The little Cloud that cried (2009) de Guy Maddin
Film hommage au cinéaste underground Jack Smith qui commence avec un petit nuage tout mignon perdu dans le ciel et se termine en bonne vieille orgie de base. Après une introduction très apaisée sur une chanson de crooner dont est tiré le titre - un God-trans se balade tranquillement sur une plage et semble vouloir convoquer les esprits marins -, on se branche direct sur une Sainte-Vierge "Radio-Tower" (bien aimé cette drôle d'antenne-chapeau qu'elle a sur la tête, et surtout sa façon de chercher la bonne fréquence en se titillant les tétons (ça donne franchement envie d'écouter la radio)), une créature qui semble pouvoir entrer directement en contact avec les cieux... Cette Sainte-Vierge se plaît à jouer les gorges profondes et excelle à avaler les bananes d'un bout à l'autre sans forcément les croquer - elle suce la banane par les deux bouts, si vous voyez grosso-modo de quoi il s'agit (première fois de ma vie que je rêve d'être une banane, comme quoi...). Rapidement ce petit cottage où elle se trouve va se remplir de corps dénudés, un satyre (si on en croit le générique de fin) se lançant dans une bien jolie partouze avec des naïades au sexe bien dressé (si on ne connaît toujours pas le sexe des anges, celui des naïades n'est maintenant plus un mystère)...
Ce n'est pas à mettre sous tous les yeux, tout de même, puisqu'on assiste à des séquences explicites... Je passe sur les gros plans très léchés de pipe, pour me concentrer sur l'image de ce sexe finissant dans la bouche d'un squelette (Jack Smith faisant une ultime petite gâterie ? post-pipum animal mort ?...). Après moult sexes aperçus traçant leur route entre divers seins, le ton finit par monter (une naïade se fait baffer par une bite un peu molle), une ultime éclair de violence, avant un retour tranquillou sur ce bord de plage. Maddin aime les surimpressions - ces images avec la mer en arrière-fond lors des scènes d'orgie, normal pour des naïades - mais insère également, au milieu de ce maelström d'images, des photos de ces corps nus d'une netteté absolue qui tranchent par leur graphisme : une façon finalement à la fois frontale et très stylisée d'aborder le sexe. Une véritable débauche (trans-)sexuelle (trans-)portée par de bien jolies mélodies... Plus qu'à découvrir maintenant l’œuvre de ce fameux Jack Smith...
Glorious (2009) de Guy Maddin
Encore une oeuvre bien déjantée du gars Maddin au montage syncopé mettant en scène les rêves délirants d'un homme : une maison assiégée par la police avec toute une bande de jeunes armés jusqu'aux dents, notre homme s'imaginant pris pour cible par le gang puis se levant (eh ouais) pour jouer avec une sorte de cruelle "table de montage" (faut le voir, c'est clair), d'étranges chaussures-casiers-bombes (je ne trouve pas le mot) qui entravent les pas de la petite bande, toute notre armée de jeunes gens qui, comme des somnambules (la marque de fabrique du cinéaste canadien), jettent leurs armes dans un fourneau - ce qui provoque un dantesque feu d'artifices - et pis pour conclure en beauté, l'invention d'une bien curieuse machine, genre "orgue à pipes" (pas celles de Saint-Claude, entendons-nous bien) qui met en extase notre homme.
Bon, cela relève toujours de la gageure de tenter de "décrire" les images cauchemardesques du Canadien, ou plutôt ses visions hallucinées et hallucinantes mêlant violence (les flingues), érotisme (femmes aux seins nus et en porte-jarretelles, bites en tout genre) et inventions pure souche (de la "table de montage" aux chaussures...). La musique de Richard Ayers alternant petites mélodies et curieux effets sonores crissant (jamais eu la moyenne en musique, même en flûte) ajoute une touche angoissante à l'ensemble et on ressort de ce court sans forcément avoir tout compris (po forcément le but) mais avec une poignée d'images bien incrustées dans la rétine. Du pur Maddin, quoi, avec son univers indescriptible...
Send me to the 'Lectric Chair (2009) de Guy Maddin et Isabella Rossellini
Eh bien voilà encore un court assez déjanté de l'ami Guy (visible en cliquant là). Isabella Rossellini, rêveuse éveillée, est en route pour la chaise électrique où elle est ensuite solidement harnachée. Puis l'on assiste à une véritable débauche d'énergie (sous les yeux du démiurge Edison ?) dans ce salon avec pianiste virtuose, esthète mâle "roulant des mécaniques", danseur de claquettes relié à des fils électriques, jeunes filles à peine vêtues qui se la donnent et se trémoussent comme sur une piste de danse improvisée... et pendant ce temps-là, un type semble vouloir venir à la rescousse en grimpant comme en dingue - finissant même par ramper - des escaliers qui n'en finissent po... Le final est... électrique. C'est toujours aussi barré, le montage ultra rapide faisant exploser les watts. Un petit mot de Maddin lui-même sur son projet : «Je voulais que le décor ressemble à un salon. Une chaise électrique dans un salon. Comme si Thomas Edison avait convaincu l'Amérique que tout le monde devrait avoir une chaise électrique, peut-être pour juger des membres de la famille qui auraient commis des crimes domestiques.» Voilà, à chacun de se faire une idée sur cette oeuvre caustique avec une petite odeur de soufre... Le centre Pompidou est actuellement en train de passer "l'intégrale" de Maddin (apparemment, le reste de sa filmo (voire odyssée ici) est donc invisible...) et n'hésitez point à vous y précipiter si vous êtes dans le coin. Je suis personnellement un peu loin...
