici, pas de "Woooouuf" à chaque changement de plan, pas de violons stridents sur chaque ombre, pas de petite fille aux cheveux mouillés qui passe à tout bout de champ. Law filme dans le calme, sans en rajouter, persuadé que le seul récit, allié à une mise en scène relativement subtile, suffiront à faire monter la pression. Et effectivement, Koma est assez tendu, disons comme un efficace film du dimanche soir. La musique, parfaite, très travaillée pour une fois dans ce genre de production, soutient bien les scènes de suspense, et les actrices sont très convaincantes. Bref, on est dans le film d'artisan modeste, consciencieux, et plus attiré vers Hitchcock que vers Tsui-Hark. Et ça fait du bien de voir un film asiatique qui se pose un peu.

Malheureusement, on déchante vite devant les invraisemblances totales du scénario, invraisemblances quiKOMA_205 ne sont jamais compensées (comme chez Hitch) par des élans poétiques qui pourraient les justifier. On assiste en vrac à une auto-ablation d'un rein, à un arrachage de dent sur personne endormie (sans qu'elle se réveille, ben voyons), à un choc frontal en voiture qui ne semble pas gêner la conductrice, à un va-et-vient incessant entre victime et coupable... On ne sait plus où donner de la tête, d'autant que, dans la façon de raconter, le gars Law va à 200 à l'heure, évacuant sans vergogne les moments de transition pour se concentrer uniquement sur les "pics". L'héroïne reçoit un coup de fil menaçant, cut, juste après la menace est mise à éxecution, cut, juste après on découvre la coupable, cut, juste après elles deviennent amies, cut, etc... Ce style télégraphique, s'il est efficace pour le rythme du film, affadit les caractères, et du coup, ben oui c'est le piège, on n'a jamais peur pour la donzelle. Le manque d'épaisseur du personnage nous empêche de trembler pour elle. De plus, Law cède malgré tout trop souvent aux scènes à effet (filmer à travers le tuyau d'un évier, faire passer des silhouettes inquiétantes en fond d'écran, image bleue ou verte assez moche...), surtout sur la fin, et on retombe doucement dans la léthargie du film de Hong-Kong classique. A suivre, peut-être, si Law parvient à affirmer sa voix d'artisan et à ne pas céder aux modes.

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14 mars 2007

Teenage Caveman de Larry Clark - 2002

Voilà un film dont on imagine aisément qu'il deviendra culte, tant on est dans l'improbabilité totale. Un film d'horreur filmé par Larry Clark, voilà qui donne à rêver, voire à douter quelque peu. Quoique... si on pense au magnifique Bodysnatchers de Ferrara, qu'on n'attendait pas non plus dans ce genre de film, on se dit pourquoi pas ?

TeenageCaveman_2002_img_2Et pourquoi pas en effet, continue-t-on à se dire, du moins pendant la première heure de cet OVNI. Teenage Caveman nous présente un futur où un virus aurait éradiqué la plus grande partie de la population. Quelques survivants dans une grotte se sont constitués en société sectaire, où abstinence sexuelle et punitions sont les mots d'ordre. Quelques ados parviennent à s'enfuir de cette grotte, et leur fuite les ménera jusqu'à une ville en ruine où un couple de jeunes gens un poil louches les initiera au sexe de groupe, à la cocaïne et au no limit. D'abord emballés, nos candides découvriront que ça cache quelque chose, exploseront dans tous les sens, verront leurs têtes sèchement séparées de leurs corps et seront poursuivis par un monstre assez laid. Clark, mine de rien, est dans son univers, même si un des premiers plans du film montre un panneau "No skateboarding here". Son fantasme de société gérée par des ados n'est pas éloigné de ses films plus sérieux. Manque de bol, on ne sait pas trop ici ce qu'il veut nous dire, et sa morale hésite sans arrêt entre utopie punk et sévérité bien-pensante : le mystérieux virus est transmis par voie sexuelle (mais à quoi peut-ce bien faire allusion ?), mais en même temps le filmteenage_caveman15 louche délibérément vers l'utopie 70's de la libération ; le groupe de surhommes immortels cache en fait une monstruosité intérieure, mais en même temps ils sont beaux, libres, forts, heureux ; le nazisme n'est pas loin avec ce fantasme de recréation du monde par la jeunesse blonde, mais en même temps on ne peut s'empêcher d'imaginer Clark fasciné par ce rêve... Alors ? Qu'est-ce que Teenage Caveman veut dire ? Mystère.

