05 avril 2012

Le Traquenard (Trapped) (1949) de Richard Fleischer

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On est dans la veine semi-réaliste de ces films noirs qui nous montrent au quotidien la vie de ses agents du Trésor américains, les fameux T.Men ; contrairement aux X-Men, les gars n'ont pas de super pouvoirs mais sont super joueurs pour coincer des ptits marioles qui s'amuseraient à fabriquer de la fausse monnaie. Jugez du peu : trappedon trouve un faux billet, bien ; on va donc interroger un type en prison qui a mouillé dans différentes affaires de faussaires, ok ; le gars, même contre une éventuelle remise de peine, est muet comme une tombe pour livrer le nom d'anciens associés, forcément ; il fait, qui plus est, son ptit malin avec ses faux airs de Benoît Poelvoorde et on se dit que si Jack Bauer était là, il lui collerait une bonne baffe et l'autre finirait par livrer sa mère ; les T.Men sont beaucoup plus futés et vicieux : 1) lors d'un transfert, ils vont faire croire qu'il s'échappe - son complice est en fait un agent secret de la boîte : on trompe l'ennemi 2) l'agent secret fait mine d'être assommé par un chtit coup de poing de Poelvoorde qui prend ses jambes à son cou : tout cela n'est encore une fois qu'une mise en scène pour tromper Poelvoorde himself - bougrement malin 3) Le con se rend directos chez sa belle (plantureuse Barbara Payton) et commence à échafauder des plans pour recontacter une bande de faussaires : l'appart est sur écoute, la belle fréquente un ami se faisant lui-même passer pour un magouilleur : tu parles, c'est aussi un agent secret. Bref, en un mot, n'essaie pas de prendre les agents du gouvernement pour des jambons, ils ont tissé une telle toile que rien, nan rien de rien, ne peut leur échapper...

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On apprécie le ptit côté didactique de la chose : visite de l'endroit où sont fabriqués les billets avec la présentation par le menu de la bande d'orfèvres en charge du bazar, présentation des différents départements du Trésor (service des douanes, des stups, des siiicrettes agents...) et mise en scène du barnum qui est monté pour serrer les suspects avec les preuves adéquates (un rendez-vous entre deux malfrats a été fixé dans une rue : le réparateur de bagnole est un agent secret, le boucher est un agent secret, le type qui fait mine de rien est un agent secret... Les gars sont partout). Ils n'ont peut-être que deux points faibles : l'un, c'est la conduite de bagnole (à la moindre petite poursuite musclée, ils plantent leur caisse dans un tournant...) ; l'autre c'est la rencontre imprévue en pleine opération : comment ça va Achille ? Ah vous faites erreur, moi c'est Régis. Mais nan Achille, rappelle-toi les parties de pétanque à Gruissan ? Ah non, vous faites erreur, monsieur. Et l'autre, à sa femme, bien fort : ah oui putain, c'est un agent secret du Trésor, j'ai dû le déranger en pleine opération. Cela peut forcément tout faire foirer. Bon, voilà, sorti de là, à la fin, tous les contrevenants à la loi finiront au panier... ou morts, c'est selon. Tout ça est bien gentil mais le film n'est pas, tant au niveau esthétique qu'au niveau de l'action, vraiment formi formidable. Une petite fin plutôt électrique, certes (ohoh) avec enfin quelques coups de feu et une chasse à l'homme dans une gare de tramways, mais rien de bien passionnant. Un traquenard, ce film ? Pas exactement, juste une pâle série B gentiment propagandiste.