Night Mayor (2009) de Guy Maddin
Pour les 70 ans de la National Film Board of Cânâdâ, une série de 7 micro clips signés du Guy (style classique : noir et blanc de base, montage ultra rapide, images qui s'entrechoquent) pour rendre hommage à Nihad Hademi, un émigré bosniaque qui a utilisé a la fin des années 30, à Winnipeg, la puissance des aurores boréales (!) pour diffuser des images dans tout le Canada. C'est en tout cas ce que nous dit la notice liminaire aux sept clips que vous pouvez voir en cliquant ici (merci qui?). Premier clip et notre gars aux prises avec une machine infernale (le telemelodium) - on sent bien le jeu de mots dans la voix off entre Night mayor/nightmare... hum, pas mal - qui parvient en effet à projeter des images de crâne, de réveil ou de théière aux quatre coins du territoire canadien (même pour les bûcherons, c'est dire). Deuxième clip, Niha Hademi (qui a de faux airs avec Kad Merad mais c'est vraiment pour faire le malin) se présente - bon en 44 secondes moins le générique, c'est quand même ultra succinct... Troisième clip toujours aussi bref, on fait la connaissance de ses trois fils et trois filles qu'il a ramenés de Bosnie sous son bras - bien jolie, la petite blonde, là, moui. Quatrième clip sur la récupération de l'énergie d'une aurore - 29 secondes chrono, juste le temps de voir quelques étincelles de feux d'artifice... Cinquième clip, notre ami maintenant nous informe qu'il est capable d'entendre le son de la nuit, on est content pour lui. Sixième clip ou comment les images se combinent entre elles et finissent par illustrer la vraie vie de nos cousins les Cânâdiens. Septième clip sur l'intervention des autorités canadiennes qui ont vu d'un sale oeil cette invention et l'ont enchaînée. Nihad a po l'air trop rancunier. Voilà, on a donc découvert cet homme qu'il ne faut pas confondre avec Hadopi, rien à voir, l'accès des clips étant justement gratos et libre : sympas ces gars du froid.
Le Crépuscule des Nymphes de Glace (Twilight of the Ice Nymphs) (1997) de Guy Maddin
Ce film est un cauchemar pour daltonien, mais aussi pour tout spectateur qui se respecte. Avec toute le déférence que je dois au gars Maddin, cette production ultra colorée (les vêtements sont réalisés à partir de chutes de collections Pimky), est d'un goût terrible. Même Legend ou Excalibur seraient en comparaison des films d'une sobriété victorienne. Des histoires d'amour éternelles, des trahisons affreuses, tout cela est bien gentil,
mais comme la direction d'acteurs est en plus totalement inexistante (eh be, elles sont bien joulies ces deux jeunes filles qui ne sont point avares pour étaler leur charme - quelque chose à se faire pardonner ?), on s'ennuie à en pleurer. Maddin crée en studio une île rose bonbon peuplée d'autruches, et on se demande bien pourquoi personne n'est jamais venu, au cours du projet, lui taper sur l'épaule pour lui souffler qu'il y avait peut-être quelque chose d'affreusement ridicule dans cet affreux bric-à-brac flashy. Bref, un film qui part totalement en vrille... J'en profite tout de même pour dire que My Winnipeg sort - enfin - en France et qu'il s'agit d'un film d'une toute autre tenue pour découvrir ou "approfondir" Maddin. Laissons fondre sinon les nymphes dans leur crépuscule, je crois qu'elles ne nous en voudront pas... Je ne suis pas rat sur les photos pour vous laisser apprécier cet esthétisme qui ferait passer Beineix pour un type équilibré ayant le sens de la modération.
Des Trous dans la Tête (Brand upon the Brain !) (2006) de Guy Maddin
Brillantissime oeuvre du Canadien Maddin qui prouve une nouvelle fois toute la richesse visuelle de son univers poétique et nostalgique. Des images noires et grises "auréolées" d'eau, un montage saccadé comme s'il s'agissait de soudaines réminiscences, de flashs, une narration contée par la divine Isabelle Rossellini entre deux intertitres plus fantaisistes les uns que les autres, le film charme par son ambiance bizarroïde définitivement à part et son intrigue joliment troussée gentiment érotisée.