On regarde donc la mise en scène, qui alterne les moments de grâce (toutes les premières scènes d'arrivée dans la ville, avec cette musique hyper-contemporaine parfaite, avec ce choix de couleurs très upper-class, avec ces scènes de liberté totale, avec cet amour pour la jeunesse qui éclate) et les moments ridicules (le "bleu et vert" horrible de la nature du futur, complètement raté, les acteurs un peu à la ramasse, les costumes (voir photo), les moments d'horreur pure gâchés par des effets spéciaux à la San Ku Kai). Le film est parfois teenage_caveman1relativement émouvant dans les scènes où Clark filme simplement le désir, le bonheur d'être en groupe, la découverte des sens. Malheureusement, la dernière demi-heure achève complètement le film, en le faisant tomber dans la série Z totale, et c'est bien dommage. Clark était arrivé à construire un trouble intéressant (attention, on n'est pas non plus dans le chef d'oeuvre, hein), mais il casse son jouet sans vergogne dans ces scènes de genre totalement à côté de la plaque.

Teenage Caveman reste un objet improbable et bizarre, qui laisse une impression étrange de foutage de gueule et de fascination trouble. Ah oui, et dernière chose : c'est très poilant.

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Hanzo the Razor (vol 2): L'Enfer des Supplices (Goyôkiba: Kamisori Hanzô jigoku zeme (1973) de Yasuzo Masumura

"La hiérarchie, ça ne sert à rien. Ca ne provoque que des entraves et moi je lui pisse dessus". C'est tout l'art et la beauté de la langue de notre ami Hanzo qui s'exprime ainsi avant de continuer de démanteler la corruption au plus haut. Un peu plus de sexe, un peu moins d'idées, une suite d'une teneur assez moyenne.

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Il s'en passe de drôles dans les temples où une faiseuse d'anges opère des patientes de bonne famille tout en satisfaisant ses pulsions lesbiennes ("Je me mets aussi toute nue pour que mes patientes se sentent à l'aise", ouais bien sûr, je devrais faire ça en cours, tiens...). Mais Hanzo n'en reste pas là et remonte la piste: pourquoi devait-elle avorter? Cela le mène tout droit dans un couvent qui est censé enseigner l'art du thé et où l'on vend aux enchères à de riches notables -en lieu et place d'infusions- des jeunes filles vierges (c'est une question de fleur me direz-vous). Couvent placé sous la protection de l'Intendant Okubo. Hanzo fout tout par terre, torture la mère supérieure qui après le supplice du pal (Hanzo dans le rôle du pal) avoue tout et tombe amoureuse du mâle (scène déjà vue dans le Misumi donc sans vraiment de surprise cette fois-ci...). Hanzo se fait taper sur les doigts par son chef, et plutôt que de se faire hara-kiri, on lui propose d'arrêter le roi des voleurs, Shobei, qui menace de voler le trésor du Shogun - Hanzo fera un simulacre d'hari-kiri en se perçant une poche sur le ventre remplie de pastèques, quel déconneur quand même. Il se tapera au passage la gardienne du trésor (par pure charité, pour qu'elle ne soit pas excitée et trahisse ainsi la présence d'un homme dans sa chambre - il trouve toujours des arguments d'enfoiré, le bougre) et dans un volte-face de grand seigneur en se sacrifiant contre une esclave prise en otage foutra une grosse tarabistouille au voleur. L'Intendant Okubo, en récompense, propose d'offrir à Hanzo ce qu'il veut; ce dernier ne se démonte po et lui demande sa tête, eheh, en le mettant minable devant tout le monde, l'accusant entre autre de proxénétisme. L'autre sera jugé par les grands Vassaux (Albator et Capitaine Flamme) et maudira sa race.

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Une musique à grand renfort de synthé et de flute de pan démoniaque (du Pink Floyd ivre à la Suntory, affreux), quelques idées comme celle d'Hanzo de se faire enterrer vivant à la place d'une jeune fille pour pénétrer dans le couvent (aucune imagination, le Tarantino, en fait, sous couvert d'hommage...), une jolie scène en plongée sur un pont, lors du combat final, Hanzo mettant misérable le samouraï d'Okubo (il avait une sale coupe de cheveux, po de regret), on est loin tout de même de l'extase et de la promesse d'enfer du titre français. Bon, on se fera quand même l'ultime chapitre pour la route.

