Shrek 4, il était une Fin (Shrek forever after) (2010) de Mike Mitchell
J'avais fait l'impasse sur le trois sans grand regret et je retrouve cet ultime tome sans grande passion. Pourtant l'idée de départ pouvait être en soi assez intéressante : Shrek, rompu par la routine (les trois gamins à élever, la véritable attraction touristique qu'il est devenu au sein de ce royaume disneylandien), regrette le temps où, en bon ogre qui se respecte, il inspirait la peur : il signe un pacte diabolique avec un nabot effrayant, le bien nommé Sarkostiltskin - son conseil de ministres avec les sorcières est d'une véracité terrible (On reconnaît très bien Besson). Notre gros ogre vert va s'en mordre les doigts - eh ouais, on ne se rend compte de son bonheur que lorsqu'on l'a perdu, c'est bien connu - et va avoir pour mission de séduire à nouveau l'ogresse Fiona, ce qui n'est pas gagné d'avance vu son physique de camionneuse verte et son allure barbare... Franchement pas grand chose à se mettre sous la dent - on sent que la 3D a donné envie de booster l'action - une course en balais volants harrypotteriens, mouais... - au profit des idées ; seule grande et belle trouvaille peut-être (on sent que les scénaristes ne sont pas de grands adeptes des discothèques... c'est tout à leur honneur) que celle des sorcières qui se trémoussent à fond sur la piste aux sons d'un DJ diabolique ou encore celle de ce personnage inspiré du joueur de flûte de Hamelin à la musique ensorcelante : dès qu'il se met à jouer, les ogres ne contrôlent plus leur body et se mettent à danser grotesquement en piquant la chorégraphie à un quelconque boy's band ; on sent poindre un soupçon de causticité dans cette métaphore de la débilité contemporaine mais on ira guère plus loin, par la suite... Voilà, le gros monstre vert nous quitte - en retrouvant sa petite vie peinarde de citoyen lambda -, c'est sûrement pas plus mal vu le peu d'inspiration créatrice de cette ultime mouture.


