23 septembre 2008

Crin blanc : Le cheval sauvage (1953) d'Albert Lamorisse

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Peut-être ai-je perdu mon âme d'enfant (ou de cheval) mais c'est vrai que Crin-blanc ne m'a point fait autant hennir de plaisir que Le Ballon rouge. La Camargue, sa nature aride, ce cheval fougueux, ces méchants adultes, ce pur enfant (qui fait cuire un lapin quand même),... l'intrigue est un peu trop lisse, les ficelles un peu trop grosses... Certes, Lamorisse n'est pas en reste pour nous livrer une superbe image en "blanc et blanc-gris", réalise certains plans de toute beauté relativement impressionnants - le gamin qui s'accroche comme un dingue à la corde du cheval et mange le marais puis la plage sur 15 kilomètres, les travellings à deux cent cinquante à l'heure pour suivre la course des chevaux... Lamorisse n'est pas un manchot techniquement parlant mais la trame, elle, est finalement tellement attendue et banale (ah ben c'est pour les petits nenfants quand même, oui mais...) qu'on finit par guère s'attacher à ce côté manichéen : les adultes qui veulent posséder, vaincre, gagner et ce gamin qui a droit à toute l'innocence et la pureté du monde. Seule la fin, à l'instar du Ballon rouge, est une belle échappée sur l'imaginaire, l'enfant et le cheval s'en allant rejoindre un autre horizon, un autre monde sûrement plus pacifique. Le cheval, dompté, n'est plus l'ami de l'homme, seul le cheval, sauvage, est encore celui de l'enfant. Bon, j'ai dû prendre un gros de vieux, ou c'est le lait en poudre qui passe plus.

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16 juin 2008

Le Ballon rouge (1956) d'Albert Lamorisse

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Un enfant, un ballon rouge, les rues de Belleville ou comment réaliser un petit joyau de poésie simplissime couronné par la Palme d'Or. Simplissime, en tout cas juste en apparence, car aussi bien au niveau des effets spéciaux que du fond, le film résiste diablement bien quelque cinquante ans plus tard. L'idée principale réside ballon_rouge_rectodans l'idée de faire de ce ballon rouge un compagnon qui obéit au doigt et à l'oeil du bambin - même s'il a parfois ses petites sautes d'humeur. Les adultes sont quasiment absents du film et le garçon semble vivre chez sa grand-mère en l'absence de ses parents... Il s'invente en quelque sorte ce compagnon imaginaire qu'il abrite sous les parapluies des passants comme s'il était à la recherche constante d'un abri aussi bien physique que mental. Malheureusement, il subit aussi la loi de ces adultes (interdiction d'emmener son ballon chez lui, dans le bus ou à l'école) comme une réalité qui ne cesse de s'interposer entre lui et ses rêves. Et puis, il y a une petite bande de gamins, qui ne tardent pas à se multiplier, qui n'auront de cesse de le pourchasser, notre bonhomme expérimentant ainsi la dure réalité sociale... Le grand bonheur de ce petit film, c'est qu'on peut projeter dans ce ballon rouge une multitude infinie de sens et de métaphores. On pourrait citer ce merveilleux passage où le ballon rouge croise le chemin d'un ballon bleu tenu par une petite fille - un instant d'une "légèreté" extraordinaire - ou la fin du film qui convoque aussi bien la mort, que la puissance de l'imaginaire ou l'esprit de solidarité ou... Cette envolée finale de ballons multicolores vaut tous les vols de colombes du monde, tant il se dégage une émotion incroyable de cette séquence, comme un rêve, un espoir qui viendraient supplanter la réalité. Le film prend une résonance singulière dans la mesure où ces quartiers ou ces petites boutiques ont été effacés du paysage parisien et cette puissance de l'imagination se conjugue aujourd'hui avec celle de ce "monde perdu". Comme quoi il peut y avoir de la poésie dans un ballon...      

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