13 décembre 2010

Le Signe de Zorro (The Mark of Zorro) de Rouben Mamoulian - 1940

vlcsnap_2010_12_13_18h34m52s77De l'action, du romantisme, de l'humour à deux balles, des méchants affreux : on ne demande pas grand-chose de plus au cinéma de divertissement hollywoodien, et The Mark of Zorro coche chacune de ces cases sans aucun problème. Il fallait un modeste artisan comme Mamoulian pour réussir ce film : il sait s'effacer devant ses acteurs et ses scènes d'action, filmant droit et honnête sans en rajouter. Le scénario : un cavalier surgit hors de la nuit pour vivre l'aventure au galop ; son nom, il le signe à la pointe de l'épée d'un Z qui veut direuh Zorro. Dans le rôle titre, le suave Tyrone Power, qui en fait assez, dirais-je, mais qui est finalement assez rigolo dans sa partie "non masquée" (quand il n'est pas Zorro, quoi). Car, comme dans le film homonyme de Fred Niblo, c'est la dualité entre le personnage héroïque de Zorro et celui efféminé de Vega qui est la plus intéressante : c'est là encore un film sur la virilité et le courage. Vega, pour dissimuler son identité, est obligé de se faire passer pour une taffiole, et Zorro est au contraire sur-couillu et sans peur. On n'est pas encore dans le Batman de Burton, qui saura très bien montrer cet affrontement intérieur entre courage et lâcheté, mais il y a quand même là-dedans une jolie composition d'acteurs, et un discours assez ambigü sur les personnages (Zorro doit avoir en tout et pour tout 5 minutes de scène, Vega frôle l'heure de jeu).

vlcsnap_2010_12_13_19h08m02s6Ambiguité involontaire sans aucun doute : Mamoulian veut amuser et divertir, et il le fait à 100% avec ce film enlevé et glamour. Les cascades sont épatantes, notamment sur un saut de cheval depuis un pont qui a bien dû tuer 5 ou 6 bêtes avant qu'il soit réussi. Le duel final, qu'on attend toujours, est impeccable, surtout que Power sait avec classe balancer ses vannes en plein duel ("Cette petite égratignure arrive à point, dit-il alors que l'autre lui a à moitié arraché le bras, je commençais à m'endormir", ahaha). Bien aimé aussi le coup de l'épée qui scie une bougie en deux tout en la laissant sur son bougeoir (ça sert à rien, mais le vilain pâlit nettement). Dans le rôle du méchant, il y a Basil Rathbone, comme d'hab, qui tire sa tronche d'odieux personnage avec la conviction de rigueur, et pour couroner le tout il y a le joli minois de Linda Darnell et la musique tonitruante et omniprésente d'Alfred Newman, au taquet. Une bonne petite confiserie sans conséquence.

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19 décembre 2008

Aimez-moi ce Soir (Love me Tonight) (1932) de Rouben Mamoulian

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Comédie musicale de grande classe qui n'a rien à envier à celles de Lubitsch de la même époque. D'autant, que, mais oui, mesdemoiselles mesdames, on y retrouve Maurice Chevalier et son air d'éternelle canaille. C'est un scénario ultra classique, le petit commerçant qui tombe amoureux fou d'une princesse, bah, c'est forcément impossible mais comme c'est du cinoche... Maurice Chevalier s'appelle Maurice, Jeanette McDonald, princesse Jeanette, on voit bien que les scénaristes avaient pas forcément envie de se creuser la tête. Mais c'est surtout au niveau de la mise en scène magnifiquement enlevée - sans même parler des décors et de la musique (deux trois petits airs absolument parfaits) - que l'on est finalement emballé : une première scène d'ouverture superbe, avec les bruits de Paris qui donnent le rythme à la première chansonnette, et un premier travelling de folie dans ce décor de rue parisienne pour nous présenter le Maurice, saluant tout ce qui tombe sous sa main, éternellement gai. La chanson "Isn't it romantic" part de la petite échoppe de tailleur de Maurice pour parcourir des kilomètres (en taxi, par le train, grâce à une troupe de soldats...) jusqu'au second décor, celui du château. Un air qui vole dans les airs et nous "transporte", que demander de plus à une comédie musicale ? La verve et la gouaille du Maurice explose dans la chanson "Mimi" et ce dernier se livre à une petite séquence bien audacieuse - et dont il a le secret- lorsqu'il prend les mesures de la Jeanette - qui aime particulièrement, faut le dire, se retrouver en petite tenue (shocking! ouais bon, c'est pas non plus Eva Mendès...). Un autre gros morceau de bravoure a lieu lors de la chanson "Son of a gun is a taylor", les trois milles invités du château - dont les trois vieilles tantes/sorcières sorties tout droit de Macbeth - semblant reprendre l'un après l'autre le refrain : du bien bel ouvrage au niveau du montage qui culmine avec la séquence finale digne des meilleurs films d'action. L'humour est loin d'être absent, notamment lors de la chasse au daim : Maurice part comme un fou furieux sur son cheval indomptable - séquence en accéléré qui pour une fois est assez drôle -, finit par apprivoiser le daim - la SPA apprécie - et demande aux autres cavaliers de repartir sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller l'animal - la séquence suivante est alors au ralenti, un petit moment un poil absurde mais aussi plein de poésie... Le jeu sur les lumières et les ombres étant tout autant soigné, on savoure gentiment ce moment de gaité que la technique a su magnifier. Pétillant.       

