30 septembre 2011

Black Sun (Kuroi Taiyo) (1964) de Koreyoshi Kurahara

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On retrouve Tamio Kawaji, le héros de The warped Ones, dans un rôle quasi-similaire : branleur à la petite semaine qui vole de grosses bagnoles, squattant cette fois-ci dans une église totalement délabrée (symbole, yes...) et qui est toujours autant passionné de jazz ; ses héros sont les incontournables grandes figures black du genre et il s'éclate, en compagnie de son chien baptisé Thelonious Monk, sur ces morceaux échevelés. Quand l'occase se présente, il baisouille également une chtite spécialisée dans le rabattage de ricains. Mais plutôt que de se focaliser sur les errances du gars, Kurahara va cette fois-ci le confronter avec un gros G.I. black (comment se fait-il que les étrangers dans les films japs de l'époque soient toujours aussi mauvais ?...  Sauf mon respect mon vieux Chico Roland...), un type qui a dessoudé un de ses collègues et qui se retrouve avec toute la flicaille aux fesses. Quand Tamio croise dans son antre ce type à l'agonie - il a reçu dans la bagarre une bastos dans la jambe -, il exulte : il pense tenir sous sa main une personnification de l'un de ses héros et il se fait un bonheur de lui faire écouter ses précieux 33 tours ; malheureusement, pas de bol, il y a la barrière de la langue et le black agit comme une bête traquée : non seulement il lui pète ses disques mais dessoude aussi son chien un peu trop bruyant. Tamio déchante méchamment, conchie cet invité surprise, mais le destin n'en a pas fini avec les deux hommes : on assistera à un genre particulier de "buddy/enemy movie", nos deux héros se prenant tour à tour en joue avant de s'unir dans la fuite...

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Cela part un petit peu dans tous les sens et Kurahara, à force d'intervertir les rôles - c'est moi qui a le flingue, tu m'obéis, ah ben nan tiens maintenant c'est moi - nous perdrait presque un peu en route... Nos deux personnages vont finir, eux, par la prendre au volant d'une caisse aux allures de char de carnaval, le black grimé en blanc et le Jap en black. On ne sait pas trop où va mener cette infernale fuite en avant jusqu'à ce que les deux hommes qui semblent avoir toute la société à leurs trousses finissent par la jouer solidaire ; le final est en soi beaucoup plus prenant : après une séquence limite gore - extraction de la balle dans la jambe pourrissante du black -, nos deux buddies vont se retrouver dans un terrain vague en bordure de mer avec quinze mille bagnoles de flics qui les traquent. Le black, qui voulait voir la mer, va pouvoir réaliser son rêve avant de s'envoler littéralement dans les airs - peu banale cette utilisation d'un ballon sonde - lors d'un ultime pied de nez à ses poursuivants... Kurahara avec ce final trépidant finit par emporter le morceau, concluant dans un nouveau cri de rage le récit de nos deux fuyards... Les nuages ont l'air définitivement plus blancs ailleurs que dans cette société nippone délabrée... Nouvel opus plein de bruit et de fureur d'un Kurahara toujours capable de faire apprécier au passage sa caméra particulièrement virevoltante.

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20 septembre 2011

The warped Ones (Kyonetsu no kisetsu) (1960) de Koreyoshi Kurahara

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Kurahara s'intéresse à la jeunesse déphasée de son temps et livre un film coup de poing bourré d'énergie, d'errements, de coups de gueule, de viols et de... jazz. On suit le parcours d'Akira (Tamio Kawaji, taillé sur mesure), un véritable chien fou aux allures de gamin (le type sautille tout le temps), qui comme ça, à première vue, semble avoir deux neurones (dire qu'il est "superficiel" serait un terrible euphémisme), un type totalement à la dérive et dépassionné de tout, si ce n'est justement du jazz : c'est sa came, le seul truc qui le mette en transe. Au delà de ça, il vous emmerde et on peut dire que Kurahara n'y va pas avec le dos de la cuillère pour illustrer, avec ce portrait d'un jeune homme survolté, toute une partie de la jeunesse qui n'en a plus rien à branler de rien...  On part sur les chapeaux de roue avec notre gazier Akira qui se fait pincer dans un bar à jouer les pickpockets : il bénéficie de l'aide d'une amie qui dragouille les Ricains au bar ; quand ceux-ci se mettent à trop la serrer, à moi le porte-feuille. Le film se commence en fait là où se terminait Les 400 Coups, avec notre héros qui sort d'un centre de redressement. Dès ses premiers pas hors de l'enceinte de cette véritable prison avec un pote rencontré sur place, Akira respire à plein poumon les rayons du soleil - si, c'est possible -, ce soleil levant nippon (déjà haut dans le ciel...) semblant bien être sa seule et unique source d'énergie. Le voilà reboosté à bloc, les conneries peuvent recommencer : vol de bagnoles, virée au bord de la mer avec son pote et son amie, agression du type qui l'avait dénoncé dans le bar, viol de la compagne de ce dernier... Akira ne semble point posséder une quelconque once de mauvaise conscience, accomplissant ces multiples actes comme un loup furieux lâché dans la bergerie. On comprend bien dès le départ que ce n'est pas le gars qui va nous faire un topo sur la philosophie grecque classique - je prends comme ça un exemple au vol - mais on n'en est pas moins scotché devant ce parcours qui semble uniquement motivé par la recherche de l'amoralité : une sorte de désoeuvrement pur et dur ; à défaut de savoir si la vie a un sens, Akira semble bien prêt à faire tout et n'importe quoi.

