05 août 2010

King Kong (2005) de Peter Jackson

king_kong_movie_1_Dans ce film à petit budget, King Kong tente de jouer au bilboquet. Mais comme Naomi Watts (électrique... on l'avait déjà faite ? bon) a toute sa tête, il po pas.

Ca commence plutôt mal lorsque le scénariste du film dans le film, Adrian Brody, se retrouve dès le début de l'aventure dans une cage sur le bateau. Soit on se dit que c'est de l'humour, soit on se dit que Jackson n'avait pas le choix de l'histoire. Du coup, une fois sur l'île, ça part sérieusement en live et on a droit à tout : nos amis les sauvages, King Kong vs Spielberg, des cafards plus gros que des toilettes et même les libellules sont taillées à la mitraillette. Jackson nous assène des ralentis couplés avec des zooms sur des crânes et des squelettes qui font peur comme dans des films d'horreur de série B, et après 1h15 de film et 1h20 de musique violoneuse et sirupeuse (ben ouais, j'ai calculé, ça vous paraît aussi bizarre ?), j'avoue que je suis allé chercher du chocolat. Bon, mais je suis mauvaise langue. Dès lors que Naomi fait son show au King (claquettes et jonglage)  et que celui-ci se met à rire comme Farrugia, on se dit que le Peter ne se prend pas trop au sérieux et cela sauve l'ambiance. La scène de jalousie et le boudage qui s'en suivent du père King Kong (assez flagorneur dans l'ensemble mais moins péchu que Philippe Seymour Hoffman dans Capote, ce qui lui a couté l'Oscar) sont super touchants; on se dit en effet qu'il a dû morfler depuis que King Konguette est partie, voire depuis qu'elle est morte (le crane énorme sur son territoire semblerait aller dans le sens de cette thèse, mais je laisse les spécialistes débattre) : plus personne pour faire à bouffer -il doit se taper des bambous énormes pas cuits-, plus personne pour panser ses blessures (quand, à la fin de la journée, tu t'es tapé 3 tyranosaures de la mort, 12 broncorus en colère et 4536 chauve-souris super lourdes, t'es plus vraiment d'humeur), plus personne pour te chercher des poux ; au final, ça doit peser. Alors quand tu tiens le petit cul de Naomi dans ta main, franchement, je sais pas vous, mais moi je lâcherais rien. Mais c'est po fini.

Retour à New-York pour le King après s'être fait enquiller la truffe par une bouteille de chloroforme (sont plein de ressources ces scénaristes hollywoodiens), et passage obligé des carambolages de bagnoles à Broadway et de l'Empire State Building, scène finale aussi longuette que les 14 du Seigneur des Anneaux. On finit malgré tout par prendre partie pour la bête qui cache un coeur d'or sous son torse imberbe. Oui Bibice, j'ai vu le clin d'oeil à Vertigo, plutôt maline, quand la bête chute (mais non, je déconne) et les retrouvailles des deux héros sur le toit du building sont un nouveau sommet du ridicule, mais bon c'est du cinoche et franchement le son DTS à chaque grourarraooooooorrr m'a super plu. Proutouie, lui, a pas ouvert un oeil en 3 heures (il a l'habitude avec Tarkovski, j'avoue) ce qui prouve bien que tout cela reste pour de faux. Jackson : 5.  (Shang - 26/04/06) 


king_kong2Oui, il semble bien que le foutage de gueule soit la seule vraie bonne façon d'aborder ce tonitruant navet, et mon camarade, au taquet, s'en est bien occupé. Déjà, quand on entend dès les premières répliques : "Te moque pas du théâtre subventionné, au moins il remplit les salles", on grince des dents en se disant que ça doit être une sorte de profession de foi de la part de Jackson. Gagné. Le gars ne fait pas dans l'art, non monsieur, il fait dans le remplissage de salles. Peu importent les moyens, peu importe qu'on atteigne à certains moments des sommets de ridicule : il faut en mettre plein la vue au spectateur de moins de 10 ans (c'est le public visé), quoiqu'il arrive. Pour ce faire, donc, ne soyons pas avare en pixels : l'essentiel du film est constitué de fights entre images de synthèse, si bien qu'on l'impression de voir ces moches films d'intro qui ouvrent les jeux de Palystation, ceux qu'on zappe systématiquement ; sauf que là, on n'a pas le droit de jouer, Jackson nous a piqué la manette. Alors on subit.

