17 octobre 2008

Police contre Syndicat du Crime (Kenkei tai soshiki boryoku) (1975) de Kinji Fukasaku

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Kinji Fukasaku fait encore preuve d'une belle virtuosité avec ce polar très musclé. Si deux gangs dominent le haut du pavé et ne cessent de se tirer la bourre, les relations qu'ils entretiennent avec les flics et avec le pouvoir en général sont plus que complexes. Un ancien homme d'un clan est devenu adjoint au maire, il a partie liée avec un homme d'affaires dans le pétrole et magouille avec les yakuzas. Un flic, conscient que la corruption est à tous les étages de la société depuis l'après-guerre, protège plus ou moins un chef de clan, sachant pertinemment que l'on ne pourra faire table rase de ce système du jour au lendemain. Ajoutez à tout cela la création d'une branche antigangs qui prétend avoir les mains propres et vous obtenez un beau bordel scénaristique. Si Fukasaku expose parfaitement les motivations de chacun, on se perd parfois un peu en route, au détour de 14 règlements de compte, pour savoir vraiment qui est qui et pourquoi celui-ci s'acharne autant sur celui-là. Il faut d'ailleurs au passage lui reconnaître un don pour filmer ces bagarres qui dégénèrent en grand n'importe quoi, on a presque parfois l'impression qu'il jette sa caméra dans la mêlée et advienne que pourra, chacun se balançant à tour de rôle le bazar - je plaisant à peine tant il "colle" à l'action; je ne pense pas avoir rêvé, mais à un moment, lors d'une scène d'"amour" (disons, pour être plus précis, de domptage...), il y a comme le doigt d'un technicien qui se retire de l'objectif - un peu comme les micros chez Cassavetes, po bien grave, c'est dans le mouvement... Dès les années 70, Fukasaku parvient à montrer que les plus fourbes ne sont pas toujours forcément ceux que l'on croit et que les plus pourris sont souvent ceux qui s'en sortent le mieux : ils finissent dans le pétrole (ou dans la banque, mais c'est po le sujet du film). Fukasaku y va mollo sur les arrêts sur image ou les images sépia - un petit flash-back tout de même pour la route - et fout franchement les boules avec des scènes meurtrières d'un réalisme terrible, de soudaines accélérations de violence qui font bien comprendre que la vie ne tient, dans ce milieu, qu'à un fil. Les flics en civil ne sont pas en reste, la plupart mouillant gentiment dans la corruption comme si cela faisait inévitablement partie du jeu : ils sortent de chez les putes le sourire aux lèvres, "invités" par les mafieux, et se saoulent même à leur frais... De bons flics, quoi... Tous ces éléments contribuent à nous donner l'impression de plonger véritablement au coeur de ce système entièrement corrompu, de la flicaille aux personnes au pouvoir, tout en dépeignant précisément le monde des mafieux : une structure narrative joliment éclatée, des personnages de chair et de sang, une caméra au taquet, que demande le peuple?... Fukasaku mérite vraiment sa petite place de choix dans le monde nippon du cinoche.

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01 juillet 2008

Le Cimetière de la Morale (Jingi no hakaba) (1975) de Kinji Fukasaku

Ishikawa est un fouteur de merde qui dépasse l'entendement. Fukasaku, décidément un réalisateur sans concession, revient sur le Japon d'après-guerre en nous dressant le portrait d'un homme sans foi ni loi, ni toit d'ailleurs, mais c'est moins grave. Du point de vue de la mise en scène, on a droit à une explosion d'images, un peu comme si la caméra était parfois lancée en l'air ou accrochée derrière une sauterelle (une grosse). On en ressort presque lessivé et on se dit que ce n'était pas l'époque la plus brillante du Japon.

