09 mars 2015

Les Gens du Monde (2014) de Yves Jeuland

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Il y a une certaine tendance du documentaire filmé en France (peut-être sous l’influence de Philibert) à filmer des gens au travail et à monter les images « brutes » sans voix off. Chez Philibert cela fait sens, car il y a une réelle réflexion en amont pour que ce montage (La « ville » Louvres entre autre) soit signifiant.  Là, force est de constater qu’on n’apprend pas grand-chose ni sur le travail de journaliste (même si l’écriture d’un article n’est pas ce qu’il y a de plus cinégénique en soi), ni sur la constitution d’un journal. On assiste à de «micros morceaux choisis » qui peuvent parfois faire sens (on pense notamment à ces discussions parfois intéressantes dans la newsroom ou à cette assemblée pour discuter du « positionnement » du Monde par rapport aux élections présidentielles) mais qui, la plupart du temps, paraissent bien superficiels. D’où une impression d’éclatement (on part un peu dans tous les sens) et ce sentiment, au final, que le réalisateur s’éparpille comme s’il n’avait pas été capable de trouver un axe de travail. Il y a bien ici ou là, quelques images « volées » qui prennent une certaine « profondeur (cet homme d’entretien black qui semble, au niveau du staff de l’entreprise, ni faire partie du Monde ni par conséquent du monde… ou encore ce militant PS qui se soulage derrière un arbre pendant qu’un journaliste du Monde, qui suit la campagne de Hollande, fait de la langue de bois en évoquant avec d’autres miltants son « approche journalistique » (un second plan, terriblement « concrète » , et un discours, un poil vaporeux, qui s’entrechoquent joliment), ou aussi quelques discussions intergénérationnelles sur le site web et le journal-papier qui ne sont pas dénuées d’intérêt, mais cela ne pèse pas bien lourd sur 90 minutes plus « divertissantes » (on cherche à donner du rythme…) que profondes… Dommage parce que l’on sent qu’il y avait (plus de) matière (à débat).    

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08 mars 2015

Birdman (2015) de Alejandro González Iñárritu

Alejandro "en passant par la Lorraine avec mes gros sabots" Iñárritu is back et décide de se faire son Opening Night. Rien de moins. Dans le rôle de Gena Rowlands, c'est Michael Keaton qui s'y colle : Batman (or Birdman) est loin derrière lui ; cet ancien héros de cartoon à deux balles, absent pour sa fille, absent pour sa femme, adapte Carver au théâtre (Oui Carver !) et c'est redemption time. Le Michael a certes encore une petite araignée (ou un petit oiseau) dans la tête mais il va mettre ses tripes sur la table, pour se racheter, sentimentalement et artistiquement. Birdman, that is the tragic question, va-t-il se brûler les ailes ou retrouver les sommets ?

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Iñárritu, y'a pas à dire, c'est du musclé, un peu comme Framboisier. Même quand il s'attaque à un sujet "intellectuel", aux acteurs de Broadway, à ce beau et décadent monde de théâtreux, il faut que ça booste, il faut que ça speede. Iñárritu n'y va pas par quatre chemins et décide de faire un film de deux heures en un seul plan-séquence constamment en mouvement (il y a des tonnes de trucages, je vous rassure, c'est pas encore Sokurov). Alors oui, cela fait son petit effet (un peu comme la caméra qui n'a pas de reflet dans les miroirs : il nous prend pour un jambon ou quoi ? Cela ajoute, paradoxalement, un côté artificiel - quand un micro dans le champ chez Cassavetes sentait l'artisan, la bonne sueur) : cela est assez "impressionnant" en un sens d'autant que les acteurs, soit hystériques, soit énervés, balancent de la tirade à tout va. Chacun semble jouer le rôle de sa vie, Keaton avec ses rides qui lui donnent définitivement plus de profondeur et d'humanité que lorsqu'il est engoncé dans son costume noir en latex, Norton en ptit merdeux imprévisible qui se tape des ptites crises mais qui, au fond, n'est pas si méchant, Andrea Riseborough (joli minois, oui) en jeune fille un peu on the edge tu vois mais ready to be in love, Naomi Watts et Emma Stone tellement à fleur de peau qu'une étincelle peut mettre le feu aux poudres (un scène de lesbiennes, ça marque toujours des points dans des coulisses de théâtre), etc... Bref, démonstration de force au niveau "effets spéciaux" et "performance" et le film, comme c'est bizarre, vient de se prendre 9 nominations aux Oscar - une compète qui fait de plus en plus dans la dentelle...

