21 décembre 2015

L'Ombre des Femmes (2015) de Philippe Garrel

Ah il faut être remonté comme un ascenseur pour avoir envie de se confronter à un film Garrelesque : le scénario, je vous le donne en mille ; ils s'aiment, font des films. Puis il la trompe, puis elle le trompe. Il fait la gueule, elle fait la gueule, ils se séparent. Un jour, peut-être, se retrouveront-ils, parce qu'ils s'aiment. C'est aussi succinct qu'une poésie de Prévert, aussi banal qu'un café au bar d'en bas. On pourrait s'énerver devant la tête de six pieds de long de Stanislas Mehrar (il me fait de plus en plus penser à... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 18:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
07 octobre 2015

Le jeune Cinéma : Godard et ses émules (1967) de Philippe Garrel

Petite rareté du gars Garrel qui en 1967 réalise ce doc : il donne la parole à des cinéastes en herbe qui grandissent à l'ombre de Godard (toujours prêt, le boss, à filer de la péloche et à donner son "avis" sur un film : "- Alors il a aimé votre film ?, demande le journaliste Garrel / - Euh oui, enfin vous savez, Godard, il parle pas beaucoup, mais, oui, hein, il a aimé je crois..."). Il y a comme intervent le futur grand (avec, à l'époque, tout juste deux courts à son actif) Jean Eustache qui parle avec un accent pointu du Père... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 00:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
29 mai 2014

Un Ange passe de Philippe Garrel - 1975

Garrel convoque ses potes drogués de l'époque, Terzieff, Kalfon, Ogier, Nico pour une réflexion brumeuse autour du silence (arrêtez-moi si je me trompe), de la suspension, de la méditation, de la pause, le tout axé autour de la figure de son pôpa Maurice. Autant vous dire qu'on se tient pas les côtes. Voici donc une longue, très longue, alternances de deux univers différents : d'un côté, Nico, filmée dans une fausse solitude en plans serrés, en train de rêver avec son regard profond et ses poses tourmentées. On entend sa musique... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 17:19 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
14 mai 2014

La Jalousie (2013) de Philippe Garrel

Bon, ayant baissé de trois points sur l'échelle golienne avec le Dolan, je me devais de réciter deux Je vous salue Marie (...) et trois Notre Père et de me taper un Garrel. C'est chose faite. C'est un joli film en noir blanc sur la jalousie et l'infidélité, deux thèmes assez rarement traités dans le cinéma d'auteur contemporain parisien (Quoi ? j'ai encore rien dit !). Dès la séquence d'ouverture, on est en terrain connu avec une femme qui pleure sur son lit. On vient de la quitter, forcément, ça peine et ça fait mal.... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 15:25 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
26 janvier 2012

Un Eté brûlant (2011) de Philippe Garrel

Certains ont trouvé le film "iridescent", d'autres ennuyeux à mourir, il m'a, pour ma part, laissé seulement... tiède.  On connaît par cœur la situation, on aurait presque l'impression que Godard a soufflé le scénar (Amour, haine, mépris, Italie...) à Garrel : un couple (tous les deux, forcément artistes, lui peintre, elle actrice) se déchire le temps d'un été sous les yeux d'un couple d'amis sans le sou qui tente de ne pas sombrer dans le naufrage... La mise en scène est d'une évidente sobriété, les décors (au delà de ceux des... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 04:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
10 juin 2011

Liberté, la Nuit de Philippe Garrel - 1983

Hommage personnel à Maurice Garrel, RIP, immense acteur qui a non seulement brillé dans nombre de films, mais qui a aussi réussi à supporter ceux de son fils, et ça c’est grand. Quand on voit Liberté, la Nuit, on mesure l’ampleur de l’effort paternel : voilà un film ouvertement très chiant, et qui rassemble pas mal des tics agaçants de notre ténébreux Philippe Garrel… tout en comportant quand même un grand moment, j’y reviens.   L’essentiel est un pénible essai tourmenté sur l’engagement, la fin du couple,... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 13:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


16 avril 2011

Rue Fontaine de Philippe Garrel - 1984

Magnifique film, qui vous épargnera bien du tourment si vous n’avez pas envie de vous taper l’intégrale de l’œuvre de Garrel, parfois assez chiante il est vrai : celui-ci condense en effet en quelques 20 minutes toute l’œuvre du gars, que ce soit au niveau de la trame qu’au niveau du style. C’est la veine hyper-sensible de Garrel, mais de celle qu’il sait transmettre, qu’il ne garde pas pour lui dans ces façons un peu autistes qu’il a trop souvent : ici, on est vraiment touché par cette histoire et par cette manière de... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 12:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
18 mars 2011

Anémone de Philippe Garrel - 1966

    Le premier film de Garrel était intense, son deuxième sera prétentieux : en deux films, voilà résumée l'histoire de la carrière du Phil, qui gave ou enchante tour à tour. Ici, il gave. Finie l'urgence et la fougue de la jeunesse : maintenant le cinéaste veut faire dans le portrait politisé, dans la lutte des classes, dans la distanciation brechtienne, pas moins. Il choisit pour ce faire la toute jeune Anémone, 16 ans à l'époque, pour, à travers elle, tenter le portrait en coupe d'une fille de bourgeois tentée par... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 19:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
07 mars 2011

Les Enfants désaccordés de Philippe Garrel - 1964

19 ans, premier film, et déjà Garrel se montre de face dans ce court-métrage fiévreux et magnifique. Tout y est déjà, avec en plus cette frontalité précieuse qu'il ne saura pas toujours conserver dans sa filmographie future, souvent trop cérébrale. Il s'agit de l'escapade, de la fuite même pourrait-on dire, de deux adolescents : ayant subitement quitté leurs familles, un garçon et une fille vivent quelques instants loin de tout, entre perte de repères, désillusion et derniers feux d'une enfance joueuse. Le futile et le grave y sont... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 13:14 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
08 décembre 2009

Sauvage Innocence de Philippe Garrel - 2001

Sacré Garrel. Emouvant jusque dans ses maladresses. Et là, on peut dire que des maladresses, il y en a à la pelle. Mais qu'est-ce que vous voulez : ses films ont beau être bancals, énervants, ratés souvent pour une bonne moitié, il continue à nous cueillir, par cette sincérité, par cette nonchalance triste qu'il traîne comme un Souchon cérébral. Sauvage Innocence est bourré de lourdeurs, de choses soûlantes ; mais il est encore une fois intéressant et troublant. Un jeune cinéaste veut tourner un film sur ses rapports... [Lire la suite]
Posté par Shangols à 21:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]