03 septembre 2010

La Trilogie du Sabre (Vol. 3) : La Lame diabolique (Ken Ki) (1965) de Kenji Misumi

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On achève cette trilogie avec une oeuvre solide entre poésie et excès de violence, l'histoire d'un type qui manie le sabre aussi bien que moi le décapsuleur et dont ce n'est d'ailleurs pas le seul don - au type, moi si. Ca commence de façon très théâtrale - magnifique jeu de lumière - et comme un conte avec queue et tête puisque notre héros aurait pour père... un chien (Po possible, eh ben si, d'après la médecine chinoise, c'est tout à fait réalisable, c'est pas moi qui le dis mais les Japs du film, c'est dire). Ce n'est pas vraiment commun, je vous l'accorde et cela va le suivre toute sa vie ; on le retrouve à vingt-trois ans : simple vassal, il doit subir les quolibets de ses cons de voisins qui ont maté en boucle le spectacle de Bigard ("Il part la queue entre les jambes, ahaha", aboient-ils à l'occase); il ne va néanmoins pas tarder à faire preuve de certaines aptitudes particulières qui vont non seulement clouer le bec à ses voisins pour un temps mais surtout lui faire gagner du galon auprès des conseillers du Seigneur - qui a, au passage, un grain, grave.

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D'abord... c'est un super jardinier - personnellement, jamais connu de chien qui avait les pouces verts mais bon, acceptons : disons qu'il a du flair pour la terre ; ensuite il court plus vite que son ombre - il te bat à la course un cheval sans forcer - sans tricher - et même si on sent que l'image est un poil accélérée, ces séquences sont relativement bien faites dans l'ensemble (pas Benny Hill, nan). Enfin, il observe une fine lame pendant un an et devient un bretteur de folie. Est-ce vraiment utile en temps de paix ? Ben faut croire que oui, vu que les conseillers vont faire sans cesse appel à lui pour éliminer les espions du Shogunat (à noter "le chapeau nippon burqa" porté par un espion, un summum à ne pas manquer) et les conspirateurs de tout poil (si on sait en haut lieu que le seigneur est dingue, le clan risque de se faire dissoudre, et là c'est pas cool). Notre fils de chien obéit aux ordres sans trop chercher à comprendre - un marathon en moins d'un heure, un coup de lame (des combats ultra tranchants pour le coup), et hop le traître a son compte -, passant sinon la plupart de son temps, en dehors de ses missions spéciales, à cultiver gentiment son jardin auprès d'une donzelle douce comme une rosée mauve. Seulement à force de décaniller des bonshommes, il ne va pas se faire que des amis, et la moitié du village va décider de lui tomber dessus. Faut pas emmerder un chien quand il a la rage, et on aura droit à un final particulièrement fleuri et saignant. Pauvre gars qui n'avait rien demandé à personne dans son petit coin voltairien et qui, en suivant simplement les ordres de ses supérieurs, (aussi lâches, quand le vent tourne, qu'un journaliste sportif) va se retrouver dans une mouise terrible. Dans l'univers de Misumi, il est décidément bien difficile d'être tranquille et de trouver la sérénité...      

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31 août 2010

La Trilogie du Sabre (Vol. 2) : Le Sabre (Ken) (1964) de Kenji Misumi

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Une trilogie du sabre où chaque épisode est en fait totalement indépendant l'un de l'autre et on ne va pas forcément s'en plaindre : Kiru tenait certes la route sans non plus qu'on s'attache plus que cela aux personnages principaux ; Ken pour sa part force le respect aussi bien au niveau des images (retour au noir et blanc et une utilisation du scope aussi impressionnante dans les plans d'ensemble que sur les gros plans) qu'au niveau du récit : la trajectoire d'un jeu gars pur et dur, Kokubun, qui prend en main la direction de l'équipe de Kendo de son université ; l'objectif est clair : gagner le championnat, et pour ce faire, ben y'a po de secret : faut bosser comme un malade et savoir résister à ses faiblesses. Kokubun place-t-il la barre trop haut, est-il lui-même infaillible...? Comme il est dit à un moment dans le film : "Seuls les plus faibles ou les plus forts finissent par se suicider" - est-ce un avertissement ou une façon d'excuser ceux qui ne peuvent supporter la pression ?...

