21 février 2012

De bon Matin (2011) de Jean-Marc Moutout

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♫ De bon matin, j'ai pris mon pistolet, et j'ai assassiné mon boss, un employé ♫ Fallait po pousser le bouchon trop loin avec Jean-Pierre Darroussin. Le type est patient - jusqu'à une certaine limite donc... -, travailleur, consciencieux mais quand la pression hiérarchique (autant dire tous les ptits coups en douce, pour ne pas dire vicieux, qui tentent de lui faire comprendre qu'il a fait son temps) devient trop forte, le gars craque... Petite chronique d'un type qui touche le fond, véritable descente aux enfers d'un employé modèle qu'on cherche chaque jour à humilier un peu plus. La solution est radicale - et forcément condamnable - mais la processus pour montrer la déprime progressive d'un type auquel tout échappe (sur le plan professionnel mais également personnel - en particulier dans les relations avec son fils) part d'un bon sentiment. Darroussin porte le film sur ses épaules et avouons que pour tout fan du bonhomme c'est un régal. Le problème de Moutout vient plus de la construction du film (une suite de saynètes en vrac, genre de flash-back bordéliques, qu'on a parfois bien du mal à suivre) et du traitement des autres personnages. On comprend rapidement, dès les premières images, à quel point l'ami Darroussin évolue dans un monde d'une froideur terrible : le décor de ses bureaux de banques gris bleu métallisés avec ses grandes baies vitrées respire autant l'humanité qu'une autoroute... On ressent également à quel point notre petit employé de banque a perdu le sens des relations humaines avec son boss (Xavier Beauvois, patron merdeux par excellence), le jeune aux dents longues parachuté par le siège (plus hautain tu votes Sarko), ses collègues aquoibonistes ("Tu as raison J.P., mais qu'est-ce qu'on peut y faire !?"), son propre fils ("mêle-toi de tes affaires mais euh !") : le problème c'est qu'ils sont tellement d'un bloc et caricaturaux que la démonstration tourne rapidement à vide. Le monde moderne est dur, putain, et franchement, on aurait parfois envie de faire tomber parfois deux trois têtes. Ouais !!!!!!!!!! Même si la mise en scène - notamment dans les séquences au taff - est d'une belle sobriété, on se lasse très rapidement de cette œuvrette sans aucune altérité. Un constat amer sur notre société qui sonne un peu creux. 

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15 avril 2007

Violence des Echanges en Milieu tempéré de Jean-Marc Moutout - 2004

Ben oui, on est à une semaine du premier tour ici, et il serait peut-être temps que je sorte du rang des18368732 indécis. Je sais, j'ai déjà dit ça à propos du film de Karel, Poison d'Avril, mais n'empêche : Violence des Echanges en Milieu tempéré (quel beau titre, quand même) est encore une fois la preuve que Sarko et son cortège de réformes économiques ne sont peut-être pas la réponse idéale à notre triste existence.

Jérémie Rénier, plus que très bon, joue un petit mec dont le premier poste, au sein d'un cabinet de consulting, est de préparer un plan de restructuration d'une entreprise de province en pleine "croissance" économique. La motivation du début (le gars est plein d'ambition carriériste) laisse petit à petit place aux doutes quant aux bien-fondés de sa mission, puisque l'essentiel de celle-ci consiste à licensier de pauvres employés qui ne demandaient rien à personne. Les pressions de son chef (Laurent Lucas, que j'aime toujours plus) viendront à bout de ces doutes, et notre petit gars rentrera vite dans le rang des jeunes loups de l'économie mondialiste.

Le film est malheureusement beaucoup trop caricatural. Si Moutout a le 18368738mérite remarquable de parler de globalisation d'un point de vue original (car vue du côté de ceux qui font la misère, les grands patrons, les cabinets d'étude, les jeunes issus des écoles de commerce), il a un peu de mal à traiter le sujet autrement que par un manichéisme gênant. Certes, le personnage de Rénier est assez complexe et nuancé, mais ses scènes de confrontation avec les employés de cette entreprise manquent de subtilité. Elles sont un peu d'un bloc, et du coup la trame devient un peu trop lisible, les rails finissent par se voir. La finesse fait défaut dans ses dialogues avec le cantinier arabe rebelle, avec le chef d'atelier18368737 qui voit venir les licenciements, avec les employés qui défilent dans son bureau. Heureusement, Moutout sait jalonner son film de scènes plus subtiles, quand Rénier refuse de dénoncer une cuisinière qui pique dans la caisse, quand il engueule un type qui pelote une fille dans le métro. Le jeu de Rénier, qui évolue parfaitement au cours du film (de jeune fou découvrant Paris à ambitieux sans scrupule), parvient tout de même à rendre le film vraiment intéressant.

18368742Moutout aurait pu aussi se passer de ces scènes annexes de rapports amoureux entre son "héros" et une jeune femme qui ne comprend pas ses motivations. Les séquences de balade à la montagne laissent rêveur par leur naïveté, et les scènes intimes sont beaucoup trop écrites pour apporter quoi que ce soit de plus au scénario. On aurait compris sans ça ce que le personnage a d'odieux malgré lui.

Reste que le film est assez original dans son maniement d'un sujet politique brûlant. Les décors très soignés (tout en bleus et gris glacés) et une mise en scène sobre ajoutent au côté desespéré de l'ensemble. Bon moment.

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