20 janvier 2012
La Rosière de Pessac (1979) de Jean Eustache
Ah les bonnes vieilles traditions de nos petites villes de province française... Aujourd'hui, l'élection de la Rosière de Pessac - appelée aussi Miss Quiche ou Miss Cruche et qui ferait aisément passer toutes les Miss France pour de potentielles masseuses thaï (ah ?) - filmée par... Jean Eustache - cherchez l'erreur... A voir ce comité de sélection à la mairie qui ferait passer les jurés du Goncourt pour des sportifs de haut niveau, à voir la tronche de l'élue qui sur une heure de film fera 5647 bises et n'aura qu'un mot :... [Lire la suite]03 septembre 2009
Les Photos d'Alix de Jean Eustache - 1980
Je ne m'attendais pas à être aussi renversé par ce petit court-métrage fulgurant. On est là face à un pur chef-d'oeuvre, qui condense en 18 minutes une richesse et une profondeur incroyables. On ne voit pas la chose arriver dans les premières minutes : un garçon feuillette l'album d'une certaine Alix, photographe pointue qui visiblement se dévoile beaucoup dans ses photos, cette dernière commentant les clichés. Comme dans La Jetée de Chris Marker, on a surtout droit, donc, à des images fixes, en noir et blanc, qui dessinent sur la... [Lire la suite]19 août 2009
Les Mauvaises Fréquentations de Jean Eustache - 1963
Ce premier film d'Eustache est encore assez hésitant dans plein de domaines. Difficile effectivement d'accrocher complètement à cette petite chose un peu floue, même si ça semble être justement l'objectif de ce film que de présenter une simple tranche de vie et rien d'autre. En tout cas, Les Mauvaises Fréquentations ne raconte rien de plus qu'une errance de deux glandus à la recherche de la gorette parisienne, leurs tactiques minables, leurs technique de drague hésitante, et leurs coups pendables une fois l'échec constaté. C'est peu,... [Lire la suite]07 août 2009
Numéro Zéro de Jean Eustache - 1971
Eustache n'est pas connu pour ses mouvements de caméra virevoltants, mais il faut reconnaître qu'avec ce Numéro Zéro, il réalise son film le plus sobre, le plus "pur", le plus dénué de toute tentative de "faire cinéma". La mise en scène, si on peut appeler ça comme ça, tente visiblement de retrouver une sorte d'essence primale du dispositif cinématographique : un être qui parle, un autre qui l'écoute, une caméra qui filme. C'est le principe même de tout le cinéma eustachien, depuis La Maman et la Putain jusqu'aux... [Lire la suite]04 août 2009
Le Jardin des Délices de Jérôme Bosch, de Jean Eustache - 1980
Simplicité et exigence, je dirais. Eustache retrouve le principe de Une Sale Histoire pour répondre à cette commande autour du célèbre tableau infernal de Bosch. On installe donc l'incontournable Jean-Noël Picq dans un fauteuil confortable, avec un p'tit blanc pour aider à la parole, on place face à lui deux ou trois interlocuteurs attentifs, et on laisse le Verbe verber, l'intérêt étant sûrement plus dans l'effet de la parole que dans le contenu même du discours. Le sujet : décrire le plus précisément possible ce tableau foisonnant... [Lire la suite]26 juillet 2009
Offre d'Emploi de Jean Eustache - 1980
Voilà le dernier film de Jean Eustache, celui qu'il a réalisé juste avant de se faire sauter le carafon, et c'est vrai que quand on le regarde on a quelques tendances suicidaires qui jaillissent. Dans la lignée d'Une sale Histoire, ce court-métrage pratique un humour tellement pince-sans-rire qu'il en devient privé d'humour, ce qui est remarquable. C'est juste de la colère, ou plutôt du désespoir, mais qui a encore le dernier sursaut de la critique politique. On suit le cheminement d'un homme qui postule pour un emploi, et Eustache... [Lire la suite]25 juillet 2009
Le Cochon de Jean Eustache - 1970
On n'attendait pas forcément Eustache dans le film ethnologique, ni dans le documentaire "objectif", mais c'est justement tout à son honneur d'avoir réalisé ce petit film qui contribue, comme tous ceux de ce genre, au devoir de mémoire des gestes ancestraux de nos grands-pères, comme on dit. On assiste à la mort du cochon dans une ferme du fin fond d'on ne sait quelle région, depuis l'insouciance de l'animal dans son enclos jusqu'à la mise en bocaux du pâté. Toujours dit qu'Eustache était un écorché vif, moi. Précision des... [Lire la suite]23 février 2008
Mes Petites Amoureuses (1974) de Jean Eustache
La recette est simple : matez dans l'ordre La Maison des Bois, Les 400 coups, L'Enfance Nue, Mes Petites Amoureuses et A nos Amours, puis achetez une corde, faites une croix sur votre enfance et balancez la chaise. Outre le fait qu'avec ça, vous aurez vu les 5 meilleurs films français sur l'enfance, vous aurez aussi appris que le premier qui dit que "14 ans c'est le plus bel âge de la vie" est un gros con qui n'a rien compris.
Si vous n'avez pas le temps de regarder tout ça, regardez seulement Mes Petites Amoureuses, pure... [Lire la suite]07 avril 2007
Une sale Histoire de Jean Eustache - 1977
Au milieu des films viscéraux d'Eustache, il y a cet essai purement théorique de la meilleure eau, dont le procédé est beaucoup plus subtil que sa forme ne le laisse paraître.
Une sale Histoire, c'est en fait deux films qui se répondent : le premier est une fiction, jouée par Lonsdale. Entouré de quelques dandys eustachissimes, il raconte une anecdote sur son implication dans un acte de voyeurisme dans les toilettes d'un bistrot glauque, et en tire quelques réflexions sur le sexe des femmes, sur le folklore de la séduction, sur la... [Lire la suite]08 mai 2006
La Maman et la Putain de Jean Eustache - 1973
Quand on a un méchant chagrin d'amour (ceci pour donner de façon larvée de mes nouvelles à mon camarade Shang), qu'on est triste donc à mourir, revoir La Maman et la Putain s'avère une expérience extraordinaire. Dans tous les autres cas aussi, puisque ce film est le plus grand film de tous les temps. J'ai déjà dit ça de Vertigo, je sais, et je le redirai sûrement quand sera venu le temps de revoir Journal Intime, Les Parapluies de Cherbourg, Elephant ou La Nuit américaine, mais c'est pas de ma faute s'il y a plusieurs plus grands... [Lire la suite]