Guy Maddin himself est à bord d'un bateau pour retourner 30 ans après dans le phare de son enfance - il a promis à sa mère de le repeindre avant que celle-ci trépasse - gros taff. Une fois sur l'île il se remémore les folles aventures de sa jeunesse mouvementée... Il semble quelque peu vain de vouloir résumer ce récit alambiqué, mais sachez qu'il est question d'amour saphique entre la jeune soeur du Guy et l'intrépide détective Chance/Wendy Hale, d'un père fabriquant un curieux nectar dans son laboratoire, d'une mère obsédée par son rajeunissement, de résurrection, de harpes, d'orphelins, de mouettes... Le film est un bric-à-brac inventif porté de bout en bout par une somptueuse musique et des effets sonores de toute beauté. Découpé en douze chapitres dont chaque titre attise la curiosité, on ne sait jamais quelle surprise nous réserve Maddin; l'imagination débridée du cinéaste permet en tout cas au final d'illustrer avec brio cette enfance quelque peu particulière mais pleine d'émotions troubles; des premiers émois amoureux au comportement affectueux ou complètement starbée de la mère, on a droit à toute une palette de sentiments que dépeignent à la perfection et par petites touches ces images "heurtées". Une bien bonne surprise venant du Canada et qui débarque en France le 24 septembre : n'hésitez point, c'est mon humble avis (si vous préférez aller voir le Barratier, vous serez gentil de ne plus me saluer). (Shang - 20/08/08)
Bien bel objet, je confirme, que ce Brand Upon the Brain, assez barré et définitivement à part de tout ce qu'on peut voir habituellement. Commençons par une ou deux réserves : le film est un peu long, un tel formalisme ayant du mal à passionner sur la longueur ; on est lassé, au bout d'une heure environ, de ces plans montés serrés et de ces méga-exercices de mise en scène, même s'il faut reconaître que Madin arrive à nous surprendre jusqu'au bout dans sa façon de filmer et de monter. Parfois aussi, ça et là, une crânerie assez affirmée : le film fait un peu premier de la classe, alors qu'on reconnaît indéniablement la marque de McLaren dans ces stridences et celle de Lynch dans l'exploration des lieux torves du subconscient. Expérimental, le film l'est, mais il va finalement moins loin que ses prédecesseurs, et reste encore un peu trop emprisonné dans la trame.
Mais ces deux trois nuances en moins, c'est vraiment bluffant, et Madin se montre talentueux à tous les postes : mise en scène, donc, très personnelle, qui montre un vrai regard et une façon très douloureuse d'aborder chaque séquence ; direction d'acteurs, même s'ils sont parfois un peu perdus dans le flot des images et des cadres tarabiscotés (rien que le casting est une grande réussite, avec ces jeunes filles désuettes et pourtant furieusement modernes, cette vieille mégère directement sortie de nos pires cauchemars, et ces enfants malheureux) ; musique, superbes occurences "philippeglassiennes" qui osent souvent le hiatus avec ce qui est montré ; enfin, scénario, d'une complexité effarante (à chaque chapitre, une nouvelle couche de déviance). Madin s'inscrit délicieusement dans une tradition de littérature enfantine populaire (on pense souvent à Stevenson, mais encore plus à nos bons vieux "Bibliothèque Rose" genre Club des 5 ou Fantômette), mais en tord cruellement les codes pour livrer un essai très glauque sur les souvenirs et les visions enfantines sur les parents. Il y a en plus de jolies apparitions de films d'épouvante grande époque (Frankenstein, les fantômes, la matrone-vampire), et on plonge avec bonheur dans cet univers pourtant relativement affreux. Brand upon the Brain est un cauchemar raconté de l'intérieur, à la première personne : éprouvant et impressionnant. (Gols - 07/06/09)
Dracula, Pages tirées du Journal d'une Vierge (Dracula : Pages from a Virgin's Diary) (2002) de Guy Maddin
Vouloir mêler Bram Stoker, l'esthétisme cinématographique noir et blanc des années 20 (jusque là, ça va, déjà vu), la musique de Mahler (ah bien...) avec des chorégraphies de ballet (ah oui...), il fallait être aussi fou que Guy Maddin pour accepter le projet; le bougre ne s'arrête po en si bon chemin puisqu'il saupoudre le tout d'une pointe de couleur - rouge-sang pour le désir, vert-argent pour le fameux billet -, nous monte cela comme d'hab à la sauce Eisenstein, ajoute une pointe d'humour, des gousses d'ail, forcément, et une grosse cuillerée de sensualité : résultat? Eh be une fois de plus la sauce canadienne prend miraculeusement.