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Impressionnant, disais-je plus haut, mais le trait est tellement forcé qu'on échangerait bien 5 secondes du film de Cassavetes contre ce nouveau baril du gars AGI. On a bien compris les principes de base : putain, y'a pas de frontière entre la vie d'artiste et la vie privée et c'est franchement pas toujours facile ; putain, c'est dur de lutter contre le fait d'avoir une étiquette (surtout quand elle est en latex) : heureusement le comédien protéiforme ricain a toujours de la ressource pour faire ses preuves (prendre 20 kilos, se couper une jambe, se faire pousser la moustache de Max Meynier) et réussir un come-back from nowhere. C'est ce que nous proposera le Michael : à deux doigts de péter une grosse durite (la scène toute en finesse avec hélicoptères, explosions, Keaton-volant... et cette réflexion à deux balles : les gens veulent de l'action sinon ils s'emmerdent ; pas forcément : même quand Iñárritu fait des scènes d'action, le spectateur s'emmerde), à deux doigts d'être rejeté par tout le monde, à deux doigts de se tuer... Mais les Ricains, of course, sont bien les champions du monde du come-back (cette "culture hollywoodienne" va comme un gant à Iñárritu qui l'enfile jusqu'au bout des ongles) et vous n'êtes pas au bout de vos surprises ! (même quand c'est fini, c'est pas encore fini, il faut du rebondissement, de la pirouette.). Bref, un film très tape-à-l'oeil, à l'énergie, aux forceps, qui se veut une grande réflexion sur la life et sur le métier d'acteurs et qui n'a pas plus de feeling que le type à la batterie en charge de la BO (faut que ça pète, putain). Un conseil : faites l'impasse et revoyez ou découvrez Opening Night. Point. Ca sent bon l'Oscar sinon...   (Shang - 16/01/15)

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Shangols joue les prophètes, puisque trois semaines après le texte de mon Shang, Birdman est auréolé de l'Oscar prévu. Bon, faut dire que c'était pas non plus sorcier-sorcier : voilà typiquement le candidat idéal, gonflé à l'extérieur, simplet à l'intérieur, un ersatz de feu d'artifice qui fait ouvrir des yeux ronds mais laisse les neurones tranquillement à l'abri. Pas à dire, au niveau technique, c'est très bluffant (pas bien compris ta critique, mon gars : tu aurais voulu qu'on voit la caméra quand elle passe devant les miroirs ?... Si Cassavetes avait eu les moyens de gommer ses micros dans le champ, tu ne crois pas qu'il l'aurait fait ?) : la caméra passe partout, y compris par l'impassable (un espace de deux centimètres dans les barreaux d'une fenêtre), organise une lecture de l'espace et du temps très impressionnante : un film total, qui englobe réellement en un seul mouvement tout l'espace (cantonné dans la plus grande partie à l'intérieur d'un théâtre, depuis les cintres jusqu'à la billeterie), mais se permet aussi carrément des ellipses dans le temps, des flashs-back et des flashs-forward, le tout "sans couper". L'immense décor en ressort transfiguré, et on a la vraie sensation d'être englobé dans cette histoire à l'instar des personnages, toujours entre scène et coulisses, comme si la frontière entre les deux était abolie. C'est d'ailleurs bien le sujet du film, les rapports entre fiction et réalité, entre la légende d'un personnage (Batman-Birdman) et la petitesse de son interprète, etc. Du coup, le dispositif de plan-séquence (je n'ai lu nulle part la mention que le plan-séquence est tout de même coupé trois fois, je le signale donc ici comme un scoop) se justifie, et c'est vrai qu'on est assez ébahi par la forme. D'autant que Iñárritu se permet tout, effets spéciaux hollywoodiens (marrant, d'ailleurs, d'avoir doté le personnage d'un pouvoir télékinésique absolument inutile), scènes très intimes, sans aucun scrupule. L'enfermement dans le théâtre rend la seule séquence prise en extérieur impressionnante, comme la révélation qu'un monde extérieur existe en dehors de ce mini-monde de la salle de théâtre et de l'ego de ses pensionnaires.

