17 mars 2007

La Planète Sauvage (1973) de René Laloux

laloux_4Un dessin-animé d'une imagination démesurée du duo Topor/Laloux. Hommes domestiques ou hommes sauvages, les êtres humains font moins les malins sur une planète tenue par les Draags qui ont le contrôle de l'éducation et de la technologie (et qui font bien 45 mètres de plus que nous - même s'ils sont bleus avec des oreilles ridicules, pas de quoi pavoiser). Mais petit homme po bête et celui-ci aura sa revanche.

Sur une musique un peu "ouhalalaba-da" (ça met l'ambiance certes), on se retrouve projeté dans un monde où tout semble avoir été créé par des maîtres d'oeuvre de génie: passons l'histoire à la limite, qui respire une sagesse d'humilité, et restons hallucinés par tous ces multiples monstres et machines qui sortent d'une imagination infinie - ah c'est autre chose que les 7 nains qui coupent du bois. Chaque laloux_1paysage renferme dans chacune de ses plantes et de ses bestioles une idée hallucinée et Laloux parvient constamment à nous faire replonger dans notre âme d'enfant qui sommeille en nous, constamment émerveillés devant chacune des créations que nous découvrons. Je veux po m'emballer outre-mesure, mais faut reconnaître que les dessins fourmillent de trouvailles plus folles les unes que les autlaloux_3res: les plantes palourdes, la machine à pastilles, les monstres sortes de tapirs volants qui ressemblent au final à rien, ces enfoirés de "voleurs du buisson creux", ces hommes-lucioles qui partent batifoler après avoir pris un cookie-hostie, ces étranges moments de méditations et d'accouplement - des bulles volantes prenant place sur des corps d'humains...  et j'en passe des centaines. Bref, si l'esthétisme peut sembler un poil vieilli (ah ben ouais en 30 ans l'animation a tout de même évolué...), l'imaginaire qu'il renferme est lui infini. Parfaitement, ouais.


Les Escargots (1965)

laloux_6Ca part bien avec ce pov gars qui essaie désespérément de faire pousser ses salades en les attachant à grands coups de système D: planter des clous dans les feuilles et suspendre un aimant au-dessus, c'est pas bête, mais ça marche qu'un temps... En pleurant de rage devant ses échecs, ses larmes provoquent une érection magique des salades et il s'évertue par la suite, à l'aide d'oignon, puis en tenant un livre et un crâne, à faire venir ces fameuses larmes, jusqu'à cette machine de la mort qui lui donne coup de pied aux fesses et coup de marteau sur la tête. C'est assez poilant et ça marche. Bon après des escargots de ouf vont tout bouffer, et on aura bis repetita avec plantation de carottes et lapins géants. Pour agriculteurs débutants.


Comment Wang-Fo fut sauvé (1987)

Une nouvelle de Marguerite Yourcenar qui puise sa source dans une vielaloux_5ille légende chinoise et on obtient un pitit chef-d'oeuvre sur le thème de la transcendance et de la trahison de la réalité de l'Art: un seigneur condamne Wang Fo (brûler les yeux et couper les mains, c'est pas rien) pour avoir cru que ses représentations artistiques étaient à l'image de la réalité - il a rien compris à l'art celui-là. Wang-Fo lui démontrera que l'Art est avant tout un échappatoire spirituel en s'échappant physiquement dans l'une de ses créations. Concentré subtil sur le sens de la représentation, du grand art. Po sur que Mao ait cautionné - ou compris...

Posté par Shangols à 11:57 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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