20 août 2010

City of Fear (1959) d'Irving Lerner

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Un an après Murder by Contract, Irving Lerner retrouve son personnage principal, Vince Edwards, pour un nouveau film noir au suspense haletant. Un scénar qui n'aurait pas déplu à l'ami Jack Bauer puisqu'il s'agit de traquer en plein L.A. un prisonnier en fuite qui a en sa possession un truc super radioactif (du cobalt-60, vous voulez que je vous fasse un dessin ou vous me faites confiance...(!)); le blème c'est que ce couillon pense que c'est de la coke et qu'il trimballe le bazar n'importe où - en plus, le cobalt, il est dans un shaker genre Tupperware c'est super pas safe : qu'il s'irradie, c'est son affaire, mais qu'il contamine toute la ville, c'est pas correct. Dans un premier temps, on n'ose pas prévenir la populace pour ne pas créer la panique - on nous dit jamais rien putain, c'est pénible - et les bagnoles de police sillonnent la ville "en loucedé" (un type qui conduit avec un micro qu'il tient par la fenêtre, c'est louche quand même) avec un super compteur Geiger qui fait crin crin quand l'air est daubé...

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Notre héros a beau se la péter en passant les barrages de police avec une facilité déconcertante ou en se tapant le luxe de passer toute une nuit avec sa poule (sexy Patricia Blair) le soir même de son échappée belle, il ne tarde point à nous poster_poster_city_of_fearapparaître un poil pathétique. Non seulement, pour vendre sa soi-disant coke, il contacte un vendeur de chaussures chez qui il a bossé avant (le gros vendeur d'Eram est un trafiquant de coke ? tu me fais chémar !), mais secondo il passe son temps à serrer contre lui son "trésor" sans savoir qu'il tient un mini Tchernobyl dans les mains, le cave. Notre gazier ne va d'ailleurs pas tarder à choper une sale grippe à cause de son Tupperware po étanche et, la panique aidant, va en plus multiplier les erreurs : il va ainsi ne pas hésiter une seconde à flinguer son seul pote et à laisser son cadavre en plein milieu de la ville. L'épisode que je préfère néanmoins, c'est quand il paume carrément son Tupperware : le truc roule simplement de sa bagnole alors qu'il est à l'arrêt... (il remettra la main dessus cinq minutes après (gros coup de bol), la séquence n'ayant finalement servi qu'à faire monter la tension d'un cran en nous faisant croire que le bazar pouvait finir entre les mains de n'importe qui). Les flics se débrouillent comme des manches pour retrouver sa piste (Vince a trois contacts en ville : les flics savent parfaitement de qui il s'agit, Vince les voit tous les trois et ces cons de flics ne sont pas foutus de faire une planque...) ce qui n'arrange en fait pas vraiment les affaires de notre fuyard : il commence à être tellement radioactif qu'il intéresse même l'Iran - je m'égare, pardon.

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Bon même si le récit se révèle un tantinet moins palpitant que ce qu'on était en droit d'attendre avec un tel pitch, la chasse à l'homme finale est relativement bien menée, et notre héros de la semaine de finir dans de beaux draps... Panique sur la ville ? ben, pas vraiment, vu que cette dernière n'est tenue au courant du danger qu'elle court que quelques minutes avant la résolution finale ; le film joue néanmoins sur le fait que les gens continuent à vaquer à leurs petites occupations quotidiennes alors qu'un malade pourrait décimer à lui seul tout le quartier (ceci dit, cela n'a po l'air non plus super dangereux ce cobalt en poudre : alors qu'une voiture est ultra contaminée par cette source radioactive, aucun responsable de la police ne fout de comb i; il suffit juste de ne pas toucher directement le métal de la voiture (avec une moufle, c'est bon) pour s'en sortir indemne...). Mortelle Randonnée pour le pauvre Vince Edwards qui pense se jouer de tout le monde alors qu'en restant dans son petit coin, il meurt à petit feu. Qui fait le malin,... Un noir assez goûtu, bien serré (75 petites minutes au compteur, faut dire).       

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22 novembre 2009

Murder by Contract (1958) d'Irving Lerner

Petit polar en dehors des sentiers battus, tourné en sept jours, avec un héros à la coule - à l'image de cette petite musique légère comme une moussaka grecque. Irving Lerner n'a pas l'air de bénéficier d'énormes moyens et contourne aisément les séquences à "effets spéciaux" : c'est à peine en effet si on aura droit à un flingue qui fume, l'essentiel se passant généralement dans le hors-champ. Le personnage principal, Claude, interprété par un Vince Edwards sans affect, a toutes les allures d'un dilettante aussi froid qu'un carrelage en hiver même s'il sait se montrer efficace à l'occase - Claude n'est point un adepte du gun et effectue ses trois premiers crimes tout à l'arme blanche : on le voit affuter une lame de rasoir (cut), pointer un couteau à cran d'arrêt (cut), couper la respiration à un type sur son lit d'hôpital (pas cut : po vraiment d'effusion de sang non plus, dans le genre, juste un roulement d'yeux guère spectaculaire). On comprend qu'il a gagné ses premiers galons de tueur, et le voilà affecté à une mission plus pointue à Los Angeles.

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Il doit descendre une gonzesse qui doit témoigner à un procès deux semaines plus tard. Deux gaziers kafkaïens l'encadrent, deux bras cassés à son service : un type sérieux comme un pape mais faisant preuve d'un certain humour à froid, et un petit roquet qui ne cesse de la ramener (il appelle notre tueur Superman, le con) mais qui semble aussi costaud que les pattes d'un oiseau. Claude est zen est passe ses premières journées à profiter du coin : pêche sous marine (hors-champ), visite au zoo (hors-champ), golf (pas hors-champ, une balle, un tee, ça coûte pas cher quand même). Les deux autres types sont sur les nerfs pendant que notre Claude profite du climat... Bon, un jour quand même, il décide de passer à l'action et on sent que le gars a un cerveau po construit comme le nôtre : sachant que sa victime se lève tous les matins pour regarder la télé, il fout le poste sous haute tension ! Il avait juste po pensé à la télécommande. Il va jouer de malchance sur ce coup, mais va continuer de monter des plans un peu alambiqués pour arriver à ses fins...

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Irving Lerner, s'il accélère dans les cinq dernières minutes pour le fun, nous livre un polar noir vraiment pas speed, construit sur un faux rythme, mais qui finit ainsi par avoir un certain charme. Claude est le genre de gars plutôt paisible en apparence - il est devenu tueur pour se payer un ptite baraque - qui conchie les armes à feu (la visite dans le magasin d'armes est impressionnante... pauvres ricains...) et ne s'en sert qu'en dernier recours. Il a également une petite dent contre les femmes qu'il refuse de tuer, non point parce qu'il est gentleman, mais parce qu'elles sont "imprévisibles" - ça, bon dieu, ça l'énerve et son petit topo à ce sujet reflète le misogyne latent (voire plus que latent, oserais-je)... On pense qu'on aura droit à notre petit soupçon d'érotisme quand il appelle un call-girl, mais là encore, il ne se passera rien. No sex, no gun (enfin presque), no blood (ouais, le dernier plan), une sorte de polar existentialiste épuré qui repose et se regarde tranquillement avec un petit sourire aux lèvres. Ce coffret Columbia de films noirs s'achève et nous laisse bien aise.         

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