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Kokubun tire sa force du soleil comme moi du rhum. Il se dévoue à cent pour cent à l'art du kendo et ce n'est pas vraiment une surprise s'il est finalement nommé capitaine de l'équipe. Il y a autour de lui ceux qui le respectent plus que tout (Mibu, son plus ardent disciple qui, en parfait petit scarabée, le considère comme un demi-dieu) et ceux qui mettent en doute sa suprématie ; parmi ces derniers, il y a le jeune Kagawa, pas un manchot au kendo, qui est animé avant tout par la jalousie (il se verrait bien en number one) tout en admettant qu'il éprouve un certain respect pour ce type sans concession : Kokubun ne fume pas, boit guère, ignore le mah-jong et les femmes... Guidé par une ligne de conduite ultra stricte, il se concentre entièrement sur le kendo tout en faisant preuve d'un comportement exemplaire dans sa vie privée : il est ainsi capable de foutre une rouste aux petits jeunes qui ne font pas preuve de respect ou d'honneur (qu'ils tirent sur des pigeons ou qu'ils chambrent les donzelles à la sortie des toilettes). Kagawa cherche désespérément une fêlure dans la cuirasse de Kokubun et il lui met dans les pattes la chtite Eri, mimi jeune fille qui n'a pas froid aux yeux. Celle-ci va-t-elle faire flancher le puceau Kokubun ? Lors de la dernière ligne droite - 15 jours d'entraînement intensif dans un lieu retiré au bord de la mer -, l'influence de Kokubun sur son groupe va-t-elle rester indiscutable ou Kagawa sera-t-il capable de faire pencher la balance en sa faveur ?...

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Beaucoup de séquences relativement bluffantes et marquantes dans cette oeuvre parfaitement maîtrisée par un Misumi au sommet de son art : qu'il s'agisse des séances d'entraînement de kendo pleines de bruit et de fureur, des échauffements de cette troupe de jeunes ultra-soudés et volontaires, des scènes de "flirt" entre Kokubun et Eri où la tension érotique est palpable, ou encore de ces passages où un jeune adepte du kendo se retrouve puni, face à un mur de la salle, pendant quarante minutes alors que ses comparses se la donnent à fond dans son dos, on est à chaque fois littéralement happé par la précision de la mise en scène, la beauté des cadres et la force qui se dégage de l'ensemble. Si le premier volet m'avait un peu laissé sur ma faim, ce second m'a littéralement subjugué. Jusqu'au bout on se demande si la rigueur imposée par Kokubun aura raison de ce monde où les gens (jeunes et moins jeunes) ont plus tendance à chercher les plaisirs (souvent faciles) de la vie. Peut-il imposer son ascétisme, va-t-il être capable jusqu'au bout de se comporter comme s'il avait un balai - ou un sabre - dans le cul, la pression qu'il ose mettre sur les autres est-elle moins forte que celle qu'il se met lui-même sur les épaules, dans ce Japon moderne son comportement est-il encore le symbole absolu de la réussite ou ne peut-il mener qu'à la déception ? Autant de questions subtiles posées par cette oeuvre magistralement filmée par Misumi. Une éclatante et impressionnante réussite, mille sabords.      

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14 juin 2010

La Trilogie du Sabre (Vol. 1) : Tuer (Kiru) (1962) de Kenji Misumi

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Dès les premières images, on retrouve ce qui fera la patte de Misumi (quatre Baby Cart à son actif, entre autres), à savoir des des plans cadrés au micron qui utilisent à la perfection le format scope. Ca commence en silence, paisiblement, avant qu'une femme la lame à la main se jette sauvagement sur sa maîtresse "félonne" : le ton est donné dans ce film très noir, sans vraiment d'affect, où de soudains éclairs de violence, comme un rayon du soleil capté brutalement par un sabre (hein?), viennent fugacement émailler la trame. Un premier opus qui ne respire pas vraiment la joie de vivre, les cadavres s'amoncelant sur la route du jeune héros (Takakura Shindo), que ses proches se fassent tuer ou qu'il leur rende justice. On savait que notre gazier était né sous "une mauvaise étoile", c'est rien de le dire vu la poisse qui lui colle aux basques. Pierre Richard se fait tout petit.

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Dès le départ du récit, Misumi nous sert deux ellipses, une première de vingt-et-un ans (Shindo passe de bébé à jeune homme en un tour de main) puis une seconde de trois ans (il voyage... on en saura guère plus si ce n'est que ses talents d'observateur profiteront à son art du sabre). Cet orphelin recueilli dès la naissance semblait voué à passer des jours paisibles auprès de son père adoptif et de sa soeur de lait. Erreur. De retour d'une ptite ballade, il retrouve l'une morte et l'autre agonisant, juste le temps pour ce dernier de lui parler de ses origines (il lui raconte le secret de sa naissance pendant des plombes (du meurtre commis par sa mère à sa décapitation) juste avant de lâcher un dernier râle : bon timing tout de même) ; notre homme part alors seul sur la route, déjà détruit : à peine le temps de se faire une amie que cette dernière se retrouve percée de toute part... Sa mère, sa soeur, sa première rencontre, une trilogie féminine décimée qui marque forcément l'esprit de notre pauvre Shindo. Il s'engage alors auprès d'un seigneur honnête et droit qui a le don de s'attirer des ennuis : l'occase pour Shindo, défendant son maître, de montrer la finesse de sa lame et de régler ses comptes avec les ennemis de son passé.

