07 juin 2012
La Forteresse cachée (Kakushi toride no san akunin) d'Akira Kurosawa - 1958
Kuro se fait ouvertement léger et picaresque dans cette oeuvre peut-être un poil mineure, mais qui se revendique tellement comme telle qu'on ne peut que la chérir. C'est un film d'aventures, tout simplement, avec son lot de surprises, de glamour, de combats et de grands sentiments. Bien sûr, comme c'est du Kuro, c'est aussi un peu plus que ça, et le sujet, que n'importe qui d'autre aurait traité ras la moquette, devient sous sa caméra une trame très riche, qui brasse toutes les émotions du monde en 2h20.
La grande idée, c'est... [Lire la suite]01 décembre 2010
Les Bas-Fonds (Donzoko) d'Akira Kurosawa - 1957
Un ratage dans l'oeuvre de AK, c'est assez rare pour le mentionner. Les Bas-Fonds ne satisfait ni l'oeil ni l'esprit, et quand on repense à ce que Renoir avait fait avec la même pièce, on soupire devant l'échec avéré de l'entreprise kurosawanienne. Akira se heurte de plein fouet avec la théâtralité : choisissant de jouer sur les deux tableaux, réaliste et artificiel tout à la fois, il ne choisit rien. Autrement dit : il est prisonnier dans la convention théâtrale, une seul lieu, une progression dramatique très écrite et toute de... [Lire la suite]07 avril 2010
Dersou Uzala (Дерсу Узала) d'Akira Kurosawa - 1975
Voilà un des films les plus simples et les plus touchants du grand AK. En pleine dépression (du moins, c'est ce dont je me souviens de son autobiographie), le maître nous sert une ode à la nature, l'amitié, la solitude, qui bouleverse complètement, tant par son sens délicat de la narration que par sa mise en scène, qui décline sans en avoir l'air une symphonie cosmogonique effarante. Dersou Uzala est une épure, un poème privé de toute pose, un film qui parvient à trouver quelque chose d'éternel : le tout sans effet d'annonce, par une... [Lire la suite]27 octobre 2009
Barberousse (Akahige) d'Akira Kurosawa - 1965
Barberousse est une merveille complète, assurément un des plus grands films d'AK, dans lequel il fait montre de son profond humanisme en même temps que d'une amertume violente. Assez éloigné de ses sujets habituels, c'est pourtant une sorte de somme de toutes ses inspirations : malgré le côté psychologique de la chose, on a droit à une des plus grandes mises en scène du maître, chaque séquence forçant systématiquement l'admiration. Impossible en effet de le prendre en défaut à une quelconque minute de ce film de plus de trois... [Lire la suite]13 octobre 2009
Dodes'ka-den (Dô desu ka den) (1970) d'Akira Kurosawa
Eh oui, il y a des films comme ça que l'on cherche à voir depuis des années (17 ans, ne cherchez pas pourquoi) et sur lesquels on finit par tomber au détour d'un bac shanghaien. Misère et grandeur dans un bidonville haut en couleur, aussi bien de par ses personnages que par la multiplicité des thèmes qu'il brasse : l'amour, la mort, la misère, l'adultère, la paternité..., l'amour encore et toujours, celui qui s'assèche, celui qui a du mal à être avoué, celui qui évolue...
Une ribambelle de personnages que nous côtoyons dans ce... [Lire la suite]08 mai 2009
Le Plus Beau (Ichiban utsukushiku) (1944) d'Akira Kurosawa
Bon vieux film de propagande nippon qui franchement ne vaut pas tripette. Kurosawa suit la courbe de productivité de toute une troupe de femmes, loin de leur foyer parental, qui bosse dans une usine apparemment d'armes de précision, une courbe qui est forcément fonction de leur morale. Ca défile, ça prie, ça rigole en même temps, ça chougne dès que l'une est malade pour ne point avoir à rentrer chez elle et défavoriser le groupe et c'est franchement ennuyeux à mourir. Il y a deux figures charismatiques, le prof et Tao, la tronche... [Lire la suite]18 avril 2009
Le Duel Silencieux (Shizukanaru ketto) d'Akira Kurosawa - 1949
C'est un joli film que ce Duel Silencieux, aucun doute, mais disons qu'au niveau purement formel, il manque un peu de consistance. Il fait partie de ces Kurosawa nombreux à cette époque, ceux où le dilemme moral est aux avant-postes, quitte à sacrifier un peu la patte stylistique du bon maître nippon.
Un peu comme dans L'Ange ivre, Les Salauds dorment en paix, Vivre ou Scandale, Kuro s'intéresse au combat intérieur et éthique d'un homme. Mifune est un chirurgien qui, suite à une mauvaise manip, choppe la syphilis. Cette maladie qui... [Lire la suite]04 janvier 2009
Rhapsodie en Août (Hachi-gatsu no kyōshikyoku) d'Akira Kurosawa - 1991
S'il y a un monde que le vieil AK ne comprend pas, c'est bien celui des enfants. Dans cette avant-dernière oeuvre, il décide pourtant de s'y intéresser, et le résultat est assez terrible. Quatre bambins passent leur vacances chez leur grand-mère, à côté de Nagasaki. Ils vont partir sur les traces du mari de celle-ci, mort dans l'explosion atomique de 1945, et du coup signer une acte de paix moral avec les Américains. Kurosawa sort les gros gros sabots pour nous montrer la candeur de ces enfants face aux horreurs du passé. Ses... [Lire la suite]03 septembre 2008
Les Sept Samouraïs (Shichinin no Samourai) d'Akira Kurosawa - 1953
Les Sept Samouraïs, c'est un Ran réussi. Si AK s'y occupe beaucoup de scènes d'action, si le film est d'un lyrisme puissant, si les séquences de bataille valent leur pesant de bravoure, jamais il ne se laisse aller à la simple contemplation de tactiques militaires énormes : il reste au plus près des hommes, atteignant même une surprenante intimité là où Ran restait assez froid.
Du grand spectacle, il y en a pourtant là-dedans. Mais il est toujours compensé par de longs moments de calme qui laissent aux personnages tout loisir de... [Lire la suite]01 juin 2008
Ran d'Akira Kurosawa - 1985
Assez déçu par la (re)vision de ce film qui m'était pourtant resté comme un grand souvenir. Certes, c'est grandiose, ça ne lésine pas sur l'esthétique, c'est millimétré et parfaitement maîtrisé au milieu d'un chaos total, mais c'est aussi un peu chiant et carrément pompier. On a beau chercher, nulle trace ici des grandes réussites dans les épopées kurosawaïennes passées ; avant, AK parvenait à alterner avec une grande finesse le grand spectacle et l'intimité la plus minuscule, les immenses batailles avec la vérité psychologique... [Lire la suite]
