26 janvier 2012
Un Eté brûlant (2011) de Philippe Garrel
Certains ont trouvé le film "iridescent", d'autres ennuyeux à mourir, il m'a, pour ma part, laissé seulement... tiède. On connaît par cœur la situation, on aurait presque l'impression que Godard a soufflé le scénar (Amour, haine, mépris, Italie...) à Garrel : un couple (tous les deux, forcément artistes, lui peintre, elle actrice) se déchire le temps d'un été sous les yeux d'un couple d'amis sans le sou qui tente de ne pas sombrer dans le naufrage... La mise en scène est d'une évidente sobriété, les décors (au delà de ceux des... [Lire la suite]10 juin 2011
Liberté, la Nuit de Philippe Garrel - 1983
Hommage personnel à Maurice Garrel, RIP, immense acteur qui a non seulement brillé dans nombre de films, mais qui a aussi réussi à supporter ceux de son fils, et ça c’est grand. Quand on voit Liberté, la Nuit, on mesure l’ampleur de l’effort paternel : voilà un film ouvertement très chiant, et qui rassemble pas mal des tics agaçants de notre ténébreux Philippe Garrel… tout en comportant quand même un grand moment, j’y reviens.
L’essentiel est un pénible essai tourmenté sur l’engagement, la fin du couple,... [Lire la suite]16 avril 2011
Rue Fontaine de Philippe Garrel - 1984
Magnifique film, qui vous épargnera bien du tourment si vous n’avez pas envie de vous taper l’intégrale de l’œuvre de Garrel, parfois assez chiante il est vrai : celui-ci condense en effet en quelques 20 minutes toute l’œuvre du gars, que ce soit au niveau de la trame qu’au niveau du style. C’est la veine hyper-sensible de Garrel, mais de celle qu’il sait transmettre, qu’il ne garde pas pour lui dans ces façons un peu autistes qu’il a trop souvent : ici, on est vraiment touché par cette histoire et par cette manière de... [Lire la suite]18 mars 2011
Anémone de Philippe Garrel - 1966
Le premier film de Garrel était intense, son deuxième sera prétentieux : en deux films, voilà résumée l'histoire de la carrière du Phil, qui gave ou enchante tour à tour. Ici, il gave. Finie l'urgence et la fougue de la jeunesse : maintenant le cinéaste veut faire dans le portrait politisé, dans la lutte des classes, dans la distanciation brechtienne, pas moins. Il choisit pour ce faire la toute jeune Anémone, 16 ans à l'époque, pour, à travers elle, tenter le portrait en coupe d'une fille de bourgeois tentée par... [Lire la suite]07 mars 2011
Les Enfants désaccordés de Philippe Garrel - 1964
19 ans, premier film, et déjà Garrel se montre de face dans ce court-métrage fiévreux et magnifique. Tout y est déjà, avec en plus cette frontalité précieuse qu'il ne saura pas toujours conserver dans sa filmographie future, souvent trop cérébrale. Il s'agit de l'escapade, de la fuite même pourrait-on dire, de deux adolescents : ayant subitement quitté leurs familles, un garçon et une fille vivent quelques instants loin de tout, entre perte de repères, désillusion et derniers feux d'une enfance joueuse. Le futile et le grave y sont... [Lire la suite]08 décembre 2009
Sauvage Innocence de Philippe Garrel - 2001
Sacré Garrel. Emouvant jusque dans ses maladresses. Et là, on peut dire que des maladresses, il y en a à la pelle. Mais qu'est-ce que vous voulez : ses films ont beau être bancals, énervants, ratés souvent pour une bonne moitié, il continue à nous cueillir, par cette sincérité, par cette nonchalance triste qu'il traîne comme un Souchon cérébral. Sauvage Innocence est bourré de lourdeurs, de choses soûlantes ; mais il est encore une fois intéressant et troublant.
Un jeune cinéaste veut tourner un film sur ses rapports... [Lire la suite]06 juillet 2009
Le Berceau de Cristal de Philippe Garrel - 1976
Ah oui, voilà qui change du film de tf1 d'hier soir, et même qui change tout court. Dire que Le Berceau de Cristal est radical serait en-dessous de la vérité : c'est une espèce de coup de massue, dans tous les sens du terme (le côté assommant aussi bien que le côté renversant). Pendant 1h15, on assiste à une succession de plans fixes, à 90% sur une femme seule (Nico). Elle lit, rêvasse, se roule un cosse, écrit deux-trois poèmes psychédéliques, le tout dans une obscurité inquiétante et sur une musique planante que je conseille pour... [Lire la suite]03 mai 2009
Les Chemins perdus 1966-1967 de Philippe Garrel - 1984
Une étape bizarre et un peu décousue dans la carrière du sieur Garrel. Presque 20 ans après, il décide de monter ensemble trois petits films qu'il fit à son époque "je fume mes cheveux et je fais la révolution". Il y a bien quelque chose de touchant dans ce retour à ses envies de l'époque, et dans la simplicité qu'il met dans ce montage, mais Les Chemins perdus 1966-1967 reste un objet sans véritable attache, les trois films présentés ayant finalement peu à voir les uns avec les autres au niveau de l'esthétique et même du... [Lire la suite]19 avril 2009
La Frontière de l'Aube de Philippe Garrel - 2008
Les critiques se sont déchaînées à propos de ce nouveau Garrel, ce qui prouve bien que le pluriel ne vaut rien à l'homme : La Frontière de l'Aube est un film magnifique, justement en-dehors de tout jugement en ce qu'il trace sa route en solitaire total, en se foutant complètement de ce qu'on en dira. Garrel y réalise une énième introspection douloureuse, chose qu'il a plus ou moins réussie par le passé ; il le fait cette fois avec l'incandescence de ses meilleurs jours, livrant un film bancal et maladroit, et peut-être justement beau... [Lire la suite]06 avril 2009
J’entends Plus la Guitare de Philippe Garrel - 1991
Incroyable comment Garrel, sur le même sujet et sans vraiment changer de style, est capable de films éblouissants et de pensums insupportables. J’entends Plus la Guitare est très proche de Elle a passé tant d'Heures sous les Sunlights : c'est la même façon de tourner sans cesse autour d'une femme absente (c'est d'ailleurs la même femme dans les deux films, Nico), c'est ce même tourment et cette même gravité, ces mêmes dialogues entre jeux de mots et questionnements angoissés... mais si le film de 1985 atteignait une plénitude et une... [Lire la suite]
