10 février 2009

Frozen River (2008) de Courtney Hunt

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Premier film qui a fait le tour des festivals. C'est ce qu'on pourrait appeler un petit film solide qui montre l'émergence d'une relation amicale entre deux femmes que tout sépare au départ (tin-tin-tin) si ce n'est, chez les deux, l'absence de conjoint et le lien, plus fort que tout, qu'elles entretiennent avec leur progéniture... Dit comme ça, c'est un peu sommaire, je vous l'accorde et po vraiment excitant (mais j'ai dit solide, pas captivant non plus). Deux femmes donc qui tentent de joindre les deux bouts : l'une vit dans un mobile home pourrave avec ses deux gamins, rêve de s'acheter un "mobile home de l'espace" (genre le truc qui nécessite deux camions longs comme le Yangtze pour le déplacer); seulement le mari s'est barré avec les dernières économies, pas de bol. L'autre vit donc dans une réserve Mohawk à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada et n'est pas mieux lotie; elle a, qui plus est, perdu la garde de son bambin de un an. Les deux femmes, qui touchent un peu le fond, vont s'associer presque malgré elles - pour la thune, pas vraiment pour des questions d'affinité - pour faire transiter illégalement du Canada aux States des Chinois dans le coffre d'une bagnole (le Chinois est partout, faites gaffe, vérifiez bien votre coffre). Il y a bien sûr la menace des flics qui pourraient tout faire calencher, cette fameuse frozen river, à la frontière, qui pourrait se dégeler sans prévenir, ou encore les trafiquants un peu louches dont il faut se méfier... Elles semblent prêtes à tout pour l'oseille - la femme américaine semble être née avec un flingue dans la main, genre habituée à fighter pour le moindre bout de gras - mais conservent tout de même une once d'humanité : elles bazardent ainsi,  en plein transit, un sac, avec dedans... un bébé et elles retournent le chercher (aah...). Cet événement agit entre elles comme un déclic qui va tisser des liens entre elles super forts... Vous allez me dire que je me contente un peu de raconter l'histoire et vous avez pas tort, mais je vois pas grand-chose d'autre à dire. C'est aussi "propre" techniquement et scénaristiquement parlant que la neige qui recouvre cette rivière gelée, on sent constamment l'épée de Damoclès, suspendue au-dessus de ces deux femmes, qui pourrait les faire plonger à tout moment, mais comme elles ont plus grand-chose à perdre - si ce n'est leurs enfants -, elles foncent un peu les yeux fermés. Une belle solidarité entre elles va poindre, bien, pas de quoi non plus sauter au plafond - un premier film indépendant honnête, voilà, c'est déjà pas mal.   

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Posté par Shangols à 06:32 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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