D'entrée de jeu, on met les points sur les i, Dracula est un émigrant qui vient de l'Est, vachement de l'Est d'ailleurs, puisqu'il est Chinois. Qu'il effraie ces pauvres petits bourgeois anglais c'est normal : non seulement, ils représentent pour eux une vraie plaie financière (Dracula n'en aurait-t-il que pour l'argent?) mais surtout, les pauvres bichons anglais, ils ont un peu les deux pieds dans le même sabot face à des femmes... euh... à l'amour dévorant (Lucy se taperait bien ses trois prétendants...); peuvent-ils faire le poids face à un Dracul qui, lui, sait véritablement les envoûter ?... Il faut voir ce pauvre petit Harker, après sa visite au château de Dracula - elle dure trente secondes chrono, Maddin te condense l'épisode en deux temps trois mouvements sur un petit air de comédie -, qui confie son journal intime à la sublime Mina; elle découvre forcément les infernales tentations du Harker et ni une ni deux lui propose gentiment une petite pipe pour le dérider... Mais bah, même po la peine, trop coincé et comment s'étonner que les deux femmes, Lucy et Mina succombent au charme et à la grande classe de ce Dracula princier. Les danses, notamment entre Mina et Dracu, sont d'une admirable sensualité et rendent parfaitement compte de l'attrait exercé par le comte sur ces dames... frustrées. Il faut voir aussi lors du final infernal ce bon Dracu, fourrer les billets verts dans la bouche de ces bourgeois (crève de ton avarice et de ton égoïsme, Sarker, pardon Harker) puis en couvrir ensuite Mina en les faisant pleuvoir; désintéressé, par l'argent, il l'est, ce qui est loin d'être le cas des Anglais qui se font une priorité de ramener la malle pleine de biffetons, juste après l'empalement du Drac.
Je vais pas vous faire un cours de musique ni de danse, mais faut reconnaître que Maddin ne se contente jamais de livrer un truc du genre "ballet filmé"; les chorégraphies sont parfaitement intégrées dans la trame et ce, notamment, grâce à une caméra virevoltante qui filme avec la même maestria, le même sens du rythme, ces grands mouvements artistiques légers comme une bulle et les discusions plus intimes. Entièrement muet - Maddin se permet tout de même quelques petits effets sonores pour le plaisir, notamment lors de la décapitation très scraoutch de la pauvre Lucy; il limite également au maximum les intertitres, et les séquences, bourrées d'énergie, s'enchaînent comme des têtes d'ail sur un chapelet, la musique de Mahler boostant frauduleusement l'ensemble. Fidèle à la trame et surtout à l'esprit (la peur de l'autre...), Maddin se permet donc, malgré tout, de mettre ici ou là son petit grain de sel contemporain et dépoussière avec brio ces bons vieux cercueils draculastiques. Enlevé, dirai-je finalement, pour qualifier l'ensemble.
Courts-Métrages de Guy Maddin (1986-2008)
The Dead Father (1986)
Toute première oeuvre du gars Guy qui se déroule dans une petite banlieue paisible; je dis paisible mais bon, le pater familias vient de mourir, est étendu sur la table de la cuisine, ce qui n'empêche point la mère de beurrer ses sandwichs ni aux filles de jouer aux cartes sur la dite table. Le plus troublé dans l'histoire semble le fils lorsque le père réapparaît bien vivant (une ombre sur une toile blanche, je vous fais pas de dessin). Mais le père prend corps et le fils ne tarde pas à retrouver les mêmes réflexes, lui filant ses tartines, lui obéissant au doigt et à l'oeil et se prenant même de grosses baffes... Dans un scène maddinesque où les gens "reposent" en pleine nature, il recroise son père endormi et ira jusqu'à le manger à la petite cuillère (il y a de quoi s'en étonner, j'avoue... C'est ce qui s'appelle boire la coupe jusqu'à la lie... une sorte d'obsession si on veut). Lors d'une séquence murnesque, le père finira par s'allonger dans une malle et on espère que le jeune gars pourra retrouver une vie normale... C'est un film finalement assez linéaire où perce déjà ce style nostalgico-expressionniste avec, en fond sonore, un petit bruit de fin de 33 tours. L'image obsédante du père plane en tout cas déjà sur son oeuvre à venir.
Sissy-Boy Slap-Party (1995)
La plus grande partie de baffes dans ta gueule du monde, c'est signé Guy Maddin et si jamais cela manque un poil de fond, ça défoule. On est dans la jungle avec, semble-t-il, de jeunes soldats, ambiance moite à la Equateur de Gainsbourg en noir et blanc; le boss ventru prévient qu'il va partir en vélo pour aller acheter des capotes et que, en attendant, pas de BAFFES! Tu parles, le type a à peine le dos tourné qu'un jeune éphèbe en retourne une, violente, à son voisin : c'est parti pour quatre minutes de charclage dans tous les sens, de gifles en tout genre, avec un montage à la mitraillette et une musique forcément tam-tamesque : pam dans ta joue, tiens dans ton dos, ping sur ton torse, plaf sur tes fesses... Quelques passages en caméra subjective du meilleur effet, une distribution gigantesque à ces jeunes gars disposés en rang d'oignons, aller-retour cin
glant, c'est sans queue (quoique l'ambiance, virile et dénudée, fasse assez gay) mais dans ta tête... Le boss revient pour planter son vélo dans les fesses d'un type groggy sur les genoux (mouais, j'ai vu du meilleur goût) alors que toute la troupe somnole, abattue. Du défoulement par procuration, ça peut toujours vous calmer les soirs de grosse colère...