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Présentation très sobre à partir de photos noir et blanc de l'enfance d'Ishikawa : enfant pleurnichard mais travailleur, intelligent, il perd très tôt sa mère et décide au sortir de son adolescence de rejoindre un clan de Yakuza. Il ne va pas tarder à aller en taule (il y fera de longues visites plus tard) pour avoir tenté de défendre son boss insulté. C'est à sa sortie qu'on le retrouve. Voilà pas deux seconde que l'on fait sa connaissance, un homme au visage fermé derrière ses lunettes noires, qu'il fout déjà le boxon sur les quais en s'attaquant à un type d'un gang adverse. Cela lui vaudra un sermon de son boss qui veut éviter à tout prix une guerre des gangs. Il aurait mieux fait de le flinguer sur le champ car l'autre va enquiller les boulettes. Ishikawa a le don pour mettre en pétard tout son entourage. Le début du film est un feu d'artifice d'images (décadrage à 45 voire 90 degrés, explosion de son, séquences sépia, mouvements parkinsoniens, défilé de couleurs sous l'objectif qui donne le sentiment d'assister parfois à un film "impressionniste") au diapason de la vie chaotique de cette époque, d'autant qu'Ishikawa va mettre un tel bordel qu'il va se faire bannir de son propre clan et de Tokyo pour dix ans... Il reviendra camé jusque là, individu quasiment muet alors que la caméra s'est elle-même assagie, mais continue de se jeter à la gueule des chefs de clan, ceux-là même qui cherche à l'aider. Le film culmine dans une prodigieuse scène de lancer de pierres, Ishikawa s'étant barricadé dans son appart alors que les forces de police et les deux principaux clans de Yakuza sont venus lui faire la peau : il canarde tout le monde avec son pauvre flingue alors qu'il se fait proprement lapider sous une pluie de caillasse.

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Le film porte on ne peut mieux son titre, tant toute morale semble avoir fui la société; Ishikawa n'est jamais qu'une forte tête qui n'a de cesse de surfer sur cette société sans principe, rongée jusqu'au trognon par la corruption : l'armée américaine d'occupation organise le trafic de l'alcool avec les Yakuza, les flics japonais s'entendent avec les Yakuza pour virer du pays les Chinois ou les Coréens enrôlés pendant la guerre et profiteurs de l'après-guerre, le sens de l'honneur semble bel et bien avoir été enterré six pieds sous terre. Veritable poil à gratter du système (il doit se faire traiter pas moins d'une douzaine de fois d'emmerdeur), Ishikawa a beau parfois trouver refuge chez sa douce, le démon s'empare de lui dès qu'il s'agit de faire la connerie à éviter (mettre le feu à la bagnole du caïd du coin qui se présente en tant que député, c'est pas cool). La fin du film est d'une noirceur terrible et Fukasaku réalise une fois de plus une oeuvre d'un bloc, qu'on se prend en plein dans la tronche. C'est po le temps des cerisiers avec le Kinji...   

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03 mai 2008

Kamikaze Club (Kyokatsu koso Waga Jinsei) (1968) de Kinji Fukasaku

Fukasaku n'y va point avec le dos de la cuillère pour fustiger la corruption qui a lieu à tous les étages dans ce Japon de la fin des années 60. Caméra à l'épaule, cadres "mouvants", petite musique sifflotée tarantinesque, arrêts sur image le temps de donner une précision, nombreux flash-back pour revenir sur "l'ascension" de Muraki, on ne sent pas lésé à la vision de cette bonne série B nippone.

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Muraki, avec ses potes assez rigolards (2 types, une gonzesse), monte des magouilles en tout genre, leur spécialité étant le chantage, voir le chantage de maître-chanteur. Après avoir commencé dans le lavage des 12052chiottes (scènes relativement explicites) puis comme serveur à temps plein (compter 20 par jour), Muraki a décidé de passer du côté sombre : tous ces gens qui semblent bien propres sur eux sont remplis de crasse, et Muraki sait qu'il y en a un bon paquet qui ne sont en fin de compte que des cons (sic)... Autant profiter de la situation et se faire, comme les gros bonnets de la société, des thunes faciles. Au niveau du chantage, il y a de quoi faire : vendeurs d'alcool frelaté, patrons d'entreprise qui trompent leur femmes, beaux enfoirés qui filment les ébats pour les revendre... Muraki monte vite en grade et se tape en prime une actrice, qu'il a coincée dans une "position" redoutable pour sa carrière. Tout ça est plutôt bon enfant, voire carrément trop facile, et pis c'est l'incident; l'un des pères des mecs de la petite bande est retrouvé mort dans un port nauséabond. Le règlement de compte, qui suit, dans le milieu des yakuzas, fait monter d'un ton la pression. Fort de ce succès, la bande à Muraki s'attache alors aux pourritures du monde politique, mais cette fois-ci, ils ont peut-être vu un peu trop haut...

