04 octobre 2017

Le Maître de la Prairie (The Sea of Grass) d'Elia Kazan - 1947

On reconnaît notre gars Kazan à mille lieues, même quand il déguise ses individus pensants en cow-boys et fait mine de s'intéresser à la prairie et aux canassons. The Sea of Grass n'est pas son meilleur film, non, mais il y a comme toujours une pâte psychologique dans le moindre de ses petits évènements, et une manière de densifier les situations, de leur donner une aura, qui n'appartient qu'à lui. Le film est très riche, et pourrait être étudié en fac de psycho. C'est vrai que Kazan oublie du coup d'en faire un spectacle, mais on... [Lire la suite]
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28 septembre 2017

Le Dernier Nabab (The Last Tycoon) d'Elia Kazan - 1976

Le dernier Nabab est la preuve qu'il ne suffit pas de réunir tout ce que le grand cinéma a d'artistes compétents pour réussir un film. Le générique est pourtant impressionnant : Fitzgerald au roman d'origine, Pinter au scénar, Jarre à la musique, et De Niro, Nicholson, Curtis, Mitchum, Jeanne Moreau, Milland, Pleasence et j'en passe devant la caméra, n'en jetez plus : on a là le ghotta du bon goût, l'assurance du succès. Mais Kazan se casse les dents sur cette histoire complètement dévitalisée. Le film est complètement privé... [Lire la suite]
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14 mai 2016

Viva Zapata ! d'Elia Kazan - 1952

On peut toujours compter sur Kazan pour mettre son grain de sel psychologisant et politisant dans les films de genre, et Viva Zapata ne sort pas du lot : voilà un solide film de spectacle, certes, mais qui se teinte d'une très grande modernité par le soin apporté au contexte social et psychologique de l'époque. En réalisant un western qui se passe au Mexique au début du XXème, Kazan parvient à parler avant tout des tourments de son temps, voire, si on veut chercher la petite bête, de ses propres conceptions politiques pas très... [Lire la suite]
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20 octobre 2015

Les Visiteurs (The Visitors) d'Elia Kazan - 1972

Kazan, dans les années 70, est capable de films assez emmerdants ou de coups de poing au plexus : celui-là fait indéniablement partie de la deuxième catégorie, voire même des sommets de l'oeuvre du bougre. Sous des dehors de film quasi-amateur qu'on dirait extirpé des usines d'Andy Warhol, il réalise un pamphlet glacial sur la violence et la fascination d'icelle, qui a dû faire grincer pas mal de dents, en même temps qu'un vibrant autoportrait en paria incompris (on connait les soucis politiques de Kazan à l'époque). Résultat ... [Lire la suite]
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05 février 2014

Un Tramway nommé Désir (A Streetcar named Desire) d'Elia Kazan - 1951

"STELLA-AAAAAAA !!!" Rien qu'à l'évocation du cri guttural poussé tout au long du film par Marlon, je sens les hormones de nos lectrices, et de certains de nos lecteurs aussi, mijoter comme de l'eau bouillante. Franchement ils n'ont pas tort : voilà le film le plus sexué du monde, celui qui aura permis de libérer un peu le cinéma américain enfermé dans ses restes de code Hayes, celui qui a imposé le corps comme un élément érotique dans l'Hollywood bien-pensant de l'époque. A Streetcar named Desire transpire par toutes ses pores la... [Lire la suite]
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02 avril 2011

Boomerang ! (1947) d'Elia Kazan

Troisième film dans la carrière de Kazan qui réalise un film, basé sur des faits réels, très "propre" autour d'un procureur ricain qui, malgré les diverses pressions politiciennes, cherche à faire triompher the Justice. Un meurtre rapidement exposé - celui d'un homme de religion qui faisait l'unanimité au sein de sa communauté -, un assassin en fuite et la police qui patauge... Les journalistes se lâchent, la pression de l'opinion publique qui augmente et des politiciens qui ont besoin coûte de coûte de mettre la main sur un... [Lire la suite]
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06 mai 2010

La Fièvre dans le Sang (Splendor in the Grass) d'Elia Kazan - 1961

Je n'avais pas pleuré comme une madeleine devant un film depuis Douglas Sirk, mais là je dois dire que les dernières scènes de Splendor in the Grass m'ont tout bonnement assassiné. Et encore, je dis les dernières scènes, je devrais plutôt dire la dernière heure. Vous me voyez donc tout chose, je vais essayer de taper quelques mots quand même pour vous expliquer tout ça. Tout commence pourtant plutôt gentiment dans ce film-piège : la jeunesse folle middle-class des années 20 qui fricotte dans les nouvelles tractions de papa, le... [Lire la suite]
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13 février 2010

L'Héritage de la Chair (Pinky) (1949) d'Elia Kazan (débuté par John Ford)

Ford fut remplacé par Kazan après les premiers jours de tournage, et bien difficile donc, ici, de vraiment voir une quelconque patte du John dans ce récit de "femmes entre elles" qui plonge profondément ses racines dans le sud. Une histoire de ségrégation mais aussi, surtout, de rédemption : une jeune femme noire à la peau extrêmement claire - d'où le surnom de "Pinky", n'est-il pas - va parvenir à s'accepter en tant que telle et à tout faire pour sa communauté, sans chercher à se cacher derrière les... [Lire la suite]
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10 octobre 2007

A l'Est d'Eden (East of Eden) d'Elia Kazan - 1955

Très joli film que ce East of Eden, qui prouve encore une fois que Kazan fut un grand metteur en scène, qu'on aurait tort de confiner dans son seul talent de scénariste. Ici, bien au contraire, c'est bien la réalisation qui touche, beaucoup plus que le scénario, un peu passé dans son admiration béate devant Freud et ses maladresses symboliques. Certes, Steinbeck est derrière tout ça, mais ce n'est pas le meilleur Steinbeck, c'est celui des grandes théories psychologiques, qu'on est en droit d'aimer moins que les envolées minérales de... [Lire la suite]
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29 mars 2007

Le Mur Invisible (Gentleman's Agreement) d'Elia Kazan - 1947

Au milieu du magma hollywoodien des années 40, il y avait quelques cinéastes courageux et engagés, et en premier lieu Elia Kazan. Gentleman's Agreement a dû faire l'effet d'une bombe à l'époque, et il faut avouer qu'en nos temps sarkozo-poujadistes, il garde encore une irrévérence précieuse. Gregory Peck joue un journaliste à qui on commande une série d'articles sur l'antisémitisme. Plutôt que de se référer aux éternelles statistiques, il préfère choisir une option à la Albert Londres : se faire passer pour un Juif, afin de mieux... [Lire la suite]
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