Birdman

Si on ajoute à ça une interprétation irréprochable (Keaton est super), un humour pince-sans-rire et presque dépressif, et une musique bien balancée (Antonio Sanchez, quand même, là encore désaccord avec mon camarade), on pourrait penser qu'on tient là un excellent bazar. Sauf que non : tout ça ne sert qu'à cacher un discours bien simpliste sur les dangers de la célébrité et l'impossibilité de décoller les étiquettes sur les costumes de latex. La vision du théâtre, antédiluvienne, et les dialogues sentencieux apportent déjà un soupçon de ringardise au scénario. Mais on est en plus vite fatigué des tergiversations nombrilistes de notre héros et des caprices faciles de son partenaire, et on finit par se demander ce que tout ça peut bien chercher à nous dire. Je crois que rien, pour ma part, et c'est un peu dommage. Alors oui, ça pète, c'est beau, c'est admirable au niveau technique, mais c'est franchement chic et toc au niveau du fond.   (Gols - 08/03/15)

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Annie du Klondike (Klondike Annie) (1936) de Raoul Walsh

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L'histoire d'une femme légère qui décide (pour sauver sa peau) de se faire passer pour une nonne et qui continue, malgré cela, à attirer les hommes, il y avait de quoi titiller l'attention. Seulement dès la première apparition de ladite femme, les premiers doutes apparaissent : Mae West, mon Dieu... La première comparaison qui vient à l'esprit est celle d'un concombre de mer. Ce sera la bonne. Quand elle se met, la bougresse ménopausée sous anxiolytique, à rouler des fesses en roulure ou en nonne, avec une garde-robe digne de celle de Christine Boutin, on pense à un concombre de mer qui flotte. Ce n'est plus une erreur de casting (la Mae a coécrit le scénario, on pouvait pas l'envoyer bouler non plus...), c'est juste une erreur... Quand on voit tous ses mecs, tels des plongeurs chinois, lui tournaient autour (Victor McLaglen ressemble à un tronc, certes ; on plaint surtout le fluet inspecteur (Philipp Reed) aux fausses allures de Errol Flynn : s'il a le malheur de se retrouver entre les seins de la Mae, il risque bien de finir définitivement à l'ouest...), on se dit que parfois, le cinéma, c'est magique. Ou juste absurde.

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Ce petit détail esthétique va-t-il jusqu'à bousiller complétement le film ? Je serais tenté de dire oui et ce bien qu'il s'agisse du grand Walsh à la manoeuvre (en mode pilote automatique). Tout n'est pas raté, hein. Il y a une ou deux chansons de la Mae qui sont cool (Deep Blue Sea, for example - sur ses chansons de nonne dans la tenue de Barbara (même taille, c'est là le drame), on fera l'impasse), deux trois gags qui sont gentils, comme on dirait dans un film vintage de Grémillon (le petit gamin qui fait du chantage et fait monter les enchères, les deux types qui sont choisis pour faire la quête et qui sont... manchots (ouais, ça leur évite d’être tenté de piocher dans le tas, c'est malin)) mais pour le reste, pffff... Attention, c'est beau cette conversion à la religion même si elle est un peu forcée : Mae prend son rôle à coeur, sauve des gens spirituellement (enfin, surtout des spiritueux) et fait le choix de la raison en amour (elle pressera finalement le Victor contre son sein lors d'une scène... euh... très mammaire, pardon très maternelle (dans la série je me suis marié avec la mère d'une cougar, je demande la Mae...)). Moralement, tout ça c'est bien joli. Seulement on fait tellement la grimace tout au long du film à chaque apparition de la sexy West (son entourage est vraiment une bande de phoques... à un moment, faut dire la vérité à ses proches, même si ça fait mal) qu'il est bien difficile de porter un jugement positif sur la chose. Annie le Plomb ferait une meilleure traduction pour le titre... Un Walsh écrasé sous le poids de sa star blonde...

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Walsh et grosse Mae,

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Gueule d'Amour (1937) de Jean Grémillon

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La garce, la garce, la garce ! Shangols fait un ptit tour du côté du bon vieux patrimoine cinématographique français. Et qui croise-t-il au coin du bois ? Oh putain, forcément, le gars Gabin, toujours dans les bons plans. A 33 ans le type est au top de sa forme (37, l'année de La Grande Illusion et de Pépé le Moko suivies immédiatement par Le Quai des Brumes et La Bête Humaine...) et il trouve dans ce film un rôle où il excelle : d'amoureux transi sur un nuage (le Gabin en poupon avec de la gouaille) il devient un gars désillusionné et dépressif (Gabin est déjà très fort pour marcher comme un ptit vieux). De lumineux, notre ami Jean passe à sombre, colérique et livide... Gueule d'Amour est-il un film célébrant la perfidie et la vénalité de la femme (Mireille Balin, perfide Madeleine) ou l'amitié coûte que coûte (selon le mot de Guitry comme quoi on reconnaît un ami lorsqu'on l'appelle au milieu de la nuit pour lui faire part d'un meurtre qu'on a commis) ? Il y a forcément un peu des deux, l'essentiel du film étant tourné sur les rapports chaotiques entre Gabin et sa Madeleine et le final sur cette amitié stronger than life...