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Cette errance de jeune homme en chien fou est filmée comme un véritable tourbillon, Kurahara musclant son montage en enquillant les plans à la vitesse du son ; c'est filmé principalement en caméra portée, le cadre part méchamment de traviole notamment lors de la virée en bagnole, mais Kurahara a l'art d’enchaîner ces plans survitaminés tout en parvenant à garder une étonnante fluidité, pour ne pas dire une surprenante "lisibilité" - et c'est en cela déjà relativement impressionnant. Le cinéaste se focalise sur les relations entre Akira et cette jeune femme qu'il a violée et qui se retrouve enceinte ; cette dernière, qui forme avec son compagnon un couple ultra bobo avant l'âge, tente désespérément d'apitoyer Akira en évoquant son mal-être sentimental et ce gamin dont il serait le père. Dire qu'il s'en tamponne le coquillard serait encore en-dessous de la vérité tant Akira reste sourd à toutes ses complaintes : qu'on le laisse écouter paisiblement du jazz, le monde pourrait s'écrouler autour de lui qu'il s'en bananerait grave... Notre sauvageon, lors de ses multiples exploits délirants, ira jusqu'à squatter dans l'appart de ces bobos (il y déplumera un poulet qu'il bouffera comme un porc) et parviendra à échapper à la vengeance de ce couple (guère plus moral que lui...) prêt à tout pour se débarrasser de cet intrus quelque peu encombrant. Le film s'achève avec une situation quelque peu abracadabrante (Akira et son amie - dont le compagnon vient de mourir violemment (...) - et le couple de bobos se croisent dans la salle d'attente de l'hôpital : les deux femmes sont venues pour avorter), dans un immense éclat de rire (jaune, forcément) puis un cri de rage qui semble résonner dans le vide intersidéral... Kurahara dresse le portrait sans concession d'une jeunesse sans aucun repère et livre un film pour la peine qui décoiffe sa mère. La nouvelle vague nippone a déjà des allures de tsunami ravageur...

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17 septembre 2011

The Thirst for Love (Ai no kawaki) (1966) de Koreyoshi Kurahara

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Cette adaptation d'un roman de Yukio Mishima avec la divine Ruriko Asaoka dans le rôle principal - Etsuko - constitue une petite merveille sixties nippone comme on les aime. Une sensualité à fleur de peau, une passion sanguine et incontrôlable, une caméra qui semble glisser sur les corps ou qui capte à merveille un détail de la chair, des plongées étourdissantes scrutant ce petit monde qui s'agite, des travellings chaloupés enivrants... Bien difficile de faire la fine bouche devant cette œuvre maîtrisée de bout en bout. Etsuko vit sur le domaine de son beau-père après la mort de son mari ; celui-ci en a fait son amante. Notre vieil homme tient d'ailleurs d'une main de fer ses terres, conspuant son fils qui se laisse vivre avec sa femme - le fiston, qui n'a pas la langue dans sa poche, donne une poignée de cours à l'université - ainsi que sa fille divorcée vivant avec ses deux gamins. On retrouve également autour de la table familiale une servante et un très jeune jardinier (Tetsuo Ishidate), un genre de sauvageon pour lequel craque, littéralement... la belle Etsuko. La trame se développe autour de ces attractions multiples (le père aime à caresser sa belle fille, le fils est loin d'être insensible au charme de la jeune veuve, le jardinier se contente de la regarder... quand elle a le dos tourné) et la tension de monter d'un cran lorsque le jardinier se tape la bonne et la met enceinte. La jalousie de la chtite Etsuko est exacerbée et après s'être débarrassée de la servante, elle va vouloir "régler ses comptes" avec notre gentillet jardinier... Une passion à la vie à la mort, bien entendu : on est au Japon tout de même.

