Teeth (2007) de Mitchell Lichtenstein
Rien de tel, après plusieurs gros morceaux cinématographiques, que de se taper un petit film (vous voyez le Liechtenstein ?) du samedi soir. Ouverture du film sur une petite bourgade américaine avec deux grosses cheminées de centrales nucléaires en arrière-plan : on se dit forcément que le danger guette... On nous présente l'héroïne, Dawn (tout se passe sous la ceinture, le prénom est bien pensé), jeune fille blonde qui prône à une bande d'ados l'abstinence avant le mariage; bienvenue dans l'Amérique profonde puritaine, et après une demi-heure de film on ne sait trop si le film joue des clichés ou s'il ne s'en rend pas vraiment compte... A mi-parcours (j'allais m'endormir), sans vouloir révéler "l'émail" du film que tout finaud spectateur peut deviner dès la première séquence, enfin un peu d'action et petites dérives en dehors des sentiers battus dans un film qui commençait à ressembler de plus en plus à une série C plus qu'à une série B (les acteurs jouent terriblement mal, avec une fois de plus la palme au frère John Hensley, le fils à "papas" de Nip/Tuck qui devrait se cantonner aux parodies de Michael Jackson, après opération); un peu de gore donc, enfin !, quelques jeux de mots mordants même, et on se demande si on est pas en train de dériver sainement vers une vraie réflexion sur l'adolescence (tu vois, un peu comme Spider Man, genre découverte de son corps en mutation, hein ?)... Malheureusement cela tourne rapidement à la pochade, à la répétition bébête du même truc (une fois, ok, 4 fois, merci) et le petit côté saignant du film a tôt fait de coaguler. On sentait que le film pouvait s'élever, mais à peine une petite érection (oui c'est une métaphore filée, rien de vulgaire, po mon genre) que tout effet est coupé, chaque (petite) bonne idée et gag éventuel étant rapidement circoncis dans une mise en scène et une direction d'acteurs qui finissent souvent par frôler plus le ridicule que le shocking... Plouf. Un film qui finit même par bander bien mou, à l'image de l'ultime séquence au ras des chaussettes (oui, toujours la même caution stylistique). (Shang - 10/05/08)
Moui, pas faux, on n'est pas résolument dans le chef-d'oeuvre. Bon, quand même, quand même, notons un certain courage dans le fait de prendre à bras-le-corps, et très concrètement, un sujet purement théorique (le féminisme, la libération de la femme, le combat contre le machisme). Les gaillards que nous sommes en prennent quand même bien pour leur grade, et moralement (un défilé d'idiots congénitaux préoccupés uniquement par leur teub) et physiquement (les scènes d'emasculation sont tout de même très réalistes et font mal comme la roulette du dentiste). Lichtenstein est nettement moins frileux que la plupart de ses congénères, et use notamment d'un humour presque "arakien" (de Greg Araki) qui plonge souvent allègrement dans un mauvais goût assez sain : le chien qui dévore le gland de son maître, c'est peut-être pas très fin, mais ça fait son effet. Avec ce discours frontal, le film remporte quand même quelques points, d'autant qu'il fait alterner les énormes effets avec des symboliques plus subtiles, notamment dans les séquences idylliques où de jeunes gens "purs" se frottent les uns contre les autres aux abords d'une caverne bien trouble. Ces images paradisiaques, filmées
comme telles par une caméra multicolore et trop naïve, amènent une petite touche de souffre dans cette histoire, en faisant briller un paradis perdu bien trop clinquant pour être honnête. Le portrait de l'adolescence y gagne, dans cette imagerie de papier glacé, dans cette puérilité de la première partie. Après, on tombe dans un petit film de genre assez convenu finalement (genre teen-movie sexué), et Lichtenstein perd de son style : on est d'accord, les acteurs sont moyens, la mise en scène platounette, et l'ensemble assez terne. Le réalisateur a pondu une sorte de Baise-Moi sans interdiction aux moins de 18 ans, avec ce même discours revanchard et la même révolte contre la spoliation des femmes. Bel effort, quand même, admettons-le. (Gols - 02/01/09)