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Jean est une bonne pâte. Il passe pour un demi-dieu quand il défile avec les gars de l'armée, reçoit moult cadeaux mais il s'en cague. Les femmes, hein... Et puis il croise par hasard la main de cette Madeleine, son visage, son regard. Il ne faut pas être grand clerc pour se rendre compte que les yeux du Jean se sont illuminés, qu'il est prêt à tout lui sacrifier - elle veut 10.000 boules ? Tiens. Elle les perd au jeu ? Tant pis. Il faut dire que la Madelon a un faciès plutôt esthétique et qu'elle vit dans un loft bien luxueux. Péter dans la soie ou dans la mousse du bain, Jean n'en a cure, mais cela n'enlève rien au plaisir. Elle lui fait un mauvais plan, lui pose des lapins, passe son temps à s'excuser pour des absences incontournables : Jean pourrait s'agacer, il subit ; il s'en fout, il l'aime un point c'est tout. Il faudrait juste qu'elle ne dépasse pas les bornes : le prenne de haut devant un tiers, se foutre de son meilleur pote. Elle les dépassera.

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Gabin et Balin ont la classe, des dialogues de Spaak qui font des étincelles et l'image est suffisamment lumineuse et contrastée pour qu'ils aient des airs de demi-dieux. Ensemble, c'est la fusion : il a de l'inspiration et elle un sourire si doux. Au téléphone ou par pneumatique, c'est souvent la douche froide : Mon cher Jean, je ne pourrais venir... Il résiste puis devient lourd. Et tombe de haut, se fracasse sa gueule d'amour la première sur le tarmac. Le fil est rompu, il a eu sa leçon, le bougre - il avait une gueule d'amour, il fait dorénavant simplement la gueule. Mais cette femme, cette femme, elle ne va pas lâcher. Parce qu'elle sait malgré ses petits airs de ne pas y toucher qu'elle le tient dans sa main comme une ptite coccinelle orpheline. Elle pense qu'il est malléable, elle ne l'a jamais vu se mettre en colère dans d'autre film. Elle en fera les frais, un vrai suicide collectif. Il faut reconnaître à Grémillon un réel tact à filmer la chose (une séquence notable tout de même, quasi ophulsienne, lors du bal - le mouvement de la caméra, c'est pas de la gelée) et à mettre ses acteurs en valeurs - certains plans dignes d'Harcourt. Du bon vieux patrimoine français romantico-dramatique qui n'est pas déplaisant pour commencer "gentiment" (l'utilisation du mot "gentil" dans les années trente, du nanan) un dimanche. Estampillé "qualité française - AOC". 

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Le Salaire de la Violence (Gunman's Walk) (1958) de Phil Karlson

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Dans notre cycle western et notre thématique un père, deux fils, voici l'excellentissime roi de la série B+ Phil Karlson. Dans le rôle du père, le fort en gueule Van Heflin, la moustache digne et la morale adaptable : ce type a construit la ville, a descendu plus de Sioux qu'il n'en faut pour habiller une autruche, il est respecté et relativement respectable - faut juste pas trop toucher à ses fils, surtout à l'aîné. Dans le rôle du fils Tab Hunter, aussi gentleman avec les femmes que DSK, con comme un balai, bon tireur, raciste, péteux... bref la face sombre du père - qui le respecte forcément car, malgré ses frasques, il est couillu. Dans le rôle du gars sain d'esprit James Darren, le fiston sans relief, romantique, mauvais tireur - bref le fils surement à sa maman, qui, dans ce genre de film, est morte depuis longtemps (sujet devenu tabou, on n'en saura pas plus... morte en couche ? C'est une piste). On voit venir le déroulement de l'histoire d'assez loin : Tab va faire toutes les conneries possibles et imaginables (pousser un type dans le ravin tout en faisant le malin, c'est le comble) et toujours recevoir le soutien et la confiance de son père (même si cela tape sur les nerfs du Tab qui a l'impression d'être toujours dans son ombre) alors que le pauvre James va commettre un "écart" (pour les normes cow-boyesques bas du front) en fricotant avec une métis indienne (la bien jolie Kathryn Grant) et se faire conspuer par le pater… C’est pas juste. Van Heflin est-il aussi réac qu’un vieux de Bézier et aussi fermé qu'une porte de prison ? A voir.

