03 mars 2007

Harvey (1950) d'Henry Koster

B0000549B0Pas facile de faire croire que l'on se balade avec un Pooka (un lapin quoi) de 2m10 et il faut bien tout le génie de James Stewart, pupille molle, sourire gentillet, démarche de grand ado, pour réussir ce miracle d'interprétation; cela demeure d'ailleurs le film préféré de Stewart et l'on sent un véritable investissement (il a également joué la pièce pendant 6 mois à Londres) dans ce joli conte de doux barge.

"Ma mère m'avait dit que dans la vie, il fallait être intelligent ou charmant; pendant 30 ans j'ai été intelligent puis j'ai décidé d'être charmant". Et le charme fut; si Stewart fout un peu le harvey50_1_boxon autour de lui (panique à la maison où tous les invités de sa tante le prennent pour un dingue, panique à l'hôpital où il parvient à transformer cet asile en maison de fous (si, si, il y a une nuance)...), sa gentillesse finit par irradier tous les gens qu'il touche et il parviendra à former un très joli couple entre un docteur et l'infirmière (Peggy Dow, craquante), entre sa nièce et un chauffeur de taxi ou encore à rendre humain le directeur de la clinique... D'autant que peu à peu la plupart des gens finissent par voir le Pooka et on serait à peine surpris s'il nous adressait la parole à la fin du générique. Alors oui, je suis po forcément super bon public, mais les multiples scènes de harvey1_1_slapstick comédie ne fonctionnent pas toujours à 100% tant les ficelles sont grosses, surtout quand le Stewart disparaît du cadre... C'est un peu dur, je l'admets, mais j'y peux rien si mon âme d'enfant a été quelque peu pervertie (ouais mais là j'ai pas le temps). Koster fait trainer quelques scènes qu'un Capra (ben oui, désolé, once again) aurait implosé. Mais bon c'est histoire de dire.

La magie Stewart opère et c'est tout de même bien là l'essentiel. E plus les Pooka ont l'air vraiment à la cool.

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03 juillet 2006

Honni soit qui mal y pense (The Bishop's Wife) (1947) d'Henry Koster

bishopswife_1_Koster n'est pas Capra, et malgré la présence de l'énormissime Cary Grant dans le rôle d'un ange (ça rappelle quelque chose?), il souffre méchament de la comparaison.

Tout est bien gentil et propret dans cette histoire d'après-guerre où il est temps de se rebouster le moral avec un ptit conte de Noël... Ca commence avec un homme qui fait traverser la rue à un aveugle et comme tout de suite on ne peut s'empêcher de penser à Amélie Chocolat Poulain, on se dit que c'est mal parti. Heureusement le charisme du Cary nous ferait avaler des couleuvres et lorsqu'il s'introduit de lui-même chez l'évêque (David Niven... Rah ce filet de moustache) pour répondre à sa prière de l'aider à construire une église, on est prêt à fermer les yeux... D'autant que rapidement on se rend compte que l'ange a un petit côté démon et qu'il en pince diablement pour la femme de l'évêque, la diaphane Lorbishopswife209_1_1etta Young. Tout en continuant d'aider l'homme d'église (il y a un côté socière bien-aimée un peu ridicule dans ses tours de passe-passe, mais continuons de fermer les yeux, c'est Noël merde), il passe du bon temps avec la charmante épouse: patinant avec elle (Grant est doublé par Candeloro et c'est un peu ridicule... close your eyes) - c'est gnangnan mais ça marche toujours -, lui offrant un chapeau -un coup de shopping, rien de mieux pour tomber une femme (...), l'invitant au restaurant... Bref, il connaît toutes les recettes du dragueur de supermarché et ça marche... Malheureusement Grant est grand seigneur et il n'hésitera pas à s'effacer ayant reboosté le foyer et à distribuer l'argent prévu pour les pauvres pour les sans abris et les pauvres... La morale est sauve. Bah, ça va guère plus loin, mais c'est plein de gentilles intentions un peu molles. Mais qui peut égaler le génie de Capra?

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