15 septembre 2007

Salesman (1968) des Maysles brothers et Charlotte Zwerin

Vendre des Bibles au porte à porte, voilà bien le genre de taff qui me semble aux antipodes de mes capacités - mineur aussi mais rares sont les personnes qui aiment le charbon. Le docu des frères Maysles, Grey Garden, possède un charme d'un autre temps et c'est plutôt confiant que je m'attaquais à suivre les pas de ces quatre vendeurs qui partent la fleur au fusil dans l'Amérique profonde.

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Si l'on a droit à notre dose de boniments ("qu'est-ce que c'est un dollar par semaine pour quelque chose que l'on garde toute sa vie"; "Pensez à vos enfants qui y trouveront une mine d'informations"... je m'arrête là parce que je vais vomir), on assiste également aux réunions nationales de nos quatre têtes de vainqueur (avec des types qui se lancent comme challenge "moi l'an prochain, je ferai 35.000 dollars", "moi 55.000", je perds vite patience...) et à leur vie quotidienne, ptit déj et parties de poker inclus. On est certes dans l'ultra-réalisme mais malgré tout on s'ennuie ferme au rythme de leur vie ultra-non-trépidante - personnellement, j'ai même été assez vite gavé, ne m'attendant guère à vibrer devant ces pro de la tchatche à deux balles. Il faut toutefois reconnaître que les frères Maysles collent littéralement à leur sujet et parviennent à serrer au plus près la personnalité de nos quatre gars. La palme revient au personnage surnommé malicieusement (?) "The Rabbit" qui tombe peu à peu dans la déprime pour être incapable de fourguer sa camelote à des familles dans la dèche; il  est d'un pathétique qui atteint véritablement les sommets: le voir sombrer peu à peu en enquillant les mêmes blagues nulles, le voir sortir tout ce qu'il a sur le coeur devant des collègues bâillant d'ennui qui rangent leurs bons de commande, bon franchement tout ça finit par sentir un peu la chaussette mouillée d'un mois d'octobre (je me comprends). Doit être vu malgré tout par tout bon commercial avant de se tirer une balle.

Salesman

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09 avril 2007

Grey Gardens (1975) de Albert et David Maysles, Ellen Hovde et Muffie Meyer

cov_20old_20grey_20gardens_1_Dans la famille Onassis, je demande la tante et la cousine de Jackie: elles vivent dans une superbe baraque de l'East Hampton - détails: avec une douzaine de chats, des oppossums et dans un bordel sans nom...

Portraits de deux femmes bénies des Dieux (les photos de leur jeunesse laissent pantois) qui ont décidé de vivre quasiment recluses du monde - un jeune branleur les visite de temps en temps, l'épicier du coin laisse une caisse de victuailles et se barre rapidos - et qui passent le plus clair de leur temps à pousser la chansonnette dans leur lit (la mère), à danser des trucs (sur des marches militaires, le top) hallucinants et à manger du paté de foie sur des crackers. Elles doivent faire le ménage en moyenne une fois tous les dix ans, tout part en quenouille dans la maison (le jardin ressemble lui à celui des voisins de la maison verte chez mes parents à Yzeure: en gros c'est la jungle et on serait pas surpris d'y croiser un tigre la nuit...) mais à la limite elles font de mal à personne. Un document-vérité qui nous laisse sous le charme parfois (ah les souvenirs d'une autre époque), dans l'ébahissement le plus total (c'est sympa les oppossums et les chats, mais heureusement on a pas l'odeur - d'ailleurs comme le dit la vieille, "nan mais ça me gêne pas, même je préfère"), quand ce n'est pas dans une consternation sans nom: elles passent leur vie à se faire des reproches ("Tu chantes vraiment comme une casserole" dit la vieille à sa fille, "tu as bousillé ma vie" dit la fille à sa mère) mais on comprend aussi rapidement qu'elles ne peuvent se passer l'une de l'autre. A l'image de la façon de s'habiller de la fille (éternel foulard sur la tête, des bas d'un autre âge et un short très court - le soutien gorge semble prohibé dans la famille), on se dit que l'être humain peut être parfois bien étrange... On partage constamment leur intimité et le spectateur doit avoir tout au long de la vision du film la même tête que les deux amis qui les visitent pour l'anniversaire de la mère: entre étonnement total, voyeurisme, et envie de ne pas les interrompre. On s'amuse tout de même plus qu'eux (ils ont l'odeur), à partager pour un temps la vie de ce couple ultra-atypique venu d'une autre planète.

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En résumé une expérience très très spéciale - donc incontournable...

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Posté par Shangols à 11:15 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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