27 septembre 2009

A Colt is my Passport (Koruto wa ore no pasupoto) (1967) de Takashi Nomura

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Décidément rien à jeter dans cette petite sélection de films noirs de la Nikkatsu par Criterion. Nomura donne le rôle principal à Jo Shishido - dit "le Hamster triste" pour ses intimes - (vu chez Suzuki et récemment dans Cruel Gun Story), tueur à gages de base : un type qui fait son taff nickel chrome et prévoit à l'avance les douze coups tordus de ses adversaires (et il s'avère qu'il a toujours raison, trop fort), tout cela ne l'empêchant point de prendre soin comme une mère de son acolyte (qui fout po grand chose si ce n'est qu'il permet à Jo de montrer qu'il a le sens de l'amitié...) et d'avoir encore un petit coeur qui bat (en sourdine, comme un hamster finalement). Dès le départ, on sent qu'on a affaire à une fine équipe technique au niveau de la réalistaion : montage serré, photo noir et blanc somptueuse, léger petit travelling tout en finesse et une musique morriconesque impeccable - thème du film repris en sifflant, à l'harmonica, à la trompette, au clavecin... Trouvez l'intrus. Cette première impression demeure la même tout du long jusqu'à un final de polar noir mâtiné de western spaghetti du meilleur effet. On en reprendrait bien une fourchette quitte à salir sa chemise avec la sauce.

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Un chef de clan veut se débarrasser d'un autre chef de clan, banal. Pour faire le sale boulot, on appelle Jo, un type po bavard mais qui connaît son job comme la petite roulette de sa cage. Quelques renseignements suffisent pour qu'il décide de sa planque, ajuste son fusil à lunette et fasse mouche - tse-tse, on ajouterait si cela voulait dire quelque chose en japonais. Plus qu'à se barrer avec son partenaire qui n'a absolument rien branlé mais dont on lit dans le regard tout l'estime qu'il a pour son boss - c'est l'essentiel. Le Hamster, quand il sourit, lui, il bouge à peine la joue, c'est un pro. Premier contretemps, une fois à l'aéroport, pour prendre la fuite, ils sont cueillis par les tueurs du clan décapité; après s'être subtilement débarrassés des inopportuns, ils se cachent dans un petit motel au bord de la mer en attendant de se faire la malle sur un bateau. Les types sont toujours farouchement à leurs trousses, heureusement le Jo peut compter sur une alliée : une chtite serveuse aux yeux de biche (Chitose Kobayashije (!): pensais l'avoir déjà vue mais apparemment nan, il s'agirait de son troisième et dernier film... un mystère cette donzelle). Entre le Jo et la serveuse cela ne va pas tarder à coller - comme les deux sont pas super bavards, Jo déclare sa flamme par l'intermédiaire de son pote, qui chante une chanson d'amour dans l'hôtel - diablement malin et la chtite comprend vite le message, po bête (au niveau de l'épanchement des sentiments faudra s'en contenter; les deux osant à peine se regarder, oubliez toute possibilité d'un éventuel baiser : se donne pas en spectacle, le Jo, il est pas dans Secret Story, c'est un dur, pas de la guimauve). Après plusieurs micmacs (notamment l'Alliance entre les différents chefs de clan : le fils du mafieux assassiné veut comme gage de bonne foi la tête du meurtrier de son père), Jo va se retrouver seul contre tous, en plein désert (symbole, ouais) dans un final qui déchire. Leone a un petit rictus de joie.      

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Toute l'histoire se concentre sur la cavale et sur les deux "rats" qui tentent de s'extraire de ces égouts nippons malodorants. Il y a quelque chose de totalement pourri au royaume du Japon et Jo, en vengeur infernal, doit être affreusement rusé pour tenter de sauver 1) la peau des siens (gentleman) 2) la sienne; la mise en scène de la séquence finale, où on le voit, entre autres, creuser sa propre tombe (mais le suspense est entier, promis), a dû liquéfier Tarantino - si jamais il est tombé sur ce polar finement ciselé. Certes Jo n'étant point démonstratif - mais savoir ce qu'un hamster ressent vraiment quand il tourne comme un con dans sa petite roue -, on est presque déçu dans le manque d'effusion virile ou sentimentale. Mais c'est aussi tout ce qui fait la force de ce polar sans un poil de gras. Jo n'est pas un trembleur et affronte son destin comme un héros eastwoodien : avec fierté et panache. Un petit noir bien serré. 

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Posté par Shangols à 07:09 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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