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Fukasaku demeure relativement efficace dans son style, même si le film perd définitivement de son rythme dans la dernière partie. Mélange de tons assez réussi, avec déconnade débonnaire au bord de la plage et pissage de sang spectaculaire. On sent que Fuka s'amuse avec ses cadres qu'il bouge dans tous les sens, souvent uniquement pour le fun. Même si on est très loin du chef-d'oeuvre, la critique de la société nippone en creux est plus courageuse qu'elle en a l'air sans parler de ce matérialisme dévorant qui pointe le bout de son nez et la volonté de croquer dans la pomme, pour nos héros qui ne veulent pas disparaître dans cette foule de zombies. Sympathoche.

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07 février 2007

Combat sans code d'Honneur (Jingi naki tatakai) (1973) de Kinji Fukasaku

L'après-Hiroshima laisse un pays livré à lui-même où les différents clans de Yakuza ne cessent de régler leur compte. Dès la séquence d'ouverture dans un immense marché, lorsque nos amis les G.I. décident de violer une fille qui passait par là, on assiste à de violentes bastons en bonne et due forme, filmée avec une caméra ultra virevoltante qui colle constamment à l'action: c'est là décidément toute la marque de Fukasaku, dont la caméra vit avec ses personnages.

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On retrouve ces arrêts sur image sur chaque présentation de personnage - et sur chacune de leur mort aussi - avec une musique qui fait "pinpinpin!"- ce qui n'est po sans rappeler un certain Kill Bill. L'histoire pour faire court est, dans une première partie du film, un réglement de compte entre le clan Yamamori et le clan Doi dont va faire les frais notre héros, Shozo Hirono qui fera un second petit tour en prison pour meurtre. Il est celui qui apparaît comme le seul garant (si je puis dire) du code d'honneur, n'hésitant jamais à payer de sa personne pour sauver le clan Yamamori, même si dans la seconde partie du film, plus brouillonne, on l'on assiste à de multiples réglements de compte entre les différents sous-chefs du même clan, il décidera finalement de jeter l'éponge en partant la tête haute: il y a définitivement quelque chose de pourri au royaume du Japon, et notre ami Hirono, las des multiples trahisons, délations et sacrifices, finira par péter un plomb à l'enterrement d'un des derniers sous chefs. On aura droit au passage à un joli coupage de doigt, un hara-kiri assez gore et d'innombrables coups de feu faisant exploser des corps. Si on est limite à prendre des notes pour savoir qui est qui, la maestria de la mise en scène de Fukasaku reste tout de même impressionnante, la caméra ne se posant qu'en de rares instants. Juste une ou deux petites scènes d'amour tariffé pour passer le temps, dans ce monde d'hommes qui ne cherchent que le pouvoir et la mise à mort de leur adversaire coûte que coûte. Le chef Yamamori est en cela un bel exemple de pourriture, n'hésitant point à pleurer pour s'attirer la pitié et garder la mainmise sur les différents traffics (drogue, armes..), et finissant par trahir tous ceux qui l'aident - rah bel exemple pour la jeunesse, tiens.

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La bombe d'Hiroshima semble avoir fait exploser toute morale au royaume du soleil levant, les chiens-yakuza sont lâchés et s'en donnent à coeur joie. Du cinéma coup de poing on dit, non?

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23 octobre 2006

Guerre des gangs à Okinawa (Bakuto gaijin butai) (1971) de Kinji Fukasaku

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Il est indéniable que ce film a du servir grandement d'inspiration pour Tarantino - tendance Reservoir Dogs, même le son de la guitare basse se retrouve dans son film... - voire pour Takeshi Kitano - tendance Violent Cop. Dès le début du film - un homme sort de prison dans une rue balayée par le vent - , on retrouve une présentation des personnages qui a fait la marque de Fukasaku: arrêt sur image -montage "photos"-, petites vignettes de 30 secondes pour découvrir ce que ses anciens compagnons d'arme sont venus faire (si l'un des acolytes colle des numéros de téléphone rose sur des pare-brise avant de se faire presque serrer par les flics,  un autre ébouillante un client avant de s'ébouillanter lui-même en faisant cuire des pâtes; c'est cocasse et efficace). La vengeance est un plat qui se mange froid et la bande des 7, une fois reconstituée, prête à reprendre du service après 10 ans, décide d'aller se refaire à Okinawa... Là on déroule ce que le titre nous laissait entendre, des réglements de compte saignants au pistolet ou au sabre, des haines froides qui se tissent, des amitiés qui surgissent - le meilleur malfrat étant un géant balafré manchot, qui ressemble à Hulk sauf que lui il reste toujours tout jaune. Le chef de la bande (truand aux lunettes noires, genre Richard Berry ultra-constipé) croise une prostituée qui lui rappelle son ex (une bien belle bombe si je peux me permettre), deux petites scènes plus sombres et désespérées que vraiment érotiques qui apportent à peine un souffle d'air au tempo du film. Viendra le temps de la vengeance finale, un carnage avec de jolies giclées de sang dignes de ce nom. C'est noir et très... classique, peut-être trop classique tellement Fukasaku a été pompé par les cinéastes de Honk-Kong également au passage. Dure loi des précurseurs que l'on découvre (je parle pour moi, of course) après la pluie. Il n'est pas facile du même coup de véritablement juger le film, tant il faudrait le replacer dans son époque (j'étais même po né bon Dieu) et mesurer à quel point l'on a puisé dedans - quitte à le faire paraître aujourd'hui presque exsangue.

