06 juillet 2008

Corps inflammables (1995) de Jacques Maillot

flFl_Illustration_19Quatre personnages qui ne cessent de se tourner autour en un étrange ballet : Luc, un petit blondinet, passe dans le lit de Corinne comme pour tenter de refouler son homosexualité; son drame est d'être amoureux de son meilleur ami, Bruno, et de ne pas oser se dévoiler. Bruno lui en pince pour Corinne, mais sa timidité ravageuse ne lui permet pas de passer à l'acte. Juliette est la voisine de Bruno et l'aime en secret; après une violente incartade avec sa mère, elle se décide enfin à passer à l'attaque. Enfin Corinne, bonne pâte, semble prête à se donner au tout venant en l'absence de son compagnon. Maillot dope son histoire avec une bande-son vintage - un petit coup de Noir Désir ça fait toujours du bien - et tente une nouvelle fois de cerner la personnalité de ces trentenaires qui ont encore du mal à exprimer leurs désirs. Mauvais timing, incompréhension, la frontière entre l'amour et l'amitié demeure définitivement très ténue. L'ultime séquence semble vouloir gommer les petites distances entre ces êtres qui se réunissent le temps d'une chanson douce-amère. Po mal fait, ma foi et relativement bien écrit.   

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75 centilitres de prière (1993) de Jacques Maillot

flFl_Illustration_18Je gardais un assez bon souvenir de ce moyen métrage découvert lors de sa présentation au festival de courts-métrages de Clermont. Quelques 15 ans plus tard, le film a moins vieilli que moi. Cette ancienne bande d'amis en grande partie se réunit, et un simple petit jeu - adresser ses voeux dans une bouteille - va rapidement dégénérer lorsqu'un gros jaloux découvre que l'un des comparses aimerait bien "baiser" sa femme; la dispute explose et chacun se retrouve à tenter d'expliquer ses propres sentiments. Comme le constate l'un d'un gaziers, il semble qu'ils aient perdu en route le sens de la vraie camaraderie et cette petite anicroche va tout de même permettre à chacun d'entre eux de réfléchir à ses choix passés et ses réelles envies. Film choral qui fait la part belle aux gros plans, le court fait preuve d'une certaine énergie au niveau du montage et de l'interprétation. Peut-être un ton au dessous de Versailles rive gauche de Podalydès, mais un départ de bonnes augures.

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