Room in Rome (2010) de Julio Médem
Nuit d'été en ville à Rome avec une blonde russe à la place de Jean-Hugues Anglade ? Pourquoi pas, d'autant qu'elle a quand même quelques rondeurs avantageuses, avec tout mon respect, Jean-Hugues. Room in Rome n'est pas loin d'être le pire truc que j'ai vu cette année si je mets de côté une poignée de comédies françaises hors-concours. On assiste pendant cent-dix minutes (je les ai toutes comptées) à une pauvre discussion entre deux charmantes femmes qui ont trop flashé l'une sur l'autre (une nuit, un hôtel), avec en bonus quelques séquences d'attouchements qui feraient marrer mon petit frère si j'en avais un. Des dialogues indigents et ridicules ("Ma mère espagnole est partie en Arabie Saoudite pour vivre avec un émir, mais elle est ensuite parvenue à s'échapper grâce à sa servante égyptienne qui l'a mise sur un bateau grec" - on se croirait presque aux Jeux Olympiques...), des personnages qui s'inventent leur vie avant de raconter la vérité, toute la vérité (avec son lot de drames que t'y crois même po) pasqu'elles se sentent vraiment trop bien ensemble, là (l'une a une maîtrise en histoire de l'Art sur la Renaissance, l'autre est ingénieure, créant des vélos écologiques qui roulent à air comprimé (trop classe!)... et moi, je suis ministre de la culture ; on voit bien que Julio Medem a vachement hésité sur leur background : il avait pensé au début à ouvrière chez Renault et caissière à Auchan et pis nan en fait) et des clichés tellement lourdingues qu'on se dit que ça doit venir du prénom (Julio a signé le scénar, ouais) : on se tape l'aube avec la lumière qui est tellement super belle, un serveur italien d'opérette (dans tous les sens du terme), des Cupidons en veux-tu en voilà avec une séquence qui culmine dans le pathétique, celle où une véritable flèche (my god!) est plantée dans le sein de la brunette - mais c'était juste un symbole, ah ok. J'oubliais la musique, quatre pauvres airs qui reviennent à l'envi toutes les dix minutes dans les moments creux, c'est à dire pendant environ cent-dix minutes. Bref un must.
Les Amants du Cercle polaire (Los Amantes del Círculo Polar) (1998) de Julio Medem
Voilà des années que je voulais voir ce film de Julio Medem - j'ai de ces lubies, parfois... Et bien cela aurait encore pu attendre une bonne dizaine d'années tant le fantasme d'un film surpasse souvent la dite oeuvre. Cela dit, il n'y avait déjà rien de bien extraordinaire dans Lucie et le Sexe ou l'Ecureuil rouge, des films sympathiques, sans plus, pour autant que je m'en souvienne. Mais là il faut avouer qu'il y a plus de hasards et de coïncidences que dans dix minutes d'un film de Lelouch et cela pèse méchamment sur la longueur.
L'histoire n'a rien de bien méchant en elle-même : deux parents divorcés, un gamin et une gamine qui tombent amoureux l'un de l'autre, un drame, la séparation, mais vont-ils finir, caribou de caribou, par se retrouver dans le cercle polaire comme le titre nous l'a promis ? Hum, hum. Bardem n'est pas avare de plans un peu trop publicitaires pour être honnêtes, déconstruit son histoire à la volée (j'ai compté 38 flashs-back mais j'ai dû en rater), change constamment de narrateurs (Otto, Ana, Otto, Ana, Atta, Ono... 134 fois) pour nous conter son historiette et on se lasse rapidement des 24 rebondissements que l'on devine souvent deux minutes à l'avance. Quand je me mets à commenter, en live, le film à ma femme qui renchérit sur l'aspect touristiquement sympa d'un lieu, c'est jamais bon signe. Medem enfonce les clous de son histoire avec des coups de masse de bûcheron canadien et on se dit que ce genre de cinoche pourrait, à la limite, plaire à des ados, et encore, en pleine période acnéenne. Enfin bon, on voit quand même des caribous et des aurores boréales presque en temps réel, et on se surprend de se voir récompenser d'attentes si faibles... aurais ptêtre dû me faire un documentaire de Discovery Channel, moi, à la place...