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19 mars 2012

L'Enigme du Chicago Express (The narrow Margin) (1952) de Richard Fleischer

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La 4000ème de Shangols - ça file, diable - que l'on célèbre en fanfare avec l'un des grands classiques du film noir : The Narrow Margin est à deux doigts de la perfection, soit une marge ridicule (ou étroite, oui): une histoire de train comme on les aime (un clin d'oeil au passage à l'ami Bas**en, grand fan du genre), un flic droit dans ses bottes comme on les admire (Charles McGraw, la mâchoire serrée du parfait caïman), une brune vulgaire (géniale Marie Windsor, ta fumée de cigarette dans la gueule si tu pouvais éviter merci) et une blonde diaphane et innocente (Jacqueline White, son nom se porte caution) comme on les vénère, un petit twist final comme on aimerait le danser, un ton noir et méchamment ironique comme on les adore... C'est d'une efficacité redoutable - on monterait dans le train en en oubliant de composter son ticket - et l'on a droit, en prime, à de petits jeux de reflet, des cadres dans le cadre, absolument magnifiques, mettant superbement le récit en abîme : ne jamais prendre des vessies pour des lanternes...

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Charles McGraw a pour mission - et il l'accepte - de ramener, de Chicago à Los Angeles (déjà toute une "histoire" du film noir), un témoin crucial : la femme d'un gangster venant de se faire assassiner. Il est sérieux comme un pape mais perd dès le départ son fidèle partenaire : déjà qu'il souriait quand il se brûlait, il faudrait maintenant l'attaquer au lance-flamme pour qu'il se déride. Il se veut rusé comme une dinde (c'est rusé, une dinde, si vous enlevez les marrons) pour déjouer ses poursuivants, narrow_margin_movie_poster_1020198509mais pourrait bien finir en dindon de la farce ; d'autant qu'il a beau se la péter avec son flingue, mais dans le genre protecteur, on a sincérement vu mieux : certes, Marie Windsor porterait sur les nerfs d'un duc avec sa grande gueule et se la taper pendant tout le voyage n'est pas franchement au demeurant une sinécure. Mais on se dit, le plus simple, quand même, pour un flic, s'il veut la protéger, ce serait encore de rester tout le voyage, à ses côtés, dans le compartiment. Ben non, ce con de Charles ne cesse de faire des allées et venues dans les couloirs pour se chercher un sandwich ou taper la causette. Même elle se permet un moment de lui faire une réflexion plutôt judicieuse : pourquoi ne pas appeler le serveur en appuyant sur la sonnette et rester là, hein ? Nan, je préfère sortir, qu'il lui rétorque, pour jeter un oeil alentour... Dans une cabane au milieu du désert, je dis pas, mais dans un train, bon sang ? Mais bon, faut pas contrarier le Charles et ceux qui se proposeront de l'acheter tomberont sur un os : le type est IN-CO-RRU-PTI-BLEUX, mettez vous bien cela dans la tête. En garde du corps, par exemple, mieux vaut un bon Damart, je vous l'accorde. En dire plus sur le scénar serait flinguer l'histoire.

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Atmosphère forcément oppressante dans ces couloirs larges comme ma main - excellent le coup du gars obèse qui fait constamment bloc -, scènes de baston filmées à la mitraillette - la semelle de godasse dans la caméra a dû mettre out le caméraman pendant deux jours -, des dialogues nerveux et pointus (notamment les multiples altercations entre Charles et Marie : shut up !), des petites phrases qui résonnent (la Jacqueline au Charles, descendus à quai, à propos du paysage qui se brouille quand on est dans le train...) et surtout cette magnifique utilisation des vitres du train (la voiture des bandits qui file sur la route en parallèle comme une menace supplémentaire qui plane, l'utilisation de l'image reflétée du tueur lors d'une scène cruciale...) comme un jeu sur le double et les apparences qui prend finalement tout son sens. Et la turpide ironie de la chose... Charles McGraw, sûrement l'un des pires flics du cinoche américain quand on y songe, doit encore penser qu'il est le meilleur et on est de toute façon prêt à tout lui pardonner au bout de soixante-onze minutes sur un train d'enfer (4000ème jeu de mots pourri, olé). Quand je pense que le même Fleisher a fait Conan et Kalidor, les bras m'en tomberaient presque... On fera pas une odyssée tout de suite sur le Richard, hein partenaire ?  (Shang - 29/12/10)