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13 mars 2007

Macbeth d'Orson Welles - 1948

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Sauf l'immense respect que je dois à Orson, il me semble quand même que son Macbeth a un peu vieilli. L'esthétique du film, si elle est très fidèle à l'imagerie habituelle du gars, me semble un peu trop solennelle, pas passionnante. Les sorcières sont traitées en sorcières (voix criardes, brume inquiétante, silhouettes en hâillons, rires grinçants), la langue de Shakespeare est ridiculement emphatique, le tonnerre gronde comme il se doit, les seconds rôles sont pauvres en imagination... Welles semble se souvenir un peu trop de ses mises en scène de théâtre pour que sa vision du texte passe réellement l'épreuve de l'écran. Du coup, c'est affreux, mais on s'ennuie pas mal pendant ce film, qui rappelle parfois le sale temps du théâtre à la télé.

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Bon, il y a tout de même des tas de choses bien là-dedans : le décor, même s'il est lui aussi trop théâtral, est original, une grotte troglodytique improbable que Welles utilise dans toutes ses possibilités ; une Lady Macbeth assez originale, qui ne se prive pas de quelques sourires lumineux là où on attendait une amertume sinistre ; un joli re-montage de la pièce de Shakespeare, qui traite les fameux monologues ("Demain, demain, demain"... quelle merveille) avec une morgue jouissive. Et puis surtout, bien sûr, la mise en scène toujours extraordinaire d'Orson, qui se permet des plans-séquences de sa race parfaitement tenus (le meurtre de Duncan et ses conséquences sont montrés sans coupe, dans toute l'horreur de leur déroulement), des lumières tout en contre-jour qui donne de la puissance même à une hallebarde, des contre-plongées ahurissantes (ah les fameux plafonds de Welles !), des effets sonores du plus bel effet (qui là aussi rapprochent le film du théâtre, de l'artifice).

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Dommage qu'avec un tel génie, Welles ne soit pas parvenu à donner une autre vision de la pièce. Même son jeu à lui est un peu trop, notamment dans tout le milieu du film (un creux dans le texte, reconnaissons-le), où il a beaucoup de mal à ne pas surjouer la folie et l'alcoolisme. Il semble très inspiré par la musique et les images shakespeariennes, mais on sent déjà pointer cette mégalomanie qui fera sa réputation dans ses dernières années, et qui handicape son jeu. Tropmaquillé, il se déplace et parle avec trop d'application, trop d'esbrouffe. On a l'impression qu'il a bien capté tout le côté solennel des pièces de Shakespeare, sans en capter la trivialité, la vulgarité (défaut qu'il corrigera avec brio dans Chimes at Midnight). Bref, je préfère la version de Kurosawa, parce qu'elle est indéniablement plus personnelle que cet exercice un peu scolaire.

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Hanzo the Razor (vol 1): Sword of Justice (Goyôkiba) (1972) de Kenji Misumi

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Zatoichi, Baby Cart et enfin Hanzo the Razor, le père Misumi n'a pas chômé pour ce qui est de créer des séries de feu. Une trilogie cette fois-ci avec dans le rôle d'Hanzo l'inénarrable Shintarô Katsu, le frère du héros des Baby. Justicier au bras long, ou plutôt (dois-je oser? Ben po le choix) au membre long puisqu'outre sa morale d'incorruptible et ses méthodes de combat radicales, il est dôté d'un truc avec lequel il réussit à faire avouer ses prisonnières: elles finissent toujours par craquer pour qu'il continue sa besogne... Dit comme ça, je vois bien que certains vont lever les yeux au ciel, mais bon, Hanzo, on va po le refaire... (OSS 117, un rigolo à côté).

