09 août 2008

Bons Baisers de Bruges (In Bruges) (2008) de Martin McDonagh

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Date historique sur Shangols vu qu'il s'agit du premier film vu avec l'ami Bas**en, ce qui devait fatalement arriver un jour après quatre ans de voisinage shanghaien - ouais hier il a oublié ses clés sur la terrasse, c'est po qu'il avait trop bu (aussi, mais même), juste que son pantalon était troué... Tout cela c'est peut-être des détails pour vous, mais pour nous ça veut dire... Bref, le film sinon? Et bien ma foi de bonnes choses, un ton résolument singulier et original, un mélange de genres plutôt revigorant, mais avec tout de même deux trois petites choses plus en demi-teinte, on a le temps d'en parler.

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Deux tueurs se retrouvent à Bruges après un meurtre qui a mal tourné. D'entrée de jeu on sent notre dublinois de Colin Farrell complètement dég', ne voyant po trop l'intérêt de devoir se cacher dans cette fucking ville de Bruges, il le dit bien 37 fois. Une sorte de malaise l'habite (on devinera vite lequel, mais j'ai décidé d'être cachottier pour mon retour après une semaine de diète) et il passe son temps à souffler en gonflant les joues, dans le genre ça va vite me gaver de passer deux semaines ici. Son acolyte est lui plutôt débonnaire, au demeurant, et tend à vouloir profiter de ce contretemps dans le taff pour visiter les délices culturels et médiévaux de cette bonne ville de Bruges, jamais autant à la fête depuis Rodenbach (ouais, je sais, c'est pas un film le Rodenbach, c'est juste pour montrer que j'ai de la culture quand même). Les trente premières minutes sont assez déstabilisantes, les spectateurs (moi et Bas**tie* droits comme des i mais complices) se demandant bien à quelle sauce ils vont être mangés : film touristique (déjà po commun en soi), film de gangsters, love story... on tâtonne avec au passage des dialogues résolument décalés, un humour un poil absurde qui ne mange pas de pain et un faux rythme lénifiant, en parfait accord avec le ciel gris qui plane depuis deux ans et demi sur cette bonne ville de Shanghai sûrement polluée, ouais, malgré le stoïcisme des autorités sur la question. Bref, le charme opère et puis petit à petit tout s'enclenche, une demie-douzaine de personnages plus azimutés les uns que les autres font leur apparition (un nain, classique, un skin pas à la fête, la chtite Clémence Poésy qui porte bien son nom, un russe vendeur d'armes...) et on a droit à des chassés-croisés où les coïncidences deviennent la norme... Cela m'a presque fait penser à une ossature à la After Hours quitte à placer une référence de choix.  L'intrigue part un peu dans tous les sens, multipliant les petites scènes bidonnantes (d'accord pour dire que la manchette sur le nain est d'anthologie) et on a droit à des dialogues tarantinesques - première période - qui durent des plombes sur des sujets parfois qui n'ont pas grand-chose à voir avec la choucroute. Vous saupoudrez le tout d'explosions de violence d'un réalisme sanglant (*ast**n a pété un ressort du sofa) et vous obtenez un petit bidule assez déstabilisant et décalé, aussi hétéroclite que le mixage (plus ou moins bien venu parfois) des chansons de la B.O.

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Le bémol (c'est plus fort que moi...) pourrait cela dit tout autant venir de certains dialogues, qui, à trop vouloir parfois frôler le n'importe quoi, tombent un peu à plat et ne provoquent qu'un sourire mou. S'il y a quelque chose d'assez jouissif dans le fait que McDonagh n'hésite point à lâcher son intrigue pendant dix minutes pour nous perdre dans une discussion oiseuse et cocasse, le trait est parfois un peu forcé, voire téléphoné. La résolution de l'intrigue (quinze dernières minutes finalement décevantes) sent également la volonté d'en faire un peu trop et vient conclure "logiquement" une histoire qui tirait toute sa saveur de ses multiples illogismes et absurdités - le pastiche, ou l'anis, n'étant jamais loin. Bref on espère que McDonagh transformera cet essai lors de son second film, formule consacrée mais finalement peut-être moins merdique que I'm lovin' it...   (Shang - 26/06/08)


18907809_w434_h_q80J'ai raté le Kitano de 2 minutes, et je me suis donc réfugié sur le seul film passant à 18h : In Bruges... Pas grand-chose à noter à part cette anecdote passionnante.

Je suis d'accord avec mon collègue, sauf sur la violence de la chose, finalement très bon enfant : on s'amuse gentiment à écouter ces dialogues et à découvrir ces scènes cocasses, McDonagh a un sens de la situation bien en place, et si le film lorgne un peu trop sur ses glorieux modèles (plus les Coen que Tarantino, pour moi), il trouve quand même un ton gentillet et original. Cette modestie de ton parvient même à nous faire supporter le jeu pénible de Colin Farrell, condensé de toutes les mimiques improbables inventées par le cinéma américain depuis David Ward Griffith : à ce niveau-là, ce n'est plus du cabotinage, c'est de la vente à la criée. Les filles poussaient 18907810_w434_h_q80des petits soupirs énamourés dans la salle de ciné, pendant que je me retenais pour pas boxer le fauteuil devant moi. Les autres acteurs ne sont pas en reste dans les tics nerveux, et McDonagh leur accorde de magnifiques gros plans (le gars maîtrise vraiment bien ces cadres énormissimes qui font voir les pores de la peau), ce qui augmente leur filiation avec Achille Zavatta. A ce petit jeu, c'est Ralph Fiennes qui s'en tire le mieux : son personnage est vraiment bien dessiné, psychopathe aux méthodes dépassées, dandy en apparence et bouilloire à l'intérieur, ce qui fait que ses excès d'interprétation passent bien.

Le final est d'autant plus décevant, comme le remarquait le Shang, qu'il y en a environ 15 : McDonagh n'arrive pas à terminer, relance sans arrêt une action déjà morte depuis longtemps, ne parvient pas à faire mourir ses personnages, et tente de lier tout le monde ensemble avec trop de labeur dans l'écriture. Ca tend à prouver que le gars est bien plus à l'aise dans la pause que dans l'action : bea18907804_w434_h_q80ucoup de scènes à l'arrêt sont très réussies, simples dialogues entre les deux protagonistes, rencontres improbables, et bel effort pour mener une situation, même idiote, jusqu'au bout du bout : ce nain par exemple, qu'on croyait anecdotique, va devenir un personnage important de l'intrigue, et le film ne s'arrêtera pas tant qu'on en aura pas épuisé le filon. En bref, encéphalogramme très légèrement au-dessus du plat total.   (Gols - 09/08/08)

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