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Dès la première séquence, on peut sentir l'odeur de l'hémoglobine avec notre amie Etsuko qui rase son beau-père... Une poulaille qui s'agite et on verrait bien la lame de la belle glisser malencontreusement sur le cou du vieux... Il s'en tire à bon frais avec une simple estafilade, mais on sent que la chtite à en elle certaines pulsions qu'elle a bien du mal à refréner. Alors qu'elle mate une statue dénudée (à quoi peut-elle bien penser, la coquinette...), elle surprend dans son dos le regard concupiscent de ce bien jeune jardinier. Lorsqu'elle se rend ensuite dans la grange et observe celui-ce égorger des poulets (le sang et le sexe irrémédiablement liés), elle s'évanouit (...) et on sent bien que si le jardinier profitait totalement de la situation, les fantasmes de notre héroïne seraient comblés... Une autre scène cruciale aura lieu lors de ce festival populaire dans les rues du village, une fête durant laquelle, profitant d'un mouvement de foule, Etsuko plantera ses ongles dans le dos dénudé du jeune homme. Il ne sera point facile pour notre homme d'échapper à la passion tumultueuse d'Etsuko, c'est ce qu'on se dit en ne pouvant s'empêcher d'avoir un petit frisson dans le dos - attends, t'as po vu la taille de ses ongles... Lorsque le jardinier fautera - sans pour autant avoir de réels sentiments pour la servante - Etsuko se sentira comme blessée dans sa chair (la séquence de la brûlure : elle y perdra presque une main...) et fera tout pour se débarrasser dans cette intruse... Ouais, à la fin, je vous prends pas en traître, ça va saigner.

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Une passion amoureuse qui n'a peut-être rien d’extraordinaire en soi (quoique...) mais filmée indéniablement par Kurahara d'une main de maître : on se régale de ses plans aériens sur le domaine ou de ses plongées sur la tablée enchaînées avec un somptueux mouvement de caméra pour revenir soudainement à hauteur d'homme et glaner un regard. Les travellings semblent épouser les mouvements des personnages principaux - notamment Etsuko lorsqu'elle se retrouve à courir sur le domaine - et les zooms sont toujours utilisés à bon escient pour venir capter l'expression d'un visage dans le feu de l'émotion. On est tout autant bluffé par les innovations narratives - la discussion sur la route entre Etsuko et le jardinier avec le texte qui s'inscrit sur l'écran (une chtite touche "d'intimité" magnifiquement mise en valeur) - ou par les soudaines envolées du récit - la cinquième symphonie qui se met à péter lors d'un repas de famille avec le fils qui règle son compte à quasiment tout le monde. Bref, un cinéaste en pleine possession de son art qui donne un sublime écrin formel à cette passion impossible ; ce serait bêta après cela de faire l'impasse sur cette œuvre du gazier Kurahara, avouez...

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10 septembre 2011

Intimidation (Aru kyouhaku) (1960) de Koreyoshi Kurahara

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"Bien mal acquis ne profite jamais", disait mon avisée grand-mère en roulant sa pâte à tarte et sans pourtant jamais avoir entendu parler de ce film du gars Kurahara, dont la première oeuvre, J'attends, était déjà pleine de promesses. Ambiance noire (premier film noir japonais d'après wikipédia, doit-on vraiment les croire ?) dans ce film relativement court (à peine plus d'une heure) qui met en scène un petit banquier opportuniste et véreux ; ce dernier, qui vient de monter en grade suite à son mariage avec la femme du boss, est plein de condescendance envers un de ses anciens potes et collègues resté au bas de l'échelle (et dont il niquait la femme, une femme fort marrie de voir que le sien stagne méchamment - dur). Plein de suffisance, capable de propos qui font joliment écho à ceux de ma chère directrice ("le travail est plus important que l'amitié" - ou non...), il va faire la connaissance d'un chafouin maître chanteur à lunettes noires : ce dernier va lui demander, en échange de preuves de ses malversations (il a détourné en sa faveur un petit pactole) la coquette somme de trois millions. Notre banquier fait moins le malin et lui demande avec un rictus de circonstance où il peut bien trouver cet argent. Ben dans ton propre coffre, bonhomme ! Allez à demain.  Notre homme en ferait pipi dans sa culotte, se met à cauchemarder le pire des scénarios, mais finit par s'exécuter : comme son ex-pote est justement gardien de nuit ce jour-là, il le saoule au saké et s'attaque à sa propre banque. Il est surpris d'y retrouver le gars déjà de retour à son poste et il lui fout une trouille bleue en lui demandant d'aller ouvrir le coffre. Les mains sont moites, la transpiration est à son comble, les deux hommes paraissent terriblement fébriles. Terrible tension et échange de coups d’œil à la Sergio Leone entre les deux types et le banquier de commencer d'avoir la certitude qu'il a été reconnu (il a bandeau sur le pif mais il a ballottement pété ses lunettes noires avant de faire le casse)...