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En soixante-dix petites minutes qui passent comme un coup de sabre dans une merguez, on assiste à cette trajectoire maudite sans qu'on ait vraiment le temps de s'épancher sur les malheurs de Shindo : à peine quelques instants de tranquille sérénité (avec sa soeur, auprès de cette amie de hasard qu'il fourre dans son lit pour la cacher ou de son nouveau maître) qu'il est assailli par une poignée de types enragés. Les combats sont ultra lapidaires et la caméra de Misumi qui panote comme un coup de rasoir sur une toile peinte fait merveille ; à peine le temps de dire ouf que sa nouvelle amie (toute nue, gosh) se fait trucider, et ses ennemis de connaître par la suite le même sort : qu'il s'agisse d'une somptueuse séquence en rase campagne où quatre ou cinq cadavres tombent avant même d'avoir eu le temps de lui dire bonjour, ou d'une scène nocturne au bord de l'eau où une ancienne connaissance s'écroule sans avoir eu l'opportunité de lui faire un clin d'oeil, on est dans l'efficacité brutale. Misumi soigne toujours avec bonheur son esthétisme, mais il est en revanche un peu plus difficile de s'attacher aux différents acteurs de cette tragédie, Shindo compris : pas une once de gras dans l'enchaînement des séquences, et on aimerait parfois s'arrêter notamment un peu plus sur les états d'âme de notre homme définitivement maudit... Mais c'est sûrement pas le but. Coup de bol, cela dit, il reste deux volets pour faire plus ample connaissance avec notre héros [Ah ben non, en fait,  chaque film se suffit à lui-même... Faut donc revoir le premier en boucle si on veut se familiariser avec Shindo]             

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22 janvier 2010

La Légende de Zatoichi (vol. 19) : Les Tambours de la Colère (Zatôichi kenka-daiko) (1968) de Kenji Misumi

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Kenji Misumi (futur réalisateur des Baby-Cart) est derrière la caméra, et franchement c'est un délice de voir à quel point chaque plan est finement pensé, Misumi ayant vraiment l'art d'utiliser le format scope : je passe sur ce plan incroyable (photogramme ci-dessus) de Zatoichi au pied d'un arbre - suivi bien entendu dans la foulée d'un changement d'axe à 90 degrés - pour souligner la façon dont chaque gros plan (sur un objet, un visage), chaque plan d'ensemble (Zatoichi traçant sa route), chaque composition des plans-séquences (lors d'un combat - léger travelling -, lors d'une poursuite - subtil zoom arrière) sont un régal - magnifique cadre dans le cadre, aussi, au passage, lors d'une rencontre entre Zatoichi et le samouraï félon, ou lorsque l'ombre chinoise de Zatoichi (turlupiné par sa conscience) apparaît derrière Osode... Bref, techniquement c'est du lourd. Quant à l'ambiance, elle est, comment dire, toute en finesse, relativement "tranquille", Zatoichi se morfondant pendant tout l'épisode d'avoir tué un type pour obéir "au code des yakuzas" (un type qui n'avait pas payé ses dettes et qui a été, en fait, victime d'un traquenard). Pour tenter de réparer sa faute, il va se faire un devoir de protéger la soeur du type dont il est l'assassin, Osode (Yoshiko Mita, belle créature d'albâtre) : elle se retrouve poursuivie par un samouraï (excellent Makoto Satô) mais aussi par une troupe de yakuzas : ceux-ci obéissent aux ordres d'un parrain qui souhaite la voir finir dans un bordel pour son petit plaisir perso...

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Un fruit s'explose par terre alors qu'il passe auprès d'un arbre : Zatoichi annonce qu'un homme va mourir. Le ton est donné pour cet épisode savamment dosé, les petites points de comédie caustique côtoyant des événements plus tragiques. Zatoichi ne tarde pas à comprendre que l'homme qu'il a tué a été manipulé, le parrain de cette mission cherchant surtout à récupérer sa soeur, Osode. Cette dernière va vouloir, dans un premier temps se venger en tuant Zatoichi - superbe séquence dans cette chambre qu'il se partage : un simple drap les sépare, chaque personnage dans sa "case" (Osode toute à sa vengeance, Zatoichi tout à ses remords); rapidement, elle va se rendre compte qu'elle s'est trompée d'ennemi, et Zatoichi d'être toujours au taquet pour venir la sauver contre ses ravisseurs... Plus d'une fois, il va se retrouver dans des situations assez fendardes (Zatoichi dégommant toutes les cibles avec une balle lors d'une fête foraine pour épater Osode; Zatoichi  enfermé dans un tapis comme un "ballot" après avoir tenté de truander au jeu et sautillant comiquement pour s'échapper; Zatoichi faisant du cheval pour retrouver la trace de sa belle et se gaufrant pour s'arrêter...).