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Rha, j'avoue être nettement moins fan que mon camarade de cette série B assez improbable, qui satisfait les yeux peut-être, mais qui au niverau du scénario est un grand n'importe quoi. Pour faire oublier les incohérences énormes d'icelui, il faudrait bien le brio d'un Hitchcock, c'est vrai (la fameuse théorie du McGuffin est ici inefficiente) ; Fleischer ne l'a pas, ce brio, et malgré son indéniable effort de mise en scène, il livre un film qui marche sur une patte. Le flic complètement naze dont parlait justement le Shang se double ici d'une bande de truands aussi dangereux que le yorkshire de mes voisins, et d'une vamp aussi fatale que le même. La voiture qui poursuit le train (mais pourquoi n'attend-elle pas à la gare, bon sang ?), la filature aussi discrète qu'une fanfare balte, les coups fourrés à deux balles du flic ("d'accord, monsieur le truand, vous me faites très peur, je vais vous donner la liste que vous cherchez, elle est dans l'armoire à pharmacie juste derrière vous", et l'autre qui marche), c'est même plus des bras-cassés, tous ces gens, c'est Melville chez Oui-Oui. Le scénario se vautre, et avec lui le rythme du film : même si pas mal de gras est enlevé (concision des scènes d'action et des dialogues), il en reste pas mal, et Fleischer n'a pas l'air de connaître l'art de l'ellipse. Si notre héros veut envoyer un télégramme, vous avez droit à l'attente au guichet, à l'écriture, au paiement, au bonjour madame, etc. Une p'tite coupe de temps en temps ne fait de mal à personne, Richard.

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Heureusement, il reste quelques beaux moments, dont a déjà parlé mon camarade. Il a oublié ce fondu-enchaîné, qui ne sert à rien mais reste spectaculaire, entre la fille qui se lime les ongles et les roues du train en pleine vitesse, ou ce noir et blanc intéressant, ou ces très beaux plans avec un personnage à deux centimètres de la caméra, en amorce, et la mise au point sur le second plan (ça prolonge la profondeur des couloirs du train, bel effet). Heureusement qu'il y a ça (qui ressemble cela dit à de la simple virtuosité sans vraie nécessité), parce que sinon tout, écriture, acteurs et montage, m'a semblé très cheap. On est d'accord pour pas attaquer tout de suite l'odyssée Fleischer, compère.   (Gols - 19/03/12)

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25 janvier 2012

Armored Car Robbery (1950) de Richard Fleischer

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Bougrement efficace ce bon vieux film de hold-up de base avec un Richard Fleischer qui sait comment ne pas faire traîner les choses : on pense que nos quatre malfrats sont encore en repérage quand, boum, au quart d'heure de jeu, nous voilà en plein dans le feu de l'action ; l'opération est chronométrée à la seconde seulement, pas de bol, une bagnole de flics était dans les environs. Une fusillade dans la brume (belle idée que celle des masques à gaz qui n'est pas sans faire penser à The League of Gentlemen de l'ami Basil Dearden) , un blessé parmi les braqueurs, une course-poursuite et nos hommes qui s'en sortent sur un coup de dé : c'est le début de la cavale avec un magot qu'il va falloir diviser en 4, ah non en 3, ou... ah quoi bon le diviser après tout. Le charismatique William Talman mène les opérations du côté de la face sombre, Charles McGraw est le lieutenant de police à ses trousses : il est particulièrement vénère parce qu'il a perdu son fidèle associé lors du hold-up... Cat and mouse, let's go...