Odilon Redon ou l'Oeil comme un étrange ballon se dirige vers l'infini (Odilon Redon or The Eye Like a Strange Balloon Mounts Toward Infinity) (1995)
Le titre est tout un programme et je n'aurais pas fait le plus dur en vous informant (mais votre culture est sûrement supérieure à la mienne) qu'Odilon Redon est un peintre symboliste de la fin du XIXème (j'ai fait des fouilles). Pour résumer, en gros, l'histoire, le père Keller et le petit Callum (ils ont des badges, c'est facile) crashent leur train sur un autre. Il découvre dans un wagon éventré une Bérénice (badgée plus tard) que semblent convoiter les deux hommes (classique chez le Maddin). Elle tente de s'enfuir et est à nouveau reprise par le père Keller qui y perdra la vue, je vous en dis po plus, reste à peine 2 minutes... C'est comme toujours esthétiquement soigné - superbe plan de la Bérénice, habillée d'une robe en tulle bien transparente ma foi, marchant sur l'avant de la locomotive -, assez caustique - le père Keller qui dirige sa folle machine, debout sur sa loc
o, grâce à des cordes reliées aux leviers qui sont à l'intérieur de la machine... plus simple à voir - et teinté de poésie : la fleur à tête humaine... Gros taff sur le son et les bruits zarbi, images en surimpression avec de petites bulles ou de petites lumières qui teintent le film d'une atmosphère vaporeuse... Pour les clins d'oeil à Redon (doit bien y en avoir), vous consulterez un spécialiste du gars...
Hospital Fragment (1999)
Tourné 11 ans après The Tales from the Gimli Hospital, on retrouve dans ce (très) court certains des acteurs, au fil d'images qu'on pourrait définir, à défaut d'autre chose, comme ultra-surréalistes. Dans les cicatrices de notre gars Gunnar vit tout un monde: femmes qui se dévêtissent et prennent des poses, transe lynchienne, personnage androgyne, combats de mâles enserrés dans des filets de pêche, poissons qu'on frappe contre les murs... L'esprit déconnecte au bout d'une seconde et on tente d'apprécier le montage subliminale. C'est toujours ça. Po banal, nan, c'est le mot.
The Heart of the World (2000)
N'ayons point peur des mots, The Heart of the World est un petit chef-d'oeuvre qui vous prendra à peine six minutes de votre vie. Une magnifique scientifique (Anna) plus charismatique que la créature de Métropolis annonce la fin du monde : le coeur au centre de la terre est bien malade. Deux frères (forcément, comme d'hab, serait-on tenté de dire chez Maddin) sont amoureux d'elle et comme il reste un jour à vivre va falloir faire fissa : l'un est un acteur apparemment spécialisé dans les rôles de Christ et cela lui monte un peu à la tête puisqu'il tente de convertir le pauvre peuple qui s'adonne à des orgies; l'autre est entrepreneur de pompes funèbres et pour courtiser la belle... il invente un canon en forme de bite (ah ben oui, faut être franc, même si on voit pas forcément le rapport). Mais survient un troisième homme, un richissime industriel qui se vautre sur notre femme messie... Cette dernière sauvera la planète en inventant... le 7ème art ou alors c'est que j'ai po tout suivi. Sur une musique tonitruante, Maddin nous livre un court-métrage avec un plan par demi-seconde faisant de Eisenstein un type qui a perdu ses ciseaux : et le résultat est assez jouissif, cela va à trois mille à l'heure et chaque image (234.465) est comme un hommage aux films muets : le regard ultra
expressif de Anna quand elle doit choisir entre les deux frères, ce coeur de carton pâte qui bat mollement au centre de la terre, ce plan en plongée sur cette foule paniquée, l'image d'Anna projetée sur ses drapeaux avec des porteurs au garde à vous... Bon, je m'emballe, mais c'est un petit miracle qui fait po de mal en ce début d'année glacial - ouais ici c'est comme chez vous...
