28 février 2010

H2G2 : Le Guide du voyageur galactique (The Hitchhiker's Guide to the Galaxy) de Garth Jennings - 2005

Si The Hitchhiker's Guide to the Galaxy est tout cabossé de partout et n’est vraiment drôle que par moments, il a au moins le mérite de prolonger une veine montypytho-melbrooksienne qu’on croyait éteinte depuis longtemps. Le film pratique un non-sens salvateur, son humour est assez inédit, et à force de multiplier les tentatives de gags plus ou moins probables, il finit par toucher juste.

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Dès le départ, on est bluffé par le jusqu’au-boutisme du réalisateur : il démarre sur la radiation pure et simple de notre bonne vieille Terre, sous le regard ironique des dauphins (qui ont pourtant tenté de nous avertir en faisant tourner des ballons sur leurs nez, on dirait du Chevillard). De l’armageddon, seule une poignée de gens réchappe, dont un homme ordinaire, deux ou trois mutants, et Zooey Dechanel, ce qui est une bonne nouvelle. La suite va être constituée d’une suite de scènes plus ou moins reliées entre elles (la construction n’est pas le fort du réalisateur), parfois affligeantes (les clowneries soûlantes du président de la galaxie, doté de deux têtes aussi cabotines que deux Jim Carrey), souvent réussies par leur ambition : les passages spatio-temporels sont l’occasion de mutations barrées pour nos personnages, qui vont par exemple se transformer durant quelques minutes en pelotes de laine, ou d’apparitions d’éléments absurdes : on assiste par exemple au monologue métaphysique d’un cachalot chutant dans l’espace, quand même, et c’est franchement poilant.

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Dommage qu’au niveau du cinéma pur, Jennings soit aussi manche, montant son film à la truelle rouillée, se moquant comme de l’an 12 de la direction d’acteurs, et préférant monter une suite de courts-métrages plutôt que de penser à la cohésion de l’ensemble. Trop préoccupé sans doute par sa volonté de surprendre sans arrêt (ce qu’il fait très bien, et jusqu’à la fin), il oublie d’allier fond et forme, et rate du coup pas mal d’idées intéressantes (la longue séquence de reconstruction de la Terre sent trop la palette graphique, la solution finale est ingénieuse mais pas menée jusqu’au bout en termes visuels). On me rétorquera que c’est sans importance, The Hitchhiker's Guide to the Galaxy étant une vaste blague de potache : sans doute, mais j’aurais bien aimé voir le même film réalisé, mettons, par Terry Gilliam, pour qu’il puisse vraiment atteindre au statut de culte qu’il vise.

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Un bon moment tout de même qui vous explique pas moins que le sens de la vie (« 42 » serait la réponse à tout, reste à trouver la question, eheh) et reste franchement souvent fendard.

Posté par Shangols à 14:24 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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