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Misumi exploite également l'extraordinaire sens de l'ouïe de notre homme, capable de se battre comme personne dans le noir (le cinéaste ira jusqu'à le mettre en scène de façon très théâtrale avec cette "poursuite" (un spot de lumière dans la nuit) qui suit notre homme se défaisant de tous ses ennemis) et pouvant reconnaître et suivre n'importe quel pas qui foule le gravier ou un tapis de feuilles... Cette capacité à suivre les mouvements de ses adversaire uniquement par l'écoute n'est certes pas sans risque : Zatoichi sera fortement en danger lors de l'ultime combat, les tambours du titre se mettant à frapper à quelques mètres du combat et faisant perdre à notre homme tout sens de l'orientation.

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Lors des combats, le masseur aveugle fait toujours preuve d'une efficacité rare, mais Misumi joue plus sur les "postures artistiques" de son héros (Zatoichi à l'affut, la canne prête à l'emploi) que sur les effusions sanglantes - tout de même deux doigts qu'il sectionnera et finiront bêtement leur course dans la neige... mais le gars l'avait vraiment cherché. On sent que Misumi et Shintaro Katsu font parfaitement la paire (ils se retrouveront pour le premier épisode d'Hanzo the Razor), une entente parfaite que Misumi aura également avec le propre frère de Shintaro, Tomisaburo Wakayama dans les Baby-Cart. Zatoichi finira forcément comme d'hab par abandonner cette femme à son sort, une fois le danger écarté, la nuit de ses remords prenant fin avec le lever du soleil : une conclusion toute aussi stylisée qui clôt impeccablement cet épisode de Zatoichi, sans aucun doute l'un des plus bluffants cinématographiquement parlant... Oui, c'est frappant.   

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24 avril 2008

Baby cart - Le Loup à l'enfant (vol. 5): Le territoire des Démons (Meifumando) (1973) de Kenji Misumi

babycart501_1_Du boulot pour notre bourreau préféré puisqu'il doit honorer deux contrats : voler une lettre à un bonze, puis décapiter le clan des Sukoda avec suzerain, femme et pitite fille - le premier enfant, véritable héritier étant retenu dans une tour.

Le début genre "jeu de pistes" est assez cool puisque il faut pas moins de cinq messagers (avec chacun 100 pièces d'or) pour expliquer à Itto sa nouvelle mission. Chacun des messagers doit provoquer le maître et raconter un bout debabycart506_1_ l'histoire dans un dernier gasp... Ce sens du sacrifice et de la loyauté se trouvent définitivement au centre de cet épisode où les combats s'enchaînent sur un rythme démoniaque : il y a notamment cette scène très originale sous-marine, Itto découpant par-dessous la jonque du bonze pour le faire couler... Sa tenue de plage (entre le costume de sumo et le string) est à mourir mais cela ne le déride pas pour autant. Daigoro, le gamin, se retrouve lui aussi sur les flots dans son landau avant de faire du ski-sablique tiré par un babycart505_1_cheval - il aura tout testé dans cet épisode, même les coups de bâton en public, refusant de dévoiler l'identité d'une voleuse (tel père,...) Il est excellent quand il crie ses "non!" d'un air super têtu, tout comme il est énorme quand il fait des grimaces à la fin à la chtite héritière (qui fait bien d'en profiter avant que sa tête ne vole). Il est clair que le sang gicle souvent, qu'il prend parfois une coloration orange assez bizarre au contact de l'eau et que pas loin de 362 figurants ont dû encore morfler; la palme revient aux babycart503_1_lanciers masqués moustachus (ils ont piqué leur masque à la Comedia dell'arte non?), dont le sens de l'honneur est aussi fort que la pression du sang qui bouillonne sous leur masque - ils finissent avec les moustaches toutes souillées - un sale air de ressemblance avec des castors italiens braconnés. Plus qu'à attendre la confrontation finale avec Retsudo qui fait ici une apparition, un oeil en moins - relatif au méchant coup de sabre reçu dans le précédent épisode si vous suivez...   (Shang - 05/10/06)