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08 janvier 2008

L'Esclave aux Mains d'Or (Golden Boy) (1939) de Rouben Mamoulian

Certes le titre français est plutôt bêta, tout comme l'idée un peu saugrenue au départ de ce film d'avoir un jeune boxeur de 21 ans qui a fait dix ans de violon... On comprend que Stallone n'ait point fait de remake. Premier grand film de William Holden qui joue donc un personnage aux prises avec de multiples choix, super délicats. (Ah oui tu te pètes la main, il te reste que le tambour ou les cymbales)

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Déjà quand on découvre Barbara Stanwyck en petite amie d'un vieux moustachu, manager de boxe, on devine qu'il y aura anguille sogoldenboyus roche avec ce jeune gars échevelé qui n'a d'yeux que pour elle dès la première seconde... C'est d'ailleurs pour lui faire plaisir qu'il décide de poursuivre la boxe et non le violon - au grand dam de son père, l'épicier italo-américain typique vu 100 fois dans 100 films. Seulement sitôt qu'il s'engage sur cette voie, avec succès, la Barbara se rend compte qu'il devrait mieux suivre son instinct et continuer le violon ('tain, c'est bien les gonzesses ça : elles veulent qu'on change pour elles et dès qu'on change elles regrettent celui qu'on était avant... Roh ça va, je plaisante... C'est pareil pour les hommes...). Le type, ça l'embrouille un peu, cette histoire, d'autant qu'il pense que la chtite n'est pas clean avec lui : il quitte son manager, s'engage avec un truand italien, fait le combat de sa vie... mais tue son opposant sur le ring. Je ne vous cache point qu'on a un super happy end, retour à la casa, le père au bord de la crise cardiaque, avec la Barbara au bras, la raison l'emporte, cool.  La boxe j'ai toujours dit que c'était un sport dangereux, plus que le violon.

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Bon même replacé dans son époque, le récit de ce golden boy boxeur qui se brûle les ailes au sunlight des rings avant de revenir sur terre est aussi convenu que mes métaphores à deux balles. L'idylle entre Holden et Stanwyck est balisée à mort - ils sont attirés, elle résiste, se laisse embrasser, lâche l'affaire avant finalement de revenir en courant vers son héros - et la famille emmenée par l'immigrant de père, veuf qui regarde la Madonne la larme à l'oeil, se veut un peu trop turbulente et théâtrale pour vraiment convaincre. Cela dit les combats de boxe -assez rares- sont eux assez bien menés (surtout le dernier qu'on a dans son ensemble; l'annonce de l'affiche de la soirée, malgré tout, entre Holden/Joe Bonaparte (un gagnant...), fils de New York, et "Chocolate Drop" (sic) "la fierté de Harlem" est un peu too much...) et le film, assez convenu, se laisse suivre avec modération. Il permet surtout de découvrir, sur une bien belle musique, un tout jeune William Holden qui n'en veut et c'est déjà pas si mal.

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