It's a wonderful Life - clip pour Sparklehorse (2001)
Une chanson très douce susurrée du bout des lèvres et en accompagnement des photos filmées avec des traits sur la pellicule larges comme des séquoias. C'est minimaliste, l'image va en se dégradant au fur et à mesure et c'est illustré de façon bon enfant - "horses", un cheval en ombre chinoise, "beast", un insecte mort, birthday, deux ptites nenfants avec un gâteau. Un "attelage" agréable au final (cela change des chansons qui datent souvent de Mathusalem dans l'univers de Maddin) qui convient parfaitement à l'atmosphère polaire de ce dimanche matin (et une superbe photo au passage qui vous donne vraiment une idée)
Fancy, fancy being rich (2002)
Une diva se lance dans cet aria et on se demande si elle se plaît à être riche ou à recevoir un homme qui finira par la quitter en lui piquant une petite boîte noire. D'étranges images d'hommes sortant comme des morts-vivants de la mer, des femmes aux postures alanguies, un bref instant d'accouplement général puis des hommes qui s'en retournent dans les ondes... Toujours le même style inimitable - des enfants qui veillent sur leur lit, des dormeurs en surimpression, des regards féminins translucides - à défaut de mettre complètement la main sur le bazar.
A Trip to the Orphanage (2004)
Un sublime air d'opéra qui porte en lui toute la tristesse du monde et un homme qui s'avance en dormant dans la rue sous la neige... On ne sait s'il se rappelle avoir été abandonné par sa mère (Maria de Medeiros) à l'orphelinat (?) mais il finit en tous cas par la retrouver à la fin de la séquence... Le plus surprenant c'est que l'essentiel du film est centré sur la chanteuse entourée de voiles blancs en surimpression qui volent au vent - pour le reste de l'histoire, on a tout de même guère d'éléments. Souvenirs, émotion, fragilité,... libre à chacun d'y puiser son inspiration.
Comme le court précédent, une histoire qui semble concourir dans le cadre de la musique la plus triste du monde. On retrouve l'univers totalement déjanté de Maddin avec une veuve qui doit battre sur un ring de catch La Mort, une jeune fille désespérée qui tente de se suicider en se noyant, un mort que l'on prépare à grand coups de rouleaux à pâtisserie (excellent) et qui doit être consommé (bouffé quoi) avant une éclipse, le fantôme de ce dernier qui part dans une mule (définitivement lynchien),... tout cela avec un décor de pacotille et des cactus en plastique. A découvrir après un abus intensif de téquila.
Love-Chaunt Workbooks et autres workbooks (1997-2005)
C'est un peu une composition fourre-tout, puisqu'on trouve tout d'abord Audition one et Audition two qui sont apparemment des essais des comédiens pour Cowards bend the Knees: Louis Negin - le Dr Fusi - mime l'effroi ou la chtouille et on a droit aussi à la sublime Melissa Dionisio et d'autres personnages dont on filme surtout le "jeu de mains"... Dans Fuseboy, deux jeunes gens en slip tentent de réparer les fusibles ce qui provoque la terreur de notre bon Louis, en concierge et aussi en slip, comme s'il avait peur littéralement de péter un plomb... - ambiance très gay, il faut l'admettre, véritable fête du slip. Enfin Rooster Workbook (ou The Cock Crew) serait tout ce qui reste de Love Chaunt of the Chimney, une adaptation de Cock-a-doodle-doo de Melville, après le saccage du studio de Maddin : un coq apparamment en colère - et son ombre - qui effraie des jeunes filles, on distingue bien un corp nu et des fesses féminines rotondes, c'est monté à la mitraillette fois douze et on lâche rapidement l'affaire... En prime et, pendant que j'y suis Zookeeper Workbook (ou Maldoror: Tygers), où il est question d'un gardien de zoo bouffé par une bête, de sa fille qui fait n'importe quoi dans la cage et d'une alliance attachée à un fil qui semble avoir le goût de crabe - je vous livre en vrac mes sentiments et même après avoir lu le soi-disant résumé je reste dubitatif. Po trouvé, dans la même série Chimney Workbook, mais je vais quand même bien dormir.
Nude Caboose (2006)
Fendard à défaut d'être d'une grande finesse, il s'agit donc d'un type bedonnant avec des maracasses qui joue à la locomotive sur une piste de danse... Si je vous dis que le dernier "wagon" est composé d'une femme nue aux fesses rebondies, vous pouvez imaginer la joie de la loco de faire un tête à queue... C'est sans aucun doute plus fun que La Danse des Canards et on doit s'en payer une sacrée tranche de caribou lors des mariages canadiens. Poilant et fumant.
My Dad is 100 Years Old (2006)
Pour commémorer les 100 ans de la naissance de son père, Isabella a écrit ce petit hommage. Elle endosse pratiquement tous les rôles de ce petit opus, d'Ingrid Bergman à Alfred Hitchcock (son ombre, ouais) en passant par Fellini, Chaplin et David O. Selznick. Après un clin d'oeil à son ventripotent de père qui passait la plupart de ses journées allongé dans son lit pour ne point trop perdre de l'énergie (po bête), elle revient à la fois sur ce qui a fait sa gloire - cette recherche forcenée d'illustrer la réalité - mais aussi sur les attaques dont il a été victime; par l'intermédiaire notamment d'Hitch, présenté comme le grand maître du suspense et de l'entertainment (Gols peut frémir), lui sont reprochées la lenteur de ses films ou encore la pauvreté, souvent, des moyens. Le ventre parlant énorme du Roberto accuse un Fellini en petite forme de l'avoir trahi et trouve son plus grand soutien dans l'image projetée de sa compagne, la divine Ingrid. L'Isabella écoute attentitivement les pour et les contre mais finit par trancher en avouant toute l'émotion qui se dégage des films de son père, même si elle semble ne pas trop se faire d'illusion sur le fait que
ses films ne sont plus vus (un peu pessimiste ma chère Isabella, ça se voit que vous ne lisez point Shangols - notamment vu le coffret Criterion qui vient de sortir). Bref, on sent toute la tendresse de l'Isabella pour son papa, surtout pour son ventre énorme sur lequel elle finit par se lover. Un peu léger peut-être dans le fond mais touchant clin d'oeil malgré tout de la fille à ses augustes parents.