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13 septembre 2006

Battle Royale (Batoru rowaiaru) de Kinji Fukasaku - 2000

battleroyale_2_3_1_Si seulement Lost pouvait être sur le même principe... Cela nous éviterait une bonne cinquantaine d'épisodes. Disons le franco, Battle Royale est une grande réussite tant sur le fond que sur la forme sachant marier royalement les difficultés du monde adolescent et la sauvagerie de celui des adultes, l'humour et le côté gore, l'ultra-violence et la musique classique (sans jouer dans le jardin de Kubrick). Sur un scénario certes pas vraiment nouveau (il doit en rester un et coup de bol il n'y a pas Christophe Lambert), Fukasaku réalise certes un film diablement efficace mais surtout il se permet de s'attarder sur la plupart des personnages qui semblent avoir souffert de par le passé de difficultés de communication: comment faire le premier pas quand on est tout jeune et qu'on joue pas dans un film de Larry Clark? On est bien d'accord, c'est pas si évident. Lors de ces 3 journées ultimes aux multiples réglements de compte (tu m'as piqué mon petit copain, voilà un coup de faux dans ta face, tu m'as jamais fais confiance, prends toi ce jet d'arbalète) il y a aussi la place pour avouer dans un dernier soupir à celle ou à celui qui assiste au dernier râle combien on a l'a aimé auparavant - sans jamais avoir été capable d'oser l'avouer. Comme si le chemin de croix de ces lycéens se jouait plus sur le terrain des sentiments que sur le sentier de la guerre dans laquelle ils se retrouvent mêlés malgré eux. C'est au final assez touchant et cela fait de Battle royale un excellent film sur l'adolescence.

D'autres petites choses secondaires sont des plus inventives (chacun a une arme différente dans sonbr_1_ package de départ - bonne gâche quand c'est une mitraillette, pas de peau quand c'est un couvercle de poubelle ou des jumelles; cela dit, tout s'avère au final utile, un peu comme le coup du patin à glace dans Cast away. Kitano, quant à lui, est fabuleux dans son rôle de professeur tyrannique, chacun de ses éclats et de ses coups de gueules étant un régal. Des idées de plans sont également très ingénieuses; pour n'en citer que quelques unes: le ballon de basket qui rebondit à l'envers pour remonter vers la balustrade, la séquence dans le phare où le garçon cherche la fille qui s'est écrasé en contrebas (38 façons de mourir différentes, c'est tout de même une gageure... moins que les amendements à l'assemblée nationale, on est bien d'accord), les courtes séquences récurrentes de flash-back qui ne durent pas 30 minutes comme dans Lost et qui sont toutes très significatives...

Battle Royale mérite son statut de film culte, finissant par faire passer The Wall pour un film de maçon - dommage que la suite s'annonce d'un piètre niveau.   (Shang - 12/09/06)


Décidément, on doit vivre des vies parallèles avec mon collègue, pour voir comme ça les mêmes films lebr_extcut_tart3 même jour avec 8 millions de kilomètres entre nous.