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Après une première scène où Hanzo Itumi refuse de signer de son sang les règles à respecter par les policiers, fustigeant le responsable qui baigne dans la corruption, on comprend que l'on a à faire non seulement à une forte tête mais aussi à une grosse tête de lard qui va jusqu'au bout de ce qu'il a à dire...; dans le seconde séquence d'ailleurs, il se torture pour savoir ce que les accusés peuvent endurer et à partir de là on est en droit de craindre le pire: on se dit qu'on a pas tort quand on assiste à son entrainement de durcissement de... bite (si vous avez d'autres expression, je reste ouvert). Et oui, sa bite et son sabre (son couteau aussi, oui, on peut l'accorder) sont un peu ses armes, c'est pas une légende, et dans deux séquences d'anthologie il parviendra doublement à ses fins en faisant d'une part la conquête de sa "prise" et en lui faisant raconter tout ce qu'elle sait depuis ses 5 ans - il faut indubitablement le voir pour le croire. Comme son frère dans Baby Cart avec le landau, il possède une baraque et un bateau qui sont de véritables forteresses avec une armada d'armes et de pièges en tout genre. Cela lui permettera de remonter la filière d'un mystérieux tueur protégé par le chef de police protégé par la fille d'un docteur (avec un tatouage à la poudre, elle sert de lettre vivante entre un acteur et... une Lady qui vit dans LE chateau...) jusqu'au plus haut responsable qui habite dans le dit château... C'est en route pour la place forte que se termine ce premier opus, qui, sur une musique digne des meilleurs Starski et Hutch (ah ouais les années 70 pour ça...), recèle suffisament de surprises - dont quelques jolis combats ultra-hémoglobinés comme celui sur le pont - pour tenir en haleine.

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Malheureusement Misumi confiera la réalisation des films suivants à deux autres sbires et je cache d'avance ma déception. Je m'attends au pire mais pourquoi pas au meilleur, cela dit, avec ce Hanzo the razor (?) a.k.a the dick. Pour la dentelle c'est toujours au Puy sinon.

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Une Nuit à Mongkok (Wong gok hak yau) (2004) de Tung-Shing Yee

mongkok1_1_Un bon petit polar hong-Kongais (en attendant de voir le dernier opus du Yee, Protégé qui vient de sortir) qui après un départ sur les chapeaux de roues prend son temps pour suivre les déambulations d'un tueur, allié pour un temps avec une prostituée (la sympathique Cécilia Cheung, girl next door asiatique...), qui ont la particularité de venir tous les deux de Chine (du Wuhan) pour faire fortune dans cette "cité de l'encens" plus cauchemardesque que paradisiaque.

Yee, sur l'éternel thème du règlement de compte entre gangs et du jeu du chat et de la souris entre 3000 policiers et un tueur, prend son temps pour nous montrer la face cachée de cette ville fourmillante: prostituées à tous les étages, trafic de drogues dures, vente de Rolex à deux dollars; s'il n'arrive jamais à la hauteur d'un Johnnie To pour filmer Hong-Kong la nuit, il a l'audace pendant une grande partie du film de ne s'attacher qu'à ses personnages qui errent dans ce quartier surpeuplé: nos deux bons Wuhanais, pour avoir voulu se faire rapidement de la thune (pasque dans leur village c'est po la joie) apparaissent vite commeonenight_1_ pris dans un engrenage qui leur échappe. La prostituée rentrera chez elle le coeur en deuil en faisant une croix définitive sur H-K, quant à notre tueur, vendu par les siens, victime de bandes organisées, il finira sa course ensanglantée sous le tir de la police, dur retour à la réalité sur l'asphalte de Mongkok. Un peu tendre le Lai-Fu mais fier jusqu'au bout... La Chine aura bien sa revanche un jour, ce n'est qu'un début.

Quelques baisses d'intensité tout de même en milieu de film, avec des personnages de flics qui ont un air de déjà vu, mais l'ensemble passe la barre. Andy Lau dans "Protégé" devrait apporter un peu plus de peps, à suivre donc.   

