Illégal (2010) d'Olivier Masset-Depasse
Olivier Masset-Depasse part d'un bon sentiment en voulant raconter l'histoire de cette femme biélorusse avec enfant, qui, sans papiers, va se faire arrêter et se retrouver alone dans un centre de détention (On connaît mal la Biélorussie, c'est clair, plus l'équipe de football en fait...). Je vous dis po à quel point c'est la galère dans ces salopiots de centres-prisons, surtout quand on est coupé de son bambin que la mafia, entre-temps, tente de prendre dans ses rets... Masset-Depasse se concentre tel un Dardenne du pauvre sur son héroïne (Anne Coesens) qui passe son temps à tirer la tronche quand elle ne se la fait pas défoncer - enfoirés de méchants flics rapatrieurs belges, j'te promets. Le quotidien de ces centres n'est vraiment po jouasse entre corvées de ménage pour se faire de la thune pour acheter une carte de téléphone et menaces perpétuelles d’extradition (soit tu résistes comme une brutasse chaque fois qu'on tente de te kidnapper pour t'amener dans l'avion, soit tu craques et tu te pends dans les douches... eh bé). Couleurs gris-ferraille et filmage limite téléfilmesque (de qualité "moyenne plus") pour un récit qui, s'il tente d'être au plus près de cette triste réalité d'actualité, n'évite pas toujours les clichés - la gardienne qui finit par trouver son taff vraiment trop injuste et qui démissionne on the spot pasque là, nan, franchement, ça dépasse les bornes... Le but est sain et plein de bonne volonté pour illustrer ce dossier (de l'écran), mais même si le film tente d'éviter l'écueil du surplus de larmouille, de pathos et de désespoir, il ne parvient guère, en tant qu’œuvre cinématographique, à vraiment sortir du lot... De bonnes intentions mais quand même un méchant petit air de déjà vu (sans parler du final en queue de poisson)...


