20 janvier 2008

Les trois Visages d'Eve (The Three Faces of Eve) (1957) de Nunnally Johnson

BooksWhiteEve

Comme nous l'annonce une introduction bien courtoise et en images avec un journaliste dans une salle de cinéma, le film que vous allez voir, chers amis, est une histoire vraie. Bien urbain de sa part, et nous voilà tout ouïe pour découvrir l'histoire d'Eve en qui il y a non pas "deux femmes en vous" comme le disait si bien Depardieu à toutes les femmes de rencontre dans le Dernier Métro, mais trois : Eve White, petite provinciale un poil neurasthénique, renferme en elle une autre personnalité, Eve Black (noir et blanc, hum, hum... symbole?) très dévergondée qui ne pense qu'à faire la bombe... Le problème c'est que l'Eve sage comme une image ne se souvient point des actions de l'Eve de nuit. Consternation chez nos amis psychanalystes quand apparaît un troisième caractère beaucoup plus équilibré chez notre Eve, Jane (Eve Grey, ça faisait trop). Il s'agit donc d'un cas clinique de "personnalité multiple" qui repose entièrement sur les épaules de Joanne Woodward qui relève le défi avec brio (rôle(s) à Oscar vous allez me dire, et bien vous allez rire, justement, elle l'a eu) : jouant de ses regards, de ses intonations, de son faciès (son teint s'illumine lorsque l'Eve Black apparaît, magique), elle switche d'une personne à l'autre avec une grande limpidité, un certain naturel relativement convaincant; c'est bien sûr LE point fort du film, forcément, d'autant que la réalisation de Johnson (plus à l'aise apparemment en scénariste qu'en réalisatrice) est, elle, plutôt terne pour ne pas dire carrément plate - champs contre-champs, plans fixes, c'est un peu limité. Mais bon la crédibilité de cette vie po commune est au rendez-vous, et c'est l'essentiel - ça fait un peu Dossiers de l'Ecran, certes, du genre les faits, rien que les faits, ça manque définitivement de style, mais l'on suit avec une certaine émotion le combat de cette femme contre elle-même... La petite séquence finale d'hypnose paraît un poil convenue et bien facile pour régler le problème, mais bon, puisqu'on nous a dit et répété que c'était une histoire vraie, admettons...

movrf26

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