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Sympa, la première impression de ce film, d'assister à un film de chevaux entre eux. Nos hommes ont pour mission de convoyer des centaines de chevaux et on prend plaisir à suivre toutes ces cavalcades filmées avec art - avec un saut de rivière, notamment, relativement impressionnant. Mais Karlson va rapidement recentrer son discours sur l'antagonisme entre les trois hommes : une figure tutélaire inamovible, un grand frérot qui tente d'oublier sa jalousie envers son père (il ne pourra jamais lui arriver à la cheville, il en a bien conscience - l'autre, est bien trop rusé : voir ainsi la petite course en ville où l'aîné se fait non seulement doubler par son père mais en plus se retrouve au centre de la moquerie) en se perdant dans les putasses et dans l'alcool et un ptit frérot un peu transparent qui ne pense qu'aux couettes de Miss Grant. Chaque séquence de Karlson - toujours très peu de gras dans l’œuvre du gars - nous rapproche d'une issue tragique : l'aîné, qui ne respecte rien (père inclus), pourra-t-il sauver sa peau ? Le père, qui a tôt fait d'arrondir les angles pour protéger son fils, devra-t-il un jour rendre des comptes (c'est bien beau d'avoir un semblant de morale (genre "on ne doit rien à personne"), mais vu à quel point il peut se montrer corrupteur et corruptible, il y a de quoi se marrer devant sa moustache qui s'effrite à vue d’oeil) ? Le ptit jeune, devra-t-il suivre son ptit chemin pour ne pas être victime de l'ostracisme et de l'intolérance des siens ? Quelques séquences tendues (la chute dans le ravin, le coup de théâtre au procès, les réactions violentes et sanglantes de l'aîné qui s'enfonce dans la connerie) nous tiendront en haleine jusqu'à la résolution finale (Ouf, heureusement, Karlson est un type bien...). Un Salaire qui vaut son pesant de pièce de 100 dollars, ou, si on préfère, un western propre et efficace sur un thème lui-même guère original.

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Go west here

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07 mars 2015

Themroc (1973) de Claude Faraldo

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On cherchait récemment des films seventies qui partaient en vrille, en voilà un qui tient le haut du panier. Un film dont les seuls dialogues consistent en hurlements, grognements, éructations ou en langage schtrimloude à moins qu'il s'agisse de frouchtimoultu ou d'un dialecte bantrouliki. On retrouve en haut de l'affiche l'immense, l'inénarrable, l'incontournable Michel Piccoli (qui mérite un Oscar à vie pour cette composition) ainsi que divers membres du Café de la Gare (Dewaere, Coluche, Miou-Miou...). L'histoire ? Franchement ? Disons alors qu'il s'agit d'un gars, un "gentil prolétaire", qui pète les plombs dans notre société moderne vintage, retrouve ses instincts et devient troglodyte en milieu urbain... Rajoutez à cela une touche incestueuse, des hurlements de jouissance, des flics à la peine et de la maçonnerie et vous aurez une petite idée de ce cocktail Molotov plein de bruit et de fureur (de vivre, de rire, de baiser, de péter du ciment - c'est selon).

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Michel Piccoli excelle, qu'il faille se perdre entre les genoux d'une bien jolie secrétaire (Marilù Tolo, hmmm), qu'il faille dézinguer de la flicaille, porter une brouette dans les escaliers, exploser des murs ou caresser les cheveux d'un Patrick Dewaere en flic-maçon torse poil absolument craquant... Il semble un peu vain de chercher à décrire ce pavé dans la mare, remake de Subway avant l'heure (Piccoli vociférant dans les rames du métro déchire dix fois plus que le pétard mouillé Lambert), véritable cri de révolte dans tous les sens du terme. Piccoli se cromagnonise, mure la porte de sa salle-à-manger au grand dam de sa mère, détruit mur et fenêtre pour donner une allure de grotte à son appart, fait le ménage (Betty dans 37.2 c'est du pipeau)  tient la dragée haute à des policiers dépassés et fait des émules dans son quartier : sa voisine - mariée à un Coluche tout couillon mais volontaire (il faut le voir casser ses propres murs avec un marteau pour enfant) - et d'autres voisins se mettent à leur tour à grogner et à fracasser du parpaing. L'homme qui sommeille en ses prolos se réveille et ça envoie du plâtre. Bon, on ne va pas être non plus trop euphorique devant cet ovni : c'est fait avec les moyens du bord et c'est un poil répétitif ; mais Piccoli, même coincé vingt minutes dans les chiottes, on ne s'en lasse pas et l'ensemble est tellement bordélique, foutraque et fou-furieux qu'on ne va pas faire la fine bouche. Faraldo (!?) balance un uppercut dans la tronche du cinoche français et livre une oeuvre libertaire qui défoule - et fait souvent marrer (la séquence des "gentils peintres de l'intérieur" contre les "gentils peintres de l'extérieur", eheh). Un cri de jouissance monumental vient clore le bazar et fait dresser nos petits poils. Une oeuvre qui rend sourd. Culte, donc (surtout apparemment outre-manche... pas de problèmes de sous-titres, certes). We will, we will rock them.

