Amore (Io sono l'Amore) (2010) de Luca Guadagnino
Je ne garde qu'un très pâle souvenir du (pseudo) racoleur Melissa P., j'aimerais autant ne pas en avoir de cet Amore aussi léger et clinquant qu'une feuille d'aluminium. Dès le départ, on se demande quel peut bien être l'intérêt de Guadagnino de vouloir monter son film comme un épisode de 24 heures chrono. Il multiplie les changements d'angles à l'envi, passe d'une séquence à l'autre en un clin d'oeil, et on glisse sur ce film comme sur les toiles cirées de ma grand-mère. La scène d'ouverture censée nous présenter tous les membres de cette grande famille italienne réunis autour du grand-père dont l'on fête l'anniversaire loupe totalement son but : on passe de l'un à l'autre sans avoir le temps de vraiment savoir qui est qui comme si tout cela n'avait aucune importance... On se doute que Tilda Swinton (une "immense actrice" que je trouve personnellement ici affreusement dirigée : elle surjoue chaque scène) constitue l'un des personnages importants, mais pour le reste on est bien en peine de savoir sur quoi ou sur qui va se focaliser cette histoire... Pire, après quarante minutes de film, on est pas plus avancé et on finit par comprendre qu'on ne va faire que, deux heures durant (ou quatre, psychologiquement...) glisser sur les membres de cette famille à la trajectoire terriblement clicheteuse : le fils qui ne veut pas brader l'entreprise familiale au nom de la globalisation, la fille lesbienne mais tu vois c'est po facile à dire, et enfin cette pauvre Tilda qui va se passionner pour ce grand chef qui lui redonne goût (...) à la vie. La séquence d'une Tilda savourant les mets du gars est horriblement sursurlignée (lumière soudaine sur son visage, gros plan sur sa bouche, musique qui dégouline...), et que dire de leur scène d'amore dans la nature (gros plans sur les insectes et les fleurs... y'a du pistil dans l'air...) qui ferait passer David Hamilton pour le roi du porno. On sent bien que Guadagnino voudrait que sa caméra flotte constamment dans l'air (le plan-séquence où Tilda descend l'escalier pour donner un baiser en loucedé au chef en cuisine est techniquement, faut le reconnaître, joliment fait), mais on ne finit par avoir, au final, que l'impression terrible d'un immense vide - jamais le temps de vraiment s'attacher à l'un des "figurants" de cette histoire dont on se fout comme de l'an 40. Le réalisateur nous sert à la fin un dessert dramatique horriblement convenu - et la femme, et sa fille de se dire dans la foulée qu'il faut vivre sa vie comme on l'entend : trop profond... - et on ressort de cette meringue transalpine avec le sentiment d'avoir le ventre tout creux. Guadagnino ne m'y reprendra pas une troisième fois, clair.
Melissa P. (2005) de Luca Guadagnino
Bon comment dire, cette plongée sexuelle de cette adolescente, incomprise par sa mère et aimée par sa grand-mère qui se retrouve trop vite en maison de retraite (oui je sais ça commence mal comme résumé) est un peu putassier. Certes l'adolescence est une période de transition où les tentations sont grandes. L'histoire de cette bien gentille fille qui se retrouve à faire des gang-bang (en cachant toujours ce qu'il y a à cacher, on met même un bandeau sur la caméra...) est traitée dans un style clipesque et primesautier qui jure méchament avec le fond glauque de l'histoire... A tel point qu'on se demande à qui le film s'adresse, à des ados qui pourront emmener leur copine au ciné ou à des adultes qui trouveront l'ensemble plutôt falot (on est en 2006 bordel, le cinéma italien n'est donc plus que cendre????). Certes la chtite Maria Valverde fait du mieux qu'elle peut pour faire passer le tout mais encore une fois à quoi bon traiter ce genre d'histoire avec une fin plus merdique et moralisatrice tu meurs (elle a appris à nager, tu vois le symbole!!!???) complétement déconnectée d'une quelconque réalité. Pasolini est bien mort.
Bon promis demain, je regarde un bon film.

