21 décembre 2008

Maradona par Kusturica (Maradona by Kusturica) (2008) d'Emir Kusturica

maradona_kusturica_7Voilà un "film" pour lequel je sais que l'ami Gols vendrait sa chemise, prêt à échanger un baril de Demy contre une galette à la gloire du footballeur argentin... L'ami Gols exècre le foot et à la suite de ce "docu" (euh ce "montage", cette pochade?) on ne peut que l'envier. Et pas seulement parce que l'on y voit notre Diego, en supporter, traiter l'arbitre de "fils de pute" ou de "pédé" (oui, c'est consternant mais malheureusement un peu au niveau du reste...); il y a des envolées contre l'Angleterre et les Etats-Unis ou les "mafieux" des instances du football qui feraient passer un film de Michael Moore pour du journalisme d'investigation; une animation en dessins-animés à la suite des plus beaux buts du gars des plus pitoyables; des passages d'une longueur infinie sur un clampin qui présente "l'église maradonienne", rien que ça mes braves (sourire de jouissance de Gols pour avoir échappé à tous ces grands moments); ou encore des tentatives souvent obscures de Kusturica de raccrocher des extraits de ses propres films - souvent les tout premiers - à la vie du Diego qui sont ô combien pathétiques... Bref, je passe sur les interviews où notre héros argentin avoue que sans la cocaïne, il aurait sûrement plus profité de sa vie de famille et eu une carrière encore plus grandiose (putain, moi si j'avais jamais bu, jamais fumé et si j'avais été sportif, je suis sûr que j'aurais pu remporter un tournoi d'échecs... Ok, même po sûr). Sous prétexte que le Diego est un as (ah oui pardon un Dieu) du football, Kusturica boit chacun de ses mots comme des paroles d'évangile et le regarde vraiment comme un gamin à chacune de ses rencontres. On finit par se demander s'il n'est pas plus shooté que son sujet. Alors pour être sympathoche, je veux bien concevoir deux petits moments honnêtes dans tout le truc, une petite chansonnette, en forme de bio, du Diego entourée de ses deux filles sur scène - il chante comme une casserole mais l'ensemble a du punch et un soupçon d'émotion -, tout comme, sur la toute fin, la petite ritournelle sur Maradona entonnée, dans la rue, par Manu Chao, devant un Diego pantois. Bon ben cela fait 10 ans maintenant que Kusturica n'a pas fait un bon film... Serait grand temps de reprendre l'entraînement, on frôle le claquage...   

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11 février 2008

Promets-moi (Zavet) d'Emir Kusturica - 2008

reservoir_Dogs10Il y a environ 83456 idées dans Promets-moi, et elles sont toutes mauvaises. Kusturica ressemble à ces chanteurs de rock de 16 ans qui pensent que plus on tape fort sur la batterie, plus ça fait du rock'n roll. Il sature donc son film de bruit, voire de vacarme, et de motifs visuels, en se disant que ça suffira bien pour faire un Kusturica movie. Après tout, le truc a déjà fait ses preuves par le passé, y a pas de raison de pas resservir les mêmes fonds de casserole, même un poil cramés. Manque de bol : cet irrespect de son public finit par se voir, et on assiste à un naufrage stylistique de la plus belle veine.

C'est peu de dire que les motifs habituels du sieur tournent ici à vide : une musique tonitruante parfaitement insupportable, là où elle était festive ou émouvante par le passé ; des personnages qui ne sont plus que grotesques, là où leurs déviances conduisaient à une véritable humanité ; le scénario est digne d'un Walt Disney, alors que le gars visait visiblement l'épopée, ou au 18844619_w434_h_q80pire le récit d'initiation ; et les régressions de Kusturica finissent par inquiéter un peu : au premier enculage de poule, on sourit ; au dixième, on pleure. Curieux cette fascination pour le pipi-caca le plus puéril. Curieuse aussi cette volonté effrénée de faire un cartoon alors qu'on est en droit d'attendre un peu plus d'épaisseur du réalisateur d'Underground. D'ailleurs, le gars n'est pas Tex Avery, et son film n'est strictement jamais drôle : gags lourdosses faisant de la surenchère son cahier des charges, personnages qu'il voudrait burlesques et qui ne sont reservoir_Dogs5plus que des ombres de freaks très antipathiques, rythmes de comédie épileptiques et illisibles. On se perd totalement dans cette histoire sans intérêt de petit gars qui se déniaise à la ville, étouffés qu'on est sous les grimaces des personnages, les tirs de lance-roquettes de carnaval ou les chutes à répétition. C'est soûlant, épuisant, pénible. A part le plan fugace sur un taureau qui s'endort comme une masse, qui m'a fait piquer un fou-rire pendant une bonne heure, rien à signaler dans cette bouillie bruyante et colorée. Trop "faiseur" pour être un film pour enfants, trop puéril pour être un film pour adultes, Promets-moi s'enfonce profondément dans le grand n'importe quoi, un fourre-tout paresseux et laid qui semble bien signer, après l'immonde La Vie est un miracle, la fin de Kusturica. Emir est mort (j'avais aussi : Emir m'a tuer).

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