Mon collègue ayant relevé tous les morceaux de bravoure qui composent ce 5ème opus, je ne peux que confirmer, en appuyant sur le fait que c'est sûrement le meilleur épisode de la série à tout point de vue : scènes de combat hyper-variées et chorégraphiées au millimètre, petite dose d'humour poétique bienvenue,baby_cart5 mélancolie de l'ensemble (on sent Ito un peu fatigué de tous ces meurtres), et mise en avant du personnage du gosse qui décidément devient une vraie graine de racaille. Misumi retrouve visiblement avec plaisir son héros, après un épisode 4 réalisé par un sbire et un peu en-dessous. Entre temps (un an entre le 3 et le 5), il a peaufiné son style, et prend enfin le temps d'exploiter chaque épisode dans sa longueur, avec 11000 petites trouvailles de mise en scène : Itto plonge sous l'eau, il y a 3-4 remous, il ressort et 42 cadavres se mettent à flotter, sobriété impeccable ; ou plus loin, une très belle scène toute en tension entre Itto et le chef du clan. Bref, très bon travail, qui permet en plus au compositeur de la série de tester son Bontempi tout neuf et de livrer une musique electro improbable du meilleur effet.   (Gols - 24/04/08)

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21 avril 2008

Baby cart - Le Loup à l'enfant (vol. 3): Dans la Terre de l'ombre (Shinikazeni mukau ubaguruma) (1972) de Kenji Misumi

LoneWolfAndCub3_1Animeigo_pic1_1_Après une première heure un peu molle - une petite scène de torture endurée par notre Ogami pour avoir protégé une paysanne-prostituée (rester 3 secondes la tête dans l'eau, moi aussi je peux le faire... il morfle niveau coup de bâtons sinon quand même), le film trouve toute son ampleur dans ce combat sur un terrain lunaire entre Ogami Itto et 346 po gentils. On se rend compte que le landau a plus d'option que la voiture de James Bond et c'est assez poilant. Les 346 vont rejoindre d'autres cieux et un samouraï de haute volée vient le provoquer en duel... Celui-ci blessera dans le dos le Itto mais se retrouvera transpercé de part en part par un sabre, et dans ces cas-là, c'est clair qu'on a perdu. Celui-ci lui posera alors la question cruciale qu'ironie du sort je me posais ce matin au lever : "Pour devenir un vrai samouraï faut-il mourir ?" Ogami Itto réfléchit trois secondes et lui balance la formule qui tue: "Un vrai samouraï doit vivre avec la mort" - l'autre ça finit de le scier et il demande pour laLoneWolfAndCub3_1Animeigo_pic2_1_ forme d'être décapité si Itto peut lui permettre cet honneur - comme il est cool l'ancien bourreau s'exécute - il a pas perdu la main, lui - et on a droit à un très joli mouvement de tête qui roule en caméra subjective. Sinon quoi de neuf ? Pas de bol, il y a une bombasse mais aucune scène de promiscuité avec Ogami qui devient de plus en plus stoïque. Son gamin, quant à lui, ressembaby_cart_in_hades_1_1_ble de plus en plus à Ronaldo et sert de leurre pour attirer les brigands (finira mal le mioche) et on assiste encore à une passe de sabre exceptionnelle avec transperçage de crane à la verticale, un mouvement de toute beauté que l'on exécute après une pirouette en l'air. J'ai pas encore essayé, j'ai peur de casser l'aquarium.   (Shang - 14/09/06)


Ah non non, pas molle, cette première heure, loin de là. Certes, elle ne contient que peu de coups d'éclats sabresques, mais elle ouvre gentiment la série à quelque chose de plus contemplatif, de plus poétique, et c'est pas un mal. A l'instar de la musique, de plus en plus mélancolique et "occidentale", il y a dans cette première moitié des tas d'idées fort jolies, simples comme des haïkus, et qui redessinent bien les rapports de ce joli couple que forment Itto et son gosse : le landau accroché à une barque, et qui flotte au gré du courant, ou la longue parenthèse où le chtiot regarde des grenouilles ou des escargots sous la pluie... on dirait presque du Mizoguchi, et ça permet de respirer un peu au milieu des flots d'hémoglobine habituels.

babycart3BCeci dit, on retrouve ceux-ci avec bonheur il est vrai, même si on a l'impression que Itto devient un peu trop invincible. Le chiffre de 346 ennemis avancé par mon camarade est loin de la vérité, ils sont au moins 8259, et Itto s'en débarasse un peu trop facilement. Mais la mise en scène de ce combat dantesque est vraiment au petit poil, Misumi teintant son esthtique nippone classique d'une modernité étrange, un peu à la Sergio Leone (les pistolets, mitraillettes et bâtons de dynamite font clairement leur apparition au milieu des sabres). Quant aux duels "à l'ancienne", ils sont annocés avec une grande solennité et ne durent qu'une demie-seconde environ, c'est un peu dommage.

