09 décembre 2010

L'autre Monde (2010) de Gilles Marchand

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Un casting charmant, disons-le (Melvil Poupaud, Grégoire Leprince-Ringuet, Miss météo canal + et la chtite Pauline Etienne), pour un film aussi stéréotypique et dépassé qu'un pauvre jeu vidéo des années 80 ; si l'esthétisme du jeu, présent dans le film, n'est en lui-même po désagréable, la platitude des personnages est, elle, à faire peur : Grégoire en jeune homme (cochez la case) naïf, Pauline en amoureuse (cochez la case) gentille, Melvil en grand frère (cochez la case) manipulateur, Miss météo en bimbo (cochez la case) blonde. Voilà, on rajoute une pincée de discours moral très moderne (à lire d'une voix mécanique : "at-ten-tion ! les jeux vidéo peuvent être aussi dangereux que la drogue !" - voir la première rencontre, entre Grégoire et la miss, chez ce dealer qui fait super peur avec son marcel et ses gros bras), un père protecteur dont chaque réplique est savoureuse ("Tu fais attention à ma fille ! Tu ne la blesses pas, petit !" (!)) et on obtient un petit thriller français tourné dans les Bouches du Rhône aussi haletant et trépidant qu'une petite route de campagne en été. Je n'étais pas parti pour particulièrement me creuser la tête ce matin, cela ne pouvait pas mieux tomber avec ce film de Marchand : tout est terriblement téléphoné (le jeune couple bien mignon qui ne sait pas où il met les pieds, ciel !... En face, dans le rôle des super méchants, Louise Bourgoin (nan !) et Melvil Poupaud (sans blague), putain, j'ai peur rien que d'y penser), prévisible 1h40 à l'avance (le temps du film) - "Grégoire, ne va po jouer sur ce jeu vidéo - subtilement nommé Black Hole -, tu risques de tomber à ton tour dans ce trou noir facétieux comme un gnome, FAIS GAFFE !" - et surtout aussi original qu'une peau de banane dans une comédie - l'innocence-même contre un type pervers et dangereux... (Il n'y a qu'un moment totalement insupportable, véritable climax du film, quand Grégoire traite Melvil de "connard" - ouahou, c'est violent). Ce n'est malheureusement pas la présence de ce mignon jeu vidéo qui peut sauver ce piètre scénar du marasme... Les acteurs font ce qu'ils peuvent, dans ce "jeu de rôle" sur grand écran, pour tenter d'être crédibles, mais l'épaisseur de leur personnage les condamne à jouer constamment les marionnettes... Après Qui a tué Bambi ?, on savait que Marchand et Moll ne manquaient pas d'ambition dans la "production française de films de genre", il leur reste juste à écrire une histoire, avec une réelle profondeur et des personnages de chair, pour que leur oeuvre ne ressemble point à n'importe quel malheureux ersatz mollasson (Aux Etats-Unis, on leur vend comme une oeuvre venant d'où ? Roumanie, Kirghizstan ?). L'autre Monde est sorti cette année, il fait déjà daté d'au moins 30 ans... 

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16 avril 2007

Qui a tué Bambi ? de Gilles Marchand - 2003

18365860C'est très bien de vouloir faire un thriller à la française. C'est également très bien de s'adjoindre, à l'assistanat de mise en scène, le gars Dominik Moll qui, quoi qu'on en dise, n'est pas manchot pour créer des ambiances. C'est très bien itou de situer son scénario dans les milieux obscurs des salles d'opération chirurgicales, lieux de fantasmes sanglants et obscurs. C'est très bien idem d'engager Laurent Lucas, inquiétant même quand il ne fait rien...

Mais il aurait été encore mieux d'instiller un tout petit peu de trouble dans cette trame relâchée, qui fonctionne sur les trois premières minutes seulement. Pour inquiéter le chaland, il faut d'autres talents qu'une certaine culture cinématographique et des noms au générique. Qui a tué Bambi ? s'écrabouille très vite comme un vieux flan. Dès que Marchand nous a montré quels vont être les enjeux de son suspense (Lucas est un violeur de malades sous anesthésie,18365863 Sophie Quinton la petite infirmière qui va l'affronter), il ne sait plus du tout quoi raconter, ni surtout comment le raconter. Hésitant sans cesse entre une trame faite d'attraction/répulsion entre les deux personnages, de rêves étranges, de vérités suivies de démentis humiliants, de pics de stress suivis de plages de calme, le gars ne tient plus rien du tout, le film lui file entre les doigts, et on s'ennuie méchament. Pour meubler jusqu'à son dénouement ce scénario improbable, il imagine de faire s'évanouir son héroïne toutes les 37 secondes, pour mieux nous induire le fait qu'il se passe sûrement des tas de choses pendant ces évanouissements. Ben oui, mais au bout d'un moment, on a bien envie qu'il se passe autre chose que ça. La mise en scène est à l'envi, Moll a dû se gratter quelque peu l'occiput devant ces ralentis minables et ces zooms "hachés" trop class (la scène de la boîte de nuit). Lucas est oublié sur le bord, se contentant de regarder la caméra pour nous faire croire qu'il est dangereux. Bref, ce film est, comment dirais-je, très nul, et puis c'est tout.

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