06 février 2012

Le Passé se venge (The Crooked Way) (1949) de Robert Florey

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John Alton est en charge de la photo est franchement, ça se voit : jeu d'ombres et de lumières décliné à l'envi pour une énième histoire de soldat ricain amnésique (John Payne dont le visage lisse correspond relativement bien à ce crooked waypersonnage désireux de repartir à zéro) mais dont Alton tente de tirer le meilleur parti ; Payne ne peut retrouver la mémoire à cause d'une saloperie de shrapnell insidieusement inséré dans son cerveau, mais il peut retrouver la lumière... grâce à une femme (sublime séquence de l'échange de cigarette : l'étincelle is back !). La sienne, son ancienne, qu'il va lui falloir reconquérir... Parce que po de bol, comme par hasard, avant de s'engager dans l'armée, l'ami Payne (Ex Eddie Ricardi qu'Eddie Rice ne veut plus "record-er") était mouillé dans de sales affaires. Il a même livré à la police son ancien associé, Vince Alexander (tough Sonny Tufts), qui a gardé, indéniablement, une certaine rancune à son encontre. Quand Eddie débarque la bouche en coeur à Los Angeles, il a tôt fait de se la retrouver de travers sous les coups des hommes de main de Tufts. Il pensait qu'un simple mot prononcé par un quidam ("Eddie ?") allait lui permettre de retrouver son passé : quand tour à tour la Police, Tufts et son ex femme (Ellen Drew) le prononcent, ce n'est point pour se rappeler à son meilleur souvenir... Mais Eddie a changé, si, il lui reste juste à convaincre son entourage : Tufts veut le mouiller dans une sale histoire, Drew est sceptique et la Police attentiste, long is the road, boy...

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On apprécie ces intérieurs magnifiquement filmés (le commissariat de police et l'incontournable ombre des stores, les reflets d'une inscription en vitrine qui se reflète sur les murs, l'étrange antre de Tufts aussi glauque qu'un entrepôt, appartement filmé dans la pénombre, le magasin de "surplus militaire" (belle ironie vue les problèmes de Payne) dans lequel a lieu la pétarade finale) et ces faciès divinement éclairés par un Alton en grande forme. Comme les seconds couteaux valent leur poids en pop corn (le lieutenant incarné par John Doucette - pas de la ptite bière, Percy Helton avec sa voix - et son physique - à la Donald qui fait son grand numéro avec son chat...) et que l'intrigue est rondement menée (notre faux-coupable à la Hitchcock devant à la fois persuader la police et sa douce de son "innocence absolue" : la voie de la rédemption...), on prend un réelle plaisir à cette histoire modianesque en diable... Y a de toute façon, décidément, pas photo : quand un film noir à des noirs - et des contrastes - aussi beaux, bien difficile de ne pas y succomber...

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Noir c'est noir, c'est

 

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05 décembre 2011

Danger Signal (1945) de Robert Florey

"In order to be happy you have to be a little ruthless..."

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Bon petit film noir qui bénéficie de la présence de l'excellent Zachary Scott - genre de Clark Gable sournois -, séducteur, profiteur - et killer - qui va semer le trouble dans le cœur de deux sœurs : Faye Emerson (Hilda) et la chtite Mona Freeman (Anne). On sait dès le départ que le type est un bourreau des cœurs qui, une fois qu'il a plumé ses victimes, se barre en faisant croire qu'elles se sont suicidées (on verra par la suite la façon subtile dont il opère pour que cette ultime note soit écrite de leur main même). Après son dernier méfait, il part à... Hollywood (rien de mieux pour prendre une nouvelle identité) en se faisant passer pour un ancien soldat qui tente de vendre des scénars (mais ce qu'il parvient le mieux à mettre en scène, c'est encore lui-même, in the real life...). Il parvient à trouver une pension chez les Fenchurch où après avoir gagné la confiance de la mère, il va réussir à embobiner l'aînée, Hilda, avant de jeter son dévolu ("you are a wolf" lui lance un des jeunes prétendants de Anne... Exactly) sur la benjamine. Il pense pouvoir s'en tirer en grand seigneur en faisant passer les reproches de Hilda à son encontre pour de la jalousie... Mais cette dernière n'est pas du genre à laisser tomber la partie si facilement.

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Ce qu'il y a d'assez jouissif, c'est qu'on ne voit jamais le gars Zachary se comportait comme un type réellement dangereux, ayant de lui l'image qu'il se plaît à donner aux femmes : celle d'un type terriblement suave auquel rien ne résiste. Même lorsqu'une psy tente de percer son caractère (le film évitant l'écueil de sombrer dans l'aspect uniquement psychologisant du personnage), il sait toujours faire preuve d'un terrible sang-froid pour garder la face - sodanger signal-1n petit sourire surmonté de la fine moustache vintage est insidieusement fatal... Mais si Hilda, jeune femme qui s'adonne jusque là à son travail sans laisser de réelles chances à ses prétendants, est prête, après cette aventure par trop idyllique (un ptit week-end en bord de mer avec le Zachary et son cœur chavire - terrible scène caustique lorsque notre prédateur moustachu offre à Hilda la bague ("till death do us part" (...)) qu'il a volée à sa dernière proie...) à tourner la page, elle ne veut point que sa sœur se mette à la colle avec ce sombre manipulateur. C'est finalement elle qui apparaît comme le personnage le plus dangereux de l'histoire - un comble -, se saisissant du gun de Zachary (bien jolie séquence de monter des escaliers des Zach alors que la Faye manipulant le pistolet comme une poule un couteau l'attend dans sa chambre pour le descendre) ou allant jusqu'à dérober un tube à essai contenant un poison pour faire crever ce gigolo... Florey signe une mise en scène très sobre, sachant le cas échéant jouer avec les ombres de l'inquiétant Zach qui rôde dans l'appartement des Fenchurch et soignant particulièrement les face-à-face entre celui-ci et les deux femmes (lorsque Zach les drague avec ses paroles doucereuses ou lorsque, dans la scène finale, il se retrouve face à une Hilda prête à tout pour lui faire payer son donjuanisme...). Florey parvient à toucher sa cible (ouais...) dans cette série B+. 

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Posté par Shangols à 05:37 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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