Quantum of Solace (2008) de Marc Forster
Voilà bien longtemps que je n'avais point trainé ma carcasse dans une salle de ciné - faut dire l'offre à Shanghai est risible. Que vaut donc ce nouveau James Bond ? Et ben pas grand chose, j'ai envie de vous dire comme ça, tout de go. Certes, je ne suis po un méga aficionado de la série, mais je dois reconnaître que Casino Royale m'avait fait passer un bien bon moment, grâce notamment à un Daniel Craig tout en puissance et plein de charme. On ne garde cette fois-ci que le côté brut de décoffrage du type et les scènes de transition entre celles d'action sont d'une platitude royale. On a forcément droit au cahier des charges de base (la totale : course en bagnoles, en bateaux, en avions, à pied... - la nouvelle spécialité du chef, impossible avec Pierce Brosnan qui avait peur de se salir) et ces séquences montées de façon survitaminée - 1 ou 2 plans secondes, terrible - sont au final ultra tape à l'oeil sans que l'on prenne vraiment plaisir à les suivre. Craig saute de balcon en balcon comme dans un jeu video, c'est un peu lassant... Le scénario pseudo écologique est vraiment ras des pâquerettes (Paul Haggis, pas en forme...), les petites piques d'humour sont très rares, po de gadgets snif, et James Bond roule en Ford (rah le nase, bientôt en smart, loser!...) Il joue cette fois-ci le beau ténébreux super vénère (a perdu copine) qui flingue souvent avant d'interroger et il a beau lancer un "Damn it" pour la route, on préfère autant Jack Bauer dans ce genre de situation. Il a un petit côté "éléphant qui déménage" qui donnait du punch à Casino Royale et qui, ici, est tout simplement un peu barbare. Alors on retrouve sinon quand même Amalric en méchant : déjà, il faudrait qu'il change de chemise et, franchement, Amalric (qu'on connaît depuis tout petit) qui fait des scchhlllrstoupss une hache à la main pour combattre James Bond, on se marre... Quant à la James Bond Girl, pour finir : Olga Kurylenko a du chien mais a peu l'occasion de faire preuve de son charme, le Craig étant dur comme une pierre (il se tape quand même la chtite Strawberry Fields mais on sent que c'est vraiment pour lui faire plaisir...). Bref, si on pouvait oublier Marc Foster pour le suivant, ce serait pas plus mal...

Stay (2005) de Marc Forster
Que dire pour que mon pote Bastien ne me fasse pas la gueule pendant 6 mois?
Stay est intéressant (je suis lâche...), formellement s'entend, car on sent bien que Forster a essayé avec plus ou moins de brio de raccorder toutes les scènes ensemble: si le jeu de double (certes faut voir le film, en juillet dans les salles françaises ce qui n'est jamais un bon signe) entre les deux personnages centraux est particulièrement bien mis en scène (la scène dans les escaliers ou certains champ-contre champ assez bluffants), les raccords entre les séquences, elles, abusent à donf du morfing et parfois on dirait un peu un clip de Michael Jackson (aie). Certains effets de reflets (pitite photo ci-contre) sont également bien vus et c'est clair qu'on aura du mal, ami Bastien, à faire mieux. Cela dit filmer Mc Gregor à travers un sablier en verre pour dire que le temps presse, c'est un peu lourdaud mais bon.
Le plus tordu reste la fin (ne parlons pas de Lynch par pitié) qui hésite entre Usual Suspect (mais
po clair) et un Shyamalan cinq minutes avant la chute, ou, pour reprendre le mot très fin (merci mille fois) de Federica que j'ai mis 1h35 à comprendre, est "poétique". Ok c'est "poétique". Si je voulais être un peu plus clair, je dirais que, en gros, pour être gentil (et je le suis) ça plane dans une autre sphère; pour être méchant (et je le suis) la fin peut aussi vous faire lâcher un "bloups" d'incompréhension du genre "ah ouais tout ça pour ça et?"... Alors franchement "poétique" ça m'arrange carrément. Sans ça je dirais superficiel mais je risquerais de perdre un ami. Ce serait con. Bastien: stay.