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On a droit à la traditionnelle strip-teaseuse de revue aux jambes infinies (Adele Jergens, terriblement craquante quand elle défait ses cheveux - Shang, votre conseiller coiffeur) qui fout forcément un peu la bisbille chez les Armored-Car-Robbery_posterbandits, aux endroits border-line qui donnent du cachet au bazar (terrain pétrolifère et glauquissime quai filmé by night), aux règlements de compte internes qui ne font pas dans la dentelle (laissez-moi voir un docteur par pitié, oh toi déjà tu nous retardes alors maintenant tu vas la fermer, et voila trois balles dans ton coffre), à l'éternelle bagnole engloutie par les flots (mais la police au taquet d'être toujours là lors du dernier glou-glou), aux nombreux petits indices laissés dans leur fuite par les malfrats que les malins flics savent toujours finement analyser (un numéro de téléphone, une chemise avec une marque de rouge à lèvres, une photo...). Talman et Jergens tentent de prendre toutes les précautions d'usage pour se faire discrètement la malle (les coups de fils de cabine à cabine dans le même lieu - si loin, si proche... du bonheur) mais Charles McGraw n'est po du genre à se faire si facilement enfumer ; belle idée que cette relation qu'il noue avec son nouveau partenaire de jeu (Don McGuire), un ptit rookie qu'il prend un peu de haut au départ mais qui va peu à peu gagner ses galons et son respect... Joli final, également, sur le tarmac d'un aéroport que les gars Verneuil ou Deray ont su reprendre aquatiquement en leur temps... Richard Fleischer est décidément un bien bon artisan du genre, sachant toujours trouver le bon angle pour faire monter le suspense.

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11 octobre 2011

Bodyguard (1948) de Richard Fleisher

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Lawrence Tierney endosse le rôle du flic Mike Carter, po le genre de gars qui se laisse marcher sur les pieds... Il se fait d'ailleurs suspendre et après avoir essayé de maraver son propre boss (voilà ce qu'on peut appeler des gros plans - photogrammes ci-dessus mes amis -, nom de diou, qui sentent le coup de boule...), il est engagé en free-lance chez des richards. Une offre généreuse qui cache forcément un gros coup fourré : notre Mike, suite à un coup sur la tronche reçu lors d'une filature, se réveille dans sa caisse ; il est non seulement aux côtés de son boss complètement mortadelle mais ne tarde pas à se rendre qu'il se retrouve sur les rails d'un train qui fonce sur lui - il est po du genre bien vif, notre gars (sûrement le coup sur la tête...) mais il finit par s'extraire en bondissant de la caisse au dernier moment (faut bien faire monter le suspense). Le scénar part sur de bonnes bases (noter la présence du tout jeune Robert Altman qui a contribué à la chose) mais il va tout de même très rapidement s'essouffler...

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Accusé du meurtre de son boss, Mike se fait tout pitit et confie une partie de l'enquête à sa collègue et compagne Priscilla Lane (gentille blondinette, po mon genre...). Ils ont de drôles de façons de communiquer - elle enregistre des vinyles, yé yé - mais ils mettent le doigt sur une affaire louche vlcsnap-2011-10-11-19h30m26s185dans laquelle son collègue flic était mouillé... L'enquête nous mène du bureau d'un ophtalmo (normal pour un private eye... rires) à un abattoir (ultime fight saignant en vue ?... mouais, bof, ne nous emballons point) : même si notre ami Mike Carter est relativement couillu et n'est jamais le dernier pour la baston, l'ensemble (qui dure à peine une heure et semble avoir subi de sérieuses coupes) est quand même un peu mou du genou dans sa partie centrale avec ce gentil couple d'enquêteurs qui ne provoque finalement ensemble guère d'étincelles ; un Richard Fleischer des débuts qu'on connaîtra bienheureusement, tout en restant dans le genre, beaucoup plus en verve (The narrow Margin restant, perso, the réference).

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15 septembre 2011

L'Assassin sans Visage (Follow me quietly) (1949) de Richard Fleischer

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On ne peut pas dire que la RKO ou Fleischer se soient vraiment fouler pour cette enquête policière d'à peine une heure qui fait figure de film-apéro - genre bretzels mais pas forcément du jour, disons un fond de boîte. Même si Anthony Mann semble avoir prêté main forte au réalisateur sur cette action, le film qui peut amuser deux minutes par son petit côté réaliste ne fait guère preuve d'une grande imagination. Un type que la police a surnommé "Le juge" en ai déjà à sa sixième strangulation et a pour habitude d'opérer la nuit ; sa particularité c'est de laisser à chaque fois sur place une lettre - genre, "putain, quand je tue une pute ou un journaliste je suis un grand justicier" - et une véritable valise de preuves (sois le type est franchement maladroit, soit c'est le genre suicidaire). Le pauvre lieutenant, qui est sur le coup depuis des mois, est franchement un bras-cassé : il n'a pas la moindre piste valable alors qu'il bosse jour et nuit sur la bazar ! Il fait tout de même preuve d'imagination en décidant de faire réaliser par son équipe, à paritr des 342 pièces retrouvées sur les lieux du crime, "un mannequin" du tueur - l'inverse d'un portrait robot (son visage demeure vide) en quelque sorte.

