16 mars 2010

Le Chemin du Drame (Shibaido) (1944) de Mikio Naruse

Alors que la guerre a toujours lieu, Naruse s'intéresse au dur métier d'acteur de théâtre, à un metteur en scène courageux qui, comme le dit sa propre fille, cherche avant tout "à éduquer les gens" quoiqu'il lui en coûte et, enfin, forcément, à une jeune femme qui semble consentir au plus de sacrifices. Récit âpre où, à défaut de voir le jour de la fin de cette guerre, chacun portera, à un moment donné, sa croix en solitaire mais où chacun finira par (re)trouver sa vraie place. Portée par une superbe musique dramatique à... [Lire la suite]
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16 mars 2010

Bancs Publics (Versailles rive droite) de Bruno Podalydès - 2009

Bruno Podalydès semble bien être l'auteur d'un seul bon film (Liberté Oléron) et de quelques courts-métrages attachants. Ce n'est en tout cas pas avec Bancs Publics qu'il parvient à retrouver le charme indéfinissable de ses oeuvres de jeunesse. Pas que le film manque de douceur, ni qu'il ne prenne pas le risque de jouer sur un humour assez original : c'est juste que c'est d'un ennui profond, et que ça met en valeur la tendance la moins intéressante de son cinéma : celle du minuscule brandi comme un des Beaux-Arts. Certes, le cinéma ne... [Lire la suite]
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15 mars 2010

Lady Yakuza (Vol. 1) : La Pivoine rouge (Hibotan bakuto) (1968) de Kosaku Yamashita

La pivoine rouge n'est en rien la femme de la tulipe noire bien qu'elle soit aussi téméraire. Ce premier volet d'une série de huit films s'étalant entre 1968 et 1972 est certes assez séduisant esthétiquement - cadres et décors soignés : jolies toiles peintes au fond du studio -, ainsi qu'au niveau de l'interprétation (belles présences et prestances de, notamment, l'inénarrableTomisaburo Wakayama en bouffon et de Ken Takakura en chevalier servant de la belle...), mais n'a pas de quoi non plus déchaîner les passions. Passée une petite... [Lire la suite]
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14 mars 2010

Derrière le Miroir (Bigger than Life) (1956) de Nicholas Ray

Produit par James Mason lui-même, ce film de Nicholas Ray lui permet de montrer tout l'éventail de son talent, son personnage, psychiquement perturbé, devenant de plus en plus inquiétant jusqu'à faire véritablement froid dans le dos. Bénéficiant d'un sublime cinémascope fifties, le film tourné dans des décors aux tons unis n'en fait que mieux ressortir le morcellement de l'esprit de cet homme qui, malgré le soutien de sa famille (parfaite Barbara Bush, très digne malgré les circonstances ainsi que son gamin, finement dirigé),... [Lire la suite]
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12 mars 2010

Cape et Poignard (Cloak and Dagger) (1946) de Fritz Lang

Petit film d'espionnage, sur fond de Seconde Guerre Mondiale, avec un Gary Cooper grande classe, qui bifurque bizarrement en son tiers en une sorte de romance (l'élue étant une Lilli Palmer italianisée) avant d'accélérer sur la fin pour livrer son lot de scènes d'action pleines de "suspense"... Cette "suspension" soudaine de l'action, au détriment d'un petit jeu du chat et de la souris entre nos deux héros (et le chat, protecteur, de prendre sous sa patte, sans griffes, cette petite souris toute stressée... [Lire la suite]
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12 mars 2010

Un Prophète de Jacques Audiard - 2009

Bel effort de la part d'Audiard : non seulement il abandonne ses niaiseries dialoguisto-catho-consensuelles habituelles, mais en plus il vient rôder aux lisières d'un genre maudit du cinéma français : le film de gangsters de plus de 2h30, ce qui, il le sait, le mettra en face de concurrents ricains costauds (Scorsese et Leone, auquels on pense sans arrêt). Un Prophète réussit vraiment dans un endroit qu'on n'attendait certainement pas d'Audiard, celui de l'incarnation physique, le film étant souvent une histoire de corps plus que de... [Lire la suite]
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11 mars 2010

Sang pour Sang (Blood Simple) de Joel et Ethan Coen - 1984

Sur les conseils pressants de JJ et de princecranoir, retour sur l'oeuvre primale des Coen Brothers. Merci, du coup, aux deux sus-cités, puisque Blood Simple est assez proche du génial, et vient nous rappeler quels grands formalistes furent les frères à une époque (encore aujourd'hui, allez d'accord, mais quand même...). Un peu comme certains fabriquent des épures de western, ce film revient à la base des règles du jeu du film noir. En 1984, il ne reste certainement plus grand-chose du genre, et c'est la grande force de ce film que de... [Lire la suite]
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11 mars 2010

Les Plages d'Agnès d'Agnès Varda - 2008

80 berges et toujours au taquet, la ch'tite bonne femme d'Agnès. Revenant éternellement sur sa vie, comme dans nombre de ses films, elle livre avec cet opus un modèle de modestie en toute liberté, un poème mélancolique et très vivant et une jolie petite forme bricolée comme elle en a le secret. Pas vraiment de surprise dans le fond : Les Plages d'Agnès revient sur l'ensemble de la vie de la dame, de son enfance à aujourd'hui, en passant par les moments obligés (la Nouvelle Vague, Demy, l'échappée new-yorkaise, la rue Daguerre).... [Lire la suite]
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10 mars 2010

Le Jeune Cassidy (Young Cassidy) de John Ford & Jack Cardiff - 1965

Encore un de ces films où Ford a déclaré forfait à mi-parcours. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Young Cassidy s'en ressent méchamment. Ce film est placé juste entre deux des chefs-d'oeuvre les plus flamboyants de Ford (Cheyenne Autumn et Seven Women), et ça sidère d'autant plus : voilà une oeuvre malade, bancale, visiblement réalisée sans grande conviction. On a l'impression pénible d'assister à un de ces vieux téléfilms de l'ORTF, esthétiquement parlant. Images délavées, montage au petit bonheur, décors convenus, tout sent la... [Lire la suite]
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10 mars 2010

La Femme au Gardenia (The blue Gardenia) de Fritz Lang

Un scénario terriblement cousu de fil blanc qui, sans enlever tout intérêt à ce film noir de base (Fritz Lang reprenant en partie les motifs (certes classiques) qu'il avait déjà utilisés dans The Woman in the Window : le miroir - brisé -, le téléphone qui joue dans l'histoire un rôle d'intermédiaire crucial, la "meurtrière" qui voit des flics partout faisant monter sa paranoïa...), ne le place parmi les très grands films du maître. Malgré une utilisation finaude de la musique (de Nat King Cole, qui interprète himself, en... [Lire la suite]
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