Odin's Shield Maiden (2007)
Une femme et d'autres pleureuses au bord de la mer lancent des espèces d'incantations avec les mains après la noyade du pauvre Mundi (il y a des petits cartons en intertitres, ça aide). On reconnaît le style du Maddin instantanément dans cette façon de cadrer, de ralentir, le mouvement de ces mains ou
d'accélérer subitement lorsque ces mêmes mains se portent au visage. Des femmes, jolies comme tout, rien à dire, expriment ainsi muettement leur chagrin sur un air de violon torturé face à cet océan "mouillé par la mort" - la traduction en français sonne toujours plus creuse, nan? Euh, poétique? Ah non, déjà utilisé 23 fois. Triste alors, pour po dire déchirant.
Spanky : to the pier and back (2008)
Tout est concentré dans le titre : les aventures de Spanky - il pourrait s'appeler Proutouïe sauf qu'il est encore plus laid, un "bulldog nain" comme marque, je dirais - qui trotte menu sur la plage. Aucune mise en scène ni décor en carton, c'est ultra-limpide, presque naturaliste avec des petits éléments de l'entourage immédiat du Spanky (une croix, un arbre, une baraque...) qui viennent sporadiquement s'insérer dans le fil de l'histoire et toujours montés comme un cheval dans la dernière ligne droite de Longchamp : à bride abattue. Au moins on a pas l'impression qu'une immense réflexion philosophique nous échappe - quand on a compris le titre chez Maddin, on est déjà plus cool.
Footsteps (2008)
Maddin nous fait pénétrer dans les studios qui ont réalisé les effets sonores de Brand upon the Brain. Si pour imiter des bruits de pas, marcher reste encore la meilleure solution (grande collection de chaussures tout de même), recréer le bruit du vent ou du tonnerre demande beaucoup plus d'imagination... C'est monté avec parfois quelques images du film et cela démontre toute l'importance de l'atmosphère sonore dans les films de Maddin. Bien aimé certains de ses techniciens du son qui n'hésitent pas à payer de leur personne - se mettre cul nu par exemple - pour coller au plus près de l'effet désiré. Un taff.
It's my Mother Birthday's today (2008)
Un petit sujet sur un castrat : il est question d'un petit serin dans une cage (le pépiement fluet, ok), d'enfants dans une cave (ah?) dont un qui a mal à la gorge, et de deux oeufs durs (qui pourraient faire penser aux... Mon Dieu!)... Avec ces différents éléments, à vous, chers lecteurs, d'imaginer la trame. Ah, le titre, c'est en rapport avec la bande son, pour le reste je demeure un peu sans voix - ce qui garde tout de même un lien étroit avec le sujet.
Archangel (1990) de Guy Maddin
Influence russe eisensteinienne et surréaliste buñuelienne, pour cet opus "de jeunesse" du Maddin d'une grande limpidité scénaristique (ouais pasque des fois c'est quand même pas toujours très clair, chez l'enfant). On retrouve les thèmes de l'amour fou, du souvenir et de l'amnésie, une atmosphère pleine d'évanouissements et de combats sanglants, un récit parcouru de dormeurs semi-éveillés avec "en toile de fond" la première guerre mondiale... Toujours les petits craquements de la bande-son qui alternent avec une musique à grands renforts de cuivre, de minuscules flocons de neige qui viennent parsemer l'image comme du gruyère sur un gratin, et ces longs passages muets qui contrastent avec des dialogues dédiés souvent à des serments amoureux.