Bon, mais c'est juste pour dire : Baby Cart 3 est toujours un grand moment de poilade. Un samouraï qui discute des points de règlement de la fédé avec un sabre planté dans le bide, des violeurs bavants qui n'enlèvent jamais leurs slips, un Itto tellement intérieur qu'on se demande s'il n'est pas un peu autiste, et effectivement BabyCart_03une bombasse qui fait la maline en affirmant qu'elle n'a aucune morale et que Misumi se garde visiblement pour un épisode futur. Le bébé, sûrement parce qu'il a un nouveau chapeau flambant neuf, fait de plus en plus son malin, applaudissant sournoisement l'habileté d'un méchant avant que papa ne le découpe en rondelles, faisant mine de se noyer pour mieux attirer les félons, le tout avec un regard torve qui rendrait fou de rage Sarkozy. Faut dire que son éducation n'est pas non plus au taquet, à ce gosse, qui voit voler des têtes à longueur de journée. Le film est enfin très instructif sur les différents style de combat, les Inokawa-sawa ou les Iro-kazikaka (de mémoire), chacun présentant une façon originale de sortir le sabre de son étui, chacun se terminant en général par l'empalement interloqué de son élève dans la seconde qui suit.   (Gols - 21/04/08)

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19 avril 2008

Baby cart - Le Loup à l'enfant (vol. 2): L'Enfant Massacre (Sanzu no kawa no ubaguruma) (1972) de Kenji Misumi

d2_000125_1_La suite des aventures de notre Carmen Cru japonais qui continue de fendre et de pourfendre à tour de bras. Si certains des adversaires sont de la roupie de sansonnet - les femmes Ninja ou les petits hommes-champignons (il faudrait faire un classement des 10 chapeaux chinois les plus ridicules), le combat final face à Ben-Ten-Rai (rien à voir avec de nouvelles recrues du PSG), les trois envoyés du Shogun connus aussi sous les noms de "gourdin d'acier", "poing américain" et "griffes d'acier" (plus tranchants qu'un attaquant du club pré-cité donc) offre un spectacle remarquable dans le désert - à défaut de geyser de pétrole ce sont des geysers de sang qui se marient plutôt bien avec le jaune du sable ou avec la couleur bleutée des fins de journée. Film assez noir également avec beaucoup de scènes de nuit subtilement éclairées et une échappée d'un bateau en feu qui vaut tous les Titanic. La scène de retrouvailles entre Ogami Itto, son enfant et la chef des femmes Ninjas, d2_011430_1_trempés et obligés de se serrer l'un contre l'autre pour survivre, à la froidure de la nuit est également pleine de petits instants drôlatiques et mignons. La palme de la meilleure réplique revient à l'un des trois envoyés du Shogun, transpercé par le sabre d'Itto: "Tu as jeté ton sabre. Je ne m'y attendais pas." Un commentaire très sport, digne d'un Thierry Roland après une action décisive. Une saga d'une belle tenue générale décidément.   (Shang - 12/09/06)


Après un premier épisode seulement sympathique, Misumi trouve ses marques dans ce deuxième volet autrement plus personnel. Ce qui réjouit le plus dans ce film d'une douce absurdité, c'est la foule d'idées baby_cart2_log_c3"inutiles", qui ne servent absolument pas l'action, mais qui ajoutent au spectacle. Nul doute, par exemple, que les trois frères ennemis de Itto seraient bien plus à l'aise sans ces chapeaux ridicules qui les aveuglent complètement ; mais le film serait tellement moins beau. Nul doute que les gusses planqués dans le sable en embuscade feraient mieux de sortir de leur cachette plutôt que de se laisser trucider comme des andouilles ; mais ça enlèverait cet effet de sang qui imbibe le sable, que Misumi répète 5 fois tellement ça lui plaît. Il en va ainsi de la plupart des idées : elles sont dirigées vers le seul spectacle, dans une foi inaltérable en la satisfaction de l'oeil plutôt qu'en celle du cerveau.

Bien vu : le film est très spectaculaire, la variété des ennemis à combattre étant inversement proportionnelle avec le temps que met Itto à les exploser. Le bébé aide bien aussi, il prend du poil de la bête, et utilise les perfectionnements de son landau avec un certain flegme. Beaucoup aimé effectivement ces amazones img_48uBPS_gninjas, menées par une cheftaine au rire sardonique ("lui ? un ninja ? gggnnnniaaar arrr arr arrrr !", c'est l'école André Wilms pour ce qui est du jeu d'acteurs, pas un poil de graisse), et qui se font littéralement décimer en trois secondes par un Itto toujours aussi avare en enthousiasme. Adoré également cette première scène : un gars à la tactique bien en place qui attaque Itto caché sous un panier ; bon, il se fait fendre en deux, mais attention, botte secrète, il a son pote planqué derrière ; bon, celui-là aussi se fait hâcher menu, mais c'est pour dire.

