27 mars 2020

Le Goût du Riz au Thé vert (Ochazuke no aji) (1952) de Yasujiro Ozu

Derrière ce titre éminemment ozuesque, se cache une belle étude des relations de couples et de l'évolution de la société japonaise - en particulier par rapport au mariage arrangé ; c'est peut-être pas le Ozu que je préfère - sans Setsuko Hara, mon coeur vacille moins - mais il livre quelques jolis moments de quiétude, notamment par l'intermédiaire du personnage joué par l'excellent Shin Saburi, mélange de lamantin et de bouddha (je mets une photo pour vous éclairer). Le cloisonnement entre hommes et femmes apparaît dès les toutes... [Lire la suite]
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11 janvier 2020

Le Goût du Saké (Sanma no aji) (1962) de Yasujiro Ozu

Tout a une fin, même la carrière du père Ozu. Un dernier film assez serein, au rythme paisible, teinté d'un grand coup de calcaire sur la fin : un vieil homme qui vient de marier sa fille se retrouve à moitié ivre dans la pénombre de sa cuisine. Son plus jeune fils est déjà couché et on a la triste impression que notre patriarche en a plus pour bien longtemps. Malgré cette terrible solitude qui semble envelopper notre homme sur la fin, le ton général du film n'est point trop larmoyant, mais nan. Trois amis se réunissent autour... [Lire la suite]
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24 octobre 2019

Eté précoce (Bakushû) (1951) de Yasujiro Ozu

On entre définitivement dans les grandes histoires de famille du maître. Les cadres - voire les cadres dans le cadre - sont au millimètre, les personnages sont placés aussi pointilleusement que sur un échiquier, chaque apparition de Setsuko Hara apporte des bouffées de fraîcheur et l'intrigue qui tient sur deux lignes se déroule dans une sérénité exemplaire. Avant la série des films en couleur, on est pas loin du summum du père Ozu. Trois générations sous un toit : les grands-parents, lui, fine moustache, bonne pâte, elle, un peu... [Lire la suite]
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10 mai 2019

Les Sœurs Munakata (Munekata kyoudai) (1950) de Yasujiro Ozu

Pour célébrer les 22 litres de sake bus impunément hier, rien de mieux que l'avant-dernier Ozu que je n'avais point encore vu (me restera plus que L'épouse de la Nuit et j'aurai fait le tour, avant de rattaquer l'ensemble, comme l'ami Gols avec le Bouddha Hitch). Deux soeurs (Kinuyo Tanaka, une habituée chez Ozu que l'on retrouvera ultérieurement surtout chez Mizoguchi, et l'espiègle Hideko Takamine qui apporte toute sa fraîcheur à ce film un peu tristoune et dramatique) au style radicalement opposé ; quinze ans les séparent (sur... [Lire la suite]
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05 décembre 2018

Une Poule dans le Vent (Kaze no naka no mendori) (1948) de Yasujiro Ozu

On est dans l'après-guerre, et Dieu sait qu'il faut se serrer les coudes pour tenter de s'en sortir. Il faut parfois faire des choix et des sacrifices, surtout lorsqu'on est une femme... Dans la veine sociale et réaliste de Ozu, ce film à la trame relativement simple est un hymne au pardon dans le couple, à la solidarité, pour tenter de vaincre, dans la douleur, le sens de la culpabilité. Tokiko (l'actrice mizoguchienne, entre autres, Kinuyo Tanaka, un physique un peu ingrat - bon moi aussi j'ai un double menton, ok - mais un... [Lire la suite]
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29 mars 2018

Les Frères et Soeurs Toda (Todake no kyodai) (1941) de Yasujiro Ozu

Dès la toute première image, deux plantes, l'une dans un petit pot, l'autre dans un grand pot, on sent qu'il sera autant question de relations entre les générations qu'entre les frères et les soeurs du titre. Après un départ où Ozu nous perd un peu entre les différents membres de la famille et où il est un peu difficile de percevoir le véritable fil conducteur de l'histoire, tout devient limpide, les grands et larges sourires d'usage faisant place peu à peu à des réfléxions vachardes, l'hypocrisie familiale et les petites bassesses... [Lire la suite]
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19 juillet 2017

Qu'est-ce que la Dame a oublié ? (Shukujo wa nani o wasureta ka) (1937) de Yasujiro Ozu

Une comédie légère du père Ozu qui fonctionne parfaitement grâce à la parfaite alchimie entre un oncle, Komiya, (Tatsuo Saito dont la finesse du jeu n'a d'égale que celle de sa moustache) et sa nièce Setsuko (la pimpante Kayoko Kuwano). Cette dernière apporte toute sa jeunesse et sa modernité au sein du couple que forme l'oncle avec sa femme un peu coincée et stricte. Les quelques séquences, également, entre nippones qui jouent à la Desperate Housewives - en avance sur son temps Ozu, bien sûr...-, ainsi que celles qui mettent en scène... [Lire la suite]
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29 mars 2017

La Danse du Lion (Kagamijishi) (1936) de Yasujiro Ozu

Peut pas dire qu'on fasse pas un effort pour voir tout Ozu (je désespère pas de trouver un jour en dvd l'un de ces films perdus cela dit...). C'est dans cet esprit gaillard que je m'apprêtais à regarder cette fameuse danse du lion, célèbre dans le théâtre Kabuki. Autant vous le dire tout de suite, ça me parle pas plus que le type d'en bas qui vient de mettre une rustine sur la roue arrière de mon vélo (sale semaine, j'ai cassé une roue il y a deux jours) mais bon pour 2 kwai ou 24 minutes, ça mérite l'effort. Après une introduction... [Lire la suite]
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24 mars 2017

Le Fils unique (Hitori musuko) (1936) de Yasujiro Ozu

Premier film parlant d'Ozu, qui après s'être intéressé aux sans-le-sou signe un film en forme de transition entre la classe ouvrière et les prémices de la classe moyenne : il s'agit en effet de l'histoire d'une mère qui bosse en province dans une usine qui fabrique de la soie et qui décide, après quelques hésitations, d'envoyer son fils à l'école supérieure. On ne peut point dire que le fils va devenir millionnaire, loin de là, mais une petite touche d'espoir, malgré les déconvenues, finit néanmoins par pointer le bout de son nez.... [Lire la suite]
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21 décembre 2016

Une Auberge à Tokyo (Tokyo no yado) (1935) de Yasujiro Ozu

On retrouve la veine ultra réaliste d'Ozu et le couple formé par Takeshi Sakamoto et son gamin Tomio Aoki - qui se voit doté de la présence d'un petit frère, fin comme une pousse de bambou - dans cette histoire de chomdu. Une musique déchirante - trois violons dont deux avec des cordes cassées - vient souligner souvent la tristesse de la chose, les envies de suicide planant souvent méchamment dans l'air : "C'est horrible d'être pauvre" finira par dire notre bon vieux Sakamoto fataliste et dont le goût pour le sake n'a d'égal que la... [Lire la suite]
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