Moins emballé que le collègue cité plus haut par Battle Royale. Certes, le film commence sur les chapeaux de roue, et j'ai adhéré sans réserve au principe du film, et surtout au jeu explosif et hilarant de Takeshi. Les premières scènes sont brutales, poilantes et surprenantes comme tout, surtout quand on est comme moi ignorant du sujet du film. Le jeu très "manga" des jeunes acteurs fait merveille : on leur met une petite claque sur le front, ils roulent sur eux-mêmes pendant 48 secondes en disant bouwwwaaa, c'est très drôle. Le principe du film, donc, déjà résumé par mon co-bloguier, est très bon, complètement pas crédible (on voit bph1honnêtement 36 façons de se sortir de cette île maudite, mais pas les personnages) et de ce fait amusant. Malgré les tics de réalisation un peu crâneurs, comme la liste des tués qui s'affiche directement à l'écran, ou les mystérieux cartons de texte qui jalonnent l'histoire, on regarde ça avec un plaisir de spectateur de film d'horreur. Parfois d'ailleurs, les scènes de meurtre sont très gores, les gusses mettant à peu près 40 minutes à mourir malgré les 14 balles qu'ils ont dans le corps. Donc, très drôle, japonissime dans le jeu, et du grand Kitano.

Ensuite, ben ma foi je trouve ça un peu flou. Je comprends bien que Fukasaku a voulu faire un film plus psychologique que physique, mais tout de même : le discours sur l'adolescence manque un chouille de profondeur, j'espère qu'on est d'accord. Le film est rigolo, mais je ne vois pas où chercher de réflexion particulière, honnêtement. Le type avec la tête à moitié séparée dubattleroyale2 corps et qui avoue dans des bulles de sang qu'il a toujours été amoureux de la fille qui vient de le bousiller, c'est fun, mais je préfère Eustache dans le genre "portrait de la violence adolescente". D'autre part, Battle Royale est quand même très poseur, dans sa volonté inlassable d'impressionner. Les gerbes de sang ne suffisent pas, pépère. Enfin, le scénario reste assez paresseux, une fois le joli principe posé. On assiste simplement à une boucherie collective (bien que très variée dans son déroulement, je reconnais), en attendant tranquillement le coup de théâtre final qui ne manquera pas d'arriver. Les personnages manquent cruellement d'épaisseur (y compris Kitano, qui se résume à ses problèmes avec sa fille), ne sont jamais sympathiques, et du coup, on les regarde s'entretuer sans jamais avoir peur ou pitié pour eux.

Bon, allez, j'ai passé quand même un moment agréable. Un simple divertissement, à mon avis.   (Gols - 13/09/06)

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25 août 2006

Okita le Pourfendeur, Yakuza Moderne (Gendai yakuza: hito-kiri yota) (1972) de Kinji Fukasaku

okitalepourfendeur03_1_Voilà un film qui fleure bon l'année 72 (votre serviteur voyait le jour) et qui charcle dans tous les coins; pour pourfendre, notre ami Okita pourfend: il frappe comme une mule et viole à tour de bras.

Après une introduction faite d'arrêts sur images, de cadres ultra décalés, de caméra portée à dos de panda, on apprend comment Okita, né sans père, d'une mère prostituée retrouvée un jour morte dans une rivière (un peu comme Jean-Luc Lahaye en fait mais en plus dur) a fini en prison pour avoir voulu régler son compte au caïd du coin. Quelques années plus tard, on voit bien qu'il est pas calmé et Fukasaku continue de le suivre avec une caméra erratique mais plutôt fluide (on comprend vite qu' il a dû se faire piquer tous ses pieds de caméra). Okita se lance à corps perdu pour se faire son trou dans le milieu et n'hésite pas à provoquer les deux clans de yakuzas qui contrôlent la ville. Méga bastons dans les rues, dans les bars à putes, Okita avec sa bande de sauvageons ne baisse jamais la tête. Il a les mêmes lunettes que mon père au volant de sa 504, c'est normal, c'est la période. Il se calme un poil quand il retrouve son amie prostituée (c'est lui qui l'avait violée et l'a lancée dans ce métier, ça crée des liens) mais on voit bien que tant qu'il aura pas foncé dans un mur, personne ne pourra okitalepourfendeurimg_1_lui faire raison garder. Musique d'ambiance -trompette, saxo, harmonica, pipeau- qui me rappelle les K7 de daube qu'on écoutait sur les routes des vacances toujours dans la 504.

La fin est aussi infernale et violente que Bonnie and Clyde et le film se termine sur ce carnage aussi intense que le reste. Bon je vais me faire Battle Royal pour continuer ce clin d'oeil à ce maître du film de gangsters japonais (Tarantino est fan, ben ouais, ça arrive)

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