03 juillet 2008

Ma Vie de Chien (Mitt liv som hund) de Lasse Hallström - 1985

mitt_liv_som_hundBon alors là attention : je sais pertinemment que je m'attaque à un film qui, dans l'imaginaire parfois déviant de mon éminent camarade Shang, représente quelque chose comme un mythe fondateur, une pierre de touche, une formule mystérieuse, un sine qua non. Loin de moi, donc, tout sarcasme : on a tous nos amours cachées (pour ma part c'est Mission to Mars, c'est vous dire), c'est ça qui fait la beauté du cinéma, c'est des histoires de rencontres entre une émotion E au moment T, et je ne reprocherai jamais à mon copain shanghaien de vouer un culte personnel à Ma Vie de Chien...

Simplement, je ne comprends pas. C'est un petit film tout mignon, gentiment doux-amer, rigolo de temps en temps, tout triste quand il faut, où on croise des toutous affectueux, des tontons bienveillants et des petites filles mutines. Mais pour moi, ça ne va pas plus loin que ça, pas plus loin que la masse de films traitant de l'enfance avec une larme nostalgique au coin de l'oeil. Comme d'habitude, l'enfance est sur-Dogsacralisée au nom d'une innocence perdue ; comme d'habitude, on apprend que la vie est parfois dure, mais qu'on s'en sort quand même vaille que vaille. Comme d'habitude, on a droit aux premiers émois sexuels, aux confrontations têtues avec le monde des adultes, à ces personnages légèrement fêlés et attachants à partir du moment où ils rentrent bien dans le moule pré-établi des "personnages pleins de fantaisie" (ici, un vieux qui retape son toit ou une bimbo de petite vertu), et surtout à ce gamin craquant sur lequel on fait peser toute les ch'tites misères de cette chienne d'existence. Ingemar n'a pas de chance : maman est malade, on lui vole son chien, et son frère est pas cool ; mais au cours de vacances, il découvre tout un monde merveilleux fait de parties de foot, de rigolades avec le tonton fantasque et de matches de boxe pour rire avec le garçon manqué.

ingemar__r_tillbaka_215588wVision angélique d'une enfance banale, que Hallström tente de doper en parsemant son histoire de drames attendus (la mort de maman) ou de pensées philosophiques du fiston (il faut relativiser, y a pire dans la vie, par exemple le gars qui s'est pris un javelot dans la tête alors qu'il faisait son footing). Bon. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir des envies un peu plus ambitieuses quand je vais au cinéma, mais je reconnais que Ma Vie de Chien ne mange pas de pain, ne fait pas de mal non plus. C'est juste inconséquent, quasi-inexistant et pastel à mort. Pas vraiment mis en scène, tout juste écrit, dirigé au plus court, ça passe le temps, et puis voilà. On ressort de là ni joyeux, ni en colère, ni intrigué, ni révolté, ni dynamique, ni ému, ni heureux ; on ressort de là. Désolé, camarade, mais cette nouvelle vision n'a pas éclairci le pourquoi de ton culte. Mystère des émotions cinéphiles...

Posté par Shangols à 23:45 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


23 novembre 2007

Faussaire (The Hoax) (2006) de Lasse Hallström

hoax_2007_1

Pauvre Lasse Hallström qui depuis Ma Vie de Chien a oublié qu'un réalisateur pouvait faire des films personnels. Cette aventure américaine n'aura jamais été vraiment porteuse de belle réussite. The Hoax est tout de même, au bout du compte, gentillet, se laisse regarder quoi, tant l'histoire réelle dont le film est adapté dépasse la réalité: un écrivain sur la touche décide de se faire passer pour le biographe d'Howard Hugues; plus la boulette est grosse, plus le culot est monstre et plus son histoire devient crédible aux yeux des célèbres éditeurs McGraw-Hill et même du magazine Time. Richard Gere (presque bien, je vous jure) qui se met dans la peau de Hugues, finit non seulement par s'y perdre (il s'invente des délires d'enlèvements paranoïaques) mais a également une fâcheuse tendance à ne plus savoir où s'arrête la frontière entre les mensonges et la vérité dans sa vie privée (bah cela dit une petite sauterie avec Julie Delpy, c'est tentant). La réalisation et la mise en scène, à défaut d'être complexes et d'échapper à la superficialité, parviennent malgré tout à tenir en haleine, ce qui est déjà mieux que rien. On souhaite tout de même un jour à Hallström d'être expulsé des Etats-Unis pour qu'il retourne en Suède et retrouve le charme de ses débuts.

The_Hoax_04

Posté par Shangols à 06:51 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
  1