Monsieur Hire (1989) de Patrice Leconte
Simenon n'a en effet pas toujours eu la chance d'être adapté au cinoche par Béla Tarr, son bouquin Les Fiançailles de Monsieur Hire ayant été adapté (roulement de tambour) par Julien Duvivier (oups... Panique, tout est dans le titre...) puis donc par Patrice Leconte. Si dans les années 80, le bon Patrice pouvait encore faire illusion auprès de ses pairs avec ces images pubesques pseudo léchées, vingt ans plus tard, on se marre... Monsieur Hire devrait être dédicacé au musée Grévin tant notre ami réalisateur semble s'être fait un malin plaisir à demander à ses acteurs d'être le plus figé possible. André Wilms, à ce petit jeu, est le pire, son inspecteur qui ne cesse de nous gratifier de mimiques nerveuses étant absolument ridicule. Michel Blanc est dans la sobriété la plus pure et dure, dommage qu'on lui ait autant poudré le visage pour le rendre tout livide - on avait compris que c'était un être à sang-froid avec un petit cœur qui bat tout au fond là-bas : pas besoin de s'amuser à lui envoyer dans la tronche des lumières glaçantes. Seule Sandrine Bonnaire garde un semblant de naturel dans ce film aussi ébouriffant que le crâne de Blanc ; Dieu soit loué, il ne dépasse pas les 75 minutes et si en plus il vous prend l'envie de dormir pendant un petit quart d'heure (la musique de Michael Nyman m'a littéralement assommé, po pu lutter), cela passe aussi vite que les saloperies de l'apéro - des vieilles quand même, celles que grand-mère sort quand elle a po fait les courses depuis longtemps. Que dire de plus, sinon que ce film est lénifiant de bout en bout et qu'on devrait le conseiller dans les universités de médecine pour les futurs anesthésistes et pour toutes personnes désireuses d'étudier les effets du formol... Non, franchement, j'ai beau essayer de voir ce que je pourrais garder - Michel Blanc et ses petites souris innocentes "comme lui", Michel Blanc cherchant à reconstituer un parfum ultra fin "comme lui", Michel Blanc doigtant Bonnaire lors d'un combat de boxe pour montrer le décalage entre son incroyable subtilité (...) et la violence de ce monde (même le Lelouch de la grande époque aurait po osé, moi je dis...) -, à chaque fois qu'une image me revient en tête, j'ai un sale petit sourire en coin de pure mesquinerie. Comme dirait une bonne vieille pub anglaise : "not to be hired" - mouais, j'ai po vraiment fait un grand effort mais ça vaut pas plus que ça...
Le Parfum d'Yvonne (1994) de Patrice Leconte
Avec cette adaptation de Villa Triste du gars Modiano, Patrice Leconte parvient avec un rare bonheur à transcrire parfaitement, du livre, les espaces blancs entre chaque paragraphe. D'un vide intersidéral et d'un manièrisme forcené, ce film est aussi lisse que les jolies fesses de Sandra Majani qui joue les potiches de porcelaine avec un naturel confondant. Son jeu est tellement éthéré qu'elle a disparu tout bonnement après ce film, ce qui est tout de même une bonne nouvelle. Pauvre Hippolyte Girardot et surtout pauvre Jean-Pierre Marielle dont les petites pitreries parviennent à peine à combler la vacuité de l'ensemble. Tout ce qui me restait du film était le souvenir d'une séance torride avec le gars Sylvain et la gâte Sandrine dans un cinéma clermontois, et, par pur clin d'oeil modianesque, il faut reconnaître que les souvenirs sont toujours meilleurs que la réalité. Bon après cette parenthèse de non-cinéma, je vous promets dans les jours qui viennent - les vacances enfin ! - de revenir avec du lourd.
Les Bronzés 3 (2006) de Patrice Leconte
Beaucoup de gens n'ont pas vu ce film en disant que c'était consternant. Je tiens à rétablir la vérité, je l'ai vu et c'est affligeant. Une pauvre hystérie collective qui tourne à vide. La bonne réplique du film "on s'est aimés avant de s'aimer, comme dans un Lelouch" qui a toute ma mansuétude. Autre bonne nouvelle: Leconte s'est acheté une grue, il pourra enfin vraiment faire du Lelouch. Ca va que les dvds ici sont à 0,7 euro... Reste à voir Angel-a (putain j'y arriverai po) et j'aurai mon ticket pour aller au paradis.


