18 août 2022

La petite Voiture (El Cochecito) de Marco Ferreri - 1961

Film méconnu et pourtant assez marquant dans la carrière de Ferreri : premier succès, et premiers jalons d'un cinéma provocateur qu'il n’abandonnera plus. Et c'est vrai que La petite Voiture est gentiment caustique ; il n'a pas encore la puissance des skuds à venir, mais on y retrouve le ton acerbe et rigolard du cinéaste, et quelques-uns de ses motifs déjà bien en place. A cette époque déjà, son grand truc, c'est l'aliénation de l'Homme. Elle est symbolisée ici par la fascination du vieux Anselmo pour les voitures d'infirmes. Il... [Lire la suite]
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19 mai 2022

Break-up, Erotisme et ballons rouges (L'uomo dei cinque palloni) de Marco Ferreri - 1968

Je ne suis pas le premier à le dire, mais Marco Ferreri est un vrai génie, au-delà de ses outrances et provocations diverses. Si vous voulez vous en assurer, voyez donc le grandiose Dilinger est mort, ou ce Break-up, érotisme et ballons rouges, qui en constitue presque une introduction, une préface. C'est la même histoire d'une aliénation moderne, et la même façon d'en passer par la farce caustique pour démonter les rouages d'une société vouée à la folie, où le fait qu'on ait oublié qu'on est mortel vient se rappeler à nous de la... [Lire la suite]
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01 février 2022

L'Audience (L'Udienza) de Marco Ferreri - 1972

Je me balade depuis quelques temps dans les œuvres moins connues de Marco Ferreri, et je reconnais qu'on y trouve quelques pépites, en même temps éloignées de ses grandes provocations et très proches de son style habituel. C'est le cas avec L'Audience, film impertinent et taquin, finalement très triste, qui montre un cinéaste travaillant certes dans le massacre des institutions, mais qui peut se montrer aussi douloureusement indigné. Sa cible cette fois-ci : le Vatican, pas moins. Un jeune homme naïf et motivé vient pour tenter... [Lire la suite]
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29 juillet 2021

Y a bon les blancs (Come sono buoni i bianchi) de Marco Ferreri - 1987

Hommage éploré à notre bon gars Jean-François Stévenin, qui est parti hier rejoindre Johnny au panthéon des grands de ce monde, ou qui est mort aussi, oui, si vous préférez. Il n'a qu'un petit rôle dans ce Ferreri, mais ça n'empêche : sa filmographie force le respect, sa présence aussi, c'était un bonhomme très agréable, que les angelots du paradis lui prodiguent moult caresses jusqu'à la fin des temps. Bien, alors Y a bon les blancs, à part ça... Eh bien ma foi on ne peut pas dire que la finesse soit un concept typiquement... [Lire la suite]
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16 février 2021

Le Futur est femme (Il futuro è donna) de Marco Ferreri - 1984

Au tournant des années 80, on dirait que Ferreri a changé, qu'il ne sait plus fabriquer que des films douloureux, qu'il a laissé derrière lui l'humour et la farce. Le Futur est femme est un exemple de cette mutation pas forcément géniale dans la carrière du bougre : assez chiant, macabre, de mauvais goût mais parfois assez touchant, complètement tourné vers les problèmes de couple et tout ce qui va avec (la maternité, l'impuissance, le sexe,...). Mais il est essentiellement question d'amour, et le film développe habilement les... [Lire la suite]
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05 mai 2020

La grande Bouffe (La grande Abbuffata) de Marco Ferreri - 1973

Tous les pseudo-rebelles d'aujourd'hui ont beau faire les malins, pas un seul n'arrive à la cheville de l'irrévérence de Ferreri dans La grande Bouffe. Aujourd'hui encore, le film garde tout son caractère violemment anti-bourgeois, son aspect crasseux, son impureté, et on le range sans problème auprès du Salo de Pasolini ou du Tristana de Buñuel dans le genre grinçage de dents. Sans souci aucun de plaire à qui que ce soit, et surtout pas aux tenants d'un cinéma esthétique et clinquant, Ferreri nous adresse un gros fuck sous la forme... [Lire la suite]
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04 mars 2020

Rêve de Singe (Ciao Maschio) de Marco Ferreri - 1978

Grave crise dépressive, semble-t-il, chez le Ferreri de la fin des années 70, en tout cas si on en croit ce film étrange et assez beau. Le bougre n'a jamais été un joyeux drille, malgré l'aspect farcesque de ses films, mais avec Rêve de Singe, il se livre à une douloureuse variation sur la perte des valeurs masculines, et le fait en utilisant un style quasi-morbide qui vous pénètre comme une pluie crasseuse. Dès le départ, quand on découvre notre Gérard se réveillant au milieu d'une ville déshumanisée envahie par des gens en... [Lire la suite]
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13 janvier 2017

La dernière Femme (1976) de Marco Ferreri

Mais qu'est-ce qu'il nous reste ? Les lendemains qui chantent, le grand marché européen... Non, cela fait longtemps que Gégé a tranché (...) : il nous reste que notre queue, voilà tout. Et s'il ne peut plus s'en servir au lit, eh ben autant s'en débarrasser définitivement - ce qu'il fait avec un certain panache, un panache faut-il le dire affreusement douloureux... Mais La dernière Femme du gars Marco se résumerait-elle à l'histoire d'une homme avec sa bite et son couteau ? Il y a de cela, mais pas que. Le premier véritable... [Lire la suite]
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13 octobre 2016

Le Lit conjugal (Una Storia moderna : L'Ape regina) (1963) de Marco Ferreri

Si l'homme italien n'hésite pas à se la péter à l’occasion, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas toujours à la fête à l'écran... Marco Ferreri met en scène l'ami Ugo Tognazzi, un quadra vendeur de voitures et séducteur à la petite semaine - bref, un pur -, et la reine Marina Vlady - popopoh, elle envoie, la bougresse. Ugo Tognazzi n'a qu'une hâte, qu'arrive la soirée du mariage pour pouvoir posséder la belle - il parvient à garder ses nerfs alors que sa promise se balade chez elle en maillot de bain, ça mériterait... [Lire la suite]
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31 octobre 2014

Liza (La Cagna) (1971) de Marco Ferreri

Marco Ferreri fait parfois des films-concepts intéressants (Dillinger est mort, réalisé en 1969, constitue sûrement un des sommets de la carrière du gars). Il part ici d’une idée que toute féministe qui se respecte un poil devrait trouver des plus amusantes : Catherine C. débarque sur une île - Yves Saint Laurent a cousu des vêtements sur sa peau : elle est rayonnante, belle comme le jour, fine comme un grain de sable -  et croise Marcello M. Celui-ci a un chien, elle en est jalouse, elle le supprime. Catherine... [Lire la suite]
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