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Cry me a River (Heshang aiqing) (2008) de Jia Zhang Ke

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C'est un bien joli court, très simple, empli de nostalgie, de demi-mots, de calmes regrets inspiré apparemment par l'incontournable et sublime Printemps dans une petite Ville. Quatre amis se retrouvent dans une petite ville provinciale pour venir rendre visite à leur ancien professeur (leur voyage étant sponsorisé par un jeune chef d'entreprise fan de la poésie qu'ils écrivaient à l'époque... La Chine moderne, que voulez-vous...). On sent entre eux poindre encore ici ou là une trace de leur ancien flirt - le temps passé lors d'un voyage en train qui ne s'oublie pas, un petit geste affectueux que l'on ne peut retenir. Lorsqu'ils se mettent à discuter par deux de leur situation sentimentale actuelle, on ne peut pas dire que ce soit bien jojo : un couple qui fait lit à part, un homme qui ne voit plus guère sa femme à cause des nombreux voyages qu'elle effectue... Bref, il semblerait que le temps de l'insouciance et des grands amours soient passés, que la réalité et l'âge adulte ont fait leur chemin et la vie de chacun de paraître aussi craquelée que les murs des maisons au bord de cette rivière, aussi terne et triste que ce court d'eau qui balance doucement leur jonque. Cry me a River. Belle petite chose ciselée (des cadres magnifiques, mais est-il encore besoin de le rappeler) jiazhankissime - un concentré de Chine : l'âme tournée vers le passé (ces figures de l'opéra chinois qui s'invitent lors du dîner), les pieds ancrés dans le présent.

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Bande de Filles de Céline Sciamma - 2014

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Même quand elle réalise son moins bon film, Céline Sciamma parvient à proposer un des meilleurs films de l'année. Bande de filles ne retrouve pas les fulgurances d'écriture et de jeu de ses précédents chefs-d'oeuvre, mais comporte suffisamment de scènes miraculeuses pour mériter un respect servile. Comme toujours, Sciamma excelle à filmer la jeunesse, et la panoplie de motifs obligatoires qui va avec : l'énergie, la danse, les corps, le rythme. C'est encore une fois là qu'elle est extraordinaire. Cette fois, elle filme un groupe de nanas de banlieue, aux prises non seulement avec leur identité (individuelle et au sein de la bande) mais aussi avec la présence menaçante des autres : grands frères, bandes rivales, amoureux potentiels, etc. Elle s'attarde particulièrement sur Marieme, adolescente au départ assez fade et qui va trouver, au sein de sa bande de copines, sa personnalité, pour le meilleur (l'émancipation progressive de son milieu sclérosant) et pour le pire (s'insérer dans un groupe, c'est sacrifier pas mal de ses valeurs).

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Quand elle se "contente" de montrer ce que c'est qu'un groupe de jeunes filles, Sciamma est excellente. Personne ne sait comme elle capter l'essence même de la jeunesse, ce mélange d'agacement et d'admiration qu'on éprouve face à elle, ce réseau de communications codées qui n'appartient qu'à un groupe, ces regards et cette énergie unique qui passe entre les êtres et les corps. Ca passe notamment par deux scènes géniales : celle d'ouverture du film, incroyable mise en scène qui fait passer en trois minutes d'un groupe de personnages en armure (un match de foot américain), brutaux et asexués, à une jeune fille fragile en sous-vêtements sur un lit ; en quelques plans, on comprend tout ce qui va être mis en place par la suite : thématique de l'individualité au sein du groupee, rapports tendus avec les garçons, soumission et rebellion, l'ensemble passant par la seule mise en scène, d'une énergie incroyable. Deuxième scène grandiose : celle où les quatre copines se retrouvent dans une chambre pour faire la fête. Scène de danse assez attendue dans l'univers de Sciamma, mais une nouvelle fois bluffante dans son utilisation des cadres : une fille seule d'abord, qui chante et danse, puis une autre, puis une autre, etc., dans une montée impeccable du rythme et de l'énergie. Sciamma filme depuis toujours l'état de la jeunesse, et réussit encore une fois ici un vrai exercice de sensibilité autour du sujet. Le film est traversé par des fulgurances, de véritables boules d'énergie (amenées par la musique impeccable de Para One) qui viennent prouver que la dame est bien encore la meilleure pour ça.