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Quel est l'intérêt, diront les plus curieux d'entre vous : pour être gentil on dira que cela donne au moins une idée de la stature du bonhomme ; si on veut être méchant on dira que c'est vraiment pour faire le mariole et faire croire qu'il trime.... Notre lieutenant est rejoint sur son enquête par une chtite blonde de journaliste qui fait des pieds et des mains pour avoir des infos sur ce fameux juge ; on croit qu'il va en profiter pour se la taper - qu'on est au moins une scène marquante - mais notre homme est prude et se conduit - pour notre plus grand malheur - comme un vrai gentleman... Il va finir par avoir en main une preuve çacomme (genre la carte d'identité que le gars a bêtement oublié lors de son dernier assassinat, j'exagère à peine) et on aura droit à une course poursuite finale, dans une usine, bien poussive... Un "film-apéro" qui m'a à peine ouvert l'appétit... Je vais quand même pour la peine me ruer dans la foulée sur les radis qui dorment dans mon frigo. Ah oui s'il faut conclure sur une note cinématographique, à suivre vraiment quietly - mais pas obligé non plus...

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24 mai 2011

Le Pigeon d’Argile (The Clay Pigeon) (1949) de Richard Fleischer

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Si Richard Fleischer nous avait fait grosse impression avec The Narrow Margin, ce Pigeon d'argile demeure un petit polar bien fragile. L'idée classique du gars amnésique (Bill Williams) accusé d'être un traître qui doit se faire la malle pour prouver son innocence. Une gentille idée modianesque qui malheureusement se révèle guère palpitante. Notre ancien soldat Bill va faire équipe avec une certaine Martha Gregory (Barbara Hale) : il passe pour être le responsable de la mort de son mari (un pote à lui) et si leur première rencontre est forcément tendue, ils ne vont point tarder à faire ami-ami (Je ne me souviens de rien mais je vous jure que je suis innocent ! Ah bon). Ils partent ensemble pour Los Angeles à la recherche d'un troisième larron, Ted Niles (Richard Quine) qui, d'après Bill, devrait lui ranimer la mémoire (pendant la guerre, on les surnommait les trois Mousquetaires, c'est pas rien). Une chtite course poursuite en bagnole rondement menée, une visite touristique du Chinatown de Los Angeles et un dénouement dans un train (Fleischer sembler aimer les chemins de fer) qui peut en cacher un autre (ainsi que le véritable meurtrier - joli petit effet spécial, tout de même, lors d'un flash-back livrant la clé de l'énigme), c'est un peu tout ce qu'il y a à se mettre sous la dent dans ce film noir loin d'être trépidant.

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Des passages limite risibles (Bill et Barbara qui passent une semaine paisible au bord de la mer alors que deux secondes avant ils voulaient presque s'entre-tuer - on est dans un film noir ou dans une panade adaptée d'un bouquin Harlequin ? ; Ted qui demande à Bill au téléphone l'adresse où il se cache avant de lui dire qu'il est dangereux de se parler au téléphone, la police risquant de surveiller la ligne... Il se met alors à lui parler en code, un truc franchement absurde, Bill n'ayant désormais plus rien à cacher...) pour une seule séquence vraiment poilante (Bill pourchassé par trois hommes trouve refuge dans un appart à Chinatown : une femme asiatique, comprenant sa situation, le cache derrière un rideau dans une pièce où se trouve son bébé ; les trois hommes font alors irruption dans l'appart : l'un d'eux s'approche de la fameuse pièce alors que la femme leur indique que son bébé est en train de dormir et qu'il risque de le réveiller. Bill a alors une idée de génie : il se saisit d'un jouet, le pète sous les yeux du bébé halluciné, celui-ci pousse un cri de rage et le tueur de ne point oser entrer dans la pièce - ça vient de loin, pétard...). Le petit twist final n'en est pas un et la conclusion est d'un gnan-gnan sans nom. Heureusement le bazar est court - tout juste une heure... Un pigeon bien trop tendre pour nous rassasier.

