07 septembre 2008

LIVRE : La belle Vie (The good Life) de Jay McInerney - 2006

Si les motifs signifiants de la modernité sont la ringardise et le recyclage (cf le piteux album de Julien Doré, par exemple), Jay McInerney est un auteur moderne. La belle Vie est un roman qui met son point d'honneur à remettre à jour un genre qu'on croyait éteint (l'eau-de-rose) en le transformant en l'objet contemporain le plus hype qui soit. Mais c'est bien entendu un bon gros piège : si on reste au niveau des mots, de la trame, ce livre est une infâme bouillie sentimentale que ne renieraient pas les éditions Harlequin. Des... [Lire la suite]
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07 septembre 2008

Woman on the Beach (Haebyonui Yoin) de Hong Sang-Soo - 2006

Mon estime pour Hong Sang-Soo ne cesse de descendre depuis quelques temps, et ce Woman on the Beach ne va pas faire grand-chose pour rehausser la chose. A vrai dire, je n'ai pas compris grand-chose à ce film qui se veut pourtant simple dans sa mise en scène et ses situations. Hong semble réaliser un film pour se faire plaisir, à ce que j'ai compris une variation sur le thème de l'inspiration, mais il oublie en chemin d'être clair. C'est plein d'ellipses et de symboles confus, et malgré la chaleur certaine qui se dégage de certaines... [Lire la suite]
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05 septembre 2008

Les Anges violés (Okasareta hakui) (1967) de Kôji Wakamatsu

Lorsqu'il est question de sexe et de sang, il faut reconnaître que nos amis nippons n'y vont pas avec le dos de la cuiller. Il serait cependant un peu mesquin de réduire ce film à une débauche d'érotisme ou de violence - le titre français est non seulement aguicheur mais en plus à côté de la plaque. Wakamatsu traite aussi bien du voyeurisme que de l'impuissance dans une société violente où il est dur de trouver son petit coin de bonheur - surtout quand on est complètement starbé, convenons-en. Au départ, on assiste à un montage... [Lire la suite]
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05 septembre 2008

Pourquoi M. R. est-il atteint de Folie meurtrière? (Warum läuft Herr R. Amok?) (1970) de Rainer Werner Fassbinder

Bien que la construction du film paraisse moins élaborée que celle d'un Haneke (on pense au Septième Continent), le dénouement en est tout autant effroyable et glaçant. En une vingtaine de longs plans-séquences (si l'esthétisme a vieilli, la mise en scène n'est pas celle d'un manchot), Fassbinder nous narre la vie de cet homme tout à fait normal en apparence à défaut d'être particulièrement brillant et original. On a beau être prévenu par le titre, le final tombe comme un couperet, nous assomme comme un chandelier. Herr Raab,... [Lire la suite]
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05 septembre 2008

Qu'est-ce que la Dame a oublié ? (Shukujo wa nani o wasureta ka) (1937) de Yasujiro Ozu

Une comédie légère du père Ozu qui fonctionne parfaitement grâce à la parfaite alchimie entre un oncle, Komiya, (Tatsuo Saito dont la finesse du jeu n'a d'égale que celle de sa moustache) et sa nièce Setsuko (la pimpante Kayoko Kuwano). Cette dernière apporte toute sa jeunesse et sa modernité au sein du couple que forme l'oncle avec sa femme un peu coincée et stricte. Les quelques séquences, également, entre nippones qui jouent à la Desperate Housewives - en avance sur son temps Ozu, bien sûr...-, ainsi que celles qui mettent en scène... [Lire la suite]
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04 septembre 2008

Le Diable probablement (1977) de Robert Bresson

Indéniablement austère et pas d'une gaieté follichonne, on peut se demander si Le Diable probablement n'est point le film le plus désespéré de son auteur. Curieusement encore et toujours en phase avec notre monde actuel - comment ça, on polluait déjà il y a trente ans et on a rien fait depuis, c'est franchement abusé... - ce discours de fond n'est peut-être finalement pas celui qui prévaut dans cette histoire. Ce pauvre Antoine Monnier -qu'on a jamais revu depuis, sans doute pas plus mal- erre dans Paris et souffre de sa lucidité.... [Lire la suite]
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03 septembre 2008

Carnet de notes pour une Orestie africaine (Appunti per un'Orestiade africana) de Pier Paolo Pasolini - 1970

Voilà ce que j'appelle un machin bizarre : PPP se met en tête de mettre en scène en Afrique Noire une adaptation de L'Orestie d'Eschyle, et Carnet de notes pour une Orestie africaine est en fait une sorte de film de repérage ; armé de sa caméra, le gars filme ce qu'il a sous les yeux (le peuple ougandais) en rêvant en voix off de ce que pourrait être ce film. Oscillant entre "prises sur le vif" documentaires, premières tentatives de mise en scène et essais improbables, il va jusqu'à confronter ses idées sur son projet à un... [Lire la suite]
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03 septembre 2008

Les Sept Samouraïs (Shichinin no Samourai) d'Akira Kurosawa - 1953

Les Sept Samouraïs, c'est un Ran réussi. Si AK s'y occupe beaucoup de scènes d'action, si le film est d'un lyrisme puissant, si les séquences de bataille valent leur pesant de bravoure, jamais il ne se laisse aller à la simple contemplation de tactiques militaires énormes : il reste au plus près des hommes, atteignant même une surprenante intimité là où Ran restait assez froid. Du grand spectacle, il y en a pourtant là-dedans. Mais il est toujours compensé par de longs moments de calme qui laissent aux personnages tout loisir de... [Lire la suite]
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03 septembre 2008

Stavisky... (1974) d'Alain Resnais

Oeuvre ambitieuse et exigeante que celle d'Alain Resnais, qui sans aucune esbroufe et à l'aide d'un montage savant, tente de démonter tous les rouages d'une affaire politico-financière qui a secoué profondément le début des années 30. Menée par le mégalomane et petit malin Serge-Alexandre, mieux connu sous le nom de Stavisky par les services de police, cette histoire de gros sous qui éclabousse les personnes les plus hauts placées se finira tragiquement par la mort controversée de ce dernier, un homme enjôleur et plein de charme qui... [Lire la suite]
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02 septembre 2008

Un Poisson nommé Wanda (A Fish called Wanda) (1988) de Charles Crichton

Allez, une petite gâterie après une journée un peu trop sérieuse. Alors oui, Un Poisson nommé Wanda a perdu quelques écailles en 20 ans et moi aussi du même coup. Mais bon s'agissant d'un film qui m'avait fait me bidonner à 16 ans - ils sont pas des tonnes, faut reconnaître - n'ayons point la dent dure avec notre belle innocence de jeunesse. Le scénario ne sort pas de la cuisse de Jupiter (un vol de diamant, qui mettra finalement la main sur les cailloux...?) mais il y a très peu de gras au final puisque l'essentiel des scènes est... [Lire la suite]
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