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Le film est plus raté dans ce qu'il amène de nouveau dans l'univers de Sciamma : la chronique sociale, presque politique même. On a l'impression d'avoir vu dix fois ces scènes de tension avec le grand frère, par exemple, celles du film étant en plus lourdement écrites (le frère qui se réconcilie en tendant une manette de jeu vidéo à sa soeur, bof...). Sciamma n'est pas faite pour les discours, pas de doute, et les scènes explicatives qui tentent de s'insurger contre la violence envers les filles dans les banlieues sont assez mauvaises. Pire : on anticipe souvent le scénario et même la disposition des plans, tant la réalisatrice peine à sortir du simple copié-collé du genre. Pas crédibles, les acteurs garçons alourdissent le propos, et font perdre la grâce que le film trouve plus souvent qu'à son tour. Sans dialogue, sans cette volonté de "dire" plutôt que montrer (la leçon truffaldienne), le film aurait été un nouveau chef-d'oeuvre. Là, ce n'est qu'un grand film.  (Gols 01/12/14)


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Le troisième opus de Sciamma était sans doute le film qui me mettait l’an dernier le plus l’eau à la bouche. Ne me laissant point abattre par la critique (tiède), faisant pleine confiance en l’ami Gols (chronique ci-dessus), je me faisais une joie de découvrir la chose. Seulement voilà, d’entrée de jeu, mes oreilles tiquèrent : certaines actrices, en voulant surjouer le naturel, jouaient affreusement faux. Et c’est terrible, quand dès le départ, tu as en tête les « moteur, action, coupez ». Heureusement, l’héroïne, dont l’évolution psychologique n’a d’égal que les transformations physiques, est au-dessus du lot et permet souvent d’oublier ces diverses petits couacs de justesse… Elle n’est pourtant pas aidée par les acteurs mâles (tous terriblement mauvais  - le seul qui s’en sort, à la limite, c’est son amoureux auquel on demande de jouer la momie) ni par les scènes casse-gueule de baston - aussi crédibles qu’une déclaration de bonnes intentions de Jean-François Coppé.

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L’histoire de « Vic » (un clin d’œil à La Boum ?) est celle d’une émancipation, une sorte de tragédie intime en cinq actes. Différentes étapes vont venir illustrer la recherche d’autonomie de l’héroïne (le couteau, le baiser, la baston - « fragile mais forte », aurait dit Bernard Lavilliers - , le départ de chez elle,  son « premier emploi »)… Sa confiance va grandissante pendant une bonne partie du film mais va peu à peu s’émousser dans le dernier épisode… jusqu’au craquage final, synonyme sans doute de nouveau départ. Notre Vic est entêtée et pas vraiment du genre passive : elle aime à avoir les rênes en main, dans ce monde de jeunes mâles un peu couillons (les parents sont aux abonnés absents et l’Education Nationale apparaît comme guère compréhensive : deux référents sur la touche). Le portrait de notre jeune fille est assez intéressant en soi tout comme cette séquence diaboliquement rihannesque (qui apparemment, dans le cœur de la jeunesse d’aujourd’hui, aurait remplacé Jean-Jacques Goldman - à vérifier) où notre petite bande se défoule loin des yeux du monde… Une séquence, il est vrai, assez jubilatoire mais qui reste malheureusement un peu unique en son genre (il y aura deux autres scènes de danse, tout de même, assez enlevée). Si, une fois de plus, Sciamma semble particulièrement habile pour filmer ces corps adolescents, elle éprouve un peu plus de mal à nous intéresser ou à nous faire croire à ces petites « prises de têtes » ponctuées d’éclats de rire entre filles : parfois la mayonnaise monte un tantinet, mais elle ne prend jamais réellement… Peut-être parce que la réalisatrice cherche trop à les « mettre en scène » (cette pauvre scène à la Défense où toutes les filles se retrouvent en rang d’oignons, parallèlement  au travelling, à faire semblant de discuter  - c’est Lelouch à la caméra ? (le coup est bas, ok)) et ne lâche jamais vraiment la bride : du coup les « tarplus » ou les « cocottes » sensés traduire le langage djeun’s sonnent souvent creux, superficiels… On adore Sciamma - et la fougue de son actrice principale - donc on ne lui en tiendra pas rigueur : elle reste géniale pour filmer ces corps en mouvement ; il lui manque juste, sans doute, sur le coup un dialoguiste et des acteurs amateurs plus à l’aise face à la caméra. Bande de Filles demeure dans l’état une bonne expérience qui ne fissure pas vraiment les murs de la cité. (Shang 07/03/15)