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Noir c'est noir, c'est

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25 octobre 2009

Tora! Tora! Tora! (1970) de Richard Fleischer, Kinji Fukasaku et Toshio Masuda

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Un film de guerre, cela faisait longtemps d'autant que celui-ci ne fait pas partie des moins bien cotés. Dès le départ on est prévenu : tous les événements présentés sont authentiques; on se demande tout de même si cet avertissement n'est pas là pour nous enfumer et nous présenter nos amis américains sous leur meilleur jour. On se fout le doigt dans l'oeil jusqu'au coude tant le film reviendra en détails sur les multiples boulettes du côté ricain notamment dans la "chain of command". Pour la partie japonaise, on a affaire à du lourd avec la présence de Toshio Masuda (Couteau rouillé, son premier film, excellent petit polar noir) et du master Kinji Fukasaku (reconnu pour ses polars violents ou plus récemment pour l'incontournable Battle Royale). C'est propre et efficace, tous les plans étant tirés au cordeau : les acteurs Japs sont tous droits comme des I (sauf l'ambassadeur japonais aux Etats-Unis qui se liquéfie d'heure en heure), bien décidés à remplir leur mission avec panache. Masuda et Fukasaku se permettent, qui plus est, de donner à ces samouraïs volants une once d'humanité (point des machines, le sourire pouvant toujours pointer même dans le feu de l'action - le sourire ultrabright n'étant point réservé aux Ricains qui de leur côté rient méchamment jaune) ou aux généraux une véritable profondeur - personnages souvent mutiques et réfléchis dont les rares remarques tombent comme des couperets. Bref, d'un côté une machine de guerre parfaitement huilée avec des hommes qui connaissent les enjeux; de l'autre des Américains qui ont toutes les informations entre les mains mais qui vendangent la moindre occasion d'être au taquet au moment de l'attaque - les responsables cantonnés à Pearl Harbour finiront d'ailleurs par recevoir un pauvre télégramme les avisant de se tenir sur leurs gardes contre une attaque jap quand celle-ci sera complètement terminée...

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Découpé en deux parties - on a même droit à un petit carton en guise d'intermède - le film fait d'abord, dans la première heure, la part belle aux nombreux personnages qui, des deux côtés, sont en charge au moment des événements - généraux, secrétaire d'Etat, agents des renseignements, aviateurs... On s'en tient uniquement aux faits bruts sans nous gonfler avec d'éventuelles histoires d'amour ou du romanesque à deux dollars - suivez mon regard. La seconde partie, c'est une heure d'explosions marines et aériennes et franchement cela pète dans tous les coins de l'écran avec une vraie furie. On ne lésine point sur les explosions dantesques et on comprend à quel point les Américains ont dégusté leur mère lors de cette attaque surprise - le responsable des forces armées de Pearl Harbour qui se retrouve, au moment de l'attaque, sur son terrain de golf, c'est tout de même cruel... Les soldats Américains sautillent dans tous les sens et assistent comme des courges, totalement impuissants, à la destruction de leur flotte. Un coup fumeux - et fumant - des Japs qui ne profiteront finalement pas tant que cela de cette écrasante victoire - l'ordre est en effet donné de se retirer après la première salve - mais qui vexera comme des poux ces Américains, terriblement dilettantes sur l'action; un grand nombre d'ailleurs a dû perdre son poste après une telle pignée... Historiquement, le film semble tenir la route, tout manichéisme est savamment évité et les séquences d'actions demeurent diablement impressionnantes. Bon je ne suis po vraiment un passionné de films du genre, mais c'est indéniablement du bon boulot. 

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