Quant aux répliques poétiques fendardes, je ne peux qu'aller dans le sens de mon camarade pour la phrase qu'il cite, qui m'a plié en deux pendant un bon bout de temps. Il y en a également une autre, prononcée par un gars qui se fait égorger : "C'est donc ça, la tactique du cou qui chante ; j'ai toujours voulu apprendre cette technique, pour écouter chanter le cou de mes ennemis ; mais c'est le mien qui chante, je suis ridicugglleuuuarggbloubbloub". Pas mal comme derniers mots. Grand plaisir, décidément.   (Gols - 19/04/08)

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18 avril 2008

Baby cart - Le Loup à l'enfant (vol. 1): Le sabre de la vengeance (Kowokashi udekashi tsukamatsuru) (1972) de Kenji Misumi

screenshot070_1_Voilà une bien sympathique saga japonaise qui commence avec la présentation de cet homme super farouche qui se balade sur les chemins vicinaux japonais avec son landau. Il a l'air cool comme ça sous ses airs de gros ours mais faut pas le chercher non plus.

Ancien bourreau, Ogami Itto, victime d'une trahison d'une saloperie de clan a décidé de se venger!!! Plusieurs flash-backs au détour d'un sentier viennent nous rappeler les faits (on a tué sa femme pendant ses prières à ses victimes : il a beau être parfois bourreau d'enfant, comme nous l'annonce la séquence d'ouverture, il demeure honnête et droit... ah ben oui c'est une autre culture)  et si on décroche un peu parfois pour savoir quel clan Y veut se venger de tel clan X et surtout pourquoi, on comprend vite qu'il vaut mieux être du côté de notre ami Itto qui ne fait pas dans le détail - belle anthologie de membres tranchés. Quelques jolies scènes réveillent de temps en temps notre attention, ainsi ce magnifique combat dans l'eau ou la scène de bain avec la prostituée.

Une musique à forte influence occidentale - des petits gratouillis de guitare électrique qui ne font pas de mal -, du sang qui gicle au décilitre et une pincée de tendresse (le bébé joue bien) semblent constituer les éléments de base. Sans être ultra-impatientscreenshot069_1_ de découvrir la suite, on est prêt à s'attacher aux pas de celui qui vit déjà dans l'enfer et à s'embarquer dans les 5 épisodes suivants, 4 étant réalisés par ce même Misumi, l'un des piliers de la série des Zatôichi.   (Shang - 11/09/06)


Pas grand-chose à ajouter à la dynamique critique de mon collègue. On est effectivement dans la belle ouvrage babycarthkvidz2031de base, avec ce film très bas du front mais jouissif comme tout s'il s'agit de se vider la tête en contemplant des geysers de sang agrémentés de "Bouwaaa" sonores. Jamais bien compris, dans ces films-là, pourquoi les hordes de méchants se jettent UN PAR UN sur le gentil : à ce jeu-là ils ont aucune chance, et ici le gars Ogami Itto a peu de mal à se les farcir. Il y a même un combat qu'on nous annonce comme dantesque et qui dure environ 3 secondes (un coup de soleil dans l'oeil, et hop plus de tête).

babycarthkvidz2023Certaines idées de mise en scène sont quand même pas loin des séries de notre enfance genre X-or (c'est ça, le titre ?) : zooms vomitifs, grimaces defunesques des personnages ou stridences de flûtes aux moments tragiques. Mais ça reste très rigolo, notamment grâce aux vilains qui sont vraiment des ordures totales (la palme au chef des méchants qui parle à 2 à l'heure, et qu'on voudrait nous faire passer pour un vieillard alors que l'acteur doit avoir 22 ans (cf photo)). Ricanants et totalement crétins, ils se font zigouiller sans forcer par le gentil, un Eastwood à triple menton plutôt convaincant dans son mutisme à double tranchant. C'est cousu de fil blanc, pas fute-fute, mais ça change de Mizoguchi. On attend la suite avec confiance.   (Gols - 18/04/08)

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13 mars 2007

Hanzo the Razor (vol 1): Sword of Justice (Goyôkiba) (1972) de Kenji Misumi

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Zatoichi, Baby Cart et enfin Hanzo the Razor, le père Misumi n'a pas chômé pour ce qui est de créer des séries de feu. Une trilogie cette fois-ci avec dans le rôle d'Hanzo l'inénarrable Shintarô Katsu, le frère du héros des Baby. Justicier au bras long, ou plutôt (dois-je oser? Ben po le choix) au membre long puisqu'outre sa morale d'incorruptible et ses méthodes de combat radicales, il est dôté d'un truc avec lequel il réussit à faire avouer ses prisonnières: elles finissent toujours par craquer pour qu'il continue sa besogne... Dit comme ça, je vois bien que certains vont lever les yeux au ciel, mais bon, Hanzo, on va po le refaire... (OSS 117, un rigolo à côté).