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06 mars 2015

Citizenfour (2015) de Laura Poitras

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Le sujet est édifiant, le doc plat comme une limande. Les journalistes sont bien courageux d'aller rejoindre le gars Snowden dans sa chambre d'hôtel hong-kongaise, tout le monde est bien conscient, le gars Ed en tête, que cela risque de leur pêter dans la tronche (ils se doutaient tous qu'Obama n'allait pas leur filer de décoration sur le coup) mais au-delà de ça, ces longues 110 minutes font pchhhht. Ok, on se rend compte que le jeune Snowden est un type tout ce qu'il y a de plus normal, qui ne cherche pas à faire de la politique ou à jouer au héros ("just a whistleblower" comme l'aurait chanté John Lennon - ou pas), tellement normal d'ailleurs qu'il se tape, au fil des jours, de plus en plus de cernes : c'est une chose d'imaginer être un jour au centre de l'attention, c'en est une autre de s'y retrouver. On sent bien que le gars avait comme priorité de lâcher le morceau sans rien planifier derrière, sans réfléchir totalement aux conséquences - ah ben ouais, diable, qui va m'accueillir ensuite ? Le Poitou-Charentes, nan, pas sûr... Laura Poitras se trouve au bon endroit au bon moment - la semaine avant les révélations dans la presse et les journaux - mais les discussions qui ont lieu dans cette chambre d'hôtel sont tout sauf passionnantes. Snowden leur explique les ficelles de la NSA, leur fait bien sentir qu'on est fliqué partout, qu'on a des dossiers ça comme sur tout le monde (j'ai dû me moquer une fois d'Enrico Macias sur Facebook et je m'en excuse d'avance si jamais un jour je dois le croiser en enfer) mais tout cela, hein, on nous en a, depuis, rabattu les oreilles. Du coup, ce doc a autant d'impact qu'un pétard mouillé - sauf si on se passionne pour la blancheur des chambres d'hôtel à Hong-Kong. De bonnes intentions, un sujet brûlant, ne font pas forcément un documentaire mega intéressant... Un Oscar pour la route plus symbolique qu'autre chose - mais si la qualité des films était récompensée aux Oscars, cela se saurait aussi depuis longtemps - ouais, la "performance", le truc spécial, c'est ça...

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05 mars 2015

LIVRE : Dans la Queue le Venin de Claro - 2015

9791091504263,0-2491788C'est comme ça avec les grands amoureux de la langue (et Dieu sait si Claro, traducteur de Pynchon ou de Gass, peut l'être) : ils aiment tellement jouer avec qu'ils tombent parfois dans la pure forme, en oubliant de raconter autre chose que "regardez comme je sais jongler avec virtuosité". Nul doute que Claro est un jongleur très habile : chacune de ses phrases réserve sa surprise, je dis bien chacune, rien n'est "innocent" dans son écriture, tout est amené au bout du bout de ce que le mot peut évoquer, tout est rebondissements, fuites. C'est donc spectaculaire, mais franchement éreintant aussi à la longue. On a juste envie que Claro calme parfois son hystérie littéraire, pose un tout petit peu sa plume, respire un coup avant de reprendre. Ici, tout obéit à une spirale de la surenchère stylistique, une sorte de folie furieuse qui le force à distordre chaque mot pour en extraire tout le jus. Le sujet s'y prète, remarquez : le gars s'essaye au roman érotique, racontant la rencontre entre une jeune écervelée (Pomponette Iconodoule, je vous ai dit que rien n'était simple là-dedans) et un faux Turc, et du voyage de l'une vers l'autre après une nuit de baise débridée. Le vocabulaire du sexe nécessite sinon mérite la débauche de mots, et c'est vrai que Claro réussit particulièrement ses scènes de sexe, placées surtout sur la fin du livre et qui font enfin entrevoir le pourquoi d'un tel excès de langue. Mais avant, on a un peu de mal à voir exactement ce qui nous est raconté, et pourquoi surtout. Claro aussi a du mal, écrivant cette histoire comme un prétexte, et l'envoyant aux orties dès qu'elle a cessé de l'intéresser : le roman se termine en queue de poisson, on soupçonne carrément un peu de flemmardise éhontée dans cette façon de ne pas finir et de publier quand même. On se marre très souvent, c'est exact, ce qui est toujours ça de pris. A force d'essayer tous les effets pour nous faire rire, il en réussit quelques-unes. Mais l'ensemble sent un peu la non-relecture, l'exercice laborieux, le petit malin et le poil dans la main. Agréable, mais pas digne de Claro.

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