09 septembre 2008

La Mémoire dans la Peau (The Bourne Identity) de Doug Liman - 2002

bourne_carpayVous avez la nostalgie des bons vieux polars mornes de Peter Hyams ou de Alan Pakula ? Vos dimanche soirs souffrent de la disparition de ces films d'action pantouflards tout juste destinés à vous faire arriver plus vite au lundi ? The Bourne Identity est pour vous. On se demande bien pourquoi les jeunes réalisateurs mettent leur point d'honneur à faire la même chose que leurs prédécesseurs, mais c'est ainsi : Doug Liman doit être né 20 ans trop tard, et son cinéma était déjà usé à la fin des années 80.

Dès les 2 premières minutes (des marins qui récupèrent un corps, la caméra les suivant bien entendu à l'épaule, les dialogues restant bien entendu au ras de la marée, la musique abusant déjà bien entendu des notes graves), on sent qu'on va s'ennuyer. On a déjà vu ça 40000 fois, et c'est pas fini : le reste du film est de la même encre, entre scènes de bagarres dopée aux bruitages hystériques, amourettes sur fond de musique romantique et coups de théâtre sans éclat. Liman place systématiquement sa caméra là où on s'attend qu'elle soit, appelant ph4sûrement ça de la simplicité alors que c'est du manque de talent. Entièrement asservi à son scénario, il oublie tous les autres postes, montrant des personnages figés dans leurs archétypes (les méchants sont repérables en un quart de seconde, c'est facile, ils serrent la machoire et sont accompagnés d'une musique sombre), traitant la mise en scène comme une chose accessoire, oubliant son public dans les rebondissements de bande dessinée de son histoire. Car on passe à peu près les trois quarts du film à suivre comme des moutons ce brave Jason Bourne, aussi ignorants que lui de ce qui lui arrive, avec la génante impression qu'on nous mène par le bout du nez à travers le vide du scénario. Si encore le dénouement était captivant ; mais même pas : très décevant, minuscule, il finit de nous assommer si tant est qu'on était encore un peu vaillant. La réalisation donne l'impression d'assister à une bande-annonce de deux heures, laide, sans idée, sans personne derrière la caméra. Je préfère me taper un bon vieux Air Force One : au moins on sait d'entrée qu'on est dans le ringard.

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22 mars 2008

Jumper (2008) de Doug Liman

18888244_w434_h_q80Un truc que le monde partage bien avec la connerie c'est qu'elle n'a pas de limite - ouais l'accroche de l'affiche était tentante. Je commençais pourtant ce film d'un air assez serein, les scénarios des Bourne signés Liman ayant un certain abattage. Ca commence comme dans Dead Zone (bien) (ou comme dans le premier film du Décalogue de Kieslowski mais là moins sûr que ce soit la référence - dit-il pour faire le mariole), avec un type qui brise la glace, avant d'obtenir des super-powers - il défie Dieu quoi...; le premier "jump" le fait ratterrir dans une bibliothèque, on se dit que c'est de bonne augure (il aurait pu choisir de se télétransporter dans un épisode de Star Trek par exemple) et pis pffiut, le scénario se délite comme une pelure d'orange coupée trop fine. Et en avant les effets spéciaux, avec méga fissure dans l'espace!! Après une ou deux scènes pourtant assez drôles et bien senties (le type qui se télétransporte d'un bout à l'autre de son canapé pour chopper la télécommande, là je marche), on assiste à un méga zapping sans queue ni tête, complètement à vau-l'eau. Que le jeune type dévalise une banque et se serre une gonzesse à l'autre bout du monde, ok, (qu'est-ce que t'aurais fait, toi, hein, vieille canaille ?) qu'ensuite il enquille en faisant du surf sur de la méga vaguasse, là il y a un côté fun-fun qui vire au con-con. Dès lors qu'apparaît Samuel L. Jackson en vengeur (de la morale !) qui veut éliminer tous les Jumper, j'ai tout de suite pensé à un Highlander (non point temporellement immortel mais spatialement!) et je m'attendais presque à écouter du Mika à la place de Queen.  Côté direction d'acteurs c'est un peu la panade, car si Rachel Bilson est diablement mimi, elle joue (ouais j'ose) comme une bille. Bizarrement (ah, ah, la fin ouverte à deux cents) un Jumper II est annoncé pour 2011 : là, je serai définitivement trop vieux pour ce genre de mauvais trip.

2008_jumper_007 

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