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Après une première scène où Hanzo Itumi refuse de signer de son sang les règles à respecter par les policiers, fustigeant le responsable qui baigne dans la corruption, on comprend que l'on a à faire non seulement à une forte tête mais aussi à une grosse tête de lard qui va jusqu'au bout de ce qu'il a à dire...; dans le seconde séquence d'ailleurs, il se torture pour savoir ce que les accusés peuvent endurer et à partir de là on est en droit de craindre le pire: on se dit qu'on a pas tort quand on assiste à son entrainement de durcissement de... bite (si vous avez d'autres expression, je reste ouvert). Et oui, sa bite et son sabre (son couteau aussi, oui, on peut l'accorder) sont un peu ses armes, c'est pas une légende, et dans deux séquences d'anthologie il parviendra doublement à ses fins en faisant d'une part la conquête de sa "prise" et en lui faisant raconter tout ce qu'elle sait depuis ses 5 ans - il faut indubitablement le voir pour le croire. Comme son frère dans Baby Cart avec le landau, il possède une baraque et un bateau qui sont de véritables forteresses avec une armada d'armes et de pièges en tout genre. Cela lui permettera de remonter la filière d'un mystérieux tueur protégé par le chef de police protégé par la fille d'un docteur (avec un tatouage à la poudre, elle sert de lettre vivante entre un acteur et... une Lady qui vit dans LE chateau...) jusqu'au plus haut responsable qui habite dans le dit château... C'est en route pour la place forte que se termine ce premier opus, qui, sur une musique digne des meilleurs Starski et Hutch (ah ouais les années 70 pour ça...), recèle suffisament de surprises - dont quelques jolis combats ultra-hémoglobinés comme celui sur le pont - pour tenir en haleine.

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Malheureusement Misumi confiera la réalisation des films suivants à deux autres sbires et je cache d'avance ma déception. Je m'attends au pire mais pourquoi pas au meilleur, cela dit, avec ce Hanzo the razor (?) a.k.a the dick. Pour la dentelle c'est toujours au Puy sinon.

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30 octobre 2006

La légende de Zatoichi (vol. 1): Le Masseur Aveugle (Zatôichi monogatari) (1962) de Kenji Misumi

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Premier volet de Zatoïchi (qui en compte 26... Bon je vous rassure, j'ai que celui-là sous la main pour l'instant) , le début de LA légende de ce Yakuza aveugle et masseur à ses heures. Très sobre, teinté d'un léger humour du genre "rira bien qui rira le dernier" (la première scène des "joueurs joués" installe le ton), le film fait du respect du code de l'honneur le centre de ses préoccupations face au petites malversations alentour.

2 clans veulent s'affronter et le seul véritable compagnon de Zatoïchi n'est autre que le garde du corps du clan adverse avec qui il part à la pêche et boit des canons. Il trouve dans celui qui sera son ennemi au final, le seul homme véritablement respectable et droit, le seul digne de respect. Le reste n'est que petite racaille de bas étage qui en voulant profiter de l'aveugle ou régler leur sombre histoire dans leur coin finiront avec un coup de sabre bien placé: car Zatoïchi, à défaut de ne rien voir, a toujours une oreille qui traîne et ne ferme les yeux sur rien quand il s'agit de punir - ainsi cette saloperie de serveur qui, refusant de prendrezatoichi_monogatari_1_1_ ses responsabilités, tue la femme qu'il avait engrossée: il a la malhonnêteté de faire croire au suicide en jetant son cadavre dans un étang mais comme disait ma grand-mère "à bon chat, bon rat" et il ira la rejoindre dans la mare aux canards avec un petit coup de pouce et de bambou de Zatoïchi - avec ce dernier mieux vaut se méfier des retours de coups de bâton car il a la main leste, le bougre. Aucune tuerie - il ne fait que 4 victimes - mais tous à la vitesse de l'éclair faisant passer Zorro pour un parkinsonien. Il y a bien aussi une mignonette histoire de flirt, une jeune oie blanche lui faisant la (basse) cour pour lui servir de canne (grosse fatigue) mais cela ne va jamais plus loin que des déclarations d'intention au clair de lune, Zatoïchi finissant toujours par tracer sa route en solo. Filmée de façon très très sobre par Misumi, qui ne se permet que 2-3 zooms, un ou deux panoramiques ou de subtils cadres qui tendent à baisser millimètre par millimètre (la scène où le garde du corps se lève de sa couche (il a la tuberculose le pauvre, po beau à voir quand il tousse) pour se joindre au combat), cette histoire laisse un goût plutôt amer dans la bouche, proposant une vision assez noire de l'humanité en général. Enfin comment ne pas souligner l'interprétation superbe de Shintaro Katsu, tout en rondeur et en retenue (comme le Loup à l'enfant), mais qui donne des coups de gueule impressionnants, ouvrant à demi les yeux avec un regard qui sort des ténêbres... Brrr, j'en tremble encore.

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