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Nip / Tuck - saison 4 (2006)

nip_seanchrisjul_1_Retour de la paire Troy/Mc Namara pour une saison avec une pluie de stars - surtout féminines si ce n'est JR Ewing dans un grand come back glaçant (Jacqueline Bisset en découpeuse de reins, Brooke Shield en psy un peu névrosée, Catherine Deneuve en fumeuse, Alanis Morissette en L Word,...) qui, il faut le reconnaître part un peu dans tous les sens. Si Christian trouve le grand amour avec une bombasse black et retrouve la garde de son bambin, le Sean voit sa famille partir en live avec la chtite Julia qui se barre avec les bamnip_sanaa_2_bins et son con de gosse qui rejoint la scientologie. Après un départ assez sanglant et très chaud, marqué par la crise identitaire du Christian sur son éventuelle homosexualité avec son partenaire de salle d'op (mouais), les scénaristes appellent à la rescousse les épisodes des autres récits (et le retour de l'inquiétant Gallardo dit Barthez pour les intimes) pour essayer de dynamiter l'ensemble; trafic de reins, rachat du cabinet, scientologie... et toujours les éternels thèmes: l'argent peut-il tout acheter? (ben presque...), le paraître et l'être (to have big boobs or not?), les crises dans le couple (séparation, rabibochages, et pis pffft...); le point culminant dans le délire avec cet épisode en 2026 où l'on sent que tout le monde s'est un peu lâché (c'est presque du Six feet under). Ca sent presque la fin de (la) série par moment, et ce n'est pas pour rien que l'ultime rebondissement annoncé pour la saison prochaine semble être le déplacement du cabinet de nos deux hommes de Miami à Hollywood, histoire de pouvoir compter sur un maximum de stars en semi-retraite. Ca risque de bistouriser grave.

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12 mars 2007

Bobby d'Emilio Estevez - 2007

18675361Nous devisions pas plus tard qu'hier, à propos de Babel, des clichés au cinéma. Eh bien, j'ai déniché LE film-cliché par excellence. Bobby est une suite ininterrompue de clichés cinématographiques les plus éculés, on en reste rêveur. Quelques exemples pris au hasard : Anthony Hopkins en majordome vieillissant ; une chanson larmoyante de Simon & Garfunkel pour exprimer la contre-culture en 68 aux USA ; deux stars féminines sur le retour qui se regardent dans un miroir ; Laurence Fishburne en vieux sage ; une pleiade d'acteurs vivant chacun sa vie pour fusionner autour d'un évènement historique (marre des films de groupe, un peu) ; une fin de film sur le drapeau américain symbole de fraternité... clichés, clichés, clichés...

Tout est raté dans ce film, voire un peu putassier. Se servir d'un évènement comme la mort de Robert Kennedy pour nous balancer de telles niaiseries laisse quelque peu à désirer. Impossible de croire en la sincérité d'Estevez, quand la maladresse et l'utilisation de procédés son18675360t hissées à un tel niveau : ce n'est pas en montant un discours pacifiste (certes joli) de Kennedy sur 300 figurants pris en plein drame qu'on dit quelque chose sur l'espoir, les frustrations, ou les rages d'un peuple ; ce n'est pas en envoyant de la joulie musique sur une femme qui pleure qu'on obtient de l'émotion : ça s'appelle des ficelles, du tire-larmes, de la manipulation, et je dis non merci. Pour faire sens, pour commencer à raconter quelque chose, il aurait fallu une autre réflexion sur ce qui a constitué ce moment intense de l'Histoire américaine. Ici, Estevez, de façon trop voyante, se contente de s'extasier sur son casting impressionnant, en oubliant qu'il ne suffit pas de réunir des acteurs connus pour faire un bon film. Les comédiens n'ont absolument rien à jouer, cantonnés qu'ils sont à de petits caméos de quelques secondes, et ont l'air bien peu passionnés par ce film de débutant, ni fait, ni à faire. Estevez filme comme on va à un feu d'artifice : whaou la belle bleu18657261e (Helen Hunt), youpi la belle rouge (Heather Graham), mate la grosse fusée (Martin Sheen)... Si on ajoute à ce laisser-aller dans la direction d'acteurs une totale incompréhension de la musique (Estevez la dissimule, en a presque peur), un montage à vau-l'eau et une tendance à la laideur totale quand il s'agit de filmer les femmes (Sharon Stone et Demi Moore doivent être en procès contre ce gars, c'est pas possible), on se rend bien compte que Bobby est atterrant. Tous les poncifs y passent, du trip à l'acide archi-vu au couple en crise aux mines concernées, du Mexicain victime du racisme mais qui reste vaillant à la chanteuse sur le retour et donc alcoolo ; le naufrage devient total avec le générique de fin, qui montre en roublard des photos de l'alibi-Kennedy qui aurait bien mérité un autre hommage. Une horreur.

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