1919, au nord de la Russie, la guerre est finie, mais pas dans ce petit Archangel que l'on a point pris la peine d'avertir. Le lieutenant Boles, en provenance du Dominion du Canada tente d'oublier sa douce Iris récemment décédée. Il est cantonné dans une famille assez pauvre où il fait la connaissance de deux soeurs : Danchuk qui est mariée à un homme plutôt empoté et assez lâche (il préfère son pyjama à sa tenue de soldat) et la belle Veronkha qui ressemble, de façon plus vraie que nature, à Iris; Vero est mariée à un homme amnésique qui croit que chaque soir est sa nuit de noces (faut dire, lors de la première, il avait fauté avec une servante et, surpris "la main dans le sac" par sa femme, on comprend qu'il ait besoin de tout oublier...). Notre gars Boles flashe littéralement sur la Vero, allant jusqu'à s'évanouir (on retrouve ses esprits chez Maddin en se faisant frotter le corps à coups de brosses de chevaux et on se fait beau en enduisant son corps de talc : on aime bien montrer les abdos du héros, quoi...). Voilà pour la trame principale où l'on retrouve toujours des petites notes originales ou poétiques qui font mouche : les dormeurs dans les tranchées réveillés par une invasion de gros lapins blancs, Boles qui part à la recherche de Vero avec une carte au trésor, les ombres chinoises des soldats ou Boles et Danchuk qui évitent les fantômes sur le champ de bataille, le gros mari de Danchuk qui est éventré (des intestins en forme de saucisse, curieusement) et qui, dans un dernier sursaut de courage, attaque les Boches en les étranglant avec ses propres intestins (blurp), les réconciliations entre un père et son fils après leur mort - belle image des deux fantômes qui se jettent dans les bras l'un de l'autre -, ou encore un Boles, à la poursuite d'une Vero qui lui échappe, assoiffé de désir, et dont le sang s'échappe à gros bouillons, buñueliennement, de sa bouche... On oscille toujours entre un ton assez tragique - des séquences avec de multiples cadavres et des histoires d'amour finalement souvent impossibles - et des petits clins d'oeil humoristiques qui nous font toujours échapper un "pfsttt!" de surprise - la mère qui donne en récompense à Boles (unijambiste), qui vient de sauver son fils victime d'une crise d'apoplexie, la jambe de son défunt mari. Les héroïnes de Maddin ont toujours ce teint diaphane et ce regard hagard et notre pauvre Boles de laisser filer entre ses doigts ces figures tragiques et angéliques d'une autre ère... Po de bol-es mais un bien joli film.
Tales from the Gimli Hospital (1988) de Guy Maddin
Fortement inspiré par l'esthétisme des films des années 20, Guy Maddin prend plaisir à jouer avec les ombres, distille une bande sonore pleine de petites craquelures et livre un premier long-métrage empreint d'une évidente atmosphère surréaliste. Contes dans le conte, le fil narratif est loin d'être toujours évident à suivre, mais on retrouve certains des thèmes fondateurs de son cinéma : il est déjà question de jalousie entre deux hommes qui se racontent des histoires à propos de la belle Snjófridur (la frontière entre la réalité et la fiction est aussi légère qu'une plume de canard) , de rêves et de somnambulisme, de figures angéliques ou encore de combats sanglants...
Au départ, deux enfants se retrouvent dans une chambre d'hôpital, veillant leur mère mourante, et leur est contée cette histoire qui se passe à Gimli -petite ville proche de Winnipeg- dans une colonie islandaise atteinte d'une épidémie. Deux hommes, atteints de ce mal, se retrouvent dans un curieux hôpital mené par trois infirmières fantasmagoriques. Einar, le plus jeune, vit dans une sorte de transe perpétuelle et sympathise avec son voisin de lit, Gunnar, qui ne tarde pas à lui raconter d'étranges histoires et notamment sa rencontre avec la sublime Snjófridur. Celle-ci atteinte également par l'épidémie est morte soudainement - dans une séquence qui pourrait s'appeler littéralement "le regard qui tue". Gunnar a glissé dans son tombeau païen "à ciel ouvert" une paire de ciseaux qu'elle lui avait offerte. Einar est justement entrée en possession de ces ciseaux et n'a apparemment pas fait que violer la sépulture... Après un combat titanesque entre les deux hommes, Einar finira par se "réveiller", guéri, et la vie reviendra apparemment à la normale comme si toute malédiction avait disparu... Je zappe volontairement une foule d'événements parallèles po toujours clairs comme de l'eau de roche.
Plusieurs récits, histoires merveilleuses, flashs-back viennent s'insérer dans ce récit à l'atmosphère proprement hantée. On retrouve toujours ici ou là une petite pointe d'humour décalé - le prêtre qui bénit Gunnar et Snjófridur de l'autre côté d'un lac pour ne pas chopper la maladie, une baston où les fonds de culotte craquent violemment... - et toujours ces images teintées de poésie - les séquences en ombre chinoise de l'infirmière qui se déshabille derrière un drap blanc, ce conte des trois petites filles qui disparurent dans la forêt, le petit théâtre de marionnettes qui fait son apparition lorsqu'un patient est opéré - un curieux tranquillisant -, ou encore cette séquence finale colorée de la belle Snjófridur entourée de danseuses aquatiques... Si parfois certains pans du récit "échappent" quelque peu, Maddin se pose d'ores et déjà comme un maître de l'irrationnel, qu'il faut goûter dans le même état extatique que ses principaux personnages...