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Comment va-t-il se sortir de ce faux-pas... Hum, hum... Il a beau être bougrement malin et avoir la chance de son côté, il ne faut pas prendre non plus les gens pour des imbéciles, mais ouais... Fatal retour de bâton ou non, là est la question dans un final dans un train qui s'engouffre à grande vitesse dans les tunnels... Le rythme est malgré tout, dans l'ensemble, relativement pépère (mais loin d'être déplaisant, attention), et Kurahara de se plaire, en particulier, à capter les regards de ces acteurs, celui souvent bien penaud et abattu du sous-fifre ou celui décidé et généralement triomphant de cette enflure de banquier. Les plans font eux preuve d'une belle fluidité et notre réalisateur de nous gratifier de quelques jolis plans en plongées (le banquier face au maître chanteur... au bord du gouffre (la tension est à son comble, notre homme de fric a-t-il encore en lui une once d'humanité ou d'empathie... po sûr) ou encore lorsque notre sale individu brûle les preuves de ses malversations...) Mais comme le dit le dicton : à force de prendre trop de "hauteur", on finit par se péter la gueule... Tendu et moral, j'ai po mieux comme adjectifs pour conclure ma chtite chronique sur ce film qui passe en un clin d'oeil. On devrait retrouver rapidement notre homme sur ces pages, car un bien joli coffret (Criterion - Eclipse) vient de sortir en l'honneur du réalisateur nippon.

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22 août 2009

J'attends (Ore wa matteru ze) (1957) de Koreyoshi Kurahara

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La collection Criterion exhume quelques perles noires des studios Nikkatsu et ce premier film de Koreyoshi Kurahara possède un charme évident. Bien aimé surtout toute la première partie du film : un type qui émerge dans la nuit, battant le pavé humide, pour aller poster une lettre; il croise sur les marches d'un quai, au bord de l'eau, une jeune fille, le regard perdu dans le vide. Drôle d'endroit pour une rencontre et le type, à la coule, de proposer à la fille de venir se requinquer dans son propre petit bar. Cette dernière lui livre petit à petit son histoire, elle est persuadée d'avoir tué un type un peu trop entreprenant en lui balançant un pot dans la tête... Notre gars de lui proposer de passer la nuit et la journée suivante dans son bar en attendant d'y voir plus clair.

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Kurahara nous livre peu à peu les clés secrètes de nos deux jeunes gens (lui, ancien boxeur qui a tué un homme lors d'une rixe rêve de faire sa vie ailleurs en allant rejoindre son frère au Brésil - il est malheureusement sans nouvelle de ce dernier depuis un an, son départ en fait; elle, ancienne chanteuse qui a perdu sa voix, pousse la chansonnette dans un cabaret borgne). Ils ont tout pour oublier ensemble leurs blessures du passé, mais notre gars semble bien trop désillusionné à propos de tout pour laisser une chance à cet amour qui ne demande qu'à naître. Notre jeune fille est fortement désappointée par l'attitude tristoune du jeune gars; ça se complique un poil quand les types du cabaret retrouvent la trace de la fille et remettent la main dessus. Kurahara est relativement inspiré pour filmer son héroïne (lumineuse Mie Kitahara) et pour mettre en scène cette atmosphère dépressionnaire où perce par instant le petit sourire de la jeune femme.

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Quand la jeune femme retrouve penaude son cabaret, notre ancien boxeur se met sérieusement en quête de son frère. Il retrouve sur sa route la bande de petits malfrats qui s'occupent justement de ce bar glauque... Un jeu de piste rythmé par diverses bastons (les chpinnnioung des bruits des coups sont souvent dix fois plus impressionnants que les combats eux-mêmes), une seconde partie un peu moins romantique, certes, mais pleine de vigueur; l'on sent que notre héros, si paisible au début du film, retombe peu à peu dans l'ornière de la violence. Seule la fille pourrait encore lui offrir une chance de salut... Etonnante maîtrise pour une première oeuvre et quelques très beaux moments dans ce flirt entre deux personnes désabusées qui ont bien du mal à espérer en une seconde chance. Belle petite trouvaille nipponne dans le genre. 

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