11 février 2007

La Couleur qui tue (Green for Danger) (1946) de Sidney Gilliat

GREEN_20FOR_20DANGER_1_Scénariste occasionnel du Bouddha (The Lady vanishes, Jamaica Inn), Gilliat livre dans cette période d'après-guerre un polar très sombre dans un milieu hospitalier qui ne l'est pas toujours.

Une voix-off nous avertit dès le début : parmi les gens dans la salle d'opération, deux vont mourir et l'un est l'assassin, les paris sont ouverts. On se croirait dans un livre d'Agatha Christie (c'est pas forcément méchant) et comme toujours on devrait savoir que la personne la plus en dehors du coup est l'assassin... Les soupçons pèsent à tour de rôle sur cette blonde sidérante, ces deux docteurs qui se battent comme des enfants pour la même femme, cette brune au regard tragique, la grosse soeur Bates dont le nom ne met pas en confiance... Climat de peur et de tension regreen_1_nforcé par ces V1 qui planent dans le ciel et qui lâchent leurs bombes aux alentours. La brune est assassinée dans un cri sauvage alors qu'elle tentait de mettre la main sur l'un des éléments du crime dans la salle d'opération, un drôle de policier tout dégingandé est envoyé sur les lieux : il est pêchu, sarcastique, tente de mettre tout le monde dos à dos mais n'est po forcément le fin limier pour lequel il se prend. C'est très british, -entendez un humour qui ne fait rire qu'eux, mais non, mais non...-, avec quelques séquences assez tendues (ce gaz qui s'échappe dans la chambre de la blonde qui se retrouve projetée, lors de son sauvetage, la tête la première dans les escaliers, cette opération sur cette même blonde mise en scène par le policier pour essayer de déterminer comment le meurtrier s'y prend qui frôle la catastrophe...) pour maintenir le suspens jusqu'au bout. Le docteur à la seringue, tout menaçant qu'il soit, s'avèrera-t-il être le tueur ou un sauveteur en puissance ? Il faut se méfier des apparences, aussi difficiles à cerner que les sentiments qui existent entre chacun des acteurs de ce drame.

cri_20green_20for_20danger_20GREEN_FOR_DANGER_13_1_

Belle réussite qui tient en haleine, avec suffisamment de petites pointes cyniques anglo-saxonnes pour que ce film ait une place de choix dans le cinéma d'outre-Manche.   

cri_20green_20for_20danger_20GREEN_FOR_DANGER_6_1_

Posté par Shangols à 06:22 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1