Mon Nom est Tsotsi (Tsotsi) de Gavin Hood - 2006
Gavin Hood semble avoir vu les films de Scorsese et le beau truc de Fernando Meirelles, La Cité de Dieu, avant de réaliser Tsotsi. Mais faire prendre des poses de truand à ses acteurs et mettre des flingues dans les mains des ados ne suffit pas pour égaler les grands, et son film est terne et sans idée.
Pourtant, il y a au début du film deux scènes assez justes : l'une qui montre un meurtre silencieux dans le métro, où une bande de gosses poignarde sèchement un bourgeois cravaté pour lui piquer son fric ; l'autre, un dialogue bien monté entre Tsotsi, petit caïd local, et un clodo paralytique. Efficaces et bien rythmées, ces deux séquences font espérer du bon.
Malheureusement, au bout de 20 minutes, Tsotsi, en voulant piquer une bagnole, se retrouve affublé d'un bébé, et dès lors, Hood n'aspire plus qu'à parler lourdement d'enfance volée, de paternité douloureuse, de difficulté de grandir, de transfert d'amour maternel... Bref, l'artillerie lourde, que le gars dégaine avec la légèreté d'un diplodocus. De flash-backs ridicules (le père tyrannique, la mère sidéenne qui tend les bras vers la caméra) en symboles
lourdossissimes, Tsotsi finit par dévoiler son vrai discours : un préchi-précha moraliste et sucré sur la nécessité de s'occuper de ses enfants et d'avoir une vie décente (le mot étant prononcé 109234 fois par le copain du héros). Le jeu des acteurs, horrible (avec une Palme pour la femme dont on vole le bébé, qui ferait passer les comédiens de Amour Gloire et Beauté pour des disciples de Michael Lonsdale, surtout quand elle lève le doigt, prend un air sombre et lâche "Don't touch me") et la musique, gloubi-boulga inécoutable entre Peter Gabriel et Enya ou éternel rap mille fois entendu) n'aident pas à alléger ce navet sans éclat, qui pèse ses trois tonnes avec une inconscience totale.
