Rize (2005) de David LaChapelle
Dans un cycle "apprendre à bouger ses fesses", je crois que vous pouvez pas trouver mieux. Rize est une excellente oeuvre , et pas seulement parce qu'elle insiste sur le fait qu'il vaut mieux être clown et danseur que drug dealer. Il y a au centre de cette danse une volonté toute bête de s'exprimer, de décharger son surplus d'énergie et de colère (moi, je préfère courir mais bon c'est relatif, c'est peut-être aussi rapport à mes fesses) et surtout d'improviser par le corps tout ce qui peut passer par la tête et après ça, on a besoin de citer Kierkegaard.
Il y a bien sûr aussi l'intention de se d
émarquer du "hip-hop" qui est devenu un pur produit commercial (nous, on a réussi à fourguer notre rappeur Doc Gyneco à Sarko pour po cher - on peut pas trop donner de leçons) et de garder un aspect fun (bon même si le concours pour le meilleur groupe entre les "Clowns" et les "Krumpers" est à la limite de l'exploitation du spectacle, d'autant que l'un des gagnants se voit saccager sa maison dans la nuit, par pure jalousie...), non misogyne et non-violent - on se balance bien de temps en temps comme pendant un bon pogo mais c'est juste pour le sport. Il y a vraiment de grands moments ainsi lorsque ce danseur semble exprimer toute sa haine face à l'océan vide, dans le parallèle entre les danses tribales africaines et ce mouvement qui a vu le
jour à Los Angeles ou dans les interviews pleines de cool attitude du clown Tommy, précurseur et développeur de ce véritable moyen d'expression. On échappe pas malheureusement au passage sur la religion ou pire sur le meurtre d'une petite fille qui était "au mauvais endroit au mauvais moment" - ouais ça continue de flinguer sec dans le quartier. Mais pour ne pas rester sur une note triste il suffit de se rappeler ces gamins et ces gamines qui se trémoussent dans tous les sens et de ces paroles de sagesse: "le ciel est la limite, et il n'y a pas de limite". Excellent doc ami David, si je peux me permettre.
