05 février 2007

Shortbus de John Cameron Mitchell - 2006

short_bus_1_1_Bon alors soyons franc, Shortbus n'est pas loin de ce que j'ai vu de pire cette année... Si, d'après les dialogues ultra pointus du film, les années 2000 sont "comme les années 60 avec un peu moins d'espoir", ce film est comme un Lelouch avec un peu moins de matière (ah ben oui forcément. il ne reste pas grand chose, un atome ou un ion de Q peut-être...). Sofia (Sook-Yin Lee, la pire actrice de l'année?) voudrait bien avoir un orgasme (roh ben quand même). James qui aime moins Jamie (la palme du couple d'acteurs gays le pire de l'année) aimerait bien se suicider (et ben vas-y te gène po mon gars...). Voilà donc. Il est aussi question de panne de courant, qui doit être une métaphore pour la panne d'inspiration. Le jeu des acteurs (on l'a compris) est sûrement ce que j'ai vu de plus nul depuis longtemps (tous se veulent d'un "super naturel confondant" et c'est confondant de clichés et de tics), les gays ont deux expressions: ils sourient ou ils pleurent (ça reste plus riche qu'Audrey Tautou certes) - Ok l'un est capable de se faire une auto-fellation et l'autre de chanter l'hymne américain dans le cul (si si) d'un micheton, respect, mais c'est pas non plus d'un goût supra raffiné (sans commentaire); Sofia, elle, tant que je suis dans la poilade, se balade pendant 10 minutes avec un oeuf électrique entre les cuisses et son copain appuie sur la télécommande sans faire exprès... c'est super drôle, j'ai failli sortir de mon salon en claquant mon siège... Je ne parle pas du montage (quand les personnages sont côte à côte, la hauteur de cadre ne cesse de varier d'un plan à l'autre et mon gars Bastien, ça, je comprends que ça l'écoeure) ni du clip final à la fin avec scènes de baise fade. Pas de quoi donner une érection même au Père Noël...   (Shang - 25/12/06)


18700118Je sens que ça va hurler, vue la critique un brin négative de mon collègue il y a quelques temps... mais moi, j'ai plutôt aimé Shortbus. Certes, je confirme qu'on ne fait pas dans la subtilité, je confirme que les acteurs ne sont pas vraiment à la hauteur, je confirme qu'on n'a jamais un brin d'érection devant les nombreuses images de baise du film. Mais j'ajoute : et alors ? Le but d'un film sur le sexe est-il de faire se branler ses spectateurs ?

En tout cas, j'apprécie plutôt le romantisme sombre de l'ensemble. Si on exclut les 10 dernières minutes, qui sont effectivement catastrophiques dans le bien-pensant et l'optimisme béat, Shortbus apparaît étrangement moderne, les rapports entre les êtres se réduisant à des prouesses sexuelles, des recherches désespérées d'amour ou de plaisir immédiat, rageusement à la recherche d'un moi profond qu'ils n'arrivent pas à retrouver. Ca peut être18682195 une enfance perdue pour l'un, un amour oublié pour l'autre, une façon d'être ensemble pour tous. Le cabaret qui donne son titre au film, utopie vouée à l'échec d'un paradis terrestre placé sous le signe de la liberté d'opinion et du débridage des fantasmes, est en ce sens assez touchant dans sa faillite : les personnages n'y trouveront pas de quoi effacer leurs douleurs, malgré le côté indéniablement tentant de la chose (les gros baisent, les vieux baisent, tout le monde baise). Mitchell constate avec lucidité et humour que l'utopie des années 70 ne peut plus fonctionner dans le monde de 2006, et ma foi je suis plutôt d'accord. En ce sens, la scène certes improbable où un gars chante l'hymne américain dans le cul de son amant (ben oui) est très intelligente, quoiqu'on en dise : cette allusion à Hendrix et à Woodstock, ridiculisée par le contexte, représente à merveille cette perte des fantasmes hippies. J'ajoute que le film m'a souvent fait rire pour ma part, par son côté frontal et sans tabou. Avouons, ami Shang, que pour le coup le film est assez courageux, non ? Enfin, côté musique, c'est un bonheur, chaque morceau est sublime.

Sombre et drôle à la fois, Shortbus ne ressemble à rien de ce qui existe en tout cas. Peu importe les (nombreux) défauts du montage, l'approximation des acteurs (amateurs), et ce côté arty gavant, peu importe que Mitchell cantonne son film dans un aspect "Manhattan-Village" un peu trop fashion, peu importe cette fin béate et crétine... je suis ressorti de Shortbus intrigué et relativement séduit.   (Gols - 05/02/07)

Posté par Shangols à 09:33 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1