00205518_photo_peter_jackson_s_king_kongOn subit ce montage épileptique, ce son saturé, ces acteurs-prétextes, ce scénario débile, ces sensations pré-mâchées. Et ça fait mal. Une heure d'introduction poussive, une heure de faune dans la jungle, une heure de cassage de voitures, on a fait le tour de la trame. De la surenchère kitsch, on a fait celui de la mise en scène. Il y a bien une piste sémantique intéressante là-dedans, d'ailleurs évoquée par Despentes dans King Kong Théorie : le film serait une sorte de lutte intérieure d'une femme partagée entre la culture (Brody en écrivain) et le retour à la sauvagerie primale (le singe), teintée d'un érotisme torve (King Kong n'a pas de sexe, il n'est donc ni féminin ni masculin, pure image des Origines edeniques). Mais la théorie s'effondre dès lors qu'on constate l'erreur principale du scénario : avoir humanisé King Kong. En se civilisant (il rit aux pitreries de Watts, apprend le patin à glace, combat à armes égales le prétendant de sa belle), il charme la gonzesse ; il eût été plus intéressant qu'elle en tombe dingue au moment où il la secoue comme un prunier dans la jungle, au moment où il exerce cette pure sauvagerie tropicale qui pour le coup était bien plus érotique que ce romantisme de bazar au clair de lune. Piste inexplorée donc par Jackson, qui semble fuir toute intelligence comme la peste.

Si au moins Kong consommait son union avec Naomi Watts, on aurait eu droit à un peu de cul, voire un peu de gore (n'oublions pas que Jackson vient du film d'horreur fauché), voire un peu d'humour. Mais non. C'est juste abyssalement crétin, soûlant, fatigant. Jackson, just beat it.   (Gols - 05/08/10)

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04 février 2010

Lovely Bones (The Lovely Bones) (2009) de Peter Jackson

The_Lovely_Bones

Après l'histoire d'une bague qui dégénérait en conflit quasi nucléaire et l'histoire d'un grand singe poilu en colère, Peter Jackson s'attaque à la pédophilie... Aïe, vous allez me dire, a priori, en ayant pourtant la chance de ne pas l'avoir vu. Une gentille donzelle de 14 ans, Susie, a l'occase d'avoir son premier flirt avec l'un des types de David et Jonathan (jamais fait la différence entre les deux), mais son méchant voisin qui avait tout l'air d'un simple buveur de bière (...) va la kidnapper et l'assassiner...  Notre pauvre Susie, avant d'avoir droit au Paradis, va se retrouver "in between" (dixit son petit frère), gardant un oeil sur l'enquête qui patine. On se croirait dès le départ dans un mauvais Stephen King ou un mauvais Marc Levy, pardon, un Marc Levy, et on n'a pourtant pas encore assisté au pire : Susie est projetée dans un monde parallèle qui ferait passer Tim Burton pour un daltonien, un genre de bric à brac d'images d'Epinal féeriques issues tout droit de l'imagination d'un môme de 3 ans; ça dégouline de poncifs, c'est d'un mauvais goût colorisé rarement égalé, à tel point qu'on finit par se demander si l'auteur des effets spéciaux ne s'est pas inspiré du monde de Barbie - des années 70, au moins... C'est esthétiquement affreux de bout en bout, le fond (ces petits anges assassinés heureux maintenant qu'ils sont au ciel...) est mielleux en diable, et que dire de la résolution ultra poussive de l'enquête qui nous ferait presque regretter ce bon vieux Sherlock Holmes downeyrisé (en deux secondes, il aurait mis le gars sous les verrous, on aurait gagné notre aprème). Comment Peter Jackson, avec tout le respect, malgré tout, qu'on lui doit (voyez, je reste ouvert)) en est arrivé à réaliser une telle bouse ? C'est la question qu'on est en droit de se poser deux heures durant, cherchant bêtement un truc à sauver là-dedans... Non, franchement rien, on a même droit parfois à des parenthèses, dans l'histoire, pseudo-comiques qui frisent le pire des ridicules (cette pauvre Susan Sarandon en grand-mère alcoolo qui s'occupe du foyer pendant que les parents dépriment, genre Mary Popins crade... Effarant... et j'en passe). La bande musicale - roh les chansons à deux balles - est heureusement au diapason, et lorsque le générique survient, on est persuadé d'avoir assisté à un des gros ratages de l'année. J'ai mon quota de grosses productions américaines pour l'année, c'est déjà ça de fait.

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